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Si j’aurais su… je serais né en Suède !

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Les livres qui ont changé ma vie – 1

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Il y a environ 1 mois, en allant me balader sur un blog que j’aime bien, celui d’une jeune interne en médecine générale (L’ordonnance ou la vie), j’ai découvert l’évènement inter-blogueurs “Les 3 livres qui ont changé ma vie” organisé par le blog Des Livres Pour Changer de Vie.

Ça m’a intéressée, évidemment, même si la carotte promotionnelle agitée devant mon nez en guise d’entrée en matière m’a pas mal agacée. Et puis je suis allée visiter le blog organisateur, j’ai regardé les 3 livres qui avaient changé la vie de son auteur… et là, ça m’a définitivement coupé l’envie de participer. Incompatibilité directe pour au moins 2 titres sur les 3.

Mais comme l’idée du jeu me plaisait quand même beaucoup, je le fais en free-lance.
Ce qui me permet d’en mettre plus que 3, et pas que des livres. Et même de jouer très en retard. Elle est pas belle, la vie ? ^^

Voici donc le premier livre (dans l’ordre chronologique) qui a changé ma vie :

Parents efficaces, de Thomas Gordon

 

 

Ce livre, le tout premier que je lisais sur le sujet, a changé en profondeur et pour toujours ma conception des rapports entre parents et enfants, qui jusqu’alors était le très classique parent gagnant > enfant perdant.
Avant cela, je n’avais jamais vraiment remis en question mon éducation ou celle que je voyais mes frères donner à leurs enfants. Enceinte de Fiston sans l’avoir voulu, j’en étais restée au basique : l’enfant obéit, et s’il le faut : 2 baffes et au lit. Oui, je sais, Fiston n’imagine pas à quoi il a échappé. ^^

Curieusement, c’est le blog d’Eolas (le plus célèbre avocat de la Toile – si vous ne connaissez pas son blog, courez le lire, c’est d’utilité publique) qui m’a donnée l’impulsion de départ vers l’éducation non violente.
Il s’agissait de ce billet, à propos d’une affaire faisant pas mal de bruit à l’époque : un professeur poursuivi en correctionnelle pour avoir giflé un élève de 11 ans qui l’avait insulté. Eolas y déclarait ceci :

Il demeure : frapper un élève est un geste inacceptable, et frapper un enfant l’est encore plus. Quel que soit le comportement de ce dernier. L’école apprend la vie en société, et la première de cette vie en société est de renoncer à la violence, pas de la subir de la part des personnes qui exercent l’autorité.
Le châtiment corporel est d’un autre âge, y compris administré par les parents. Accepter la fessée comme normale, c’est accepter le premier échelon d’une échelle qui peut amener très vite trop haut. Car la fessée ne fait pas mal, et l’enfant finira par ne plus en avoir peur. Il faudra aller plus loin. Et quand il aura quinze ans et mesurera 1m80, que va faire le parent ?

Moi et mon gros ventre, nous en sommes restés sur le cul. HEIN ???
Je suivais le blog d’Eolas depuis environ 2 ans à l’époque, et j’avais acquis le plus grand respect tant pour la profession d’avocat que pour Eolas lui-même. Le retrouver à défendre une position que je tenais pour idiote et incompréhensible – et encore, je suis polie – m’a vraiment heurtée.
Comme d’habitude, j’ai lu tous les commentaires sous son billet. Ceux de « mon camp » d’alors, les plus nombreux, disant mais n’importe quoi, enfants-roi, on voit que vous n’avez pas d’enfant, de nos jours y a plus d’autorité, laxisme, tout fout l’camp, j’en ai eu et j’en suis pas mort, et patatrique et patatarte. Le camp d’en face, constitué d’Eolas et de quelques autres, soutenant haut et fort leur position de non-violence, Eolas précisant que si, il avait une fille et ne l’avait jamais frappée, les autres donnant quelques liens et références sur le sujet, comme celui de l’association « Ni claques ni fessées ».

Je ne sais pas si vous avez déjà vécu cela : parfois, on entend ou lit quelque chose qui bouscule ses convictions. Ou du moins quelque chose qu’on sent susceptible de les bousculer, fort et violemment, de les basculer, de les retourner complètement.
Là, que fait-on : est-ce qu’on s’engouffre dans cette brèche qui vient de s’ouvrir devant soi, sans savoir jusqu’où on ira ? Ou est-ce qu’on ferme ses yeux, ses oreilles, et on continue son chemin pépère – parce que là, non, on ne peut pas remettre ça en question, ce n’est pas le moment, on n’a pas la disponibilité d’esprit qui va bien, ou on ne veut pas penser autrement à ce sujet.
Je pense que si je n’avais pas été enceinte à l’époque, j’aurais pris l’option n°2. Pas envie de réfléchir à ça. Mais j’allais être maman quelques mois plus tard, et il m’a semblé que si je devais changer d’avis sur le sujet de l’éducation des enfants, le moment était plutôt bien choisi.

J’y suis donc allée, en traînant un peu les pieds et en serrant beaucoup les fesses.
J’y suis restée. Aujourd’hui, à relire les commentaires sous le billet d’Eolas, je ressens une curieuse impression de « schyzophrénie temporelle » : quand je lis les arguments de ceux qui défendent les baffes, j’ai envie de hurler. Et je me souviens très bien qu’il y a 4 ans et demi, je pensais comme eux, j’avançais les mêmes arguments qu’eux, je rigolais comme eux en parlant des fessées que j’avais reçues.

Bref, après avoir écumé un certain nombre de sites sur le sujet, j’ai ressenti le besoin d’aller voir ce qui se disait dans les livres. Je ne sais plus pourquoi mon choix s’est porté en premier sur Parents efficaces, toujours est-il que ce livre a bel et bien changé ma vie, mon regard sur les enfants, sur ma propre éducation et, via un certain nombre de détours, ma vision du monde et de la transmission de la (non-)violence de générations en générations.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, outre le fond : son approche pragmatique. Vu mon état émotionnel de l’époque, c’était ce qu’il me fallait. Pas de Bien ni de Mal. Pas de morale. Une démonstration, appuyée sur un grand nombre d’exemples concrets, que ce soit pour l’écoute active ou pour la résolution de conflits entre les parents et les enfants.

Ce que je n’ai pas aimé : le style. Je soupçonne la traduction de mon exemplaire d’y être pour quelque chose. Bien des dialogues sonnaient complètement artificiels à mes oreilles.
Il serait d’ailleurs intéressant que je relise ce livre maintenant pour voir si c’est toujours le cas – problème de style -, ou si c’était juste le côté communication complètement inhabituelle pour moi à cette époque (messages-je, parler de ses sentiments, émotions et attentes, écouter l’autre… au lieu d’ordonner, de conseiller, d’engueuler, ou d’attendre que l’autre devine ce qu’on veut…) qui m’avait donné cette impression.

Quelques ricochets : Éduquer sans punir, du même auteur ; la découverte plus approfondie de la Communication Non Violente ou CNV (Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs, Marshall Rosenberg) ; les livres d’Isabelle Filliozat (notamment Au coeur des émotions de l’enfant, livre à offrir à tous les futurs parents, qui offre une approche davantage émotionnelle de la relation enfant-parent) ; ceux d’Olivier Maurel (La Fessée ; Oui, la nature humaine est bonne) ; les pédagogies alternatives (Montessori, Freinet, l’instruction informelle) et le monde de la non-scolarisation ; et least but not last, une approche du nazisme via le prisme de l’éducation, dans 2 livres : The Altruistic Personality: Rescuers of Jews in Nazi Europe (Samuel P. Oliner & Pearl M. Oliner), et C’est pour ton bien (Alice Miller).