Archives de Tag: sexisme

Des animaux, des enfants et des hommes – 9 : P comme peigne, P comme poux

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Il y a quelques jours, j’ai acheté un peigne anti-poux.
Pour Fiston et ses cheveux longs, histoire de vérifier qu’il n’en avait pas. De poux.

Je me suis rendue dans une pharmacie, j’ai demandé un peigne anti-poux. Logique.

Le voici, beau, brillant et rose.

peigne

Et voilà l’inscription sur l’emballage.

peigne_emballage

Attendez, je zoome.

emballage_zoom

Je ne sais pas si ça vous fait le même effet qu’à moi.

J’avoue à ma grande honte que j’ai cru y voir un sexisme de bas étage – et en plusieurs langues. Genre, c’est forcément la femme – chez elle – qui donne des petits pots bledina et qui enlève les poux pendant que l’homme gagne des sous et allume le barbecue.

Mais bon, comme je voulais quand même vérifier les cheveux de Fiston sans attendre le retour du Barbu, bon gré mal gré j’ai sauté à pieds joints dans le cliché.
Ce fut difficile au début.

Mais… Au fil des minutes j’ai pu apprécier – bien malgré moi – comme annoncé sur l’emballage les dents longues et la prise en main aisée de la chose.
Une sensation étrange m’envahissait pendant que je peignais les cheveux de Fiston et examinais le peigne après chaque mèche.

Étonnamment, je me sentais plus femme. Une vraie. Une MAMAN.

Je n’avais JAMAIS ressenti cela auparavant !!!!!!! Même pas avec le stylo bille pour elle !!
J’ai commencé à regretter amèrement mon emportement premier !!! Et une fois mes œillères féministes tombées, mon esprit scientifique intuition féminine a refait surface.
Et si, en fait, c’était vrai ????
S’il n’y avait que les mamans qui pouvaient utiliser ce peigne anti-poux ???!?!?!??

N’écoutant que mon courage et sans peur du ridicule, je me suis lancée dans une enquête dont les premiers résultats n’ont fait que confirmer mon lumineux pressentiment !!!!!!!
En quelques jours, j’ai pu faire tester ce peigne à 25 personnes : 6 mamans, 4 femmes sans progéniture, 5 papas, 5 hommes sans descendance (connue, en tout cas).

Voilà les résultats !

6 mamans sur 6 ont enlevé avec succès (90% à 100% de poux enlevés) des poux sur les cheveux de leurs enfants !!!!! En revanche, sur les enfants des autres, le pourcentage baissait fortement (15 à 20%) !!

Sur les 4 femmes sans enfants, 3 ont réussi à peigner des enfants, avec un succès variable, mais sans parvenir à récolter le moindre pou ou la moindre lente !!! La quatrième quant à elle s’est obstinée à utiliser le peigne anti-poux comme une fourchette !!!!!! lol !!!!

Le groupe des 5 papas s’est comporté sensiblement comme celui des 4 femmes sans enfants : 3 ont pu peigner leurs enfants, mais sans efficacité aucune ou quasiment (0 à 10% de poux récoltés !!!) ; les deux autres ont réussi à utiliser le peigne comme un décapsuleur (ce qui en soi n’était pas évident, saluons l’exploit !!!!) et l’un d’eux s’en est servi en sus pour se gratter peigner béatement les couilles devant un match de foot, sa bière dans l’autre main !!!!!!!! lololol !!!

Quant aux 5 hommes non papas, sans surprise, aucun n’a pu refermer les doigts plus de quelques secondes sur le manche du peigne !!! Ils ont justifié cette incapacité à le tenir par un inconfort extrême couplé à une peur « phobique » de ses grandes dents qui leur rappelaient, pour 3 d’entre eux, les Dents de la mer !!!!

Si vous aussi vous avez testé le peigne anti-poux, votre témoignage est le bienvenu !!!!

Ensemble, battons en brèche l’idée que le sexisme est partout !!!!! Prenons enfin conscience avec humilité que non, les hommes et les femmes n’ont réellement pas les mêmes capacités et que les peignes à poux ne poussent que sur Vénus, continent Maternité !!!!!!!!!!

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Des animaux, des enfants et des hommes – 8 : S comme SamSam, S comme SuperSexiste

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L’autre jour, j’ai acheté pour Fiston un cahier de jeux. Un cahier SamSam, ce petit super-héros parfaitement insupportable à mes yeux mais que Fiston aime bien.

Dedans, des jeux, donc, que Fiston se régale à faire, mais aussi des histoires – hélas.

La première que Fiston m’a demandé de lui lire m’a foutue en rogne. Ouais, vraiment.

Ce chef-d’œuvre s’appelle « Il faut sauver SuperJulie ! ».
Oui, bon, déjà rien qu’avec ça on se doute bien que ça ne va pas voler très haut, mais après tout SamSam est le héros de ces histoires donc ce n’est pas une surprise non plus.
Venons-en maintenant au scénario.

SuperJulie (toute de rose vêtue bien entendu, pour ceux qui auraient le bonheur de ne pas la connaître) et SamSam se promènent en soucoupe, SuperJulie en a marre que SamSam commande tout le temps et veut prendre son chemin à elle pour rentrer (oh, la rébellion gronde), SamSam propose de faire la course et chacun part de son côté.
Bien évidemment, si SamSam arrive sans encombres jusqu’au trou noir (oui, il y a des notions très poussées d’astrophysique dans cet univers ^^), cette andouille de SuperJulie se fait aspirer dans le vaisseau des piratroces et SamSam décide d’aller la sauver.
Soupir, yeux qui roulent, tout ça.
Et puis là, d’un seul coup, on reprend presque espoir. Parce que dans SuperJulie il y a Julie mais aussi Super, elle utilise son rayon de persuasion (c’est quand même bien pratique) pour obliger les piratroces à lui obéir.
Évidemment, tout ce qu’elle trouve à leur faire faire, c’est repeindre la grande salle. En rose, of course. Dans SuperJulie, y a Super, mais y a aussi 2 chromosomes X, il ne faudrait pas que les lecteurs l’oublient.

C’est alors que SamSam déboule en criant « Je suis venu te sauver ! » mais SuperJulie n’en a rien à secouer, et d’aileurs si on a autre chose que de la vase dans le cerveau on voit bien qu’elle n’a absolument pas BESOIN d’être sauvée. Elle s’amuse très bien, de manière certes puérile et frivole puisque c’est une nana, mais elle s’amuse et on se doute bien qu’avec son rayon de persuasion, elle peut repartir quand elle veut. Quand ELLE le veut.

Mais SamSam ne l’entend pas de cette oreille. Il triture la vase qui lui sert de cerveau et utilise un miroir pour retourner le rayon de persuasion de SuperJulie contre elle-même. Et là, je vais citer in extenso la fin de l’histoire, parce que c’est quand même grave grandiose.

SuperJulie devient alors toute bizarre…
— Maintenant, obéis-moi ! On rentre ! lui dit SamSam.
SuperJulie redevient toute mimi et se dirige vers sa soucoupe.

Les deux amis reprennent la route de chez eux.
Et cette fois, SuperJulie n’a plus du tout envie de faire la course !
Ouf !

Eh ouais. SuperMec sauve de force PauvreFille, en la rendant docile et « toute mimi » et en l’obligeant à rentrer chez elle alors qu’elle n’en avait pas la moindre envie et se débrouillait fort bien toute seule. Et, morale de l’histoire, elle n’aura plus envie de recommencer à se débrouiller très bien toute seule. Wouf !

Les enfants, retenez bien ceci : les filles doivent obéir aux garçons, qui doivent empêcher les filles de se débrouiller seules en les parquant ramenant fissa à leur maison dont elles n’auraient jamais dû sortir.

Le plus triste dans l’histoire ? Si j’en crois les noms, le scénario a été pondu et adapté par deux femmes.

Enfants & alimentation – 3

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Pour lire le premier billet, c’est ici. Le deuxième, c’est .

Je ne comptais pas faire de 3e volet à la série « Enfants & alimentation », mais une visite sur le site de Blédina m’a laissée tellement consternée qu’il fallait que ça sorte. Promis, c’est le dernier. ^^

Blédina, je vais m’adresser directement à toi. Tout d’abord, excuse-moi de te prendre comme cible, je suis convaincue que la plupart des autres ne valent pas mieux que toi, mais voilà, c’est ton site que j’ai visité, ça tombe sur toi. Et puis avec tes 50% de parts de marché dans le domaine de l’alimentation infantile en France, je suis sûre que tu t’en remettras fort bien.

Ça a mal commencé entre nous, dès la page d’accueil.

Ton logo, qui annonce fièrement : « Du côté des mamans ». Tu m’excuses, j’ai pas la télé ; et j’ai beau avoir utilisé quelques-uns de tes produits il y a 3 ou 4 ans, ça m’a surprise.
Effectivement, si l’on en croit ton site, Blédina, le père n’existe quasiment pas. Pourtant un certain nombre de bébés en ont un – ou même deux, parfois -, d’ordinaire pourvu de 2 mains, parfois même d’une main gauche et d’une main droite, et tout à fait apte à leur donner à manger, fût-ce tes petits pots, non ? Aurais-tu déjà entendu parler du sexisme ? du partage des tâches ? du féminisme ? de l’homoparentalité ? du XXIe siècle ? du…
Bon, laisse tomber.

Venons-en aux choses sérieuses, et pour commencer la prise par les sentiments. Tu ne parles pas juste de « votre bébé » ou « votre enfant », non. Blédina, tu es le meilleur ami des mamans, alors tu le leur montres en utilisant le bon vocabulaire. Dans tout le site nous retrouverons savammant distillés les « votre petit bout », « votre petit trésor », « votre bout de chou ».
Et alors, moi qui pensais que tu te contentais de fabriquer et vendre de la nourriture infantile, profonde était mon erreur et je m’en repends. En fait, Blédina, tu es un vrai club de pédiatres à toi tout seul, une encyclopédie de la puériculture. C’est bien simple, une fois qu’on a mis les pieds chez toi, inutile d’aller voir ailleurs, tout y est : la grossesse, le développement de l’enfant, son éveil, sa socialisation, son sommeil, le « transport » et j’en passe, sans oublier les conseils aux mamans (hein ? les papas ? qui ça ?) : tu nous parles même de rééducation du périnée. Ah, Blédina, comment ne pas t’aimer ? Comment ne pas te rester fidèle ?
Bon, pour le périnée, je t’avouerais que j’ai eu des doutes sur le fait que tu saches où ça se trouve ou comment ça se rééduque vu la photo que tu as choisie pour illustrer la page en question. Puis je me suis dit que c’était par délicatesse : un peu comme dans les pubs pour les serviettes hygiéniques où on utilise toujours un liquide bleu pour faire la démonstration de l’incroyable pouvoir absorbant de la chose, on nous montre ici une rééducation périnéale grâce à un massage du haut du dos – le rouge, le sang, c’est sale, et le périnée se situe juste sous les omoplates, comme c’est pratique.
On comprendra facilement qu’au sujet des maux de la grossesse, c’est pas toi qui vas nous parler des hémorroïdes. Ni du probable vidage d’intestins pendant l’accouchement.
Bref, Blédina : complet, rassurant et délicat, les mamans n’ont besoin que de toi.

Enfin… à condition de correspondre à l’image d’Épinal de la femme enceinte puis de la maman que tu nous présentes : heureuse, épanouie, comblée, éventuellement quelques vergétures et kilos en trop – temporairement -, éventuellement les omoplates tombantes le périnée affaissé et fatiguée, mais heureuse. Ainsi, dans la page sur les examens du premier trimestre, tu affirmes :

L’échographie est un grand moment d’émotion. Pour vous, c’est un instant privilégié de découverte où vous pouvez voir ce qui se passe dans votre corps… Vous pouvez d’ailleurs entendre battre le cœur de votre bébé. Quel moment magique ! le futur papa peut assister à cet examen majeur.

Dans celle concernant le développement du foetus, bien entendu, à la 20e semaine, on trouve :

vous devriez maintenant le sentir bouger dans votre ventre, si ça n’était pas déjà le cas. Un grand moment d’émotion !

Et ce ne sont que 2 exemples parmi d’autres. Une fois remise du choc éprouvé à voir le mot « papa » sur ton site et à comprendre qu’une page entière lui était consacrée – j’avais fini par l’oublier, celui-là -, j’étais assez en rogne. Non, Blédina, toutes les femmes ne fondent pas d’émotion pendant la première échographie, ni au premier coup de pied. Non, elles ne ressentent pas toute de la plénitude une fois qu’elles ont leur bébé dans les bras. Arrête de parler pour elles, de leur dire ce qu’elles doivent ressentir, veux-tu ? Arrête de faire comme si LA femme enceinte était unique, arrête de confondre les mères avec un troupeau de clones. Tu n’imagines pas le nombre de femmes qui souffrent de ne pas coller à cette image. Qui n’osent pas en parler. Qui se croient anormales. Qui se sentent jugées. Qui dépriment devant leur gros ventre ou devant leur petit trésor – et je ne parle pas du baby blues – tout en souriant vaillamment pour la galerie. Va faire un tour sur le site et le forum de Maman-Blues si tu ne me crois pas : tu vas découvrir un nouveau monde, l’underground de ton BisounoursBlédiLand.
Je vais te confier un secret : il y a 4 ans et demi, tu aurais pu m’y lire, et je n’y parlais pas de grands moments d’émotion pendant les échographies (surtout la première écho officielle, merci Pétasse), ni d’attendrissement en sentant les premiers mouvements de Fiston (j’avais l’impression d’un surcroît d’aérophagie), ni de quoi que ce soit de « magique ». L’attendrissement n’est venu qu’à la naissance, chez moi, et je m’estime chanceuse par rapport à certaines.

Continuons la visite : j’en parlais dans le volet n°1, les parents doivent bien se mettre dans le crâne que l’alimentation de leur petit trésor ne peut être confiée qu’à des spécialistes. Ainsi, tout du long de mon exploration, tu m’as balancé de gros encarts : « Entre 6 mois et 3 ans, un bébé à besoin de deux fois plus d’énergie qu’un adulte en rapport de son poids corporel. » « Entre 6 mois et 3 ans, un bébé a besoin de trois fois plus de lipides qu’un adulte en rapport de son poids corporel. » « A 6 mois, bébé a besoin de près de 13 fois moins de sel qu’un adulte » « Entre 6 mois et 3 ans, un bébé à besoin de cinq à six fois moins de proteines qu’un adulte. »
Après tout ça, comment oser donner autre chose que tes petits pots à mon petit bout ? Une pensée émue pour toutes les femmes qui ont su se débrouiller sans toi depuis l’aube de l’humanité. Les pauvres. Heureusement que cette époque barbare est révolue. L’Homo sapiens est mort, vive l’Homo bledinens.

Je l’avoue encore une fois, Blédina, je me suis trompée sur ton compte. C’est pas tellement la nourriture infantile pour les petits trésors, ton créneau ; c’est surtout l’infantilisation des parents – enfin, des mères. Y a qu’à voir les jolies couleurs des slogans de chacune de tes rubriques et les points d’exclamation à gogo, on se croirait à la Maternelle – mon préféré, c’est celui de la rubrique 4-6 mois. Une couleur par mot, et surtout c’est bô comme dans un livre en tissu :

Les incroyables changements de Mr Bébé.

(Et les filles, alors ?)
En tout cas, ça marche bien, l’infantilisation : j’en veux pour preuve certaines astuces qu’on s’échange « entre mamans » sur toutes tes pages : depuis celle qui conseille aux autres de faire du sport comme elle qui soulève son « petit bout » – quand je vous disais que ça marchait – de 6kg490 à bout de bras – attention, si votre bébé ne pèse que 6kg485, les résultats ne sont pas garantis, demandez un remboursement – à celle qui intitule son astuce « viiite pipi » et obtient 66 remerciements pour l’incroyable scoop « Ne pas attendre la dernière minute car alors c’est trop tard le vase à débordé! », en passant par la probable titulaire de la médaille d’or de la Blédinaute avec 351 remerciements au compteur pour l' »astuce » « le jour des c 10 mois ma petite *** a fais ses premier pas », sans oublier les 65 mamans pleines de gratitude pour l’ingénieuse consœur qui leur indique : « quand bébé fait pôpô, je mets tous ses jouets autour de lui ».
Ouaip. Et je vous en cite in extenso une dernière pour la route, pas tellement pour le côté neuneu mais parce qu’il n’y a pas de raison que je sois la seule à perdre un œil :

le docteur vou di ke vou ete de pluse touletan
le docteur vou dit que vou ete de pluse paske il compte les amenorer mai bon c facile a faite il vou di par exemple ke vou ete de 9 semaine mai vou etes de 7 semaine il fo enlever 2 semainne de se kil vou di ..

… 28 remerciements.

Allez, arrachons-nous à grand-peine aux astuces de ta communauté, Blédina, et revenons au domaine que tu proclames maîtriser : l’alimentation infantile. Et pour commencer, intéressons-nous à ta rubrique Tout savoir sur les propriétés des aliments. Outre la propagande classique à la PNNS (viande, poisson ou oeuf 1 à 2 fois par jour, 3 produits laitiers par jour, etc.), tu nous gratifies de magnifiques perles.
Ainsi, pour la viande ou le poisson :

Les petits pots pour bébés constituent un bon repère : ils contiennent la juste dose de protéines* pour chaque tranche d’âge. »

Mais puisqu’on vous dit que c’est beaucoup plus simple et sûr d’acheter des petits pots, hein, les mamans ? Papas, vos gueules, et d’abord qu’est-ce que vous foutez là ?
Passons sur la pub, présente partout : après tout c’est ton site, c’est de bonne guerre, et c’est quand même l’objectif, de vendre tes produits.
Mais, « la juste dose pour chaque tranche d’âge » ? M’enfin, Blédina, figure-toi que tous les enfants n’ont pas la même taille, le même poids, ni les mêmes besoins au même âge. Fiston, à 4 mois, était aussi grand et plus lourd que certains bébés de ma connaissance à 10 mois. C’était pas forcément une bonne chose, mais c’était comme ça. La juste dose, dis-tu ? T’es trop fort.

Jusqu’à 3 ans, un excès de protéines n’est pas souhaitable.

Blédina, tss tsss… Dis-moi donc à quel âge un excès de protéines est souhaitable, s’il te plaît ? Hmmm ? Oui, c’est bien ce que je pensais. Jamais.

Les bonnes habitudes alimentaires doivent être prise très tôt. Pour ne pas habituer votre enfant au goût sucré, proposez-lui des produits naturellement ou peu sucrés

Le gras est d’origine, la fôte aussi. Mais, Blédina, figure-toi que le lait maternel est naturellement très, très sucré, et que le nouveau-né est déjà attiré par le goût sucré. C’est inné. Toi qui vantes l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois (obligé par la législation, faut dire) sur ton site, tu devrais le savoir, non ?

Tiens, au rayon chocolat, d’ailleurs, je vois que tu le savais déjà, en fait.

Les bébés manifestent une préférence pour les goûts sucrés dès leur naissance. Le chocolat va donc vite devenir l’un de leurs aliments favoris.

C’était donc pour voir si on suivait ? Petit farceur, va.

Passons maintenant à Tout savoir sur les nutriments indispensables à votre bébé. Et là, Blédina, j’ai filé directement au rayon « protéines », certaine d’y trouver de quoi rigoler. Ça n’a pas raté.

Il existe 2 catégories de protéines : animales (dans le lait, la viande, le poisson, les œufs) et végétales (dans les céréales et les légumes secs notamment). Les protéines végétales ne présentent cependant pas les mêmes qualités que les protéines animales, notamment en ce qui concerne les acides aminés essentiels (que l’organisme ne peut pas synthétiser). C’est pourquoi il est important de varier les sources de protéines, et d’apporter tous les jours des protéines d’origine animale. Les petits pots et les plats pour bébé contiennent la juste dose de protéines, adaptée à chaque tranche d’âge.

Pfff. Blédina, je te renvoie à cette fiche de l’AVF, tiens, je n’ai pas le courage de t’expliquer le coup de la qualité des protéines végétales versus animales. J’espère juste que tu sais que les protéines ne sont pas utilisées telles quelles mais d’abord découpées en acides aminés et que, pour le corps de nos petits trésors comme pour celui de n’importe qui, que les acides aminés essentiels proviennent d’une seule source (une viande, du soja, du quinoa, du sarrasin par exemple) ou de plusieurs (céréales + légumineuses, par exemple), d’animaux ou de végétaux, d’un repas ou de plusieurs, c’est kif-kif-bout de bourricot-pareil.

Allez, tentons le calcium. Et là, c’est pas mieux. Pour toi, Blédina, il n’y a du calcium que dans les produits laitiers, ou quasiment. Tu mentionnes bien à la fin sa présence dans certaines eaux minérales et les légumes, « mais en petite quantité ». Concentre-toi un peu, Blédina, tu me fatigues. Il y a des végétaux bien plus riches en calcium que les produits laitiers, et surtout dont le calcium est bien plus assimilable par l’organisme (ça va jusqu’à 70% pour certains végétaux, contre 30 à 35% maximum pour celui du lait de vache).
Sans parler de l’énorme mais classique surestimation des besoins des petits bouts (d’après toi : 500 mg / j, de 0 à 3 ans). Parce que, Blédina, toi qui vantes l’allaitement maternel exclusif dans les 6 premiers mois de la vie du petit bout à sa maman, as-tu eu la curiosité de calculer combien ce petit bout devrait boire pour arriver à ces 500 mg / j ? À raison de 300 mg / L de lait maternel en moyenne, fais le calcul, allez… Voilà, c’est ça : 1,66 litres de lait par jour. Tu imagines ce nouveau-né de 3 kg – ou même ce bébé de 5 ou 6 kg – ingurgiter plus d’1 kilo et demi de lait par jour ? Toi qui aimes les comparaisons avec les adultes, ça correspondrait à une ration alimentaire quotidienne de 16 à 32 kg pour un adulte de 60 kg. Voilà un nouvel encart pour toi :

Entre 0 et 6 mois, un bébé ingurgite une ration alimentaire quotidienne de 10 à 20 fois supérieure à celle d’un adulte en rapport de son poids corporel.

Ne me remercie pas, c’est cadeau. Bon courage aux petits trésors, à leurs mamans (surtout celles qui allaitent), et n’oublie pas d’ajouter à ta boutique des entonnoirs pour le gavage et des couches giga-absorbantes.
Au passage, puisqu’on est dans le lait, je me permets de t’indiquer un oubli : si l’intolérance au gluten est mentionnée à plusieurs endroits, nulle part je n’ai trouvé celle aux protéines de lait de vache, pourtant fréquente et responsable de douloureuses coliques et/ou RGO chez les petits bouts – y compris nourris au sein vu que les PLV passent dans le lait maternel. Comment se fait-ce donc que tu n’en parles pas, Blédina ? Un moment d’étourderie ? Une page mal référencée ?

Pour finir et tenter de mieux te comprendre, un petit tour s’impose sur ce que tu dis de toi :

La passion de Blédina : faire grandir les bébés et simplifier la vie des mamans.

Merci de faire grandir les bébés – on a échappé de justesse à une génération d’enfants à la verticalité contrariée.
Qu’appelles-tu « simplifier la vie des mamans », au juste ? Voilà la réponse d’une directrice marketing :

Je sais que quand on est une jeune maman, on a vraiment besoin d’aide, d’information, de se sentir tout simplement comprise, mais parfois on est assaillie d’informations et de conseils contradictoires, pas facile de se dire qu’on a fait les bons choix !
C’est pourquoi je m’assure que Blédina mérite la confiance des mamans, grâce à des produits qui répondent parfaitement aux besoins spécifiques de leurs bébés de 0 à 3 ans, mais aussi en apportant des réponses à leurs questions sur le site, sur notre ligne téléphonique 3240, sur facebook, demain via les live chats, pour qu’elles soient plus sereines.

Et voilà, on est d’accord. On n’a besoin que de Blédina. On y est, on y reste. Plus la peine de se fatiguer les neurones à recouper des infos contradictoires, à chercher par soi-même, à se poser des questions, à réfléchir, à lire, à observer – au risque de douter, d’évoluer dans ses opinions et ses pratiques, de remettre en cause certaines idées toutes faites.
Blédina se charge de tout. De fournir du tout-cuit, du prémâché, voire du prédigéré aux parents mamans aussi bien qu’aux bébés.

Alors, toutes en chœur : merci qui ? Merci Blédi !