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Des animaux, des enfants et des hommes – 7 : L comme loups, L comme Lions

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Ou la belle histoire de Richard-cœur-aux-lions vs l’esprit Tintin au Congo

 

Il était une fois, dans un lointain pays, un valeureux Masaï de 13 ans qui voulait protéger le bétail de son père et de sa communauté.

En effet, de temps en temps, des lions attaquaient les troupeaux, et des vaches mouraient.

Alors, les guerriers partaient tuer les lions.

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Mais Richard – c’est son nom – n’était pas comme Tintin : il n’aimait pas que les lions meurent.

Tuer, était-ce vraiment la seule issue possible ? N’était-il pas envisageable de faire autrement ?

Il réfléchit, réfléchit encore ; et ne sachant pas que c’était impossible, il finit par trouver une solution.

À partir d’une batterie de voiture, d’un clignotant de moto et d’une lampe torche cassée, il réussit à bricoler quelque chose qui faisait peur aux lions et les tenait éloignés des troupeaux.

Peu après, fort de l’efficacité de son invention, il l’installa chez ses voisins, puis chez d’autres encore…

Deux ans plus tard, son idée s’était répandue dans tout le pays.

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Quant à Richard-cœur-aux-lions, son invention lui valut une bourse dans la meilleure école du pays, où il fut très heureux et eu beaucoup d’autres idées.

FIN

¨¨°ºo§oº°¨¨

Cette histoire est parfaitement véridique. Elle se passe au Kenya, et Richard a retracé son parcours lors du rassemblement TED2013 en février dernier.

Si l’on récapitule :

Combien de cerveaux pour plancher sur le problème ? 1.
Comment Richard a-t-il appris l’électronique ? En autodidacte.
Combien le système coûte-t-il à fabriquer et à installer ? Que dalle, c’est essentiellement de la récup’.
Combien de vaches tuées par les lions depuis 2 ans dans sa communauté ? 0.
Avec combien de lions tués dans le même laps de temps ? 0 aussi.

Efficacité du système : 100%.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans son intervention, Richard ne fait allusion à aucun obstacle humain. À aucun moment il ne raconte qu’il a été difficile de convaincre les chasseurs de sa communauté que ça marchait, qu’il n’était plus nécessaire de tuer les lions.

On imagine aisément qu’en France la situation serait bien différente et qu’un Richard serait la risée de certains groupes.

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L’un des arguments souvent rebattus en faveur de la chasse est que c’est la seule solution pour protéger les intérêts des chasseurs les cultures, les troupeaux, les gens, rayez la mention véridique inutile.

Petit rappel de l’hypocrisie absolue de l’argument : en France près de 50% du gibier est en réalité élevé puis relâché pour le plaisir des chasseurs – et pas seulement les faisans – ; dans le reste, on trouve aussi des espèces considérées comme nuisibles mais que l’on a pourtant réintroduites nous-mêmes comme des grands cons, ou que l’on nourrit pour favoriser son développement – comme les sangliers.

Mais dans les autres cas, pourrait-on se demander. Est-ce que, dans le cas d’animaux vraiment sauvages et commettant des dégâts, on a vraiment d’autres choix que de les tuer ?

La réponse française officielle est simple : « Pourquoi vouloir changer une méthode qui ne fonctionne pas ? »

Ainsi en est-il de la chasse aux loups qui s’est récemment durcie dans la région Côte d’Azur.

Je ne vais pas rentrer dans des considérations éthiques ou philososphiques ici. Comme dire que les loups ont le droit de vivre, que ceux qui seront tués ne seront pas forcément ceux qui ont tué ; comme demander perfidement aux éleveurs qui, eux aussi, considèrent leurs brebis comme leurs enfants ce que deviennent en général leurs « petits-enfants » mâles, ou aborder carrément l’abolition de l’élevage.
Non, non, j’ai bien conscience que ce serait totalement déplacé.

Je vais donc seulement m’ébahir devant la puissance déployée pour se débarrasser des indésirables loups : 20 pièges-photos, 2 carabines équipées d’une lunette de vision nocturne, et 380 chasseurs armés, je suppose, de 380 fusils.

Rien que ça.

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Allez, tentons un récapitulatif, là aussi :

Combien de cerveaux boîtes cranniennes impliquées ? Plusieurs centaines.
Disposant de quelle instruction ? Je suppose que tous ces brillants esprits ont bénéficié des bienfaits de l’Éducation Nationale française pendant au moins 10 ans. De l’argent et du temps bien employés.
Combien ça coûte, ce matos ? Compter au moins 500€ pour 1 piège-photo, soit minimum 10 000€ pour 20 pièges. Plus les lunettes et le pinard les cartouches. On parle aussi d’un retour des capsules de cyanure. Ah, la région niçoise, sa salade, ses chasseurs, son cyanure…
Combien de loups seront tués ? Un bon paquet. Combien d’humains ? Probablement quelques-uns aussi, comme lors de toute saison de chasse.

Et que celui ou celle qui pense qu’il n’y aura plus d’attaques de troupeaux se couvre de ridicule en levant le doigt.
Oui, Tintin ?

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Une idée, comme ça : et si, au lieu de sauter sur nos fusils et de dégommer tout ce qui bouge dès que quelque chose nous dérange, on faisait plutôt fonctionner nos méninges ?

Je sais, c’est plus fatigant et moins rigolo. Ça fait mal à la tête.

Mais si on s’inspirait de Richard plutôt que de Tintin au Congo et qu’on partait du principe que non, tuer n’est pas une réponse acceptable ?

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Si on partait de ce principe de non-violence, alors seulement on serait vraiment motivés pour réfléchir et trouver comment faire autrement.

Et nous aussi, qui disposons d’infiniment plus de moyens que Richard n’en avait, nous pourrions enfin mettre au point des solutions préservant à la fois les troupeaux et les loups.

Sans zigouiller personne.

Ça fait bizarre rien que d’y penser, hein ?

À signaler cette pétition sur Change.org pour demander l’annulation de la nouvelle mesure d’abattage massif de loups.

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Le 4e dimanche de septembre…

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Les victimes de la chasse en France :

Saison 2009-2010* (source) : 174 accidents de chasse représentant 183 victimes (dont 25 non-chasseurs). 19 morts, 84 accidents graves, 80 accidents légers.
Les victimes non-chasseurs concernées : 10 promeneurs, 5 personnes dans le jardin d’une habitation, 4 cyclistes, 2 ramasseurs de champignons, 1 jogger, 1 automobiliste, 1 bûcheron et 1 observateur.

Saison 1998-1999 (source) : d’après une enquête (la dernière en date) réalisée auprès de 105 126 chasseurs et concernant 39 des 91 espèces chassables, le tableau de chasse s’élèverait à environ 30 millions d’animaux tués au fusil, dont 12 à 15 millions sont des animaux lâchés – pour le plaisir de faire joujou avec un gros fusil -, alors que d’autres animaux succombent par d’autres méthodes (piégeage, déterrage, chasse à courre…). Nul doute qu’il faut y ajouter le nombre des oiseaux blessés non retrouvés (souvent non recherchés) que l’on peut évaluer empiriquement de 15 à 30% du tableau initial.
Et l’enquête n’a donc concerné qu’une partie des chasseurs et qu’une partie des espèces concernées.

Pour en savoir plus et dans un souci d’équité (*tousse*), je vous conseille la lecture du Petit Livre vert, année 2008**, édité par la FNC (Fédération Nationale des Chasseurs) à l’usage de ses chasseurs chéris confrontés aux « forces du mal » (sic, cf. p. 28) représentés par les défenseurs des animaux en général et les végétaliens en particulier.

Sentez-vous un petit frisson vous parcourir ? C’est normal. Vous êtes sur le blog de 2 végétaliennes, après tout.

Extraits choisis :

Manifestement, derrière le «bien-être» animal, se cachent les tenants de la «deep ecology» et du végétalisme le plus intolérant. Une rupture grave de l’équilibre entre l’homme et l’animal.
Il est temps qu’une voix s’élève pour rappeler à la raison, notamment en réaffirmant la place de chacun, homme et animal. Que cette voix soit celle du chasseur n’est pas vraiment étonnant : homme de nature depuis la nuit des temps, observateur attentif des lieux de vie de l’animal, ce naturaliste connaît les règles d’équilibre entre les hommes, les animaux et la nature. Il a instauré, depuis des siècles, une véritable complicité avec les animaux qui lui permettent d’exercer sa passion : chiens, oiseaux appelants, furets, etc.
Ce Petit livre vert 2008 relève un double défi majeur : faire prendre conscience à chacun de la machine infernale qui est en marche afin de l’arrêter, pour le bien-vivre de tous, hommes et animaux ; promouvoir une écologie humaniste dont le chasseur reste le garant. (p. 3)

Les mots sont le reflet des pensées qu’ils expriment. Pour nous endoctriner, les zoolâtres ont réinventé un langage. (p. 18)

Pour identifier les forces du mal, rien de plus simple : sur le principal moteur de recherche Internet, tapez quelques termes choisis comme : antispéciste, végétalisme, libération animale, bien-être animal… (p. 28)

* J’ai choisi de prendre les chiffres 2009-2010 et non 2010-2011 pour l’unique raison que ces derniers ne sont pas aussi détaillés.
** L’année est choisie avec une légère pointe de malice, par contre.

Bonne lecture ^^

— rajout du lendemain : eh bien ça n’a pas tardé, déjà 3 morts humaines pour ce week-end 😦

Qui pleurera sur eux ?

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Il y a un blog de vétérinaire que j’aime beaucoup, c’est celui du Dr Fourrure. J’aime sa passion, j’aime son style, son humour et les émotions qu’il fait passer dans ses billets.

Mais depuis que je suis végé, parfois, ça coince.

Son dernier billet en date, par exemple.

Je comprends bien l’émotion qui s’en dégage, d’ailleurs je peux la ressentir et même compatir avec ce chasseur qui pleure son chien.
Mais en même temps, j’éprouve une curieuse sensation en le lisant.

Ce chasseur adore son chien.
Il pleure parce que son chien a été battu.
Il pleure sa mort.
Dont il est responsable. Oui, la chasse au sanglier, c’est dangereux pour les chiens*.
Parfois plus que les coups de ceinture.

Et je me demande : les sangliers blessés ou tués par ce chasseur et ce chien, qui pleurera sur eux ?

* Et pas que pour eux.

They are back !

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La saison de chasse ouvre demain (ah, la joie de se faire réveiller par des coups de fusil le week-end !)…
Et comme tous les ans, une famille de chevreuils vient trouver refuge dans notre jardin. Ils y resteront jusqu’au printemps.

Ils nous bouffent nos pauvres framboisiers et groseillers, d’accord, mais c’est un petit prix à payer pour le plaisir de les voir tous les jours ou presque pendant des mois, et surtout de les savoir en sécurité.

Le plus gros problème, c’est qu’ils ne deviennent pas trop familiers. Quand on les voit sur la terrasse en ouvrant les volets le matin et qu’ils sursautent à peine, c’est sympa pour nous mais pas très bon pour eux.
Dans ce cas il faut leur faire peur (gestes brusques, bruits) : suffisamment pour qu’ils se rappellent que les bipèdes sont potentiellement dangereux, mais pas assez pour qu’ils décident de retourner dans les bois avant la fin de la saison de chasse.

Soyez les bienvenus, les amis ! 🙂

Et celui-là, en dessous, c’était un jeune qui était resté coincé chez nous l’année dernière. Il n’avait pas réussi à sauter la clôture avec ses parents, et on avait beau laisser le portail ouvert, il ne trouvait pas la sortie. Il est resté jusqu’à juillet environ.