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Comment l’IEF – 14. Savoir (ce) que les enfants apprennent – 1

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Sauvetage (par Fiston)

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C’est des animaux dans un zoo.

Il y a un cheval et un rhinocéros qui ont été amenés dans un pré (ils sont sauvés du zoo) : le rhinocéros avec un 4×4 jaune, et le cheval avec un 4×4 rouge.

sauvetage_animaux_playmo_1Ensuite, Petit Tracteur Vert a amené un arbre, et ensuite Élance-Vitesse* a apporté l’herbe pour planter l’arbre et une mare. Et Très-Joli** avec Petit Tracteur Vert, ils ont apporté des bottes de foin pour l’hiver.

Ensuite Petit Tracteur Vert s’était ensablé dans une flaque mais comme Élance-Vitesse, il a une chaîne, il a pu le sortir de là.

Ensuite ils ont amenés tous les oiseaux : les poules, les coqs, les canards, les oies, et ensuite Élance-Vitesse a apporté des fleurs à mettre sur l’arbre parce que tous les animaux ont besoin de fleurs.

Et voilà, ils vivent heureux maintenant !

sauvetage_animaux_playmo_2

 

* Élance-Vitesse : Tracteur rouge à gauche de Petit Tracteur Vert sur la première photo

** Très-Joli : Tracteur vert encore plus petit que Petit Tracteur Vert, ne figure pas sur les photos

Vrai-semblant

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ou l’histoire du petit tracteur rouge qui était vivant.

Connaissez-vous Le Petit Tracteur rouge ? Little Red Tractor, en anglais. Il s’agit d’une série de petits films d’animation (10 minutes par épisode) mettant en scène, ô surprise, un petit tracteur rouge et la flopée de personnages qui l’entourent.

little_red_tractor

C’est très bien foutu, drôle, j’adore l’accent des persos dans la VO mais le doublage français est tout à fait correct également, et l’ambiance globale est vraiment sympathique : une petite communauté rurale où les gens s’entraident volontiers, sans manichéisme outrancier ; Mr Jones est une sorte de Gaston Lagaffe en gros tracteur bleu, un peu imbu de lui-même mais avec un bon fond ; et si Stan, l’heureux propriétaire du petit tracteur rouge, a parfois des allures de Tintin, il est quand même bien moins fade que ce dernier.
Bref, c’est une chouette série que Fiston aime beaucoup, aussi bien en VO (chez nous) qu’en VF (chez les amis qui nous l’ont fait découvrir).

Il se trouve que quelques semaines après la découverte de cette série, un évènement encore inexpliqué à ce jour a eu lieu chez nous. Fiston était déjà possesseur d’un petit tracteur vert à cheminée rouge, doté d’un moteur à friction bien fatigué. Et ce jour-là, dans la caisse des jouets qui roulent, Fiston en découvre un deuxième, rigoureusement identique mis à part que son moteur est bien plus en forme.
Cri de joie : « C’est un petit tracteur rouge ! »
(merci la cheminée ^^)

Comme je ne comprends pas plus que lui d’où vient ce petit tracteur vert rouge, Fiston invente une explication dans la foulée : il vient du Japon (on venait d’envoyer une première lettre à la maison d’Asako), il est venu tout seul jusque chez nous parce que la cabane dans laquelle il habitait venait de s’écrouler.
Bien, bien.

Après plusieurs jours d’enquête auprès de nos amis et de la famille, personne ne sachant à qui est ce tracteur, nous l’adoptons officiellement. Fiston lui invente une fausse main qui tourne une manivelle pour le faire avancer tout seul, il affirme que c’est un dinosaure toujours vivant qui l’a fabriqué le jour où la première maman est née, puis, au bout de quelques semaines, le petit tracteur rouge est déclaré vivant.
Et pas que.
C’était bien la peine de ne pas faire avaler à Fiston le bobard du Père Noël, car le Petit Tracteur Rouge est plus fort que l’égérie de Coca-Cola et Dieu le Père réunis.
Il voit tout, il sait tout, il entend tout, il sait voler, il passe son temps à fabriquer des choses pour tout le monde en général et Fiston en particulier, et même que c’est lui qui a créé l’univers, les gens, les maisons, les routes et tout ça.

Après quelques jours où cette imagination débordante m’amuse plus qu’autre chose, comme je vois que Fiston se crée une mythologie de + en + élaborée en ayant réponse à tout, je commence à me poser des questions.
Le Petit Tracteur Rouge va-t-il concurrencer le Spaghetti Volant ?
Est-ce que Fiston y croit vraiment ?
Si oui, est-ce un problème ?
J’ai toujours pensé que les enfants n’étaient pas dupes ; de la pédagogie Montessori j’ai retenu l’idée qu’ils sont avides de réel et que le rôle des adultes n’est certainement pas de leur faire gober des salades mais bien au contraire d’être les garants de la réalité, même si je ne diabolise pas pour autant l’imaginaire comme le fait – à mon sens – cette philosophie. Par contre je précise toujours, quand on lit une histoire ou regarde un film avec des animaux qui parlent ou autre trucs bizarres, qu’il s’agit de personnages imaginaires, inventés, qui n’existent pas. Ce qui ne gâche en rien le plaisir de rêver.

Après tout, moi quand j’étais gamine, j’avais un cheval en peluche que j’adorais et je nous inventais des histoires dignes de Lucky Luke et Jolly Jumper à longueur de journée. Dans mes histoires il était vivant, et même si intellectuellement je savais bien qu’il s’agissait d’un objet inanimé, la frontière à son égard entre vivant-pas vivant a toujours été assez floue. Même à l’heure actuelle, je ne supporte pas de voir ce cheval – toujours là, toujours en bon état même si un peu pelé, 35 ans au compteur quand même – dans une position non « physiologique », par exemple avec une patte – oui, je sais qu’on est censé dire « jambe » mais j’ai toujours trouvé ça débile et je dis ce que je veux – pliée dans le mauvais sens : ça me fait mal, presque comme si je voyais un animal vivant avec une patte cassée.
Suis-je tarée pour autant ? (qui a dit « oui » ?)
Est-ce grave d’éprouver encore, à bientôt 40 ans, des sentiments pour une peluche ?
Est-ce que je viens de perdre tous mes lecteurs à cause de ce paragraphe ? (Mais qui dit « oui » tout le temps, bon sang ? ^^)

Revenons à Fiston et son tracteur. Mon vrai problème, en fait, c’est qu’il essaye de m’entraîner dans ses délires. Autant je veux bien jouer, autant je ne veux pas qu’il puisse penser que je crois vraiment son petit tracteur rouge vivant. Mais préciser toutes les 10 minutes que « tu sais, moi je ne crois pas à cette histoire », ça va vite me soûler.
Comme souvent, je choisis la solution la plus simple : j’en discute avec lui. Je lui dis que que pour de vrai, son idole du moment n’est pas vivante, mais que je veux bien faire semblant avec lui s’il le veut.
Fiston le veut. « Oui, maman, oui ! », avec un grand sourire.
Du moment que tout est clair entre nous… Allons-y.

Je fais donc semblant.
Beaucoup.
Abondamment semblant, car désormais, Fiston commence une bonne partie de ses phrases par « mon petit tracteur rouge ». Aux gens que nous croisons, il raconte « Tu sais, mon petit tracteur rouge, il est vivant et il m’a fabriqué ceci ou cela ». Les gens ne pigent pas tout, en général, surtout quand Fiston leur brandit ledit tracteur rouge devant le nez (je rappelle qu’à part sa minuscule cheminée, ce tracteur est essentiellement vert), mais cela ne le perturbe pas.

Mais ce que je trouve assez remarquable – et rassurant, quelque part – dans cette histoire, c’est que si depuis maintenant plusieurs mois Fiston est de plus en plus à fond là-dedans, en même temps, il me donne régulièrement des preuves qu’il garde bien les pieds sur terre.
Par exemple, lorsqu’il me demande quelque chose à propos de son tracteur, je lui demande parfois s’il veut la vraie réponse ou la réponse pour faire semblant. En général il demande la deuxième, et parfois ensuite la première, histoire de comparer.
Ces dernières semaines, quand il m’informe que dans la nuit son petit tracteur rouge lui a fabriqué tel jouet parce que celui d’avant était cassé et que je rétorque finement « ah bon ? », il enchaîne en général par un « tu fais semblant, là, hein ? », ce à quoi je réponds par l’affirmative. Tout aussi régulièrement, il me demande si je ne fais pas semblant de croire à telle ou telle chose.
Et il ne se trompe jamais, notez bien. ^^
Parfois même, et c’est tout récent, il avoue à demi-mot qu’il fait semblant lui-même. Par exemple, quand il me dit « mais si un jour tu voyais que mon petit tracteur rouge était vraiment vivant, tu serais bien étonnée, hein, et tu ne ferais plus semblant d’y croire ? » et que je confirme, il lui arrive de me confier tout bas : « moi aussi je serais bien étonné ».

Ces jours-ci il est passé à la vitesse supérieure, et ça devient franchement fendard.

vrai_semblant

Je suis contente de ne pas avoir fait semblant de lui faire confiance. ^^

Le sommeil, l’éternelle question – 3

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Pour lire l’épisode 1, c’est ; le 2 est ici.

Fiston a donc maintenant 2 ans : il a un nouveau lit dans lequel il dort toute la nuit sans se réveiller, c’est formidable.

Évidemment, ça ne dure pas. Quelques semaines plus tard, on repart sur les réveils la nuit. Par contre, il accepte de s’endormir à nouveau seul pour la sieste, ce qui me permet de souffler un peu.

Les mois filent. 2 ans et demi.
Fiston se réveille toujours assez régulièrement la nuit. On en a eu marre de passer du temps à le rendormir, puis à tenter une sortie discrète qui le réveillait une fois sur deux : maintenant, celui qui se lève finit la nuit avec lui.
Et puis finalement, comme on en a marre aussi d’être réveillé et de devoir crapahuter dans le froid (c’est l’hiver et la maison n’est pas hyper bien chauffée) pour aller le rejoindre, on se couche directement avec lui. C’est moi qui m’y colle en semaine (le Barbu se levant très tôt), et le w-e ou pendant les vacances, on alterne.
Donc concrètement, on endort Fiston, on sort de sa chambre, puis au moment de se coucher, y en a un qui va dormir avec lui. Il y a beaucoup moins de réveils comme ça, et de toute façon, globalement, tout le monde est moins crevé.

On arrête de se prendre la tête sur l’âge hypothétique auquel il voudra bien redormir seul. Ça n’est pas l’important.
L’important, en tout cas à mon avis, c’est que Fiston s’est contenté de ce que nous pouvions lui donner à sa naissance ; mais au fur et à mesure que nous progressions en tant que parents et étions enfin capables de lui donner plus, il a demandé plus. Son envie de dormir avec nous, c’est pas pour nous casser les pieds, c’est un besoin qu’il s’est résigné à mettre de côté pendant longtemps. Il sait parfaitement dormir seul, je le sais bien – il le fait toujours sans problème chez ses grands-parents, d’ailleurs. Mais chez nous, il rattrape ce qu’il n’a pas eu les 2 premières années de sa vie.
Mieux vaut tard que jamais.

Les mois filent toujours. 3 ans. 3 ans et demi. 4 ans. 4 ans et 3 mois.
On dort toujours avec Fiston. Il a quand même fallu que Naë me dise « Ben vous faites du cododo, en fait, maintenant » pour que je m’en rende compte (je suis vachement fûtée, parfois).
En revanche, il veut bien s’endormir tout seul maintenant. La plupart du temps. Parfois il redemande à ce qu’on l’endorme (surtout quand c’est son père qui le couche), et puis au bout de quelques jours ou quelques semaines, rassuré (?), il s’endort à nouveau seul.

On ne se prend toujours pas la tête, par contre maintenant cette situation me pose un problème.
Le sommeil de Fiston est devenu vraiment bon. Depuis ses 4 ans et peut-être même un peu avant, il ne se réveille plus du tout la nuit. Du moins tant qu’on ne vient pas se coucher avec lui.
Même si on ne se couche pas avant 4h ou 5h du matin, il ne se réveille plus – ou ne nous appelle plus, en tout cas.
Je n’ai guère de doutes sur le fait que si on le laissait dormir tout seul, il dormirait d’une traite jusqu’au matin. Par contre, entre l’escalier qui craque, la porte et le parquet qui grincent, le fait qu’on retrouve parfois Fiston en travers du lit au moment de s’y glisser et je ne parle pas des fois où j’étais à côté de mes pompes du matelas et me suis pris une poutre en pleine tête, eh bien il est fréquent que notre arrivée le réveille, même à moitié.
Je trouve ça franchement dommage, mais lui s’en fiche.

fiston_meme_adulte

Bon, bon. ^^

Arrive le mois d’octobre. Comme tous les ans, je vais me rendre 3 jours à un festival du livre, dans le sud de la France (youpi !). Comme tous les ans, Fiston passera une partie des 3 jours chez mes parents.
Mais une semaine avant, il chope une bonne crève qu’il refile illico à son père. J’ai beau avoir une immunité bien reboostée depuis que je suis végé, je préfère mettre toutes les chances de mon côté. Un salon du livre qui dure 3 jours – sans oublier les 2x7h de train – c’est déjà fatigant ; alors quand on est malade, je ne vous raconte pas.
Je propose donc à Fiston de dormir sur le clic-clac de sa chambre jusqu’à mon départ pour moins risquer d’attraper son rhume tout en étant avec lui.
Il me répond « Non, tu vas en bas. »

o_O <– ça, c’est ma tête.
Je vérifie que j’ai bien compris. Oui, je suis censée dormir en bas.
Bon, sauf qu’en bas y a le Barbu qui est lui aussi malade. Et puis je me connais, sachant Fiston enrhumé, je tendrai l’oreille de peur de ne pas l’entendre s’il se réveille en toussant ou en ayant besoin de qq chose, donc je ne dormirai pas ou mal.
Je propose donc à Fiston de dormir dans la chambre d’amis, à côté de la sienne.
Deal.
J’entends Fiston tousser de temps en temps, mais la nuit se passe bien ; au matin, il est en pleine forme.

Le reste de la semaine, même topo.
Je reviens de salon, je demande (en me traitant intérieurement de gourde) à Fiston où il veut que je dorme cette nuit. Il me dit « en bas ».
Bon. Je ne lui redemanderai plus (j’ai repris goût à dormir dans mon lit toutes les nuits, héhé) tout en gardant à l’esprit que rien n’est définitivement acquis. Mais depuis bientôt 4 mois que ça dure, Fiston dort comme un loir.

On a trouvé un nouveau rythme qui nous convient à tous : Fiston se couche entre 21h30 et 23h en temps normal, dort toute la nuit et se réveille avant nous (le w-e) ou moi (en semaine). Il sait qu’il ne doit pas nous réveiller avant 9h (on est des couche-tard-lève-tard) sauf si besoin particulier ou urgent, donc il va regarder l’heure. S’il est trop tôt, il joue, il lit, il cause avec les chats, il mange s’il a faim : il vit sa vie. S’il est 9h ou plus tard, il vient nous réveiller en marmonnant l’heure pour ne pas l’oublier : « coucou, alors il est 0 9 deux petits points 3 7 ! » – ça c’était surtout au début, lorsqu’il ne savait pas tellement lire une heure digitale -, ou « coucou, il est 10 h 13 ! » – ça c’est maintenant et dans cet exemple on a du bol, 1h13 de rab ^^.
Parfois je réclame un délai supplémentaire, qu’en général il m’accorde volontiers. Parfois, mais c’est de plus en plus rare, il vient avant 9h.
Quand j’ai vraiment du mal à me réveiller, je lui demande s’il veut venir faire un câlin en attendant. Il refuse presque toujours.

fiston_occupe

Les exceptions, car il y en a :

  • Il y a eu en tout 3 ou 4 réveils nocturnes pour cause de peluche perdue : dans ce cas je monte, je trouve la peluche, je la redonne à Fiston qui se rallonge aussitôt, je lui demande si ça va aller, il me dit « oui » et je redescends tranquillement. Le lendemain, il ne se souvient de rien.
  • Nous cododotons encore un peu. De temps en temps Fiston demande à ce que moi ou son père dormions avec lui. Ce n’est pas toujours possible la nuit demandée (lever tôt, pas en forme, pas envie…), dans ce cas on en propose une autre. Je dirais qu’en moyenne on passe 2 à 3 nuits par mois avec lui. Il adore ça. Le matin, il réclame ma main et se rendort en la tenant. Et au lieu de se lever dès son réveil définitif, il reste à me regarder en souriant, en chuchotant parfois « là je vais voir l’heure mais ensuite je reviens me rallonger avec toi, maman, d’accord ? Tu laisses ta main là ? » 😀
    (Ouais, j’adore aussi :D)

Voilà qui conclut (a priori) cette série sur le sommeil de Fiston.
À noter que pour sa future chambre, Fiston a jeté son dévolu sur un lit mezzanine avec toboggan – soit un lit de 90 de large seulement, contre 140 actuellement. Je lui ai fait remarquer que, si on lui prenait ce lit, nous ne pourrions plus dormir avec lui, faute de place.

Il a eu l’air de s’en ficher pas mal.

Toboggan : 1 / Parents : 0. 😉