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Allaitement, deux ans : le bilan

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Et voilà… après deux ans presque jour pour jour, Loulou a quitté le sein.

Je ne vous ferai pas l’apologie de l’allaitement, vous n’aurez pas de mal à en trouver dix mille versions par ailleurs. Je vais juste partager avec vous l’expérience que j’ai vécue pendant deux ans.

Deux ans, pour beaucoup ça semble long… pour être honnête, pour moi aussi parfois ça semblait interminable. Mais cette lassitude ne durait jamais très longtemps. Je savais que cette époque aurait une fin et je craignais de regretter ce rapport si spécial qui m’unissait à mon fils.

Quand j’ai commencé à allaiter, je visais les 6 mois. J’ai bien failli craquer au moins deux ou trois fois lors des pics de croissance (enfin je crois que c’était ça) pendant lesquels Loulou tétait quasiment toutes les heures, de jour comme de nuit. Et chaque fois que je me croyais arrivée « au bout de ma limite » ça se tassait, et je retrouvais le bonheur de son petit corps contre le mien sans avoir l’impression que toute mon énergie physique et mentale y passait.

À part quelques brefs épisodes de candidose dus à la fatigue, j’ai échappé à la plupart des plaies qui peuvent affecter un allaitement (mastite, engorgement, muguet, REF…), donc on peut dire que j’ai eu un allaitement facile. Pourtant il m’est arrivé régulièrement d’être à bout, épuisée, pompée, avec l’impression que mon corps ne m’appartenait plus.

Je pense que si l’on est pas au clair avec son corps, l’allaitement peut parfois s’avérer compliqué.

Il y a  aussi le regard extérieur. Curieusement, c’est quelque chose qui m’a assez peu gênée. J’ai parfois été agacée, c’est vrai, mais ça n’a jamais remis en cause ma décision, ou plutôt la nôtre. Car depuis le début le papa a été là pour me soutenir. Mais il faut savoir qu’à partir du moment où l’enfant se déplace seul, on commence à vous regarder bizarrement, quand il marche apparaissent les froncements de sourcils, et alors quand il parle… je ne vous raconte même pas. Bon, c’est vrai, c’est pas tout le monde, mais il faut quand même s’y préparer. Quand vous avez dans votre entourage des mères allaitantes avec un peu d’avance, ça aide, mais quand si vous êtes seule à avoir fait ce choix, je vous conseille de vous tourner vers la LLL, ou des associations de maternage. Vous y trouverez des conseils face aux problèmes que vous rencontrerez et une écoute dans vos moments de découragement. Bien que plutôt bien entourée de ce côté-là, j’ai fait appel à la LLL quand j’ai eu des petits soucis de santé, et cela m’a beaucoup aidée.

En parlant de santé, votre docteur a beau être un professionnel, très peu sont formés à l’allaitement : si vous avez des doutes sur ce qu’ils vous disent, il ne faut pas hésiter à chercher un deuxième avis. Ce n’est pas prendre votre médecin pour un charlatan, mais le pauvre (ou la pauvre) est humain, et la science que l’on attend d’eux qu’ils maîtrisent sur le bout des doigts est quand même vaste et complexe. Avec la magie d’internet, vous pourrez trouver pas mal d’informations sur des sites fiables comme une fois encore celui de la LLL.

En parlant de la LLL, pour ceux qui auraient encore des doutes, il ne s’agit pas d’une secte, juste de personnes qui outre leur expérience se documentent et offrent leur temps pour aider des familles à vivre leur allaitement au mieux.

Tiens, la famille, revenons-y. De mon point de vue, l’allaitement n’est pas quelque chose qui concerne exclusivement la mère et l’enfant. Le père est impliqué aussi. Chez nous la décision d’arrêter ou de continuer s’est toujours prise à trois. Certains pères se sentent mis à l’écart de ce rapport privilégié mère / enfant, or chez nous pas du tout. Je pense que l’une des raisons en a été le cododo, sur lequel je reviendrai, mais le fait de dormir ensemble a permis à Loulou et à Druss de passer du temps ensemble et d’avoir de ces contacts physiques qui, de mon point de vue, sont indispensables au jeune enfant, et plus important qu’on pourrait le croire pour les parents. L’autre a été le fait que nous en discutions et que je ne sois pas la seule à gérer cet aspect de notre vie. Il y a aussi la solution du lait tiré et donné au bib par le papa. Nous avons tenté, mais (en dehors des fois où je devais m’absenter) ça ne nous convenait pas, trop contraignant quand, justement, l’un des avantages de l’allaitement est sa simplicité. Nous avons également fait en sorte que Loulou et son père partagent d’autres moments privilégiés : le bain par exemple est essentiellement donné par le papa.

Pour ce qui est de la famille étendue, nous avons eu peu de remarques et nous n’avons pas tenu compte de celles qui nous ont été faites.

Et puis il y a eu Loulou. Loulou qui il y a quelques mois tétait encore la nuit toutes les deux heures. Je ne saurais pas vous dire quelle différence ça a fait pour lui, ou pour notre relation, car je ne sais pas quel petit bout il aurait été sinon, ni ce que ça aurait changé entre nous. Mais en dehors de ce que vous pourrez lire partout, je peux vous dire ce que ça a représenté pour moi.

Pour moi il était naturel d’allaiter, c’était comme ça dans ma tête, mais je n’avais jamais pensé à la durée ni aux avantages ou aux inconvénients. Au final, j’ai trouvé ça pratique car pas de biberons et donc moins de choses à acheter, à trimbaler, à préparer quand Loulou avait faim. Je me souviens encore d’une fois où nous nous sommes retrouvés à faire des heures et des heures de route au milieu de la nuit à cause de la neige alors qu’il n’avait que quelques mois. Je peux vous dire nous étions bien contents de ne pas avoir besoin de faire chauffer quoi que ce soit. Je ne vous parle même pas de la vaisselle… J’ai trouvé ça rassurant de savoir que, jusqu’à ses 18 mois, mon lait pouvait lui suffire, ça m’a permis de ne pas stresser sur la diversification et sur ce qu’il mangeait ou non à table, je savais qu’il aurait toujours assez. Du coup il a pu faire ça à son rythme, sans pression.

Par contre, à la fin de la deuxième année, j’ai commencé à trouvé ça long et pesant. Même s’il pouvait se passer de lait pendant plus de 10 heures d’affilée, je me sentais parfois objetisée. Alors, je lui en ai parlé, sincèrement, à plusieurs reprises, en expliquant mon ressenti et mes contradictions, et en quelques semaines il s’est sevré tout seul…

Merci à toi, mon Loulou, pour cette expérience unique et pour avoir accepté mes limites.

PS : Je suis volontairement restée vague sur l’aspect affectif, émotionnel, qui était évidemment présent. C’est bien trop personnel et le ressenti de chacun sera si différent que je ne voyais pas l’intérêt pour vous d’en discuter ici.

Les préjugés, c’est mal !

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Il y a 3 ans, Mely venait d’accoucher de l’adorable Fiston, et Loulou ne faisait pas encore partie du royaume des possibilités. J’ai toujours été du genre à me remettre en question, mais je dois admettre que l’arrivée de ces deux-là m’a fait passer à la vitesse supérieure.

Voici une liste, non exhaustive, des préjugés que j’avais il n’y a encore pas si longtemps (certains remontent tout juste à quelques mois) :

Quand un pote me disait « Bébé ? Bah il dort avec nous. »  Je disais poliment « Ah bon ? » et dans ma tête « Mon Dieu, je ne pourrais pas, c’est tout petit, j’aurais peur de l’écraser. Et puis c’est malsain. Et puis l’intimité du couple, alors. Et puis, et puis, et puis… »

Quand une copine m’a dit qu’elle n’avait pas de micro-onde, j’ai répondu : « Mais tu fais comment pour le petit déj et les plats tout faits ? » Je ne m’imaginais pas passer ne serait-ce que trois minutes chaque matin à surveiller mon lait.

Quand ma meilleure amie m’a dit : « Les claques, c’est de la maltraitance, j’éduquerai Fiston sans punitions, ni récompenses. » J’ai dit ou pensé : « Bah, une baffe n’a jamais tué personne (faux, mais nous en reparlerons.) Et puis un gosse a besoin de limites, c’est à ça que servent les adultes. Faut pas les laisser te mener par le bout du nez, sinon c’est la fin. » Et puis je me disais « Attends un peu de voir et on en reparlera. » (Ça pour en parler on en a parlé et on en parle encore d’ailleurs.)

En voyant une amie allaiter son fils de 18 mois, je n’ai rien dit, mais dans ma tête : « Bon c’est vrai j’ai envie d’allaiter Loulou plus que les deux mois standard, mais 18 mois quand même, c’est un peu grand, ça fait bizarre je pourrais pas. »

Quand Mely (encore elle) m’a dit qu’elle devenait végétarienne, j’ai rien dit et même que j’ai rien pensé.
Quand elle m’a annoncé qu’elle devenait vegan, ma réponse a été « Et qu’est-ce que tu vas manger comme gâteaux ?  » Et puis j’ai ajouté : « Déjà que végétarienne, je m’y vois pas, mais alors vegan, même pas en rêve. »

Mais j’ai la chance d’avoir plusieurs atouts non négligeables dans ma vie. Une curiosité infinie et une bonne ouverture d’esprit (merci maman), une meilleure amie avec qui je peux parler de tout et qui a souvent un train d’avance en terme de remise en question, et un homme qui me suit et me soutient dans les bouleversements qu’entraînent lesdites remises en question (à condition de les trouver justifiées bien sûr, et quand il n’en est pas lui-même l’instigateur).

Aujourd’hui :

Nous n’avons plus de micro-onde.

Loulou dort avec nous et est allaité depuis bientôt deux ans.

Nous avons choisi de l’éduquer sans punitions ni récompenses et essayons de pratiquer avec lui (et avec les autres également) les principes de la communication non violente.

Nous ne mangeons pour ainsi dire plus de viande ni de poisson à la maison (et nous n’en mangerons plus du tout chez nous une fois nos stocks écoulés.) En fait, quand j’ai commencé, j‘étais plutôt partie pour y aller doucement. Moins de tout à la maison, ce qu’on veut en dehors ; et finalement, en trois semaines, malgré de nombreuses occasions, je n’ai fait que deux écarts au restaurant par manque de choix, mais ça aussi nous y reviendrons.

Que s’est-il passé pour que je retourne ainsi ma veste, mon pantalon et ma petite culotte ?

Plein de choses, mais comme les sujets sont vastes et variés, chacun fera l’objet d’un post séparé.

Sans compter toutes les idées préconçues qu’ils me restent.