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Comment l’IEF – 12. Apprendre à vivre ensemble

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L’autre jour, Fiston a fait une belle rencontre à la librairie.
C’était quelques jours avant Noël, je cherchais des idées de cadeaux ; et Fiston, comme à son habitude, avait jeté son dévolu sur quelqu’un dont il avait entrepris illico de faire son nouvel ami.
Nouvel Ami – je dirais âgé d’une bonne cinquantaine d’années – manifestement ravi, qui s’était accroupi pour être à sa hauteur, et tous deux discutaient avec animation pendant que je feuilletais des livres tout en écoutant d’une oreille ce qu’ils racontaient.

Et vient la question sur l’école, ce à quoi Fiston répond que non, il ne va pas à l’école, parce que. En ce moment, le « parce que », c’est « parce qu’il veut pouvoir manger quand il veut ». ^^
Nouvel Ami de s’étonner un peu, puis gentiment de répondre : « Mais l’école, c’est un endroit merveilleux, il faut bien aller à l’école pour apprendre ! »
Fiston, étonné à son tour : « Ben moi, pour apprendre, je vais poser des questions aux gens que je rencontre ! »

(Fiston : 1 / Nouvel ami : 0)

Nouvel Ami d’enchaîner : « Oui, mais l’école, en plus, c’est là qu’on apprend à vivre ensemble !« 

Ahum & lol, si je puis me permettre. J’ai failli intervenir, et puis je me suis retenue. Après tout, Fiston a l’habitude d’entendre des sons de cloches très différents sur plein de sujets, et il me parle ensuite de ce qui l’étonne ou le perturbe dans les agissements et convictions des autres. On débriefera s’il le faut.

Quelques minutes plus tard, ayant jeté mon dévolu sur 2 livres, je viens récupérer mon galopin. Nouvel Ami lève les yeux sur moi et me dit avec émerveillement (le mot n’est pas trop fort) : « Elle est vraiment adorable, votre petite fille. »
Fiston rigole : « Non, je suis un garçon, moi ! »
Nouvel Ami est un peu gêné, mais on le rassure : tout le monde se trompe. Avec une tresse qui descend jusqu’aux fesses, on peut difficilement en vouloir aux gens de prendre Fiston pour une fille.
Nouvel Ami me répète : « Il est vraiment adorable. » Je dis « Je sais. » Il insiste : « Non, mais vraiment adorable. » Comme si je ne le croyais pas.
« Oui, je sais. » ^^
Nouvel Ami m’apprend qu’il s’occupe d’enfants en difficultés et qu’il adore les enfants – j’avais cru comprendre – et que des rencontres comme celle-là, pour lui, c’est extraordinaire.
Fiston en remet une couche : « Tu sais, moi je t’aime 25 000 fois le tour de l’univers ! »
J’ai l’impression que si ça continue, Nouvel Ami va se transformer en une petite flaque d’émotion pure.

Et puis comme il recommence à parler école, je lui indique que j’ai entendu ce qu’il racontait à Fiston. Air un chouia embarrassé de Nouvel Ami, qui n’aurait peut-être pas tenu exactement les mêmes propos s’il avait su que j’étais de l’autre côté du rayonnage.
Je dis en souriant que toutes les opinions sont bonnes à entendre. Et comme il repart sur le côté magique de sa rencontre avec Fiston, je glisse sans en avoir l’air, histoire de lui faire prendre conscience du côté ultra-contradictoire de son discours, que c’est une conséquence de l’IEF que j’apprécie beaucoup : comme Fiston n’a jamais eu l’habitude du tri scolaire par date de naissance, il va voir tout le monde sans se préoccuper des âges et engage spontanément la conversation aussi bien avec des enfants que des adultes, jeunes ou vieux, se fait des amis de tout âge. Bref, le « vivre ensemble », il pratique déjà – dans la société, la vraie -, ce que Nouvel Ami n’a pu que constater par lui-même.
Et pourtant, dans le même temps il lui a affirmé qu’il n’y avait qu’à l’école qu’on apprenait à vivre ensemble.

C’est très français, cet état d’esprit, non ? ^^

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IEF & préjugés – 3

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Un article sur Le Plus du Nouvel Obs sur l’école à la maison, écrit par une psychologue clinicienne, fait couler pas mal d’encre virtuelle depuis 2 jours dans le monde des familles nonscos.
Pourquoi donc ? Tout simplement parce que c’est l’article le plus impressionnant, en terme de conneries débitées à la ligne, sans doute jamais écrit sur l’IEF. Si si. Promis.
Lisez plutôt.

Déjà, le titre :

Votre enfant s’ennuie à l’école ? L’enseignement à domicile n’est pas une bonne idée

Notez le « s’ennuie à l’école ». C’est important pour la suite.

Contrairement aux idées reçues, en France, ce n’est pas la scolarisation qui est obligatoire mais l’instruction qui est strictement réglementée jusqu’à l’âge de 16 ans. La loi de 1936 autorise les parents à éduquer eux-mêmes leur progéniture à la maison. En échange, l’Éducation nationale exige que l’enfant ait acquis un panel de connaissances et de compétences communs à tous.

Un grand mystère que cette loi de 1936, vu que les parents ont toujours été autorisés à éduquer eux-mêmes leur progéniture, et ce depuis l’obligation d’instruction instaurée en 1882 par Jules Ferry (cf le texte intégral de la loi de 1882, article 4). Pour connaître l’historique de l’IEF, mieux vaut se renseigner sur le site de LAIA, par exemple, que sur celui du Nouvel Obs.

Pourquoi les parents retirent-ils les enfants des écoles ? Quelles sont les conséquences d’une déscolarisation et d’une confrontation à un parent devenu… professeur ?

Alors, bon, l’IEF ne concerne pas que les enfants « retirés » des écoles, hein. Et puis dans le titre, ça avait l’air indiqué : parce que leur enfant s’ennuie à l’école. Non ?
Notez les points de suspension dramatiques avant le mot « professeur ». J’espère que vous sentez une mortelle inquiétude vous étreindre, devant ce parent devenu… professeur.

Qu’est-ce que le homeschooling ? Littéralement, c’est un terme utilisé pour signifier « école à domicile ». Ce mouvement vient des États Unis où il représente plus de 2 millions des enfants en âge scolaire. Un des parents se transforme en professeur. C’est un rôle pris souvent à coeur, allant jusqu’à en faire un « métier ».

L’école à la maison vient des États-Unis. Ah bon. La loi française prévoit l’instruction en famille depuis le tout début, mais ça nous vient des USA. Depuis 1936, sans doute ?
Une nouvelle fois, nous sommes pris de frissons devant la transformation du parent en professeur, là, juste devant nos yeux. En plus il prend son rôle à cœur, l’animal, rendez-vous compte.

En France, l’école à la maison est basée sur le même principe : le professeur est un parent. Les leçons sont apprises au gré des envies de l’enfant. C’est lui qui construit le planning de sa journée et qui peut « décider » s’il a envie d’étudier ou non.

Allez, on s’accroche. Après un démarrage un peu mou, mon-amie-la-psy passe à la vitesse supérieure. À partir de maintenant, ça va dépoter.
Elle commence très fort, en confondant d’emblée « homeschooling » et « unschooling », et il en sera de même jusqu’à la fin.
Il y a autant de façons de faire l’école à la maison qu’il y a de parents, le « unschooling », qu’on traduit généralement par « apprentissage informel » en français, ne représentant qu’une possibilité adoptée par une minorité de familles. Même au sein de ce mouvement, on trouvera difficilement 2 familles procédant exactement de la même façon. Ou même, au sein d’une famille adepte de l’apprentissage informel, 2 enfants instruits de la même façon.
C’est ce que je pratique avec Fiston pour le moment, à ma façon, et sans que cela signifie que nous ne changerons jamais de cap.
Dans l’IEF, on trouve de tout, y compris des parents qui imposent une discipline quasiment militaire à leurs enfants, avec un programme mis en œuvre dès leur naissance.
Qu’importe. Trop de subtilités noieraient le lecteur, il faut simplifier et encore simplifier : homeschooling = unschooling, et tout le monde procède exactement de la même manière.
C’était bien la peine d’enlever les enfants de l’école, tiens.
Au passage, petit conseil à ceux qui voudraient causer un peu intelligemment de l’unschooling ou apprentissage informel : si on veut être pris au sérieux et avoir l’air de connaître un chouia son sujet, il vaut mieux laisser tomber les termes scolaires tels que « professeur », « leçon », « planning », « étudier »…

Constatation inquiétante : l’enfant décide ! Cette notion est en inadéquation totale avec le développement même de l’enfant. Il est au contraire dans une recherche de limites, de cadre stabilisant. Il est dans cette quête auprès de ses parents la plupart du temps.

Ah, quelle horreur : un enfant qui décide de ce qui le concerne. Sachez-le : laisser un enfant décider, c’est MAL.

Dans le cas du homeschooling, c’est le parent qui lui demande de se débrouiller seul. C’est à s’interroger sur la « pseudo liberté » qu’offre le parent à son enfant : un cadeau empoisonné ! Les limites ne sont donc pas posées et l’enfant risque de se perdre.

Quel bel étalage de préjugés. L’apprentissage informel, ou unschooling (et non homeschooling, je rappelle), ne signifie en aucun cas que l’enfant « se débrouille seul ».
De toute façon, je croyais que le parent s’était transformé en professeur et qu’il prenait son rôle à cœur (ce qui avait l’air d’être mal, d’ailleurs), jusqu’à en faire un métier. Faudrait savoir. On commence à se sentir un peu embrouillé, mais hélas, ça ne va pas aller en s’arrangeant.

Ce n’est pas parce que votre enfant dit s’ennuyer à l’école ou qu’il n’a « pas envie », que le homeschooling est une solution. Un très grand nombre d’enfants traine des pieds sur le chemin de l’école.

J’adore les gens qui trouvent tout à fait normal qu’un très grand nombre d’enfants ne veuillent pas aller à l’école. Mais gardez cette phrase en tête, parce que mon-amie-la-psy, elle, a eu l’air de l’oublier quelques paragraphes plus bas.
Notez également la tournure « dit s’ennuyer » et les guillemets autour du « pas envie ». On sent bien que ce n’est pas une raison valable, au moins chez un enfant, de ne pas avoir envie, et que c’est pas parce qu’il dit s’ennuyer qu’il s’ennuie vraiment. Si ça tombe, il est super heureux mais il ne s’en rend pas compte. Quel âne.
Du coup on comprend mieux qu’il soit ultra-dangereux qu’un enfant puisse décider de quoi que ce soit.

Le risque, en retour, c’est que l’enfant n’ait pas de limites et qu’il se retrouve dans une situation de toute puissance. Il endosse alors le rôle de l’enfant roi avec, surtout, ses inconvénients : intransigeant, intolérant à la frustration, agressif et souffrant.

On tourne un peu en rond, là, non ? Et puis je croyais que c’était sûr et certain, que les limites n’étaient pas posées (cf 2 citations au-dessus), finalement c’est juste un risque ?
Et blam, le poncif de l’enfant-roi est agité comme un épouvantail.
Au passage, je serais curieuse de connaître les avantages du « rôle » de l’enfant-roi…

Aux États Unis, le homeschooloing est très répandu à tel point qu’il existe des communautés très organisées. En France, cette particularité reste encore rare. Les parents, et surtout les enfants, sont souvent stigmatisés par l’Éducation nationale, même si officiellement le homeschooling est légal.
Par ailleurs, les résultats scolaires de l’enfant ne sont pas vraiment contrôlés. Est-ce faute de moyens ou un désintérêt général pour ceux qui choisissent l’école à la maison ? En effet, l’enfant a seulement l’obligation d’avoir les mêmes connaissances que les autres adolescents de son âge à la fin de la scolarité. Mais aucun test n’est passé, aucune évaluation.
Le seul contrôle se matérialise par la visite d’une assistante sociale, tous les deux ans, afin de contrôler les conditions générales d’apprentissage. Je reste personnellement sceptique.

Et moi, je suis restée personnellement sur le cul, la première fois que j’ai lu ça. Et puis après je me suis bidonnée pendant quelques heures.
Pondre, en tant que professionnelle, un article sur l’école à la maison sans même s’être renseignée sur les lois et les pratiques qui l’encadrent, c’est fort.
« Aucun test n’est passé, aucune évaluation ». Y a des parents qui l’ont eu sévère en travers de la gorge, là.
Mon-amie-la-psy apprendra que l’instruction délivrée par les parents est bel et bien contrôlée tous les ans par des inspecteurs de l’Éducation Nationale. Et bien souvent par des tests et évaluations, même s’il est illégal de les imposer aux parents. Il arrive, effectivement, que certaines familles ne soient pas contrôlées tous les ans, peut-être faute de moyen ou d’intérêt (j’en connais une dans ce cas), mais c’est extrêmement rare.
Quant à la visite d’une assistante sociale, c’est pour le moins simplifié – mais pas complètement faux, pour une fois, saluons l’effort.

L’enfant qui fait l’école à la maison est confronté à un dilemme : comment appeler le parent qui fait la leçon ? Maman ou maîtresse ? C’est quasiment schizophrénique : le matin je suis ta mère, et l’après-midi ta maîtresse. Et interdiction de mélanger !

C’est du lourd, hein ? ^^
Déjà, c’est forcément la mère qui s’occupe de l’instruction. Bravo. Ensuite, je croyais que l’enfant n’avait pas de limites et que c’était grave. Maintenant, il semblerait qu’on lui en pose une et que c’est grave aussi.
Faut qu’elle se sorte un peu les neurones du moule scolaire, mon-amie-la-psy. Je ne connais aucun parent IEF qui ordonne à ses enfants de l’appeler « maîtresse » ou « maître ». Je ne dis pas que ça n’existe pas (puisqu’on trouve de tout dans l’IEF), mais lier cela à l’apprentissage informel, c’est particulièrement ridicule.
Et quand bien même : les enfants scolarisés qui se retrouvent dans la classe de leurs parents, ils deviennent schyzo ? Perso, quand j’étais au collège, tous les ans j’avais au moins un prof dont le gamin ou la gamine était dans ma classe. Personne n’avait l’air spécialement perturbé.
Mais remarquez, j’ai eu vent d’un de ces gamins devenu végé, alors si ça tombe, ça vient de là. ^^

Ce choix de la part des parents n’est pas anodin. Nous pouvons nous interroger sur les liens parent-enfant. Le parent peut-il se détacher de son enfant ? Pourquoi ce besoin de contrôler sa scolarité ?

Ça devient lassant. Le « unschooling », puisque c’est de cela qu’elle parle sans le savoir, ce n’est pas un besoin de contrôler la scolarité de l’enfant, c’est autre chose que la scolarité. C’est une non-scolarité. Un-schooling. Les autres choix d’IEF ne sont pas non plus, en général, un moyen de contrôler la scolarité de l’enfant. Il y a autant de raisons de pratiquer l’IEF que de familles nonscos.
Et puis tout à l’heure l’enfant n’avait pas de limites, maintenant on le contrôle trop. Huhu.

Jusqu’ici, un parent classique pouvait observer la vie de son enfant à la maison mais lorsqu’il se rend à l’école, tout lui échappe ! Désormais, avec ce choix, la porte de tous les possibles est ouverte.
Ce qui est pathologique et mortifère au sens psychanalytique, pour l’enfant. Il est privé de la vie extérieure, de confrontation à ses pairs et de sociabilisation.
En effet, ce dernier ne peut pas accéder à une autonomisation, phase cruciale de développement de l’enfant pour son bien être psychique et son estime de soi. En allant à l’école, il se compare aux autres et peut être fier de lui ou bien mécontent. Il peut également prendre conscience de l’existence d’autres univers que celui de sa famille et à acquérir ainsi des repères qui construisent sa personnalité.

Aaaaah 🙂 Bienvenue dans le bingo du nonsco avec une belle liste de clichés, et le mot-joker « socialisation » est enfin lâché. On se demande comment diable l’être humain a pu se construire psychiquement avant la démocratisation de l’école.
J’adore particulièrement : « la porte de tous les possibles est ouverte ». Effectivement. Moi j’aime ça, que la porte des possibles soit ouverte. Y en a qui la préfèrent fermée, manifestement. Et apparemment, c’est en gardant la porte ouverte qu’on prive l’enfant de vie extérieure. Rien que ça.
École à la maison = unschooling = placard. ^^

Les puristes du homeschooling affirment pourtant que leur enfant n’est pas coupé du monde et qu’il a beaucoup de copains. Peut être. Mais l’amitié est forcément plus superficielle lorsqu’on rencontre quelqu’un au parc une fois de temps en temps. La vie en communauté à l’école tisse des attaches plus approfondies. La connaissance d’autrui est plus précise. Des souvenirs se construisent et ils sont importants. Priver l’enfant de relations sociales, c’est l’isoler dangereusement de la réalité.

Question : c’est quoi, un « puriste » du homeschooling ? Et un non-puriste ?
De ce que je comprends, les puristes sortent de temps en temps l’enfant du placard pour l’emmener au parc. Pour l’hygiène, sans doute. La vitamine D les jours de soleil. Mais sans que l’enfant soit autorisé à construire des souvenirs, quand même, faut pas charrier. Sinon ils arriveraient peut-être à rivaliser avec les 2×15 minutes de récré par jour des enfants scolarisés.
J’adore aussi le « peut-être ». L’enfant qui dit s’ennuyer peut se tromper, le parent qui dit que son enfant a des copains aussi. Ça doit être génétique, la connerie.
Ou alors… un doute affreux m’étreint. Mais non, ce n’est pas possible, mon-amie-la-psy n’insinuerait quand même pas que les enfants et leurs parents puristes mentent ? Ah, les fourbes !

Autre point important : la pédagogie. Les enfants sont très sensibles à la personne ayant une autorité de savoir. Il se crée des affinités avec les professeurs qu’ils rencontrent tout au long de leur scolarité. Ensuite, les parents ne suivent aucune formation préalable.

Ah, le 2e joker : la pédagogie. Rappelez-vous, les parents ne sont pas aptes à apprendre quoi que ce soit à leurs enfants, ni les enfants à apprendre quoi que ce soit tout seul.
Tu veux apprendre à parler ? Va voir le prof, il va te montrer comment positionner ta langue. Tu veux apprendre à marcher ? Va voir le prof, il va t’expliquer comment mettre un pied devant l’autre. Tu veux apprendre à faire pipi dans le pot ? Va voir le prof licencié ès-enlevage-de-couches, moi je ne suis que ton parent, je ne peux rien pour toi.
Non, mais sérieusement…
Et puis mon-amie-la-psy ne doit pas savoir qu’une bonne proportion des parents choisissant d’instruire eux-mêmes leurs enfants sont instits, ou profs. Ni que les instits ne sont plus tellement formés.
Elle n’a pas dû non plus réaliser qu’il pouvait y avoir une légère différence entre s’occuper de l’instruction de son ou ses enfant(s), et de celle d’une trentaine d’enfants.

Chacun doit rester à sa place de parent et de professeur. Un parent n’a pas à rentrer dans la pédagogie comme un professeur ne s’occupe pas du privé. Pour cela, remémorez vous les longues soirées où vous tentiez de faire apprendre à votre enfant une poésie. Vous étiez à bout de nerfs parce qu’il n’écoutait pas. Les professeurs enseignent comment leur apprendre et comment les faire aimer apprendre. Pourquoi les priver de cela?

Chacun sa place. Cf plus haut. Et du coup, je me demande pourquoi diable les parents devraient passer des longues soirées à tenter de faire apprendre à leur enfant une poésie – mais je ne vais pas non plus relever toutes les contradictions de l’article, sinon on n’est pas couchés.
On va plutôt méditer une minute sur la sublime phrase : « les professeurs enseignent comment leur apprendre et comment les faire aimer apprendre. »
C’est beau. C’est pas français, mais c’est beau.
Et comme c’est pas français, je m’interroge sur la phrase suivante : « pourquoi les priver de cela ? »
« les » désigne les enfants ou les profs ? Faut pas priver les profs « d’enseigner comment leur apprendre » ? ^^
C’est aussi le moment de se rappeler du titre : « votre enfant s’ennuie à l’école », et de l’affirmation comme quoi un grand nombre d’enfants n’aimaient pas l’école. Qu’est-ce qu’on ferait sans la pédagogie et la formation, dites donc.

Le homeschooling implique un isolement social. L’enfant est seul, chez lui ou au mieux avec sa famille. Il se construira l’image d’un monde unilatéral, uniculturel, sans surprise car la famille est prévisible, contrairement aux copains.
Ceci crée un vide et un handicap par rapport au savoir se comporter avec les autres, à tisser des liens.

Retour à la case socialisation. Retour à l’enfant seul, qui ne rencontre personne – sauf parfois au parc pour les enfants de puristes, mais en mode amnésique donc ça ne compte pas.

Si un jour, l’enfant décide de retourner dans un système dit classique, le choc risque d’être très difficile. Il sera forcément étiqueté, plus fragilisé par l’absence de confrontation aux autres et plus démuni face aux réactions courantes à avoir dans la société.

Et voilà le spectre attendu du : « il va en baver plus tard ».

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Apparemment, mieux vaut un enfant qui s’ennuie à l’école pendant des années (c’est terrible, pour un enfant, d’avoir le sentiment de perdre son temps plusieurs heures par jour, plusieurs jours par semaine, pendant des années, non ?) plutôt qu’un enfant épanoui qui risque de subir un choc plus tard. Alors même que c’est lui qui aura décidé de retourner dans le système classique, ce qui indiquerait une certaine motivation. Mais c’est vrai que décider, c’est mal, alors il y a une justice en ce bas monde : qu’il en bave.
Notons aussi que d’après elle l’enfant sera « forcément étiqueté ». Si elle le dit. Et étiqueté par qui, sinon par les autres, ceux qui sont dans le système scolaire depuis le début ? Et c’est l’enfant non-sco qui aurait « un handicap par rapport au savoir se comporter avec les autres, à tisser des liens » ?

Jusqu’à présent, j’ai parlé de l’enfant sans pathologie. Il en est tout autre concernant la phobie scolaire qui est un trouble envahissant empêchant tout mode de pensée logique. L’origine est variable. L’enfant est dans l’incapacité absolue de retourner à l’école.

Attention, phobie scolaire en vue. Au fait, refuser de retourner dans un endroit où l’on souffre, c’est pas un mode de pensée logique ?

Ce cas exceptionnel nécessite de prendre des cours par correspondance au CNED et d’entamer un suivi psychologique approfondi. L’encadrement dans une phobie scolaire est très strict, il fonctionne en parallèle avec un service hospitalier ou un praticien privé.

Ouh la. Que d’informations d’un seul coup. On apprend brusquement qu’il y aurait une autre option pour le « homeschooling » : les cours par correspondance au CNED. Mais ils sembleraient qu’ils soient réservés aux enfants souffrant de phobie scolaire, c’est vraiment trop injuste.
Heureusement pour ces enfants-là, ils seront très strictement encadrés – bien obligé, de toute façon, ils ne peuvent plus penser logiquement. Ils ne décideront de rien (peut-être, du coup, ne seront-ils pas obligés d’appeler leurs parents « maîtresse »), auront des limites, ne perdront pas leurs repères, et ne deviendront donc pas des enfants rois. Ouf. Sauvés.
C’est carré-carré, chez mon-amie-la-psy, hein.

L’autre différence clé, c’est que le phobique a connu l’école, les échanges sociaux et l’autorité représentée par les professeurs. Situation que ne connaissent pas ceux qui sont pris en charge par leurs parents dès le plus jeune âge via le homeschooling.

Vrai, le phobique ne connaît pas sa chance.
Mais revenons une nouvelle fois au titre de l’article : « votre enfant s’ennuie à l’école ». S’il s’ennuie à l’école, c’est qu’il y est. Non ? Enfin, c’est ce que j’avais compris. Mais en fait, mon amie-la-psy parlait depuis le début des enfants jamais scolarisés, apparemment. Zut, il va falloir que je relise l’article à la lumière de cette nouvelle information.
Que je relise…
Euh, non, en fait. Tant pis.

En conclusion, il me semble plus sain de faire connaître le monde parfois rude de l’école à l’enfant, de le confronter à autrui pour qu’il puisse se défendre dans la vie professionnelle qui n’est qu’une copie adulte du monde enfantin.
Par ailleurs, il est déjà difficile pour un parent d’assumer son rôle éducatif et de tenter de faire le moins d’erreur possible, alors pourquoi vouloir, en plus, vouloir jouer les apprentis professeurs ?

La bonne nouvelle, c’est le mot « conclusion ». Le calvaire est bientôt terminé.
La mauvaise, c’est tout le reste. « La vie professionnelle qui n’est qu’une copie adulte du monde enfantin », c’est particulièrement gratiné. o_O
Quant à sa solicitude pour les parents et leurs difficultés présumées à assumer leur rôle éducatif, elle est gentille, mais on ne lui a rien demandé. Qu’elle fasse ses crises de nerf en faisant réciter ses poésies à sa fille et qu’elle nous fiche la paix.

Ma conclusion à moi :

1. J’ai parcouru d’autres articles de mon-amie-la-psy, toujours publiés par le Nouvel Obs : c’est une habituée des raccourcis trompeurs et de la désinformation. 2 exemples parmi d’autres :

  • L’article sur l' »oubli » par David Cameron de sa fille dans un pub : il y aurait déjà beaucoup à dire sur le discours, mais en prime et surtout, quand on lit l’article que la psy donne elle-même en lien, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas du tout d’un oubli. Il pensait que sa fille était avec sa femme, et vice-versa.
  • L’article sur l’éducation des filles et des garçons : quand on se donne la peine de lire les 2 références qu’elle donne (clic et clac), on se rend compte qu’elle mélange tout. Elle affirme à propos de la crèche que les enfants n’ont pas le droit de dire « il » ou « elle » pour se désigner entre eux, alors que ce sont les enseignants qui s’interdisent ces mots-là. Et surtout elle a je ne sais comment généralisé l’histoire de Storm (le bébé canadien, dont les parents refusent de dévoiler le sexe) à l’ensemble de la crèche suédoise (!) en affirmant que les parents n’ont pas le droit (!) de révéler l’appartenance sexuelle de leurs enfants (faudrait d’ailleurs m’expliquer comment il serait possible de ne pas connaître l’appartenance sexuelle d’un enfant en bas âge dont on s’occupe toute la journée, rapport au change, tout ça…).

Bref, l’hypothèse la plus gentille est que mon-amie-la-psy ne sait pas lire.
Ni réfléchir.
Ni se documenter.
Une bien bonne publicité pour le système scolaire dont elle est issue.

2. Coment le Nouvel Obs peut-il publier des inepties pareilles ? Un bandeau proclame fièrement en haut de l’article de mon-amie-la-psy « Félicitations, vous voilà sur le Plus ! Ici, le nouvel Observateur met en avant le meilleur des idées, analyses, opinions et découvertes grâce à la participation active de ses membres. »
Quand on voit le meilleur, on frémit en pensant au pire.

3. Pour finir, mon conseil à mon amie-la-psy, c’est gratuit :

–edit du 2/12/2012 : d’autres réactions (outre les 166 commentaires sur « Le Moins Plus ! ») sur le blog d’une autre mère castratrice et sur celui d’une pauvre schyzophrène asociale victime de l’IEF.

Réponse à un billet végéphobe

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L’autre jour, je parlais de végéphobie en disant qu’elle existait bel et bien : en voilà un exemple assez représentatif, même si légèrement plus consternant que la moyenne à mon avis.

À vrai dire je comptais répondre sur le site du billet en question, mais, emportée par mon élan, j’ai largement dépassé la limite de signes autorisée pour les réponses, et j’ai eu la flemme de la poster en plusieurs fois.
Du coup, je réponds ici – et toujours du coup, je précise que bien évidemment, le « tu » que j’emploie s’adresse à l’auteur du billet, et que je ne poursuis qu’1 seul objectif : démonter un à un ses « arguments ».
Donc si vous êtes omnivores et que vous lisez ceci, à moins que vous pensiez vous aussi que les végétariens sont cons, carencés et qu’ils forment une grande secte visant à prendre le pouvoir sur les gens intelligents et à les forcer à manger comme eux pour les rendre débiles, ne vous sentez pas visés. 😉

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MANGER DE LA VIANDE EST UNE NÉCESSITÉ !
Note prémiminaire :

Dans ce qui suit, les données scientifiques proviennent de la revue Recherche.

Ça ne coûte rien de l’affirmer… Et moi j’ai 3 prix Nobel.
Curieusement, tu ne donnes jamais de référence précise.

Rappel contre les idéologues du végétarisme :
Manger de la viande est nécessaire à l’être humain. S’il a des canines, c’est pas pour rien !

Ça commence fort… Je te signale que la dentition-type de l’herbivore comprend en règle générale des canines peu développées (comme les nôtres), contrairement aux carnivores qui eux ont des crocs (cf. les crocs des félins, des canidés… pas grand-chose à voir avec nos canines, n’est-ce pas ?).
Ainsi le cheval, le zèbre, l’hippopotame, le gnou, pour ne citer que ces herbivores, ont des canines (et le gnou en a même plus que nous, c’est fou).

Les omnivores, se nourrissant de végétaux et de viande, comme le babouin ou le phacochère, ont des canines beaucoup plus développées que les nôtres. Ouvre la bouche devant un miroir, compare tes dents (les dents, j’ai dit ! ^^) avec celles de ce babouin omnivore, par ex, et viens me dire que c’est la même chose.


Il existe un acide aminé que le corps humain ne sait pas synthétiser et qui ne se trouve QUE dans la viande. Cette protéine est en particulier nécessaire au bon fonctionnement du cerveau.

Comme quelqu’un l’a déjà relevé, un acide aminé n’est pas une protéine. Et pour quelqu’un qui se targue de science, tu pourrais préciser lequel, non ?
Tu aurais du mal, remarque, vu que c’est faux.

L’être humain ne sait pas synthétiser 8 acides aminés, dits acides aminés essentiels : le tryptophane, la lysine, la méthionine, la phénylalanine, la thréonine, la valine, la leucine et l’isoleucine.
En règle générale et de façon très schématique, les céréales sont limitantes en lysine (ce qui ne veut pas dire qu’elles n’en contiennent pas, mais qu’elles en contiennent moins que des autres acides aminés), et les légumineuses (pois, haricots, fèves, lentilles…) sont limitantes en méthionine. Il suffit donc de combiner les 2, et même pas forcément au cours du même repas, pour s’assurer un apport complet en acides aminés. Le soja est à part puisque cette légumineuse possède une répartition en acides aminés essentiels comparable à la viande, il se suffit à lui seul. Il en est de même pour le quinoa, et ce ne sont pas les 2 seules plantes dans ce cas.
Verdure (salades, par exemple) et fruits contiennent aussi pour la plupart tous les acides aminés essentiels ainsi que bien d’autres.

Mais aussi, les végétariens invétérés finissent un jour ou l’autre par manquer de fer et leur médecin leur dit alors qu’il n’y a qu’une seule bonne solution : manger de la viande rouge ! car sinon le corps humain n’absorbe pas le fer.
Le fer est nécessaire pour les globules rouges et pour le transport de l’oxygène au travers du corps.
Regardez les végétariens qui le sont depuis leur naissance, par exemple dans la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto : ils sont très gentils, mais vraiment pas fins du tout, et ils sont blancs comme un linge !

Comme celui-là, par exemple ? 🙂

Ça vient de la Recherche, le coup du médecin qui dit systématiquement aux végétariens de manger de la viande rouge ? ^^ Ils ont dû oublier de parler du médecin de Carl Lewis, par exemple – je suppose que le nom te dit qq chose, – vu que c’était lui qui avait conseillé au coureur d’opter pour un régime végétalien. VégétaLien, c-à-d sans oeufs ni produits laitiers par rapport aux végétariens. Ça lui a pas trop mal réussi. (Ci-dessous, c’est en 1996, il est végétalien et remporte sa 9e médaille d’or en saut en longueur aux JO.)

Carl Lewis en 1996, après passage en mode végétalien, remporte une médaille d'or aux JO en saut en longueur

Dirais-tu aussi que Gary Yourofsky, végétaLien (donc « pire » que végétarien) depuis plus de 20 ans, a l’air tout blanc et tout faible ?

Paul McCartney, végétarien depuis des années, ça va, pour ses bientôt 70 ans il se porte plutôt pas mal, non ?

Paul McCartney

Emily Deschanael, l’actrice de Bones, qui est végétaLienne et qui a accouché il y a 2 mois et demi d’un petit garçon en pleine forme, tout en ayant conservé son régime végétalien pendant sa grossesse et en tournant les épisodes de la saison 7 de sa série, ça a l’air d’aller aussi…

Nathalie Portman, végétarienne depuis 22 ans, toujours vivante…

Shania Twain, Alex Baldwin, Noah Wyle, Samuel L. Jackson, Gwyneth Paltrow, Dustin Hoffman… ils survivent à leur dangereux régime alimentaire !

Pour les autres, je te renvoie à cette liste de végétariens célèbres, par ex (dont certains végétaliens), ça va, y en a un bon nombre qui a l’air plutôt en forme…

Côté « bêtes à manger du foin » ou « pas très fins », tu noteras Plutarque, Darwin, De Vinci, Einstein, Pascal, Voltaire, Montaigne, Pythagore, Newton, Edison, Tolstoï…

Ne rate pas non plus la liste des végétariens ou -liens champions dans des sports divers et variés. Tiens, va voir l’article wiki sur Patrik Baboumian, végétarien et champion de bodybuilding, et viens nous dire qu’il est tout anémié ou qu’il manque de protéines ^^.

Patrick Baboumian

Pour ma pomme, quand je suis devenue végétarienne puis végétalienne, j’ai plutôt pris du poids… Et lorsque j’ai eu besoin de compléments en fer ou en magnésium, j’étais omnivore, pas végétarienne. Dans ma famille il y a des gens qui mangent de la viande tous les jours et qui sont hyper maigres, moins de 60kg pour + d’1m80. Je n’en déduis pas pour autant que les gens qui mangent de la viande sont tous maigres et carencés.

La sélection naturelle nous a produit ainsi !
Car effectivement, c’est quand l’homme s’est mis à manger de la viande que ses machoires ont pu devenir plus petites et ainsi laisser de la place pour le développement d’un cerveau digne de ce nom. (ce qui m’amuse c’est que les végétariens veulent nous forcer à faire le chemin inverse. Pas étonnant qu’ils ne soient pas très fins !)
Du coup, l’homme est parfaitement adapté à la viande suite à un long processus de sélection naturelle.

Source ?

Je ne comprends pas, y a plein de végétariens qui étaient omnivores quand ils ont pris la décision d’arrêter de manger de la viande… donc  à l’époque de leur choix, dotés d’un cerveau en parfait état de fonctionnement d’après tes dires. Ça coincerait pas quelque part, ton raisonnement ? ^^

Tu connais l’histoire des stats qui montrent que les riches mangent plus souvent du caviar que les pauvres ? La conclusion est naturellement que plus tu manges du caviar, plus tu as de chances de devenir riche… Ah zut, ça marche pas comme ça…
Tu vois, on pourrait aussi dire que c’est quand l’homme a eu un cerveau digne de ce nom (quoi que ça puisse vouloir dire) qu’il a pu commencer à fabriquer des outils pour chasser et donc manger de la viande autrement que comme un charognard. Sans parler de la maîtrise du feu qui lui permettait de la faire cuire, donc de la conserver plus longtemps, de la mastiquer plus vite, de mieux la digérer.
Parce que figure-toi que la viande des chasseurs-cueilleurs et celle que tu achètes sous cellophane n’ont plus grand-chose de commun. C’était une viande très pauvre en graisse, hyper coriace, difficile à mastiquer et sans doute pas très bonne au goût. Rien à voir avec ton tournedos ou ta côte de porc provenant d’animaux engraissés, dont le goût est directement corrélé avec la quantité de gras intramusculaire.

Pour ce qui est du gros cerveau, de toute façon : le cerveau de l’homme de Néandertal était très probablement plus gros que le nôtre, et celui de Cro-Magnon en moyenne 15% plus gros également… Quant à relier taille du cerveau (ou rapport taille du cerveau / taille du corps), que ce soit intra ou inter-espèces, et intelligence, plus personne ne s’y risque vraiment, c’est trop vexant pour l’être humain. ^^

Revenons au « parfaitement adapté à la viande ». Attention, je ne dis pas que manger de la viande de temps en temps soit néfaste. Bien sûr, on peut manger de la viande, on peut la digérer. Évidemment, entre ne pas manger du tout ou manger de la viande, on s’en sort mieux dans le 2e cas. Mais on sait bien aujourd’hui que de nombreux problèmes et maladies chez l’être humain sont dus à la surconsommation (au sens nutritionnel du terme, cette surconsommation correspondant à la consommation « normale » dans un régime occidental actuel) de protéines animales (pas que la viande, mais aussi les produits laitiers) : pb de cholestérol (les végétaux n’en contiennent pas, toutes les viandes en contiennent), maladies cardiovasculaires (on est tellement parfaitement adapté à la viande que sa digestion nous encrasse les artères, parce qu’on a un tube digestif trop long. Les carnivores, eux, ont des intestins beaucoup plus courts que les nôtres), certains diabètes, ostéoporose (oui oui, contrairement à ce qu’on nous serine avec les 3 produits laitiers par jour, les protéines animales acidifient notre organisme, et la seule parade que celui-ci ait trouvé pour rétablir l’équilibre, c’est de relarguer du phosphate, en provenance de nos os. Et comme ceux-ci sont composés essentiellement de phosphate de calcium, on se retrouve à pisser du calcium et à en bouffer toujours plus pour compenser cette fuite. Lis le Rapport Campbell, tu verras que les pays consommant beaucoup de produits laitiers, comme les USA ou l’Europe, ont jusqu’à 5 fois plus d’ostéoporose que les pays n’en consommant pas.), certains cancers (le cancer du côlon typiquement), liste non exhaustive.

Tiens, ça va te faire plaisir, je t’ai trouvé un petit article de ton journal fétiche, la Recherche, datant de 2001 : Les risques de la transition alimentaire.
L’article aborde les problèmes liés à l’adoption du régime occidental (récent, le régime, hein, depuis l’industrialisation ; on parle pas de long processus de sélection naturelle) par les pays en voie de développement.
Quelques citations (le gras est de moi) :

« Ainsi, à la suite des pays industrialisés, les changements de régimes alimentaires dans les pays en développement favorisent l’apparition de maladies chroniques. »
« C’est dans le Japon de l’après-guerre, dans un contexte d’industrialisation rapide, qu’une telle évolution a d’abord été observée. L’augmentation lente et régulière des calories absorbées par la population est d’abord restée dans le cadre d’un régime traditionnel contenant peu de graisses et de protéines d’origine animale. Entre 1960 et 1980, en revanche, les apports en graisses saturées et en cholestérol (Note de moi : les graisses saturées se trouvent presque exclusivement et le cholestérol exclusivement dans les produits animaux) ont plus que doublé, et l’obésité s’est mise soudain à croître, en même temps que les maladies cérébrovasculaires.
On a alors réalisé que la conversion de pays à croissance rapide à des régimes de type « occidental » conduisait à une apparition accélérée de maladies non transmissibles liées à l’alimentation : diabète non insulinodépendant, maladies hypertensives et cardio- ou cérébrovasculaires, certains cancers, ou encore des affections ostéo-articulaires chroniques. Depuis, les observations sont de plus en plus nombreuses et convergentes. »

Passons au Brésil : « Comme le souligne Carlos Monteiro, de l’université de São Paulo, les enquêtes révèlent une fréquence de plus en plus grande, dans des îlots de pauvreté, des problèmes d’hypertension liés à l’obésité(6). On constate en parallèle que dans les grandes villes la part des céréales, des haricots, des racines et des tubercules diminue dans l’alimentation, tandis que la consommation d’oeufs et de produits laitiers augmente. »
« Autre signe d’espoir, au Brésil, on observe, surtout depuis les années 1980, une substitution progressive des graisses animales par des huiles végétales et de la margarine. Cette modification significative du rapport entre acides gras saturés et poly-insaturés expliquerait le déclin récent de la mortalité par maladies cardiovasculaires qu’on observe dans plusieurs villes. »

Et c’est ainsi qu’il existe un acide aminé dont l’homme a besoin mais qu’il ne sait pas synthétiser et qu’il ne trouve que dans la viande.
Cet acide aminé est nécessaire en particulier au bon fonctionnement du cerveau.

J’ai comme une impression de déjà lu… On en a déjà parlé plus tôt : non, il n’y a PAS d’acide aminé essentiel qui ne se trouve que dans la viande.

Les plantes sont-elles capables de souffrance ?
OUI !

Il y a une quinzaine d’années, la revue Recherche publiait un article montrant que les plantes aussi ont l’équivalent d’un système nerveux et qu’elles aussi ressentent les choses.

La source précise, stp ? Parce qu’après avoir lu ce qui précède, même si l’article existe, je ne suis pas sûre que tu l’aies bien compris, sans vouloir te vexer…
Précisons aussi qu’entre sentir quelque chose et ressentir du plaisir ou de la souffrance, il y a un grand pas. Là je suis assise sur une chaise, je sens la chaise, je sens les touches du clavier sous mes doigts, c’est important pour que je puisse m’asseoir et écrire, mais ça ne me procure ni plaisir ni souffrance.

Un autre article de la même revue montrait que les plantes sont même capables de communiquer entre elles !
De toute façon, il est évident que tout être vivant est muni d’un système de plaisir-soufrance. Il ne pourrait pas vivre bien longtemps s’il n’avait pas ce moyen pour savoir ce qui est bon ou mauvais pour lui.

Ah, ben si c’est évident… Sacrée démonstration.
Une autre façon d’envisager les choses serait de se demander à quoi ça leur servirait de ressentir de la douleur alors qu’elles ne peuvent pas fuir ?
(Par exemple, les éponges sont des animaux, non mobiles, et ils n’ont pas de système nerveux qui ne leur servirait à rien…)

Je suis d’accord sur le fait que les plantes sont des organismes très complexes qui n’ont pas fini de nous étonner, qu’elles peuvent effectivement communiquer entre elles parfois, ressentir leur environnement et même adopter des mécanismes de défense pour certaines (sécrétion d’une substance par ex), mais elles n’ont rien à voir avec les animaux. Tu coupes un membre à un animal, humain compris, l’animal fait bien la tronche et va probablement en mourir s’il n’a pas accès à des soins sophistiqués. La plante, en général, repousse de plus belle, se fortifie, voire fleurit / fructifie plus.

Les plantes sont intelligentes, sensibles et elles ont de la mémoire ; que celles ou ceux qui en doutent regardent cette vidéo Arte de 51’49 intitulée l’esprit des plantes : http://mai68.org/spip/spip.php?article3227

Ah, cette vidéo où l’on dit que les animaux et les plantes ont pris 2 chemins évolutifs complètement divergents, à l’opposé l’un de l’autre ? C’est là-dessus que tu t’appuies pour affirmer qu’elles souffrent comme nous ?

Le jour où les végétariens se rendront compte que les salades aussi sont des êtres vivants, il ne leur restera plus à manger que des cailloux !
N’ont-ils donc jamais entendu le hurlement de la carotte rapée au fond des cuisines ?

Non, jamais… Je dois pas avoir les oreilles assez fines. Et sans blague, c’est ton scoop, qu’une plante est vivante ?

Mais je vais te dire un truc : quand bien même les plantes souffriraient effectivement, ça ne ferait qu’une raison supplémentaire pour ne pas manger de viande. Pourquoi ? Parce qu’il faut bien plus de végétaux pour nourrir un animal qui nourrira ensuite un homme que de végétaux pour nourrir directement cet homme. Question de rendement. Quand on est végétarien et a fortiori végétalien, on provoque la mort de beaucoup moins de plantes que quand on mange de la viande. Beaucoup moins de souffrance végétale + beaucoup moins de souffrance animale = beaucoup beaucoup moins de souffrance totale. Je ne parle même pas de la souffrance humaine : si on te laissait le choix de travailler dans les champs ou dans un abattoir, tu choisirais quoi ?

(J’ajouterai que ton argument du cri de la carotte est assez savoureux quand on lit ce qui suit, à savoir que le plaisir est seul guide ^^)

Le plaisir est seul guide !
Notre système de plaisir-soufrance nous indique ce qui est bon ou mauvais pour nous. Or, justement, il y a grand plaisir à manger de la viande. C’est ce qu’il y a de meilleur.
Et si la viande est ce qu’il y a de meilleur, c’est pas pour rien. Car c’est ainsi que la nature nous indique que nous sommes faits pour ça !

Ça non plus, je suppose que ça ne vient pas de la Recherche… Il y a des gens qui n’aiment pas la viande, ou qui ne la tolèrent pas, sans que ça n’ait rien à voir avec une quelconque compassion envers les animaux… Ne généralise pas à l’ensemble de la population ton amour du goût de la viande, stp, merci.
Et si je suis ton raisonnement, comme beaucoup de gens adorent bouffer hyper sucré, hyper gras et hyper salé, ça veut dire aussi que la nature nous a faits pour ça ? 😛

Le plaisir est seul guide !

… disait Hannibal Lecter à Clarice (ou les véritables criminels anthropophages à leurs juges).
Je m’arrête à cette comparaison concernant la nourriture, car je suppose que si tu vois quelqu’un que tu trouves attirant sexuellement, tu ne vas pas le ou la violer sous prétexte que le plaisir est ton seul guide. Ou, pour en revenir aux animaux, que si tu vois un individu torturer un chat ou un chien juste pour le plaisir, tu vas au minimum le désapprouver, même si lui prend son pied. Je suppose donc que ta maxime ne s’applique qu’à ta façon de te nourrir. Pourquoi cette restriction ? Si notre système de plaisir-souffrance nous indique ce qui est bon pour nous, pourquoi s’arrêter à la nourriture ? Ou inversement, pourquoi notre façon de remplir notre estomac ne bénéficierait pas du même contrôle éthique, moral, appelle-ça comme tu veux, que nos autres actions ?
Ou du moins, puisque le sujet ici n’est pas du tout « les gens qui mangent de la viande sont-ils d’horribles individus ? » mais « les végétariens sont-ils cons ? », pourquoi les gens qui décideraient d’étendre leur éthique à ce qu’ils mangent seraient-ils plus bêtes que les autres ?

Et au fait, ton principe du plaisir, ça ne concerne que les animaux ? Par exemple si je te dis que cette tablette de chocolat provenant du travail d’enfants-esclaves est drôlement bonne, tu l’achètes parce que le plaisir est seul guide pour ton estomac ? Ou tu vas plutôt opter pour du chocolat issu du commerce équitable, ou pour autre chose qui n’a pas impliqué le trafic d’êtres humains ? (choix qui impliquerait la bêtise, donc, puisque ne se laissant pas guider par le seul plaisir, d’après ton raisonnement)

En fait, vois-tu, je crois que ce n’est pas si simple… ^^