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Le sommeil, l’éternelle question – 3

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Pour lire l’épisode 1, c’est ; le 2 est ici.

Fiston a donc maintenant 2 ans : il a un nouveau lit dans lequel il dort toute la nuit sans se réveiller, c’est formidable.

Évidemment, ça ne dure pas. Quelques semaines plus tard, on repart sur les réveils la nuit. Par contre, il accepte de s’endormir à nouveau seul pour la sieste, ce qui me permet de souffler un peu.

Les mois filent. 2 ans et demi.
Fiston se réveille toujours assez régulièrement la nuit. On en a eu marre de passer du temps à le rendormir, puis à tenter une sortie discrète qui le réveillait une fois sur deux : maintenant, celui qui se lève finit la nuit avec lui.
Et puis finalement, comme on en a marre aussi d’être réveillé et de devoir crapahuter dans le froid (c’est l’hiver et la maison n’est pas hyper bien chauffée) pour aller le rejoindre, on se couche directement avec lui. C’est moi qui m’y colle en semaine (le Barbu se levant très tôt), et le w-e ou pendant les vacances, on alterne.
Donc concrètement, on endort Fiston, on sort de sa chambre, puis au moment de se coucher, y en a un qui va dormir avec lui. Il y a beaucoup moins de réveils comme ça, et de toute façon, globalement, tout le monde est moins crevé.

On arrête de se prendre la tête sur l’âge hypothétique auquel il voudra bien redormir seul. Ça n’est pas l’important.
L’important, en tout cas à mon avis, c’est que Fiston s’est contenté de ce que nous pouvions lui donner à sa naissance ; mais au fur et à mesure que nous progressions en tant que parents et étions enfin capables de lui donner plus, il a demandé plus. Son envie de dormir avec nous, c’est pas pour nous casser les pieds, c’est un besoin qu’il s’est résigné à mettre de côté pendant longtemps. Il sait parfaitement dormir seul, je le sais bien – il le fait toujours sans problème chez ses grands-parents, d’ailleurs. Mais chez nous, il rattrape ce qu’il n’a pas eu les 2 premières années de sa vie.
Mieux vaut tard que jamais.

Les mois filent toujours. 3 ans. 3 ans et demi. 4 ans. 4 ans et 3 mois.
On dort toujours avec Fiston. Il a quand même fallu que Naë me dise « Ben vous faites du cododo, en fait, maintenant » pour que je m’en rende compte (je suis vachement fûtée, parfois).
En revanche, il veut bien s’endormir tout seul maintenant. La plupart du temps. Parfois il redemande à ce qu’on l’endorme (surtout quand c’est son père qui le couche), et puis au bout de quelques jours ou quelques semaines, rassuré (?), il s’endort à nouveau seul.

On ne se prend toujours pas la tête, par contre maintenant cette situation me pose un problème.
Le sommeil de Fiston est devenu vraiment bon. Depuis ses 4 ans et peut-être même un peu avant, il ne se réveille plus du tout la nuit. Du moins tant qu’on ne vient pas se coucher avec lui.
Même si on ne se couche pas avant 4h ou 5h du matin, il ne se réveille plus – ou ne nous appelle plus, en tout cas.
Je n’ai guère de doutes sur le fait que si on le laissait dormir tout seul, il dormirait d’une traite jusqu’au matin. Par contre, entre l’escalier qui craque, la porte et le parquet qui grincent, le fait qu’on retrouve parfois Fiston en travers du lit au moment de s’y glisser et je ne parle pas des fois où j’étais à côté de mes pompes du matelas et me suis pris une poutre en pleine tête, eh bien il est fréquent que notre arrivée le réveille, même à moitié.
Je trouve ça franchement dommage, mais lui s’en fiche.

fiston_meme_adulte

Bon, bon. ^^

Arrive le mois d’octobre. Comme tous les ans, je vais me rendre 3 jours à un festival du livre, dans le sud de la France (youpi !). Comme tous les ans, Fiston passera une partie des 3 jours chez mes parents.
Mais une semaine avant, il chope une bonne crève qu’il refile illico à son père. J’ai beau avoir une immunité bien reboostée depuis que je suis végé, je préfère mettre toutes les chances de mon côté. Un salon du livre qui dure 3 jours – sans oublier les 2x7h de train – c’est déjà fatigant ; alors quand on est malade, je ne vous raconte pas.
Je propose donc à Fiston de dormir sur le clic-clac de sa chambre jusqu’à mon départ pour moins risquer d’attraper son rhume tout en étant avec lui.
Il me répond « Non, tu vas en bas. »

o_O <– ça, c’est ma tête.
Je vérifie que j’ai bien compris. Oui, je suis censée dormir en bas.
Bon, sauf qu’en bas y a le Barbu qui est lui aussi malade. Et puis je me connais, sachant Fiston enrhumé, je tendrai l’oreille de peur de ne pas l’entendre s’il se réveille en toussant ou en ayant besoin de qq chose, donc je ne dormirai pas ou mal.
Je propose donc à Fiston de dormir dans la chambre d’amis, à côté de la sienne.
Deal.
J’entends Fiston tousser de temps en temps, mais la nuit se passe bien ; au matin, il est en pleine forme.

Le reste de la semaine, même topo.
Je reviens de salon, je demande (en me traitant intérieurement de gourde) à Fiston où il veut que je dorme cette nuit. Il me dit « en bas ».
Bon. Je ne lui redemanderai plus (j’ai repris goût à dormir dans mon lit toutes les nuits, héhé) tout en gardant à l’esprit que rien n’est définitivement acquis. Mais depuis bientôt 4 mois que ça dure, Fiston dort comme un loir.

On a trouvé un nouveau rythme qui nous convient à tous : Fiston se couche entre 21h30 et 23h en temps normal, dort toute la nuit et se réveille avant nous (le w-e) ou moi (en semaine). Il sait qu’il ne doit pas nous réveiller avant 9h (on est des couche-tard-lève-tard) sauf si besoin particulier ou urgent, donc il va regarder l’heure. S’il est trop tôt, il joue, il lit, il cause avec les chats, il mange s’il a faim : il vit sa vie. S’il est 9h ou plus tard, il vient nous réveiller en marmonnant l’heure pour ne pas l’oublier : « coucou, alors il est 0 9 deux petits points 3 7 ! » – ça c’était surtout au début, lorsqu’il ne savait pas tellement lire une heure digitale -, ou « coucou, il est 10 h 13 ! » – ça c’est maintenant et dans cet exemple on a du bol, 1h13 de rab ^^.
Parfois je réclame un délai supplémentaire, qu’en général il m’accorde volontiers. Parfois, mais c’est de plus en plus rare, il vient avant 9h.
Quand j’ai vraiment du mal à me réveiller, je lui demande s’il veut venir faire un câlin en attendant. Il refuse presque toujours.

fiston_occupe

Les exceptions, car il y en a :

  • Il y a eu en tout 3 ou 4 réveils nocturnes pour cause de peluche perdue : dans ce cas je monte, je trouve la peluche, je la redonne à Fiston qui se rallonge aussitôt, je lui demande si ça va aller, il me dit « oui » et je redescends tranquillement. Le lendemain, il ne se souvient de rien.
  • Nous cododotons encore un peu. De temps en temps Fiston demande à ce que moi ou son père dormions avec lui. Ce n’est pas toujours possible la nuit demandée (lever tôt, pas en forme, pas envie…), dans ce cas on en propose une autre. Je dirais qu’en moyenne on passe 2 à 3 nuits par mois avec lui. Il adore ça. Le matin, il réclame ma main et se rendort en la tenant. Et au lieu de se lever dès son réveil définitif, il reste à me regarder en souriant, en chuchotant parfois « là je vais voir l’heure mais ensuite je reviens me rallonger avec toi, maman, d’accord ? Tu laisses ta main là ? » 😀
    (Ouais, j’adore aussi :D)

Voilà qui conclut (a priori) cette série sur le sommeil de Fiston.
À noter que pour sa future chambre, Fiston a jeté son dévolu sur un lit mezzanine avec toboggan – soit un lit de 90 de large seulement, contre 140 actuellement. Je lui ai fait remarquer que, si on lui prenait ce lit, nous ne pourrions plus dormir avec lui, faute de place.

Il a eu l’air de s’en ficher pas mal.

Toboggan : 1 / Parents : 0. 😉

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Le sommeil, l’éternelle question – 2

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Pour lire l’épisode 1, c’est .

Fiston, 10 mois, ne s’endort donc plus tout seul.
Les premiers jours, le Barbu et moi nous y collons ensemble. Puis l’épuisement aidant (parfois nous mettons 2 heures à endormir Fiston), nous commençons à nous relayer, toujours sans trop comprendre ce qui se passe.
Arrive l’été, chaud. La chambre de Fiston est à l’étage, mansardée. On arrive à la garder à peu près fraîche jusqu’au soir en aérant le matin, mais passer 2 heures à endormir un bébé qui s’agite, rigole ou hurle fait monter la température en flèche. On endort donc Fiston dans notre chambre (au RDC et orientée vers le nord, il y fait toujours froid) puis, une fois endormi, on le monte pour le poser dans son lit. Bien souvent il se réveille dans l’opération et il faut tout reprendre à zéro.

Puis il commence à se réveiller la nuit, parfois. On le rendort et on le recouche, mais c’est comme en soirée, ça peut prendre du temps. Il peut se réveiller dès qu’on le met dans son lit. Ou dès qu’on sort de la chambre. Ou quand on descend l’escalier (qui grince horriblement).
Et même les nuits où il ne se réveille pas, comme je tends l’oreille de peur de ne pas l’entendre appeler (ce qui est débile, on l’entend parfaitement dans toute la maison), de toute façon je ne dors pas bien.

Commence un truc un peu surréaliste, où l’on va tenter de comprendre ce qui fait que Fiston va se réveiller telle nuit et non telle autre. J’essaye d’établir des corrélations entre son sommeil et ce qu’il fait dans la journée, ce qu’il mange, l’heure à laquelle on le couche, la façon dont on le couche, la présence ou non de lumière dans sa chambre et son intensité, la présence ou non d’un tour de lit…
J’en viens même à tenir un fichier pour noter toutes ces âneries.

En plus, Fiston se montre taquin. Quand on change un paramètre (la lumière, par exemple), souvent il va dormir d’une traite pendant quelques nuits. La première, moi je ne dors pas, forcément : je guette. La deuxième, je dors, mais d’un œil. La troisième, alors que je commence à y croire et que je cède à Morphée, il se réveille en pleurant.
Et c’est reparti pour un tour.

À noter que pour la sieste, c’est à peu près le même cirque.

À l’approche de ses 2 ans, le mode opératoire est devenu un rituel. On ne l’endort plus dans nos bras mais sur le clic-clac de sa chambre, allongé à côté de lui. Une fois qu’il dort, il faut donc le prendre dans les bras avant de le poser dans son lit, ce qui rajoute une cause potentielle de réveil. Fatiguée de jouer les Sisyphe de l’endormissement – sans compter que ça pète bien le dos -, un jour, je tente de le laisser dormir sur le clic-clac, en sécurisant l’espace à l’aide de coussins. D’abord pour une sieste. Ça marche. Quelques jours plus tard, à l’occasion d’un réveil nocturne, je tente pour la nuit. Ça marche aussi.
Mais comme la hauteur du clic-clac nous rend quand même un peu nerveux, quelques semaines plus tard, pour les 23 mois de Fiston, on investit dans un grand futon (140×200, histoire de pouvoir s’allonger confortablement à côté de lui pour l’endormir) sur tatamis.

Fiston adooooore son nouveau lit.
D’ailleurs, les premières semaines, même si on l’endort toujours, c’est très rapide, et surtout il ne se réveille plus la nuit. Le matin, il joue une bonne heure dans son lit avant de nous appeler.

Victoire ?

Vous le saurez dans le 3e et dernier – normalement – épisode. 😉

Le sommeil, l’éternelle question – 1

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Fiston vient de franchir (a priori) une nouvelle étape dans le sommeil, qui tombe juste au moment où je réfléchissais à écrire un billet sur le sujet, notre parcours étant assez atypique – à mon avis, mais je me trompe peut-être.

Remontons donc 4 ans et demi en arrière.

Je suis enceinte de Fiston, sans l’avoir voulu : le Barbu et moi ne voulions pas d’enfants, pas du tout. Jamais.

J’ai digéré la nouvelle. Mais je n’ai pour le moment pas cherché plus loin que les modèles familiaux qui m’entourent : le bébé dans son lit à barreaux et dans sa chambre, et il fait ses nuits à 15 jours vu qu’on ne se lève pas s’il pleure.
D’ailleurs, on prépare sa chambre à l’étage, alors que la nôtre est au RDC. Et quand mes parents, inquiets, nous offrent un babyphone, ma réponse est immédiate : « Si on le met à l’étage, c’est pour pas l’entendre pleurer, alors votre truc, ça va pas vraiment servir. »

Oui, c’est bien de moi qu’il s’agit. Oui, j’ai changé.
Sans blague.

Vient l’accouchement et la rencontre avec Fiston.
Entre-temps, j’ai commencé à évoluer, quand même. J’ai découvert l’éducation sans tapes, sans fessées, sans punitions ni récompenses. Je suis tentée par l’IEF. Mais j’en suis restée au stade très intellectuel et pragmatique, je n’ai encore pas abordé l’aspect émotionnel même si j’aime déjà ce petit bonhomme de tout mon cœur, alors Fiston ira dormir dans sa chambre comme prévu au retour de la maternité.
Avec, quand même, le babyphone allumé.

Et là, premier vrai imprévu : il se trouve que quand il pleure, je me retrouve debout en train de courir vers lui avant que mon cerveau ait pu donner son avis. Bon, bon, on ne va donc pas le laisser pleurer, du moins dans la mesure de nos possibilités, parce que parfois on craque et on ne sait plus quoi faire d’autre.
Mais quand même, il faut le dire, Fiston est un bébé facile. Comme s’il savait qu’il a des parents à ménager, parce qu’ils n’ont pas voulu se retrouver dans cette situation et qu’ils sont encore plus débutants que les autres jeunes parents. Alors il patiente, il nous laisse le temps de mûrir.

Donc il dort bien. Il « fait ses nuits », comme on dit, rapidement. Il se réveille tard le matin – et se couche tard le soir -, comme nous. À 3 mois, il dort 12 heures d’affilée. Ça nous fait bien rire et nous remplit d’incompréhension devant les bébés qui se réveillent tout le temps..

Et depuis le début, sauf exception, il s’endort seul dans son lit.

Avance rapide.

Fiston a 10 mois.
Il est toujours facile à vivre, mais un peu moins qu’avant. Ses parents ont beaucoup évolué, il faut dire. Par exemple, moi, j’ai commencé à ne plus trouver très drôle qu’il se « tienne à carreau », comme je disais en rigolant quand on s’extasiait devant ce bébé qui pleurait si rarement. Je lui en ai parlé, quelques mois plus tôt. L’ai remercié d’avoir été si cool, ce qui nous a permis de l’aimer très fort très vite. Mais maintenant, ça n’est plus la peine, il peut être lui-même, manifester ses émotions, même les négatives.
Le message a été entendu. Fiston s’exprime davantage quand il n’est pas content.
Et ce soir, comme d’habitude, nous montons le coucher dans son lit à barreaux. Petit rituel, sans doute, je ne me rappelle plus bien, puis bonne nuit, on éteint la lumière et on sort. Comme d’habitude.
Mais cette fois, Fiston pleure. Il hurle, même.
On revient, éberlués. Il est debout dans son lit, et il hurle. Que se passe-t-il ? A-t-il faim ? Soif ? Est-il mouillé ?
Questions classiques, réponse unique : non. Fiston va très bien : il ne veut juste pas plus être tout seul pour s’endormir.
Bon.
On l’endort dans nos bras, tant bien que mal, on le pose dans son lit. Ça prend du temps, c’est pas facile de se courber pour le poser dans son lit en retenant notre respiration de peur de le réveiller, aïe le dos – il faut dire que Fiston pèse déjà dans les 10 kg.
Soirée amputée, et on ne comprend pas bien ce qui se passe.
Le lendemain, rebelote. On passe au moins 1 heure à endormir Fiston.
Le Barbu, la mine déconfite, murmure en redescendant : « J’espère qu’on ne va pas devoir faire ça encore longtemps. » J’acquiesce.

Je ne peux m’empêcher d’être secouée d’un éclat de rire homérique chaque fois que je repense à cette phrase.
On ne le sait pas encore, mais on vient d’en prendre pour pas loin de 3 ans.

Et encore, là, on ne parle que de l’endormissement. ^^