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Journée de la non-violence éducative : un exemple…

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… vaut mieux qu’un long discours

Je le rappelais dans le billet précédent : aujourd’hui, 30 avril, avait lieu la 10e édition de la journée de la non-violence éducative. Cette année, la maison de l’enfant invitait les parents à partager 3 astuces de parentalité non-violente.
Je n’ai pas le temps pour 3, mais en voici une qui fonctionne bien avec Fiston : les exemples.

Illustration par un exemple (justement ^^).

Le parquet de la salle de jeu étant posé depuis peu, nous y avons installé le lit-mezzanine-toboggan et les enfants s’en donnent à cœur joie.

Le lendemain, Naë et moi entrons dans la salle de jeux au moment où Fiston, en haut du toboggan, s’apprête à y faire glisser une lourde caisse en bois.
Euh, non. Pas d’accord pour ça.
On explique à Fiston que ça risque d’abîmer le parquet.
Fiston nous répond « Non, c’est pas vrai. »
Forte de ma longue expérience du Fiston, j’interprète : « Tu l’as déjà fait et ça n’a rien abîmé, c’est ça ? »
C’est bien ça. Je tente donc de faire comprendre à Fiston que ce n’est pas parce que ça a marché 2 ou 3 fois que ça marchera forcément toujours.
Air dubitatif de Fiston : « Je ne te crois pas. »

Après 5 minutes à tourner en rond, chacun campant sur ses positions, je pars m’aérer la tête. Quand je reviens, 10 minutes plus tard, Fiston est toujours perché sur le lit, toujours avec la caisse, toujours avec son air buté, sans faire glisser la caisse pour le moment, mais toujours sans me croire.
Bon.
J’essaye de me rappeler que quelque part, j’aime ça, qu’il ne me croie pas sur parole. Il sait très bien qu’il m’arrive de me tromper ; je n’ai jamais essayé de lui faire croire que j’étais infaillible ou toute puissante, bien au contraire. Donc en théorie j’aime ça. En pratique, il y a des jours où je rame, surtout quand je viens de poser ledit parquet et que ça me ferait vraiment mal qu’il soit esquinté si vite.
Comment faire ?

Et là, illumination.

Je demande à Fiston s’il veut que je lui redise pourquoi je ne veux pas qu’il fasse descendre des trucs lourds et/ou pointus par le toboggan. Il veut bien : il ne demande qu’à me croire, en fait ; mais il veut être convaincu, il ne me croira pas juste pour me faire plaisir.
Je lui réexplique donc rapidement que la caisse peut ne rien abîmer si elle glisse bien, mais qu’il se peut aussi qu’au lieu de glisser elle fasse des galipettes, et si elle atterrit sur un angle, vu qu’elle est très lourde, ça va faire un trou dans le parquet. Fiston veut bien m’accorder ce dernier point. Mais il ne voit toujours pas pourquoi, vu qu’il l’a déjà fait descendre plusieurs fois sans problème, elle irait d’un seul coup faire des galipettes au lieu de glisser tout droit.

C’est là que l’exemple entre en jeu.

« Chéri, tu te rappelles la fois où tu t’es ouvert le sourcil ? »
Oui, il se rappelle, évidemment.
« Tu te souviens comment c’est arrivé ? »
En sautant du dossier du canapé sur un coussin, il avait trop rebondi et avait atterri la tête la première sur un meuble.
« Pourtant, tu l’avais déjà fait plein de fois juste avant. Les 30 fois précédentes, ça s’était bien passé, tu ne t’étais pas fait mal. Mais la 31e fois, alors que tu sautais de la même façon, tu t’es blessé. »

Ah oui.
Et voilà, Fiston est convaincu. Il ne fera plus glisser de caisses en bois sur le toboggan.

Ce n’était pas plus compliqué que ça. ^^

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Sans tapes ni punitions (ni chantage ni récompenses) = laisser tout faire ?

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En consultant mes blogs favoris pour rattraper mon retard (finitions dans la future maison + mon ordi a grillé = nettement moins de surf qu’avant), l’autre jour, je suis tombée sur ce billet de l’elfe – qui publie ces jours-ci une série de billets diablement intéressants sur les relations entre adultes et enfants – et j’ai enfin compris d’où venait l’augmentation soudaine des visites sur ce blog la semaine précédente. 😉
Un des commentaires dudit billet m’a quand même surprise : un lecteur disait « D’ailleurs, c’est compliqué de savoir s’il faut céder ou pas. « melynae » semble laisser tout faire à son gamin, et s’arrange avec cela. Les adultes n’acceptent pas tout des autres adultes. », ce à quoi l’elfe répondait : « Elle ne le laisse pas tout faire, j’ai plutôt l’impression qu’elle le laisse faire ce qui ne dérange personne. »

C’est tout à fait ça. Je n’accepte pas tout, ni des autres adultes, ni des enfants. Il me semblait que c’était assez clair dans pas mal de billets de ce blog (ici et par exemple), mais il est vrai qu’ils datent pas mal donc une piqûre de rappel ne ferait sans doute pas de mal.

Non, Fiston ne fait pas tout ce qui lui passe par la tête, et je ne le laisse marcher ni sur mes pieds ni sur ceux des autres, bien au contraire. Dans ma vision des choses, il est essentiel de respecter les autres, que ces autres soient des êtres humains ou des animaux. Mais je ne considère pas que, du fait qu’il est un enfant, je peux automatiquement me permettre avec lui des choses que je ne ferais jamais avec un adulte.
J’essaye donc, au moins en théorie, d’agir envers lui comme s’il était un adulte. Un adulte un peu distrait voire éméché parfois ^^, mais en tout cas quelqu’un que je n’irais certainement pas punir ou taper en cas de comportement inapproprié.

Voici quelques pistes émaillées d’exemples tirés de ma propre expérience avec Fiston. Je ne prétends pas qu’elles ont une valeur universelle, c’est juste un témoignage.

Fournir les données manquantes

Toujours dans les commentaires du billet de l’Elfe, quelqu’un faisait le parallèle entre un enfant et un étranger qui ne serait pas au fait des us et coutumes du pays ou de la famille qui l’accueille. Je trouve ce parallèle tout à fait juste et j’ai l’impression que bien souvent, on fait d’office un procès d’intention aux enfants alors que parfois ils manquent tout bonnement d’informations.

Exemple datant d’il y a quelques mois. J’étais dans un magasin avec Fiston et au moment de passer à la caisse Fiston dit bonjour comme d’habitude mais se met aussi à tirer la langue à la jeune femme qui s’occupait de nous. Elle a eu l’air de plutôt bien le prendre mais j’étais quand même très gênée. Sur le moment, je lui ai juste dit d’arrêter, ce qu’il a fait – mais je ne l’aurais ni puni ni menacé dans le cas contraire. Il a recommencé à une ou deux occasions, même réaction de ma part : « Arrête, ça me gêne. »
C’est bien plus tard que j’ai réalisé que jamais je n’avais dit clairement à Fiston que ce geste était considéré comme impoli. Eh bien oui, entre nous, parfois on s’amuse à faire des grimaces et tirer la langue en fait partie. Comment diable Fiston aurait-il pu deviner tout seul que cela pouvait être mal pris ? J’ai donc expliqué à Fiston que dans notre société, tirer la langue à des inconnus ou des gens qu’on connaît mal, c’était impoli. Que ça pouvait vexer, blesser, ou mettre en colère. Fiston m’a demandé pourquoi. J’étais bien en peine de lui expliquer vu que je n’en sais rien, j’ai juste répondu que cela faisait partie des règles de société qui ne sont pas toujours très compréhensibles ou logiques mais qu’il est important de respecter pour que les relations restent harmonieuses. L’explication partielle lui a suffi : on a établi ensemble une liste de situations dans lesquelles il était possible de tirer la langue sans que ce soit mal pris – avec moi ou son père, avec ses grands-parents, avec des gens qu’il connaît très bien, avec n’importe qui dès lors qu’il s’agit d’un jeu, ce genre de choses ; et pour le reste, il a dit qu’il ne tirerait plus la langue et je n’ai pas eu à le lui rappeler depuis.

Laisser le temps

Un exemple encore plus récent, datant de cette semaine.
J’avais bu un smoothie la veille au soir et j’avais laissé mon verre par terre, près de la table basse du canapé, en oubliant de le remporter dans la cuisine au moment d’aller me coucher.
Le lendemain, au sortir de la douche je retrouve Fiston sur le canapé, en train de manger sa tartine matinale, et le verre est toujours par terre, mais renversé et cassé. Je toise Fiston qui me dit : « Tu n’aurais pas dû le laisser là. »
Certes. L’avait pas tort, l’animal, mais j’attendais quand même autre chose de sa part. Je lui réponds donc que lorsqu’on casse quelque chose, même si effectivement le verre n’avait rien à faire là, on se montre un minimum contrit et ensuite on ramasse les morceaux. J’ajoute perfidement que la journée commence bien, purée, et je vais me préparer mon petit-déjeuner en ruminant l’incident. Ce faisant, je vois du coin de l’œil que Fiston n’a pas bougé : il mange toujours sa tartine, peinard.
Je retiens de justesse une remarque désagréable. Que Fiston ramasse maintenant ou dans 5 minutes, qu’est-ce que ça change ? Le verre était vide : il n’y a rien à nettoyer en urgence. Par contre, s’il ne mange pas sa tartine (grillée) maintenant, elle sera froide voire immangeable d’ici quelques minutes. Et si je mets de côté mes mauvaises foi et humeur, je suis à peu près certaine que Fiston le ramassera, ce verre, sans même un rappel. Simplement, il fera les choses à son rythme.
Je mange donc mon petit-déjeuner, et un rayon de soleil aidant, je me rassérène.

Et bien entendu, dès que Fiston a eu fini sa tartine, il s’est levé du canapé, a ramassé les morceaux (en m’expliquant que pour ne pas se couper il les mettait dans ce qui restait du verre), les a jetés à la poubelle et a fini le travail à la pelle et la balayette, tout ça avec le sourire, et en me disant « désolé pour avoir cassé le verre, maman ». Ce à quoi j’ai répondu que j’essaierais de ne plus laisser traîner de trucs-qui-cassent par terre.

Ménager la susceptibilité

Eh oui, les enfants sont comme les adultes : ils n’aiment pas qu’on les engueule. Quand Fiston fait un truc qui me déplaît, si je (ou n’importe qui d’autre, d’ailleurs) me contente de lui dire de ne pas le faire, surtout si c’est sur un ton revêche, il n’apprécie pas et la probabilité qu’il arrête est proche de zéro.
En revanche, si je lui explique en quoi son comportement est gênant, il y a de fortes chances pour qu’il le modifie de lui-même, sans même que j’aie eu besoin de le lui demander.
Ce qui fait toute la différence entre l’obéissance et la coopération, si l’on y réfléchit bien.

Exemple ancien – Fiston devait avoir dans les 2 ans et demi. Un pote était venu passer la soirée et dormir chez nous. Au moment de lui montrer la chambre d’amis, Fiston est monté avec nous et s’est mis à sauter sur le lit (en chaussettes), tout excité, en refusant de descendre. Je précise qu’en temps normal il avait tout à fait le droit de sauter sur ce lit : il s’agissait de 2 matelas posés au sol, ça ne risquait pas de les abîmer. En l’occurrence, cependant, notre invité allait avoir besoin de calme. Je me suis contentée de demander à Fiston s’il pensait que A. pourrait dormir avec un petit garçon en train de sauter sur son lit : il a rigolé, a dit « non » et est descendu du lit aussitôt en faisant au revoir avec la main.

Prendre en compte le contexte

Ce qui sous-entend aussi de se préparer en amont à éprouver soi-même un certain nombre de frustrations.
2 exemples de ces jours-ci.

Je l’ai dit plus haut, nous sommes très occupés en ce moment avec les finitions de la maison et nous menons une vie assez décousue. Lorsque je suis seule avec Fiston, j’arrive en général à avancer efficacement (par exemple poser 20 ou 30 m2 de parquet en un après-midi), car soit il va s’occuper seul, soit il va m’aider (tracer les traits de coupe, clipser une petite lame pas trop lourde, donner des coups de marteau si besoin…). J’ai de la chance, je le sais bien. En même temps, lorsque la fin de la journée arrive, je suis assez fatiguée, et je sature facilement. Évidemment, c’est le moment où Fiston va se lancer dans les diatribes sans queue ni tête dont il a le secret, ou dans des répétitions horripilantes (à mes oreilles en tout cas). Ce ne sont que des sons, même pas agressifs, même pas hyper sonores, juste que ça a tendance à me mettre le cerveau en vrille. Ou alors une flopée de questions, dont parfois je sais pertinemment qu’il connaît les réponses.
Là, pour le coup, j’essaye de prendre sur moi, oui, et de « souffrir » en silence. Je sens bien que Fiston a besoin de se défouler, je n’ai pas été super dispo pour lui toute la journée, il compense.
Pourtant, même dans ce genre de cas, on peut trouver des compromis pour ne pas dépasser mes limites. L’autre jour, il s’était lancé dans un marathon de sa version personnelle de « caca boudin », et je ne supportais plus d’entendre ça après la 300e occurrence de la journée. Après m’être énervée bêtement (au lieu de prendre les devants), j’ai fini par lui expliquer que je saturais, que je n’en pouvais plus, que c’était trop. Il m’a proposé de ne plus le dire qu’une seule fois par jour à partir de maintenant.
(Ouais, je sais, il est vraiment adorable)
Je l’ai remercié, mais je lui ai dit que ça risquait d’être difficile pour lui, vu comment il adorait dire ça en ce moment, et que je comprenais bien qu’il ait besoin de faire le fou de temps en temps. On a fini par arriver à un arrangement : il dit son truc jusqu’à ce que moi ou son père en ayons marre, et ensuite c’est fini pour le reste de la journée.
En fait, ce qui se passe depuis, c’est que chaque fois qu’il a envie de le dire, il me demande d’abord s’il peut, si je n’en ai pas encore marre. La conséquence, pour le moment, c’est qu’il le dit moins et que je le supporte mieux, que ce soit parce qu’il me prévient, parce qu’il prend en compte mon ressenti, ou parce que la fréquence a diminué. Bilan, je ne m’énerve plus, c’est tout bénéf pour lui comme pour moi.

Deuxième exemple, quand Fiston est avec d’autres enfants. Je ne regrette pas le temps où Fiston était assez sauvage avec les enfants, mais il est clair qu’il est beaucoup plus raisonnable lorqu’il est tout seul que lorsqu’il est dans un groupe. Effet d’entraînement, tout ça (c’est d’ailleurs valable pour les adultes aussi en règle générale). Quand on s’amuse tellement, ce que les rabat-joie peuvent bien dire, on s’en fiche pas mal. C’est normal et compréhensible ; pour le coup, à part rappeler ou établir certaines règles en amont et lâcher du lest sur ce qui n’est pas vraiment essentiel, je ne vois pas trop ce qu’on peut faire sans que ça dégénère d’un côté ou de l’autre, surtout dans un contexte où les adultes sont peu disponibles voire énervés lorsque tout ne se déroule pas comme prévu question travaux.

Intervenir

Eh oui, non-violence ne veut pas dire que nous ne pouvons pas empêcher physiquement un enfant de faire quelque chose.
Si le dialogue échoue pour une raison ou une autre (ou s’il n’y a pas le temps), ce n’est pas parce que je ne pratique ni les tapes ni les punitions que je vais laisser Fiston courir au milieu de la rue ou embêter les chats ou taper quelqu’un ou abîmer quelque chose (liste non exhaustive). S’il le faut, je le tiens, je le retiens, je l’éloigne. Idéalement, avec calme et fermeté, en l’écoutant s’il en a besoin, en manifestant éventuellement mon énervement/ma peur/ma désapprobation/… mais sans lui faire mal, sans l’humilier, et en le lâchant dès qu’il a recouvré son sang-froid ou que le danger est passé.
Idéalement. ^^

Voilà qui conclut ce tour de pistes.

J’en profite pour signaler que le 30 avril aura lieu la 10e édition de la journée de la non-violence éducative organisée par la maison de l’enfant. Cette année, le thème proposé est : « La non-violence avec nos enfants : partageons trois astuces qui ont changé notre vie de famille. »
Alors à vos astuces ! 🙂

Journée de la non-violence éducative

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C’était hier la 9e édition de cette journée, organisée comme chaque année par la Maison de l’enfant.

De quoi s’agit-il ?

Le 30 avril 2012, comme tous les 30 avril depuis 2004, nous vous proposons de nous retrouver entre parents, quelle que soit la forme du « rassemblement » pour réfléchir à ce que nous pouvons faire pour élever nos enfants sans coup, sans punition, sans menace et sans chantage.

Je voulais écrire un billet sur ce blog pour l’occasion, mais j’ai laissé passer la date, préoccupée par d’autres choses.

Pourtant, ce matin, Fiston m’a dit quelque chose qu’il me semble intéressant de reporter, pour participer à cette réflexion sur « comment faire autrement », sous-titre « les enfants, même jeunes, peuvent comprendre beaucoup de choses si on prend la peine de leur expliquer ».
Donc avec un jour de retard, voici notre petite pierre à l’édifice.

Contexte :

Fiston – comme nous – est un adepte des plaisanteries. Dans ses plaisanteries, il y a les vraies, celles qu’il nous sort pour rire, et les fausses, celles qu’il prétend faire. Par exemple, s’il veut jeter des cailloux sur la voiture et que, bien évidemment, je ne suis pas d’accord, il va déclarer qu’en fait c’était une « plaisanterie de cailloux ». Bon, pourquoi pas. Et depuis peu, il y a celles qu’il fait tout le temps sans forcément le dire, si bien qu’on ne sait plus vraiment quoi croire. Je crois que c’est la phase de « mensonges » assez typique de cet âge, où l’enfant aime jouer avec la réalité. Très rigolo pour lui. Jusque-là cela ne m’avait jamais dérangée : j’arrivais assez bien à décoder les vrais besoins ou envies de Fiston, que ce soit juste le jeu ou autre chose.

(Exemple typique : je dis à Fiston que j’attends qu’il ait fait pipi pour qu’on aille faire des courses. Fiston, en train de jouer, se tortille tant qu’il peut mais dit « non, je n’ai pas la vessie pleine » quand je lui demande s’il est prêt. Alors que manifestement, elle est prête à déborder, sa vessie. Une fois que je cerne son vrai problème – c’est-à-dire qu’il a envie de continuer à jouer, et pas d’aller faire les courses tout de suite -, il suffit que je lui précise qu’on n’est pas obligés de sortir tout de suite après qu’il a fait pipi, qu’il aura encore le temps de jouer avant, et Fiston se précipite pour faire pipi, puis revient jouer tranquillement.)

Mais ces dernières semaines, cela devenait compliqué. Il ne signalait plus les plaisanteries, ou alors tellement tard que ça ne servait plus à grand chose, sans parler que parfois en fait c’était une plaisanterie de dire que c’était une plaisanterie… Vous voyez le genre.
De plus, depuis quelques jours, Fiston répondait souvent « je te le dis pas, c’est un secret » quand on lui demandait quelque chose (si ça va, s’il a faim, s’il veut sortir, ce qu’il veut faire…). Pratique ^^

Voilà pour le contexte.

Hier après-midi, après une journée où nous avions navigué de plaisanteries en secrets, j’ai commencé à me sentir frustrée et agacée. Fiston venait de me demander s’il pouvait regarder un film sur mon ordinateur, et le temps de réveiller celui-ci puis de lancer le film, je lui ai expliqué mon problème. Je lui ai dit qu’à force, on ne savait plus si on devait le croire quand il nous disait quelque chose. Que c’était embêtant, parce que du coup je commençais à ne plus tenir compte de ce qu’il me racontait puisque je ne savais plus si c’était vrai ou pas. Que bien sûr il avait le droit d’avoir des secrets, il avait le droit de plaisanter, mais que si quand on lui parlait il répondait toujours soit par une plaisanterie (peut-être), soit en disant « c’est un secret », on n’allait plus pouvoir se dire grand-chose. Que j’aimerais que soit il plaisante moins, soit on adopte une sorte de code. On en avait déjà trouvé un dans un cas bien précis : un jour où Fiston avait tout au long de la journée fait semblant d’avoir mal (« Aïe ! »), je lui avais demandé de dire plutôt « Ouille ! » dans ces cas-là, pour ne pas me faire peur tout le temps, et pour que je puisse distinguer la vraie douleur de la fausse. Ce qu’il faisait depuis, lorsqu’il s’en rappelait.

Mon laïus a duré moins d’une minute. Je n’étais absolument pas énervée, mais sérieuse car embêtée par la situation. Fiston, attendant que le film démarre, n’a pas pipé mot, ne m’a pas regardé. Avant de lancer le film, je lui ai simplement demandé s’il avait entendu, il a hoché la tête et je l’ai laissé tranquille.

Et ce matin, donc, pendant qu’il s’amusait dehors, il est venu vers moi et il m’a dit en souriant : « Maintenant je fais moins de plaisanteries et de secrets parce que j’ai compris ce que tu m’as dit hier. »
Effectivement, aujourd’hui, il y a eu des plaisanteries, mais beaucoup moins, et signalées tout de suite. Il a bien fait attention à dire « Ouille ! » quand il faisait semblant d’avoir mal. Il y a eu des secrets, mais pas au point de bloquer la conversation ou des situations.
C’était bien agréable.

Nous avons réglé (au moins pour la journée ^^) ce point sans punition ni récompense, sans chantage, sans dire « c’est mal » ou « c’est méchant », ni « regarde-moi quand je te parle », sans même parler de mensonges – terme que je déteste à cause de ce qu’il représente pour la plupart des gens et de l’intention qu’ils mettent derrière.
Juste en étant sincères et en expliquant à Fiston le problème que son comportement nous posait, les conséquences qu’il engendrait. En lui parlant comme à n’importe qui, sans le prendre pour une truffe.
À toutes fins utiles, je rappelle l’âge de Fiston : 3 ans et 10 mois.

Chantage, punitions, obéissance et coopération

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L’autre jour, j’ai eu au bout du fil un très bon ami à moi qui vit au Canada depuis quelques années. Cela fait près de 2 ans qu’on ne s’est pas vus, et s’il savait depuis le début que le Barbu et moi avions opté pour une éducation non violente de Fiston, il s’est montré très étonné d’apprendre que nous ne le punissions jamais. Ni ne le récompensions, d’ailleurs. Bien que lui-même soit totalement opposé à toute violence physique envers les enfants, l’idée de ne pas utiliser la punition ou la récompense lui a paru très étrange.

Sa question ne m’a pas étonnée, étant donné que j’avais connu les mêmes interrogations en découvrant l’ENV : « Mais comment fais-tu pour qu’il obéisse ? »

Bonne question. Il n’obéit pas. Ce n’est pas le but.
J’ai répondu à mon pote : « Quand tout va bien, il coopère volontiers. » Et je lui ai donné un exemple qui l’a un peu scotché, et que je partagerai avec vous à la fin de ce billet.

Alors, déjà, on va se débarrasser de la tentation de prétendre que les enfants éduqués sans punitions ni récompenses sont des petits anges et que c’est le bonheur tout le temps. Non, pas du tout. Comme avec n’importe quels autres enfants et parents, il y a des jours avec et des jours sans. Des jours en montagnes russes. Des jours en enfer. Des jours où tout roule et où tout le monde s’éclate.
Oui, certains jours, on se dit qu’on aimerait bien un enfant qui obéisse sans discuter, juste parce qu’on lui dit de faire ceci ou cela et qu’on est ses parents. Ou parce qu’on va appliquer un moyen de pression pour qu’il obéisse : chantage, punition, récompense. On se console comme on peut en se disant que ce n’est qu’une phase, et aussi que les enfants punis n’obéissent de toute façon pas plus au bout d’un moment, mais la tentation est là.
Mais.

Mais les jours où tout roule, c’est un bonheur immense de savoir que notre enfant n’obéit pas, mais coopère de son plein gré. Qu’on prend soin les uns des autres parce qu’on est une famille, qu’on s’aime, pas parce que l’un des membres de cette famille a peur de / est manipulé par un autre membre. Et ces moments-là qui, chez nous, sont les plus nombreux, rachètent mille fois les autres.

Attention. Pas de punitions, ça ne veut pas dire que l’enfant peut faire tout ce qui lui passe par la tête sans qu’on réagisse. Pas du tout. Mais ce qui fait la différence de notre approche, c’est que, en théorie du moins, on n’agit jamais CONTRE l’enfant, mais POUR quelqu’un ou quelque chose.

Quelques exemples de comportements qui posent problème, et les réactions que cela peut entraîner dans les 2 approches.

1/Des cris, des cris

Fiston se met à crier pendant le repas. Des hurlements stridents, et il trouve ça très amusant de me casser les oreilles malgré mes demandes de calme.

  • Approche n°1, chantage : « Si tu n’arrêtes pas tout de suite, tu seras privé de… (télé, sortie, dessert, etc.) »
  • Approche n°2, punition : « Au coin jusqu’à ce que tu te calmes. » ou « Très bien, tu es privé de… » ou « File dans ta chambre, et tu y restes jusqu’à ce que je te dise d’en sortir. »
  • Approche n°3 : « J’ai besoin de calme pendant que je mange, et tes cris me font mal aux oreilles. Si tu veux continuer à crier, je te fais sortir de la pièce jusqu’à ce que j’aie fini de manger. »

Est-ce que vous voyez la différence entre les approches ?
Toutes les 3 ont bien entendu comme but premier de sauvegarder mes oreilles et ma tranquillité. Mais le moyen mis en oeuvre pour y arriver est bien différent.

  • Dans la première, je menace l’enfant, pour le faire arrêter, de sanctions qui n’ont aucun rapport avec le comportement gênant, qui ont juste pour but de lui occasionner une gêne ou de le rendre malheureux. Quel rapport entre les cris et la télé (qu’on n’a pas, d’ailleurs), une sortie, ou un dessert ? Aucun. C’est juste que moi, en tant que parent, j’ai actuellement le pouvoir de priver mon enfant de certaines choses, et j’utilise ce pouvoir pour le faire obéir. Aucun rapport avec la choucroute (végé, bien sûr), et je me demande quelle leçon l’enfant peut bien en tirer, à part : tu me fais chier, je te fais chier 10 fois plus, ça t’apprendra.
  • Dans la deuxième, soit je saute l’étape du chantage, soit elle n’a pas fonctionné : je passe donc à la sanction. Mais là encore, il n’y a aucun rapport entre le crime et la peine, si je puis dire. J’exerce mon pouvoir pour rendre mon enfant malheureux, comme une vengeance du fait que lui m’ait pourri mon repas.

Dans les deux premiers cas, j’agis CONTRE l’enfant.

  • La troisième approche n’a pas forcément l’air fondamentalement différente, mais pourtant elle l’est. Tout ce que je veux, c’est que ma demande légitime de calme soit respectée. J’agis POUR moi, pour protéger mes oreilles et l’ambiance de mon repas. Comme je n’ai pas l’intention de déménager dans le bureau avec mon assiette et ma fourchette, ni de manger avec des boules quiès, je fais sortir l’enfant s’il continue ses cris, MAIS je n’agis pas CONTRE lui. Je ne cherche pas à le rendre malheureux ni à me venger. S’il va dans le jardin pour crier, parfait. S’il se met à jouer avec ses petites voitures dans le couloir, très bien, tant mieux pour lui. S’il préfère aller bouquiner dans sa chambre, il a ma bénédiction. J’espère bien qu’il trouvera une occupation et qu’il va s’éclater. Il reviendra de bonne humeur, je le serai aussi car j’aurai pu finir mon repas dans le calme, et il y a de fortes chances pour que l’ambiance soit infiniment meilleure ensuite.

2/ La politesse

En ce moment, on essaye de rendre Fiston conscient de l’importance de la forme. Un exemple parmi d’autres : Fiston a les cheveux longs (jusqu’au milieu du dos pour une bonne partie), mais ils ne sont pas tous assez longs pour tenir dans l’élastique quand on lui fait une queue de cheval. On lui met donc des barrettes en plus. Comme Fiston a les cheveux très lisses, pour peu qu’il s’agite un peu ou qu’il y ait du vent, les barrettes glissent et il a les cheveux dans les yeux, ce qu’il déteste au plus haut point.
Dans ce cas, il nous demande de remettre ses barrettes, ce qu’il ne peut pas faire seul. Ok. Sauf que quand la demande est formulée dans un hurlement, ça ne nous convient pas du tout. Quand il rajoute un « s’il te plaît », mais sur le même ton agressif, ça ne va pas non plus. On insiste donc pour qu’il nous demande ça poliment, correctement au minimum.
Précisons également que s’il veut qu’on lui coupe les cheveux, on s’exécutera (PAN !). Pas de gaîté de coeur (j’aime vraiment les cheveux longs chez les garçons, et Barbu est long-chevelu aussi), mais sans discuter, en s’assurant simplement qu’il a bien compris les conséquences et qu’il s’agit d’une vraie demande, pas d’une lubie qui va durer 2h suivie de 2 ans de regrets. Il y a qq semaines, par exemple, il voulait qu’on lui coupe. J’ai attendu 2 jours d’être sûre en lui demandant régulièrement, ensuite je lui ai proposé de lui couper, il a dit « demain ». Le lendemain, rebelote. Et ainsi de suite. Bon. Donc on n’a pas coupé. Si les cheveux longs étaient notre seule décision et que Fiston n’avait pas son mot à dire sur le sujet, notre réaction serait quelque peu différente.

Voici donc la situation : Fiston est décoiffé par le vent, à sa grande indignation, et il me hurle de lui remettre les barrettes.

  • Approche n°1 : je lui remets sans rien dire, ou en reformulant à sa place.
  • Approche n°2 : je lui demande de reformuler sa demande plus poliment. Il refuse. Je le préviens qu’il va être puni, ou alors je lui remets les barrettes et je le punis (cf le premier exemple, approche chantage ou punition).
  • Approche n°3 : je lui explique que lorsqu’il me parle ainsi, je ne me sens pas respectée et que ça ne me donne pas envie de lui rendre ce service. Je lui rappelle que je peux lui couper les cheveux s’il le souhaite, et ainsi il ne sera plus gêné. Tant qu’il ne baisse pas d’un ton au minimum (je ne vais pas m’obstiner jusqu’à ce qu’il parle doucement en disant « s’il te plaît » et « ma petite maman chéri » si je vois qu’il est super énervé par le vent, je lui demande juste un effort dans le sens de la politesse dans ce cas), je fais grève des barrettes. ^^ Soit il se résigne à avoir les cheveux dans la figure, soit il finit par me demander un peu plus correctement de lui remettre les barrettes, ce que je fais en le remerciant de son effort. On en reparlera éventuellement plus tard à froid en réexpliquant.

Je peux choisir l’approche n°1 si je vois que ça ne va vraiment pas (par ex s’il s’est mis un cheveu dans l’oeil et qu’il a mal), ou si je suis de super extra bonne humeur et en méga-top-forme (mais dans ce cas je vais sans doute plutôt essayer de transformer ça en jeu, en rugissant à mon tour jusqu’à ce qu’on se marre tous les 2).
L’approche n°2 ne me couvient pas plus ici que dans le premier exemple. Aucun rapport entre le comportement gênant et la solution.
L’approche n°3 est celle que je choisirai le plus souvent. Je ne cherche pas à le rendre malheureux, mais c’est lui qui me demande un service, lié à une décision de sa part (garder les cheveux longs, même si je suis très contente que ce soit le cas), le minimum syndical à mes yeux est de me parler correctement. Je ne demande pas un grand sourire ni des petites fleurs dans la voix, ni même forcément un « s’il te plaît », mais je ne suis pas là pour me faire engueuler, je suis là pour voir le défilé.

3/ La politesse, la même chose mais en différent.

Une situation qui a l’air semblable, mais qui ne l’est pas du tout. Ce n’est pas du vécu, c’est arrivé à un de mes neveux il y a de nombreuses années, on me l’a raconté.
Neveu doit avoir dans les 2-3 ans, il est à la crèche avec d’autres enfants, c’est l’heure du goûter. Il refuse de dire « merci » quand on lui donne un gâteau.

  • Approche choisie : privé de goûter et au coin tant qu’il ne veut pas dire merci (et comme il ne voudra pas, il ne goûtera pas ce jour-là).

À part pour la mise au coin dont je ne vais même pas parler – je pense que vous avez saisi le fond de ma pensée sur ce sujet -, la privation de goûter ressemble à l’approche n°3 de la grève de la barrette. Qu’en pensez-vous ?
Ça y ressemble autant que du tofu rosso au thon à la méditerrannéenne. Mais le tofu n’est pas mort en suffoquant, et les 2 approches sont en réalité très dissemblables.

  • D’ailleurs, laquelle aurais-je choisie en l’occurrence ? J’aurais laissé l’enfant manger son goûter en lui expliquant que cela serait plus agréable pour moi qu’il me remercie. Et pourquoi.

Pourquoi ces deux cas sont-ils si différents à mes yeux ?

Déjà, dans le cas du goûter, l’enfant a faim. Et je prends la faim d’un enfant très au sérieux. Ce n’est pas comme une faim d’adulte. Eux sont en train de grandir et de se développer dans tous les sens.
Ensuite et surtout, à moins d’organiser un goûter autour d’une pièce montée, l’enfant de 2-3 ans peut se servir seul. Certes, c’est l’adulte qui met à disposition les gâteaux sur une assiette, ou le pain et le chocolat, ou les fruits, les compotes, etc. Mais ensuite l’enfant peut se débrouiller. Le priver de goûter, en l’occurrence, ce n’était pas refuser de faire un effort (aller remettre les barrettes) en réponse à un ton désagréable, c’était l’empêcher de se servir et de manger (et donc faire un effort supplémentaire soi-même dans le but de rendre l’enfant malheureux, puisque le goûter était déjà sorti et disponible pour les autres enfants).

Si Fiston me demande sur un ton désagréable de lui donner la compote à la petite cuillère, je lui réponds gentiment qu’il peut aller se faire empapaouter. Cela fait longtemps qu’il mange ses compotes tout seul, il n’a pas besoin de moi pour ça. C’est juste que parfois ça lui fait plaisir, ou alors il est flemmard, ou a envie de faire autre chose en même temps (dessiner, par ex). S’il me le demande gentiment ET si je suis d’accord pour le faire (si je suis moi-même en train de manger, par ex, en général ça sera non sauf pour une bonne raison), très bien, je lui donne la becquée. Sinon, empapaoutage. Mais je n’irai certainement pas refermer sa compote sous son nez parce qu’il ne m’aura pas dit « merci » (par contre, la prochaine, il pourra aller se la chercher tout seul, non mais oh).

Voilà pour les 3 exemples.

La limite est fine…

Maintenant, en pratique, ce n’est pas toujours si simple. La limite entre punition et conséquence peut être très fine. Ajoutez une louche de fatigue, un zeste de mauvaise foi et vous vous retrouvez en train de menacer votre enfant d’une punition déguisée.
Un exemple qui dans un cas sera honnête mais pas dans l’autre.

Comme beaucoup de monde, si je suis fatiguée, je suis beaucoup moins patiente. Logique.

  • Fiston se réveille la nuit. Cela lui arrive de temps en temps, mais en général il se rendort vite après avoir bu (la cause de réveil la plus fréquente) et moi aussi. De temps en temps, par contre, il rate le train du rendormissement, et du coup pendant au moins 1h30 il va être en pleine forme. Mais moi, pas trop, et ça me met plutôt de mauvais poil de songer que là je pourrais être en train de dormir, que les heures filent, et que demain je vais être crevée alors que lui non et que la journée va être très difficile.
    Donc dans ces cas-là, si Fiston m’empêche de me rendormir, je vais lui dire fermement que moi j’ai besoin de dormir pour être en forme, que si je suis crevée demain je vais être d’une humeur de chien et absolument pas patiente avec lui et qu’on va passer une journée de merde. Alors qu’il ne dorme pas, c’est son problème, mais qu’il me laisse dormir, merci. Et ensuite je fais la morte. En général au bout d’un moment il se tait, ou alors se raconte des histoires à voix basse et je me rendors avant lui.
    (Bon, c’est si tout va bien chez lui, hein ? S’il est malade, a fait un cauchemar, a peur de quelque chose, je mets ma fatigue au second plan le temps que ça aille mieux.)
  • Deuxième cas de figure en apparence identique, Fiston se réveille et ne se rendort pas. Mais cette fois-là, je ne suis pas fatiguée, d’ailleurs en fait je n’étais pas encore couchée parce que j’écrivais un article pour le blog, ou je travaillais, ou je regardais un film sur mon ordi. Donc en fait mon problème n’est pas du tout le même que dans le cas précédent. C’est juste que je veux du temps pour moi, point barre. Ce qui est légitime, hein, mais comme je sais que l’argument « maman fatiguée -> maman chiante » est bien compris par Fiston en général, je vais être très tentée de l’utiliser plutôt que de m’embarquer dans une discussion philosophique sur pourquoi je préfère, là, tout de suite, écrire un article sur l’accompagnement respectueux plutôt que de le mettre en pratique. ^^
    Peut-être même, mauvaise foi aidant, que je vais être tentée d’en rajouter un peu, du style : si tu ne me laisses pas me reposer (menteuse ! tu ne te reposais pas !), demain je serai trop fatiguée pour aller au parc avec toi.(ouh la menteuse ! c’est seulement parce que tu auras veillé jusqu’à 4h du mat’, que tu seras trop fatiguée, pas à cause de lui !)
    Pour le moment, je n’ai jamais été hypocrite à ce point avec Fiston. Mais je ne me crois pas à l’abri pour autant. 😉

Et la coopération, alors ?

Pour finir, l’exemple de coopération de Fiston que je racontais à mon copain :

Quand le Barbu va chez l’ostéopathe, Fiston et moi-même l’accompagnons. L’ostéo a une petite locomotive qu’elle lui prête volontiers et que Fiston adore. Le cabinet de l’ostéo se situe au premier étage d’un vieil immeuble (comprendre sonore et mal isolé), juste au-dessus du cabinet d’un kiné. Parfois le kiné est là, parfois non.
La première fois que Fiston a accompagné son père, le kiné n’était pas là. Fiston a pu jouer à faire rouler la locomotive comme il a voulu, notamment sur le parquet, sans souci.
La fois suivante, 3 mois plus tard (il n’avait pas encore 3 ans), il commence à faire rouler la locomotive sur le parquet, à toute vitesse. Ça faisait un boucan du diable. Je demande à l’ostéo si le kiné est là, la réponse est oui.
J’ai donc expliqué la situation à Fiston en lui demandant soit de faire rouler la locomotive sur le tapis, soit de la faire rouler doucement pour ne pas trop faire de bruit. Il a coopéré sans problème, en sachant pourquoi, et durant toute l’heure qu’a duré la séance, je n’ai pas eu besoin une seule fois de lui rappeler de ne pas faire trop de bruit pour le kiné en dessous. Et pourtant il savait (enfin, par défaut) que s’il n’obtempérait pas il ne serait ni réprimandé ni puni.

Qu’aurais-je fait s’il avait continué à faire beaucoup de bruit ? J’aurais bien entendu réexpliqué le problème en formulant autrement, en l’impliquant dans l’énoncé des solutions ; j’aurais pu essayer de dévier son attention vers autre chose. Si rien n’avait eu d’effet, je serais probablement descendue avec lui pour qu’il joue dans la salle d’attente (avec la loco ou d’autres jouets), ou on serait sortis se balader.

Et si j’avais été seule avec lui, moi sur la table de l’ostéo et lui en train de jouer trop bruyamment par terre ? Si les 2 premières approches avaient échoué, je l’aurais probablement prévenu que s’il continuait, j’allais demander à l’ostéo de reprendre sa locomotive, tout en essayant ensuite de lui trouver une autre occupation.

Encore une fois, le but n’aurait pas été de le (menacer de le) rendre malheureux, mais de protéger le besoin de calme du kiné et de ses patients dans les limites de mes possibilités.