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Les vautrés du dimanche – 27

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Les vacances, ça fatigue (chats turcs sur le site d’Éphèse).

 

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Le paradoxe du chat

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Non, je ne parle pas du chat de Schrödinger, mais du paradoxe vécu par beaucoup de végéta*iens partageant leur vie avec des animaux carnivores, en l’occurrence des chats.

Notre petite famille est constituée de 6 membres : 3 humains et 3 chats. Petite Puce, que j’ai accueillie chatonne il y a maintenant bientôt 16 ans, Poilue et Gros Monstre Tigré (GMT) s’étant invités 9 ans plus tard, déjà adultes.
(Je vous rassure, ce ne sont pas leurs vrais noms).
Et depuis près d’un an, un chat errant vient pisser boulotter chez nous et quémander quelques caresses.

Avoir des animaux pose plusieurs problèmes lorsqu’on est végé, et encore plus lorsqu’on tend vers le véganisme :

– le problème de la possession : de ce côté-là, je ne me sens pas vraiment concernée. Je ne possède pas mes chats, pas plus qu’ils ne me possèdent. Nous sommes des amis partageant la même demeure : ils ont la belle vie, ils disposent d’une chatière et sortent à leur guise. Le jour où ils veulent aller voir ailleurs, ils sont libres de le faire. En pratique, s’ils passent l’essentiel de leur temps vautrés sur moi, c’est parce qu’ils le veulent bien (et moi aussi).
De plus, Poilue et GMT se sont incrustés sans nous demander vraiment notre avis – qui n’était pas favorable au départ.

– le problème de la castration : je plaide coupable pour Petite Puce, mais il faut dire qu’à l’époque ce genre de préoccupation était assez éloigné de mes pensées. Je me souviens quand même d’un vague remord sur le coup. Les 2 autres étant déjà castrés quand ils sont arrivés dans nos vies, la question ne s’est pas posée.
Que ferais-je à l’heure actuelle ? Difficile à dire. Je vois d’ailleurs beaucoup de véganes, antispécistes par ailleurs, qui optent sans hésiter pour la castration. Je ne les blâme pas, mais pour moi on est clairement dans le spécisme. Je ne crois pas qu’ils iraient ne serait-ce que prôner la stérilisation d’êtres humains, quand bien même le spectre de la surpopulation, de la famine, de catastrophes diverses et variées se profilerait à l’horizon. Et passer à l’acte encore moins.
Le chat errant, lui, n’est pas castré. Nous ne comptons pas l’adopter, ne serait-ce que parce que nos 3 chats ne peuvent pas le sentir. Malheureusement pour eux, il sait fort bien se défendre, et depuis le printemps dernier, GMT a fini chez le véto 2 ou 3 fois par mois, parfois pour des blessures nécessitant jusqu’à 10 points de suture, des abcès, des griffes arrachées, des infections entre les vertèbres ou généralisées ; il doit être le chat le plus « antibiotiqué » de la Terre et est quasi abonné à la collerette.
L’adoption n’est donc pas au programme, mais le serait-elle que je serais très embêtée sur cette question de la castration.

– et le problème le plus épineux : l’alimentation. Les chats sont des carnivores, personne ne le conteste, même si les croquettes et pâtées standard contiennent quelques légumes.
Il existe pourtant des croquettes végétaliennes pour les chats (et pour les chiens aussi) : si j’ai bien compris, le principal problème se posant pour les chats est la taurine, un acide aminé essentiel (pour eux, pas pour nous) ne se trouvant pas dans les végétaux. Les nourritures végétaliennes pour chats sont donc supplémentées en cet acide aminé, et rendues appétentes je ne sais trop comment (je n’ai pas vu d’arômes dans leur composition, mais j’ai un peu de mal à croire que les chats soient attirés par le mélange riz-petits pois-maïs-pdt-lin).
Je n’ai pas fait le pas de changer leur alimentation en leur donnant ces croquettes, et je ne crois pas que je le ferai.
Déjà parce que Petite Puce vieillit (elle vient de fêter ses 16 ans), que je viens de la passer à une alimentation spéciale chat âgé pour ménager ses reins, qu’elle est sortie de sa prise de sang d’il y a 3 mois en état de choc (saignement du nez, grosse chute de tension, je l’ai récupérée toute molle) et que donc je ne prévois pas d’autres prises de sang à moins que sa vie ne soit en danger. Or il me semble que passer un chat aussi âgé d’une alimentation carnée (même si absolument pas naturelle, on est bien d’accord, dans la nature les chats mangent rarement les bœufs… sans parler de toutes les saloperies, additifs et cie, qu’on trouve dans la plupart des croquettes) à une alimentation végétalienne demanderait une surveillance certaine et des analyses régulières pour vérifier que tout va bien.
Ensuite, parce que GMT, 12 ans environ, est malade. J’en ai déjà parlé, il est atteint du sida des chats (FIV), au stade III (le dernier stade). Son système immunitaire est à plat, il chope tout ce qui passe, la moindre blessure tourne au désastre, et le cabinet du vétérinaire est sa résidence secondaire depuis 1 an. Peut-être que des croquettes végétaliennes lui permettraient d’être plus en forme, plus résistant. Peut-être. Peut-être pas. Vu la situation, je n’ai pas envie de lui faire changer ses habitudes alimentaires au risque de dégrader son état de santé déjà chancelant. Je n’aurais pas forcément le temps de faire machine arrière en cas de problème.
Reste Poilue, qui n’a que 10 ans. Mais pour elle non plus, je ne pense pas franchir le pas. Déjà parce que nos chats mangent tous dans la même gamelle et quand ils veulent ; ensuite parce que la miss Poilue est une redoutable chasseuse, qui se boulotte une quantité impressionnante de mulots, oiseaux et plus gros si affinité (le record étant un lièvre 2 fois plus gros qu’elle). Je pense que si je lui filais des croquettes végés, rien que pour se venger, elle chasserait 10 fois plus. Plus sérieusement, il est probable qu’elle aussi soit atteinte du FIV, au stade II (virus dormant depuis des années, pas de symptômes). Un stress étant susceptible de déclencher le stade III, je préfère éviter de changer ses habitudes dans la mesure du possible.

Les récentes mésaventures d’un chat de ma connaissance n’ont rien fait pour me pousser à « végétaliser » les miens : un couple de mes amis a tenté de passer son chat (âgé de 10 ans, comme Poilue, donc plus tout jeune mais pas non plus très âgé) aux croquettes végé. L’essai n’a duré que quelques jours : le chat a d’abord vomi, puis ses reins se sont bloqués. Il a eu la chance de s’en tirer avec 2 ou 3 jours de dialyse chez le véto, mais il a bien failli y rester (ou être condamné à la dialyse pour le restant de ses jours).

Donc je continue avec mes croquettes faites à partir de déchets de poulets. Je me console (un peu) en me disant qu’on ne tue pas des poulets pour faire ces croquettes, mais qu’on utilise les parties impropres à la consommation humaine (miam) de poulets tués pour les êtres humains. Donc à moins qu’une bonne proportion de mes concitoyens décide brusquement de se passer de poulet, que les chats mangent ou non des croquettes végé n’aura aucune incidence sur le sort de ces pauvres bêtes.

Maintenant, si un jour nous adoptons un nouveau chaton ou un jeune chat, je me reposerai très sérieusement la question. Et il y a des chances pour que, dans ce contexte, je fasse au moins un essai… prudent.