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Devoir d’amour

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Quand vous êtes enfants, voire quand vous êtes adultes, il est de votre devoir d’aimer les membres de votre famille proche. Ce qui comprend au moins les parents, grands-parents, frères et sœurs, même si pour ces derniers, en grandissant, on peut accepter que des divergences vous séparent.

Dans la plupart des cas, dès votre plus jeune âge, votre amour pour vos parents et grands-parents doit être entier et inconditionnel.

Quoi que vous fassent vos parents vous devrez les aimer. Et quand vous leur amènerez vos enfants, ceux-ci devront leur montrer à quel point ils leur sont chers dans l’heure suivant leur arrivée. Quand bien même ledit enfant ne les verrait qu’une fois par an.

Dans ces circonstances, je vous déconseillerais d’emmener votre enfant de deux ans, en période de fusion parentale et de « touche pas c’est à moi » chez lesdits grands-parents, sous peine de vous exposer à des situations pour le moins inconfortables. Bon, c’est vrai, des fois, on n’a pas vraiment le choix.

Les premières 24 heures se sont certes bien passées, mais après cela, les grands-parents, soucieux de rattraper un an d’absence (ce qui est plus que compréhensible) et d’affermir le lien avec leur petit-enfant, ont commencé à se faire trop pressants. D’où repli de l’enfant dans les bras parentaux et des scènes surréalistes du genre :

« Puisque tu veux pas me prêter ta raquette, ni monter dans la brouette, et bin je jouerai plus avec toi. » (dixit GP)

« Puisque tu veux pas me faire un bisou, je te donnerai plus de compote. » (dixit GM)

Et de tripoter, bisouiller, chatouiller le marmot alors qu’il dit et répète qu’il ne veut pas, et qu’on demande à la personne, le plus poliment possible, d’arrêter.

« Mais je veux qu’il s’attache à moi ! » nous dit-on.

BIIIIIIIIIP. Mauvaise réponse. Essaye encore une fois.

Je comprends leur empressement, je comprends le besoin de nouer un lien avec cet unique petit-fils qu’ils voient si peu souvent. Et l’urgence de ce besoin vu le court séjour que l’on fait là-bas. Je comprends même le sentiment de rejet quand Loulou dit « Non, je veux pas jouer avec toi » (dans ce cas je tiens quand même à signaler que c’est le GP qui l’a dit le premier) ou « Non, pas de bisous, toi. » Mais, honnêtement, on ne peut pas demander à un enfant de deux ans d’agir en adulte quand les « grandes personnes » n’y arrivent pas elles-mêmes.

Pourtant c’est un peu ce qu’on fait. Quand on est seuls avec lui, on lui explique que si leurs manières semblent un peu agressives, c’est parce qu’ils l’aiment très fort et qu’ils ont du temps à rattraper. Qu’ils sont tristes de ses non, et que ça nous rend triste aussi, car on a besoin que tout le monde se sente accepté dans notre famille. Alors on essaye délicatement de provoquer des occasions de rapprochement, on répète toutes les phrases gentilles que dit Loulou à l’attention de ses grands-parents en leur absence. On le fait même jouer au singe savant en lui demandant comment s’appellent papi et mamie, qui sont tout fiers qu’il connaisse déjà leurs prénoms (je tiens quand même a préciser qu’on ne lui a pas appris, c’est venu tout seul un soir au diner).

Si nous avions plus de pratique de la CNV (Communication Non Violente), nous essayerions peut-être de discuter, mais nous manquons encore d’aisance dans ce type de communication. Même si parfois je suis tentée, je me dis que nous disposons de trop peu de temps et que nos visites sont trop rares pour prendre le moindre risque.

Alors nous faisons des compromis entre nos convictions sur l’accompagnement respectueux et notre besoin de préserver la paix familiale de ces vacances. Mais nous ne cédons pas d’un pouce dans la défense de l’intégrité physique du loulou et de son droit à dire non.

Au final, ça c’est plutôt bien passé, mais GP, passé les 48 premières heures, n’a pas voulu rejouer avec Loulou, sous prétexte que Loulou n’avait pas voulu au début, et a fini par lui dire qu’il l’avait trouvé plus gentil la dernière fois qu’il était venu (pas taper, pas crier,  rester zen).  Le reste du temps c’était cordial, ils ont passé quelques bons moments ensemble, mais ils auraient pu en avoir tellement plus.

Si vous avez des astuces à nous donner pour faciliter la communication des trois générations ou au moins minimiser l’impact des paroles parfois blessantes des tout-petits sans obliger ces derniers à simuler, faire de fausses excuses ou de faux bisous (après tout n’importe qui a le droit de choisir son partenaire de jeux et qui il veut embrasser), nous sommes preneurs.

Les préjugés, c’est mal !

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Il y a 3 ans, Mely venait d’accoucher de l’adorable Fiston, et Loulou ne faisait pas encore partie du royaume des possibilités. J’ai toujours été du genre à me remettre en question, mais je dois admettre que l’arrivée de ces deux-là m’a fait passer à la vitesse supérieure.

Voici une liste, non exhaustive, des préjugés que j’avais il n’y a encore pas si longtemps (certains remontent tout juste à quelques mois) :

Quand un pote me disait « Bébé ? Bah il dort avec nous. »  Je disais poliment « Ah bon ? » et dans ma tête « Mon Dieu, je ne pourrais pas, c’est tout petit, j’aurais peur de l’écraser. Et puis c’est malsain. Et puis l’intimité du couple, alors. Et puis, et puis, et puis… »

Quand une copine m’a dit qu’elle n’avait pas de micro-onde, j’ai répondu : « Mais tu fais comment pour le petit déj et les plats tout faits ? » Je ne m’imaginais pas passer ne serait-ce que trois minutes chaque matin à surveiller mon lait.

Quand ma meilleure amie m’a dit : « Les claques, c’est de la maltraitance, j’éduquerai Fiston sans punitions, ni récompenses. » J’ai dit ou pensé : « Bah, une baffe n’a jamais tué personne (faux, mais nous en reparlerons.) Et puis un gosse a besoin de limites, c’est à ça que servent les adultes. Faut pas les laisser te mener par le bout du nez, sinon c’est la fin. » Et puis je me disais « Attends un peu de voir et on en reparlera. » (Ça pour en parler on en a parlé et on en parle encore d’ailleurs.)

En voyant une amie allaiter son fils de 18 mois, je n’ai rien dit, mais dans ma tête : « Bon c’est vrai j’ai envie d’allaiter Loulou plus que les deux mois standard, mais 18 mois quand même, c’est un peu grand, ça fait bizarre je pourrais pas. »

Quand Mely (encore elle) m’a dit qu’elle devenait végétarienne, j’ai rien dit et même que j’ai rien pensé.
Quand elle m’a annoncé qu’elle devenait vegan, ma réponse a été « Et qu’est-ce que tu vas manger comme gâteaux ?  » Et puis j’ai ajouté : « Déjà que végétarienne, je m’y vois pas, mais alors vegan, même pas en rêve. »

Mais j’ai la chance d’avoir plusieurs atouts non négligeables dans ma vie. Une curiosité infinie et une bonne ouverture d’esprit (merci maman), une meilleure amie avec qui je peux parler de tout et qui a souvent un train d’avance en terme de remise en question, et un homme qui me suit et me soutient dans les bouleversements qu’entraînent lesdites remises en question (à condition de les trouver justifiées bien sûr, et quand il n’en est pas lui-même l’instigateur).

Aujourd’hui :

Nous n’avons plus de micro-onde.

Loulou dort avec nous et est allaité depuis bientôt deux ans.

Nous avons choisi de l’éduquer sans punitions ni récompenses et essayons de pratiquer avec lui (et avec les autres également) les principes de la communication non violente.

Nous ne mangeons pour ainsi dire plus de viande ni de poisson à la maison (et nous n’en mangerons plus du tout chez nous une fois nos stocks écoulés.) En fait, quand j’ai commencé, j‘étais plutôt partie pour y aller doucement. Moins de tout à la maison, ce qu’on veut en dehors ; et finalement, en trois semaines, malgré de nombreuses occasions, je n’ai fait que deux écarts au restaurant par manque de choix, mais ça aussi nous y reviendrons.

Que s’est-il passé pour que je retourne ainsi ma veste, mon pantalon et ma petite culotte ?

Plein de choses, mais comme les sujets sont vastes et variés, chacun fera l’objet d’un post séparé.

Sans compter toutes les idées préconçues qu’ils me restent.