Archives de Tag: 3 ans

Tous mortels…

Par défaut

Fiston s’intéresse à la mort depuis un bout de temps.

La mort, chez nous, on en parle assez souvent, naturellement, entre les « cadeaux » de nos chats (je mets des guillemets, car pour la redoutable Poilue, ce ne sont pas des cadeaux du tout, nononon, c’est pour elle… Il n’empêche que c’est dans la maison qu’elle les rapporte, et quand Fiston, en cherchant sa chaussure manquante, tombe sur une souris morte, ça surprend toujours), les coups de fusil le week-end pendant la saison de chasse et les questions que cela entraîne, le chevreuil retrouvé mort dans notre jardin il y a quelques mois, la mort de nos poneys il y a 2 ans, les interrogations fréquentes de Fiston sur les raisons pour lesquelles je ne mange pas de fromage ou d’oeufs (même si je refuse pour le moment de lui dire comment on tue les poussins mâles, les poules trop vieilles et les vaches de réforme, je lui réponds sans fards sur le reste), et l’habitude qu’il a pris, quand on lui parle de quelqu’un qu’il ne connaît pas, de demander si cette personne est morte ou non… sans parler de Petite Puce qui vieillit (« Je ne veux pas que Petite Puce meure, je l’aime ! Je serai triste quand elle va mourir »), de Gros Matou Tigré qui a failli y rester en début d’année et du fait que nous avons dû envisager de l’euthanasier si son état empirait à cause du FIV dont il est atteint.
Heureusement, GMT s’est rétabli, mais Fiston, je crois, a été assez marqué par cette possibilité, cette responsabilité qui est la nôtre, ce pouvoir de faire mourir nos chats, fût-ce pour abréger leurs souffrances.

De ses grands-parents, il a adopté la croyance que quand on est mort, on va au ciel. Cela lui plaît, même si, forcément, cela provoque de nouvelles questions. « Comment on fait pour aller dans le ciel ? » Le Barbu et moi répondons dans ce cas que nous ne savons pas du tout ce qu’on devient quand on est mort – ce qui embête bien Fiston.

Pendant un temps, il s’est dressé contre la mort. « Moi je te protège pour que tu n’ailles pas dans le ciel, maman. » Idem pour son père, idem pour les chats. Ambivalence de ma part : j’étais touchée, bien entendu, mais ce n’était pas son rôle, et surtout, que se passerait-il si l’un de nous mourait et que Fiston s’estimait coupable de ne pas avoir réussi à nous protéger ?
Quant à lui, s’il avait bien compris qu’il était concerné, il refusait tout net de se laisser faire : « Moi je ne mourrai jamais ! » « Moi je vais vivre toujours ! »

Et puis maintenant il réalise un peu plus. Ce n’est plus qu’il ne mourra jamais, c’est qu’il n’a pas envie d’être mort. Il devient triste quand il évoque notre mort, au Barbu et à moi. Quand il nous envoie des bisous, ce sont des bisous collants qui tiennent même quand on prend notre douche, mais aussi parfois qui resteront collés même quand on sera morts. Hier matin, il a demandé à son père s’il aurait encore de la barbe quand il serait mort.

Je pense que tous les parents passent par là un jour ou l’autre : j’ai beau savoir que c’est une phase nécessaire, je ne m’y attendais pas si tôt ; et quand Fiston me demande d’un air grave : « Je vais mourir un jour ? », et qu’il ajoute tristement « Je ne veux pas mourir, moi, jamais »…
Cela me flingue le cœur. 😦

Petit garçon devient grand…

Par défaut

Fiston évolue beaucoup, ces temps-ci. Et notamment dans ses interactions avec les autres : notre ermite sauvageon de cet hiver s’est transformé depuis quelques semaines en un petit bonhomme hyper-sociable. Une évolution si rapide que je me suis laissée distancer.

Il y a 2 ou 3 semaines, en nous promenant, nous avons rencontré une des anciennes baby-sitter de Fiston, qu’il a bien entendu invitée aussitôt. Elle nous a donc accompagnés jusque chez nous et à un moment m’a fait remarquer (en fait, je m’en suis rendu compte simultanément) que j’avais beaucoup trop tendance à jouer les interprètes. Fiston lui avait posé une question, elle avait répondu à côté (à mon sens) ; du coup j’ai répété la question et elle m’a regardée avec un sourire en coin : « Mais c’est bon, Mely, j’avais entendu ! »
J’ai répondu, confuse, qu’il fallait que je lâche Fiston. Comme il a commencé à parler tard (vers 3 ans), que pendant les premiers mois, ce qu’il racontait n’était souvent pas compréhensible par les non-initiés et aussi qu’il n’y a encore pas si longtemps il se mettait en colère quand on ne comprenait pas ce qu’il disait, j’avais gardé l’habitude de faire l’interprète. D’expliquer ce qu’il voulait ou ressentait, ou de traduire, répéter ce qu’il disait. Mais à présent, il s’exprime suffisamment bien pour tenir une conversation avec des inconnus, et il ne s’énerve plus s’il n’arrive pas à se faire comprendre. Donc, maman, bas les pattes.

Bien, bien. J’ai donc fait des efforts pour laisser Fiston gérer ses rencontres tout seul. Résultat, un Fiston radieux, sûr de lui, qui va papoter avec tout le monde, en s’assurant simplement de temps en temps que je suis toujours dans le coin.

Quelques exemples :

Au parc, un mercredi après-midi, temps magnifique : il y a plein de monde, évidemment. Pendant 3/4 d’heure, Fiston joue dans son coin, puis se lie avec une petite fille de 5 ans (j’avoue, j’ai quand même joué les interprètes sur ce coup car la petite ne comprenait pas tout ce qu’il disait), partage un jeu avec un grand de 8-10 ans (jeu commencé dans le conflit, mais je me suis retenue, je les ai laissé gérer et en 10 secondes c’était réglé). Et ensuite il court vers d’autres zones du parc, et commence à interroger les enfants, leurs parents, leurs grands-parents. Je suis loin, je n’entends que quelques paroles quand le vent les porte jusqu’à moi. « Tu as quel âge ? » « Moi je m’appelle Fiston, je suis un garçon ! » « Tu habites où ? » « Pourquoi ? » « Non, je ne vais pas à l’école. », etc.
En l’observant, je suis frappée de le voir ainsi, abordant les gens toutes générations confondues, leur parlant parfois très sérieusement, en s’exprimant avec ses mains, tout son corps.
Je me suis fait la réflexion qu’on aurait dit un mini-adulte (un peu italien sur les bords ^^).

Un soir de la semaine dernière, nous l’avons emmené à une exposition d’un de nos potes illustrateurs dans un bistrot parisien. Fiston s’est goinfré de fromage et de pain, et dès qu’on regardait ailleurs 30 secondes, on le retrouvait attablé avec des inconnus en train de leur demander comment ils s’appelaient. Il a fait le tour du café en demandant l’âge de tout le monde (et en claironnant parfois : « elle, elle a 50 ans ! » ^^), en demandant aux gens tatoués pourquoi ils avaient des dessins dans le cou, aux piercés pourquoi ils avaient des trous dans la tête, il a flashé sur la nièce de notre pote (10 mois), sa mère et sa grand-mère, leur a répété qu’il les aimait un nombre incalculable de fois, m’a entraînée vers le sous-sol où des musiciens répétaient, les a regardés, a décortiqué la sono, découvert l’accordéon et les tables de mixage, posé des questions, fait de nouvelles déclarations d’amour, est remonté, a localisé toutes les enceintes d’où provenait la musique, a refait un tour des gens nouvellement arrivés, a pris des photos (petit reportage à venir, sans doute, car l’expo vaut le coup)… Tout le monde a été étonné d’apprendre qu’il n’allait pas à l’école (réponse choisie ce soir-là : « On préfère l’emmener dans les bars »), mais en tout cas on ne pouvait pas nous dire « et la socialisation, alors ? ». 😛
Le matin, c’était à des plombiers qu’il avait posé des questions, à propos de siphons et de robinets.

Ce week-end, nous avons reçu des amis que Fiston ne connaissait pas, avec leurs enfants de 7 et 11 ans. Tous les 3 se sont bien amusés ensemble, et pourtant le grand était arrivé assez sceptique sur ce qu’il pourrait faire avec un enfant de 3 ans. Mais il n’y a pas d’âge pour chahuter sur un canapé, se lancer des coussins, courir, jouer au ballon, au Loto des odeurs (très beau jeu offert par nos amis), faire de la balançoire… Fiston a passé aussi un bon moment à parler avec leurs parents : il a notamment montré son livre The Art of Ratatouille à mon amie, en lui racontant la quasi-intégralité de l’histoire, et je me suis rendu compte qu’il l’avait fort bien comprise… alors qu’il regarde le film en VO et que je ne lui ai pas expliqué tant de choses que ça. À noter que depuis, quand il regarde le film avec moi à ses côtés, il répète parfois une phrase ou un bout de phrase en anglais et me demande ce que ça veut dire.

Hier, nous sommes allés au bord de l’étang de notre village. Mercredi, premier jour du printemps, beau temps, je pensais qu’il y aurait du monde mais non, nous étions seuls. Puis une bande de jeunes, on va dire environ 18 ans, est arrivée. Petit malaise quand ils descendent de leur voiture. J’ai le double de leur âge, ils me considèrent sans doute comme une potentielle emmerdeuse, ou craignent que moi je les considère comme des petits cons, je ne sais pas (s’ils savaient quel âge j’ai dans ma tête… ^^). Ils sortent un ballon et se dirigent vers le panier de basket, passant pour ce faire pas très loin de nous, et Fiston de leur emboîter le pas avec un sourire jusqu’aux oreilles. Quand ils s’en rendent compte, ils rigolent, disent je ne sais quoi et Fiston répond : « Je suis un garçon ! J’ai 3 ans et demi, et je m’appelle Fiston. Tu veux bien prêter ton ballon ? »
Celui à qui il s’adresse répond que le ballon n’est pas à lui. Fiston va demander la permission au propriétaire légitime, et les gars commencent à jouer avec lui en rigolant de le voir courir comme ça et en jetant des coups d’œil amusés dans ma direction. Comme Fiston a tendance à monopoliser un peu le ballon par moment, je m’approche pour vérifier qu’il ne les gêne pas. Sourires sincères : non, pas du tout. La glace est rompue. Je m’installe à quelques dizaines de mètres pour ne pas les déranger, et j’observe Fiston avec ses nouveaux amis. Il tente d’envoyer le ballon jusqu’au panier, sans succès évidemment vu sa taille, mais ne s’énerve pas. Il lance des « Ouiiiiii ! » et des « Ooooooh ! » enthousiastes quand les autres marquent. Il va jouer un bon quart d’heure avec eux, avant d’aller vagabonder un peu plus loin, attiré par un ruisseau. Je prends mes affaires pour le suivre, je remarque au passage que les jeunes veillent sur lui, l’air de rien (« Attention, y a de l’eau là-bas !), et quand on revient vers l’étang, je leur lance un « au revoir et merci pour tout à l’heure ! » accueilli par de nouveaux sourires et un « de rien ! »

Bref, Fiston vit sa vie, dans notre champ de vision, et j’évite dorénavant de me mêler de ses rencontres – dans la mesure du possible. Je suis présente pour assurer sa sécurité, en gros, et c’est tout.
J’avoue quand même avoir eu un peu de mal à le lâcher, sur ce coup-là. ^^ 3 ans et demi à jouer les interprètes, ça ne s’efface pas en 2 heures.
Mais Fiston a grandi, et le jeu en vaut la chandelle. Il a l’air tellement heureux et… libre 🙂

T’es pas contente, maman ?

Par défaut

Il y a quelques mois, souvenez-vous, Fiston s’amusait à recenser tout ce qui nous rendait content ou pas content.
C’est passé (ouf ^^).
Par contre, en ce moment, il prend manifestement mon état de (mé)contentement pour un indicateur quasi absolu de ce qu’il peut ou ne peut pas faire. Ce qui est très difficile pour moi, car cela me met dans une position de toute-puissance que je n’aime pas du tout (la plupart du temps il suffit que je dise, même calmement, que je ne suis pas contente et Fiston fond en larmes), et surtout, dur-dur de ne pas tomber dans le chantage avec ce pouvoir-là (si tu ne fais pas ce que je dis, je ne serai pas contente – et donc tu vas pleurer).

Pour rappel, je ne souhaite pas que Fiston obéisse. Je souhaite qu’il coopère, comme nous tous. En temps normal, quand il ne coopère pas, pour des raisons x ou y, cela peut effectivement me rendre mécontente. C’est mon droit (m… alors ! ai-je parfois envie d’ajouter), mais si je m’attends à ce que mon mécontentement soit bel et bien pris en compte par Fiston dans ses décisions, je ne veux certainement pas qu’il devienne le seul élément qui importe.

Et pourtant, il y a quelques semaines, je me suis rendu compte que lorsque Fiston faisait quelque chose qui me déplaisait vraiment (embêter exprès les chats ou son père, par exemple), je perdais ma bonne humeur sans préavis, ce que Fiston repérait aussitôt. Il me demandait alors « T’es pas contente, là ? », je répondais que non, je n’étais pas contente, et je me retrouvais avec un petit garçon en larmes, un Barbu ou un chat de mauvais poil(s) et un mécontentement dont je ne savais pas trop quoi faire.

Je m’en suis rendu compte parce que Fiston me l’a fait remarquer. Au cours de la discussion qui a suivi l’un de ces épisodes, il m’a dit qu’il aimerait bien que je dise non tout en restant contente. En gros. On a un peu affiné tous les 2, je lui ai dit que j’allais essayer, quand je le voyais faire quelque chose qui ne me plaisait pas, de rester zen en lui disant non et en lui expliquant pourquoi je n’aimais pas qu’il fasse ça. Mais sans être « pas contente » d’office. Je lui ai précisé aussi que j’avais quand même le droit de ne pas être contente de ses agissements par moment, mais que ce n’était pas censé être le baromètre de son humeur à lui.

Depuis, je mets en pratique : j’y arrive plutôt bien. Il y a eu peut-être 2 ou 3 fois où je n’ai pas pu me tenir à ce qu’on avait décidé parce qu’il a agi trop rapidement pour que je puisse dire stop ou prévenir un geste vraiment violent. Le reste du temps, cela ne l’empêche certes pas de me demander si je suis contente ou pas, parfois toutes les 5 minutes, mais il n’y a quasiment plus eu de crises. À noter également qu’il m’écoute mieux quand je dis non sans mécontentement, je trouve, donc tout le monde y trouve son compte.

Et j’en suis d’autant plus heureuse qu’il s’agit de notre première « résolution de conflit » 100% initiée et résolue par Fiston. 🙂

Prêter ses jouets ?

Par défaut

Sujet épineux s’il en est, en tout cas chez nous.

Nous sommes toujours partis du principe que les jouets de Fiston étaient à Fiston et que c’était lui qui décidait de les prêter ou non. Quand il était bébé il s’en fichait, bien entendu, puis la phase possessive est apparue.
Au fil du temps, c’est devenu parfois problématique.

Quand on va chez les autres, tout va bien. Fiston emporte quelques jouets à prêter pour faire des échanges. Il demande toujours avant d’emprunter quelque chose, et ne prend rien sans la permission de son propriétaire (un point très appréciable à mes yeux) même s’il peut se montrer insistant. Certains des enfants prêtent sans aucun souci tous leurs jouets (notamment dans les fratries), d’autres moins facilement (notamment les enfants uniques, eh oui, big surprise : je sais bien que de ce point de vue-là être enfant unique n’est pas l’idéal, mais si tout s’était passé comme prévu ou du moins raisonnablement mal, nous serions déjà depuis longtemps dans cette *censurée* de maison avec des pièces communes, et Fiston cohabiterait avec Loulou depuis des mois… *respire à fond*), et c’est là que le troc montre sa redoutable efficacité.

Quand les autres viennent chez nous, c’est plus compliqué, surtout s’ils n’apportent rien à échanger, justement. Et donc, il y a quelques mois, on se retrouvait parfois dans des situations peu confortables, étant donné que :

  • tous les jouets disponibles chez nous appartenaient à Fiston,
  • il était dans une période où il n’avait pas envie de prêter quoi que ce soit (sauf pour faire des échanges, mais là je parle des cas où il n’y avait rien à échanger),
  • nous tenions toujours à ce que ce soit Fiston qui décide de prêter ou non ses affaires,
  • nous tenions tout autant à ce que les enfants venant chez nous passent un bon moment – ce qui n’est pas vraiment compatible avec le fait de jouer à Tantale au pays des jouets pendant des heures.

Nous arrivions quand même sans trop de mal à persuader Fiston de prêter 2-3 choses, mais généralement ce n’étaient pas du tout celles qui intéressaient les autres. Forcément. Ce qui, du coup, blessait Fiston, chagriné qu’il était de voir ses jouets chéris méprisés alors même qu’il faisait un gros effort pour les prêter. ^^
Dans ces cas-là, l’une des seules choses qui fonctionnaient, c’était la musique : Fiston adore jouer du piano, du synthé ou de l’harmonica avec les autres.

La solution, au moins temporaire, coulait de source à mes yeux : ne plus avoir d’amis ne plus les inviter faire en sorte que tout ne soit pas qu’à Fiston.
Petit à petit, j’ai commencé à récupérer ou acheter des trucs en le prévenant que ça, c’était pour tout le monde. Des jeux de société pour commencer. Au fil des mois, j’ai constitué un petit stock « de secours » histoire de m’assurer que les enfants venant chez nous pourraient au moins dessiner, faire de la pâte à modeler, peindre, coller des gommettes, feuilleter des livres, faire un puzzle, jouer au ballon, aux Tips, s’amuser avec des aimants, etc.
Maintenant, sauf raison précise (anniversaire, Noël, maladie…), j’achète ou je récupère pour tout le monde. Beaucoup plus simple à gérer. Fiston dispose encore d’une bonne quantité de jouets sur lesquels exercer s’il le souhaite son droit de propriété – ou son envie de prêt – car je pense toujours que c’est important. Et quand des enfants doivent venir, je préviens Fiston que s’il ne veut pas prêter certaines choses qui sont normalement dans le salon, il aille les planquer dans notre chambre.
Ce w-e, j’ai tenté un nouvel aménagement du salon, avec une étagère entièrement consacrée aux jeux et jouets pour tout le monde. Fiston a eu l’air d’approuver le principe. Il a même de son propre chef décidé d’y placer quelques-uns de ses chiffres en bois, et pour le moment il parle avec beaucoup d’enthousiasme d’Isa et de ses 3 enfants (qu’il ne connaît encore qu’en photo) qui vont passer 2 jours chez nous prochainement.

Verdict à venir bientôt, donc 🙂

En vrac…

Par défaut

Petite maison : on attendait toujours l’accord du juge concernant le compromis signé début décembre, j’ai appris hier que le notaire l’avait sur son bureau depuis déjà 1 mois, mais il n’avait pas jugé utile de nous en faire part…

Future maison : on est toujours dans les devis, ça baisse. Mais pas très vite et pas autant qu’on aurait voulu.

(Pour ce qui concerne le projet, la suite, c’est là.)

Fiston : on continue les démontages, une de ses voitures trône les moteurs à l’air depuis quelques jours. Sur la photo en haut à droite, on peut voir une voiture rouge avec une télécommande : c’est le même modèle que celle qui est ouverte.

Pour la plus grande joie de Fiston, nous avons fait des expériences avec des bougies. La plus rigolote est celle de la bougie qui se balance. Les premiers essais n’ont pas été concluants car les bougies étaient trop petites (bougies d’anniversaire), mais avec une grande, ça balance, ça balance !

Et enfin, aujourd’hui Fiston a reçu une balance 🙂
Il a passé une bonne partie de l’après-midi à peser plein de choses. À sa façon. D’après lui, certains de ses jouets font plusieurs tonnes. ^^
Sur la photo, il s’amuse à équilibrer les plateaux avec des perles à repasser.

Jouets en plastique… râlons, mais démontons-les !

Par défaut

Je profite du dernier billet de Naë à propos des cadeaux pour rebondir sur le sujet des jouets en plastique, et en particulier des jouets à piles.
Fiston en a reçu quelques-uns de la part de la famille, notamment lors des Noël. Ah, la joie de découvrir qu’on offre à un bébé de 6 mois son premier téléphone portable…
Bref, j’ai râlé, râlé et encore râlé. Tout compte fait, on a réussi à limiter les dégâts : je pense que Fiston doit totaliser 7 ou 8 jouets en plastique à piles, dont près de la moitié reçus lors de ce fameux premier Noël. La plupart n’ont bénéficié de sa part que d’un intérêt très relatif. On appuie sur des boutons, ça fait de la musique, super. Passe-moi les feutres et une feuille, stp.

Mais finalement, vu que le mal est fait, et maintenant que Fiston a grandi : et si on reprenait ces jouets pour aller voir comment c’est sous le capot ? Car finalement, un téléphone qui fait de la musique ou raconte des choses quand on appuie sur les touches, c’est un mini-ordinateur…

Et donc, armés de tournevis, nous avons tout démonté, ouvert, démantibulé… Eh bien l’intérieur est bien plus intéressant que l’extérieur.

Premier cobaye : un téléphone que Fiston a depuis un an, qu’on avait perdu il y a quelques mois et retrouvé il y a peu. Ce jouet-là a été très utilisé, en fait, car il dit les chiffres et les lettres, et Fiston adore les chiffres et les lettres depuis toujours. Je l’ai donc prévenu avant : si on le démonte, il est possible qu’on le casse, qu’on n’arrive plus à le remonter ou qu’il ne fonctionne plus comme avant. Pas grave ? Fiston, dont les yeux s’illuminent dès qu’on prononce le mot « démonter », m’a donné le feu vert.

On l’a ouvert prudemment.

Le capot enlevé, Fiston sort le haut-parleur de son emplacement, ainsi que l’écran, et se demande à quoi sert chaque fil électrique. On continue à dévisser.

Et là c’est l’extase : les capteurs, situés sous les touches, sont de la couleur préférée de Fiston. On voit bien les circuits imprimés qui les relient à la nappe (non visible ici) qui continue jusqu’à la carte située derrière l’écran, et le haut-parleur en haut du téléphone.

Fiston est aux anges : à peu de choses près et en simplifié, on retrouve les mêmes éléments que ceux de l’ordinateur géant du C’est pas sorcier sur les ordinateurs.

Son téléphone, c’est vraiment un mini-ordinateur. C’est d’ailleurs la première chose qu’il dira à ses grands-parents quand il les reverra quelques jours plus tard, en brandissant le téléphone remonté dans une main et une photo de nos exploits de l’autre. « On a démonté le gros téléphone et dedans il y a un petit ordinateur, et des capteurs sous les touches ! »

Une fois ce téléphone remonté, place au suivant, un bidule plus petit et beaucoup moins intéressant, il faut le dire.
Mais bon, une fois démonté, ça donne ça :

Il n’y a pas d’écran, mais il y a une ampoule qui s’allume en rouge. Alleluia. On n’a pas réussi à voir les capteurs, le circuit imprimé n’étant pas vissé mais collé au couvercle 😦
Du coup on s’est vengés sur le haut-parleur, Fiston a constaté en posant le doigt dessus que ça vibrait, que si on posait un cône en carton dessus le son provenait du cône, et que si on appuyait sur la membrane pour l’empêcher de vibrer, on étouffait le son.
Bien fait pour lui.

Plus prometteur, la chenille qui fait de la musique et qui clignote.

Déjà, une fois ouverte, elle a les pattes et l’antenne qui se cassent la figure et on se demande comment on va réussir à remonter tout ça. Enfin, je me demande.
(Ce fut assez coton, à vrai dire, d’arriver à placer toutes les pattes avant de refermer cette pauvre bestiole.)

En tout cas, elle est vraiment intéressante, cette chenille : on accède aux capteurs (sur lesquels Fiston est en train d’appuyer), on voit 3 ampoules qui s’allument et s’éteignent en rythme, des puces électroniques, des circuits imprimés, un interrupteur qu’on a également démonté…

Cette fois-ci, en revanche, c’est le haut-parleur qui fait de la résistance. Il est tenu par une languette jaune fixée avec 2 vis dont une a la tête bousillée : aucun tournevis ne parviendra à en venir à bout. Tant pis : avec les 2 précédents, Fiston a compris comment ça marche.
Ce qui ne l’empêche pas de vérifier quand même que le son provient bel et bien de cet endroit.

Au passage, je vous présente Bibi, petit chat (made in China, youpi) dont les pattes aimantées nous ont été bien utiles pour ne pas perdre les vis dans nos aventures…

Au programme la prochaine fois : vivisection du cheval qui hennit et fait cataclop-cataclop quand on appuie sur sa selle, ainsi que de l’une des voitures télécommandées de Fiston.

En attendant, le virus « Comment ça marche » a pris, et Fiston est en demande de tout démonter ou ouvrir : pas seulement les trucs à piles, pas seulement chez nous, pas seulement des jouets…

Quand les grenouilles auront des dents…

Par défaut

(Oui, je sais qu’elles en ont.)

Vous connaissez l’histoire de la grenouille plongée dans de l’eau que l’on chauffe ? Si on chauffe l’eau d’un seul coup, la grenouille saute et s’échappe. Si on chauffe tout doucement, la grenouille se rend compte du danger trop tard et finit ébouillantée.

C’est un peu ce qui m’est arrivé il y a 2 jours avec Fiston chez la stomatologue.

Vous vous rappelez peut-être, j’avais parlé dans mon projet de pages vertes des professionnels de santé (projet toujours d’actualité, mais je suis toujours coincée par le même problème) du formidable stomatologue que j’avais trouvé pour Fiston. Aka Dieu.
Eh bien depuis, malheureusement, Dieu est parti je ne sais où, et nous avons donc eu affaire à sa remplaçante.

Nous venions parce que Fiston a une dysplasie de l’émail et que la résine que Dieu lui avait posée sur les incisives pour en boucher les trous s’était fait la malle voilà déjà plus d’un mois (le temps d’obtenir un rendez-vous). D’où à nouveau quasi-impossibilité pour nous de lui brosser les dents en question, sans parler de la gencive qui s’était à nouveau inflammée.

La première fois, Fiston avait eu droit au masque avec le gaz hilarant. Tout s’était fort bien passé pour les autres dents, mais pour soigner les incisives, il n’était pas possible de laisser le masque en place, et il avait eu mal à la fin. Un peu aux dents, mais surtout aux gencives lorsque Dieu lui repoussait la lèvre pour dégager les dents. Il s’était débattu, j’avais aidé à le tenir en essayant de le rassurer tout en lui expliquant qu’il fallait qu’il ne bouge pas le temps que la résine durcisse (c’est rapide, mais quand même). Et Dieu nous avait dit que normalement il aurait dû polir la chose à la roulette mais que là il n’allait même pas essayer vu que Fiston pleurait encore parce qu’il avait mal aux gencives. Cela dit, le résultat était très présentable, facilement brossable, Fiston m’avait dit au bout de 2 jours « je n’ai plus mal à mes dents ! » avec un grand sourire.

Parfait, donc. Mais 6 semaines plus tard, au cours du brossage, la résine d’une des dents est partie, et sa voisine l’a imitée quelques jours plus tard.

Je savais que nous allions voir une remplaçante et non Dieu lui-même – à mon grand désarroi. Je savais que ça allait forcément être plus délicat puisque nous n’y allions pas d’abord pour une consultation mais directement pour une intervention. Je savais que c’était impossible d’utiliser le masque pour ces dents-là, et donc que Fiston allait avoir mal. Il le savait aussi. Il voulait demander qu’on lui retrousse la lèvre sans appuyer sur les gencives pour avoir moins mal, j’espérais que ça serait possible.
J’avais bien conscience aussi que Fiston allait être abonné à ce genre de soins, et à d’autres concernant sa bouche pour une bonne partie de son enfance et de son adolescence, et qu’il était d’autant plus important que ça se passe « bien ». J’étais donc là encore résolue à ne pas dire amen et à claquer la porte s’il le fallait.

Voilà, ça c’était ce qui était prévu.

Je ne sais pas si c’est parce que c’était un vendredi 13, mais tout est allé de travers très très vite.

Déjà parce que Fiston s’est réveillé 3h plus tôt que d’habitude, et ne s’est rendormi que 15 minutes avant que le réveil sonne. Lui comme moi étions sérieusement en manque de sommeil.

Ensuite, on aurait pu croire que ça allait s’arranger. Trajet jusqu’à l’hôpital sans histoires, même si Fiston m’a bien fait comprendre qu’il n’aimait pas y aller. Il a pu jouer dans la salle d’attente. Quand il m’a dit qu’il avait faim, j’ai commencé à grimacer intérieurement (il n’avait pas voulu petit-déjeuner, et le Fiston ne supporte pas très bien l’hypoglycémie). Il a bien compris qu’il pourrait manger après l’intervention et pas avant, mais s’il est entré sans protester lorsqu’on nous a appelés, il cachait quand même sa bouche derrière sa main.
Et là, la remplaçante, une personne jeune et jolie et sans doute charmante au demeurant, ne trouve rien de mieux à lui dire que « tu n’es pas très poli » parce qu’il n’a pas voulu bonjour. Ça commençait bien et j’aurais dû déjà réagir. Mais Fiston a eu l’air de s’en foutre tellement royalement, et surtout juste après il s’est mis à lui parler, à lui expliquer qu’il avait les dents cassées, que ça c’était son téléphone, que quand on lui tenait la lèvre comme ça il avait moins mal, qu’il avait 3 ans et demi mais qu’il n’allait pas à l’école… A priori le courant passait bien.

Bref, on explique le problème et on passe ensuite aux choses sérieuses. Fiston s’allonge sur le fauteuil, pas très à l’aise mais posant des questions, et la stomato commence à lui nettoyer les dents avec un coton-tige, doucement, en essayant de tenir la lèvre comme demandé. Sauf que ça fait mal, de nettoyer les dents abîmés, et Fiston commence à se tortiller un peu. Elle lui dit « Si tu as mal tu lèves la main et je m’arrête. » Fiston essaye de prendre sur lui, je le vois bien, donc il ne lève pas la main mais à la fin du nettoyage il a trop mal et se met à pleurer.

La suite devant être moins douloureuse, en tout cas pour les dents, on continue. La stomato lui montre les ustensiles, lui explique comment ça va se passer, et elle commence à mettre la résine, mais là ça ne va plus du tout. Elle me propose de m’allonger et de prendre Fiston sur moi pour le rassurer, ça ne marche pas tellement non plus, elle met la résine mais Fiston l’enlève avec sa langue et il faut tout recommencer. On lui met un peu le masque avec du gaz hilarant pour l’aider à se calmer, et quand ça va mieux, on reprend. La stomato finit par mettre la résine et la durcit avec sa lumière bleue, et moi qui ne vois plus rien vu que je suis sous Fiston je ne réalise pas à ce moment-là combien elle en met, j’imagine quelque chose dans le même genre que ce que Dieu avait fait, c’est-à-dire que même si on arrête là c’est gérable.

Mais en fait, non, elle a mis un énorme paquet de résine. Je n’exagère pas en disant qu’il y en a bien 15 à 20 fois plus que nécessaire pour reboucher le trou. On dirait que Fiston a un gros chewing-gum collé sur les dents, pour vous donner une idée du volume. Une fois le tout durci, c’est rugueux, informe, plein d’aspérités et de recoins, genre les cachettes idéales pour les bactéries en tout genre… Ça partait d’une bonne intention, je le sais bien : elle voulait faire en sorte que ça tienne plus longtemps cette fois-ci, mais maintenant il faut resculpter et polir tout ça à la roulette. Elle essaye de convaincre Fiston que c’est nécessaire qu’il ne bouge pas,  sinon on devra passer par une anesthésie générale, mais il a mal aux gencives et a trop peur, il se débat en m’agrippant et en hurlant « Maman ! protège-moi ! ». Moi j’ai juste entendu « anesthésie générale », j’ai le cerveau qui a court-circuité et je n’ai qu’une idée en tête : que Fiston se tienne tranquille pour qu’on puisse finir le boulot et nous tirer de là. J’ai vu ce qui recouvre ses dents, je n’imagine pas comment c’est possible qu’il reste comme ça ne serait-ce que quelques jours. Dans les 10 minutes suivantes, la stomato a dû parvenir à allumer 3 fois sa roulette et à polir un micro-bout de résine. Finalement, on laisse tomber, mais il y a eu de la part de la stomato et son assistante des « Je vais me fâcher », « Ça ne sert à rien de pleurer », « Si tu ne te calmes pas ta maman va sortir dans la salle d’attente », « Non, là je ne te fais pas mal, tu mens », le tout couronné par un magnifique « Eh bien, d’habitude j’ai des cadeaux pour les enfants sages mais toi tu n’as pas été sage donc tu n’auras rien » une fois qu’on a tout arrêté et que Fiston est redescendu de la chaise.

Alors oui, parfois je les ai remises à leur place. Le « ta maman va sortir » a été accueilli par un « certainement pas, je n’irai nulle part ». Le « tu n’as pas mal, tu mens » par un « il a mal aux gencives, ça ne passe pas en 2 secondes. » J’ai dû répondre à d’autres choses, je pense, mais je ne sais plus, ça s’est pas mal embrouillé dans ma tête. Le coup du cadeau pour les enfants sages, je sais que je n’ai rien dit, j’étais juste obsédée par l’idée de ce qui nous attendait. Et pendant ce temps-là, l’assistante me dit que le premier rendez-vous possible est pour dans 3 mois, qu’il faut qu’on prenne un rdv d’anesthésie, que Fiston restera une journée à l’hôpital, qu’il faudra une prise de sang une semaine avant, qu’il faudra que je signe tel papier, etc.
Pour un peu mieux comprendre ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là, sachez seulement que non seulement j’ai une phobie de tout ce qui ressemble à un dentiste mais en plus que le principe de l’anesthésie générale me terrifie. Jusque-là, j’ai toujours réussi à l’éviter et à négocier une anesthésie locale lorsque je devais passer sur le billard. Le fait d’être inconsciente, de perdre tout contrôle, tout en étant à la merci d’inconnus, c’est quelque chose de terrorisant à mes yeux. Et là je dois l’envisager pour mon fils, en sachant en plus qu’il y a toujours un risque lors d’une anesthésie. Que je ne connais pas le service en question, je ne sais pas si on peut l’accompagner jusqu’à ce qu’on l’endorme, si on peut être là quand il se réveille. Bref, je suis  tétanisée.

Je suis sortie de là abattue, et en colère contre tout le monde. Contre la stomato et son assistante, bien sûr, qui ne figureront pas dans les pages vertes si j’arrive à les faire exister un jour – même si je me doute bien qu’une bonne partie de ce qu’elles ont pu dire était dû à la panique. Contre moi, bien entendu. Un peu contre Fiston aussi. Fiston qui n’avait pas voulu se rendormir cette nuit, Fiston qui « m’obligeait » à lui prévoir une anesthésie générale, et Fiston qui, avant même de sortir et que ses larmes soient séchées, s’était remis à papoter, en demandant pourquoi la stomato n’était pas contente, s’il allait pouvoir jouer dans la petite maison qui se trouve dans le hall d’accueil de l’hôpital, bla bla bla. Je comprends, un peu, que nos interlocutrices aient pu penser que c’était de la comédie. Un peu seulement, parce que c’est un service spécialisé pour les enfants de 2 à 10 ans, et qu’il me semble qu’on pourrait attendre des gens qui y travaillent un peu plus d’expérience dans ce domaine. Un enfant de 3 ans qui a mal et / ou peur peut hurler et se débattre une minute, et la minute d’après (ou quasiment), s’il voit qu’il n’a plus de raison d’avoir peur (c’était le cas puisqu’il était descendu de la chaise) et qu’il n’a plus mal (la douleur aux gencives est passée en quelques minutes), se montrer tout à fait joyeux. Ça n’en fait pas un menteur.

L’après-midi, j’étais au 36e dessous. Naë m’a écoutée, ça m’a fait du bien. La pharmacienne chez qui j’ai été acheter le bain de bouche et le gel prescrits par la stomato m’a également réconfortée sans vraiment s’en rendre compte. Fiston, lui, était en pleine forme et comme d’habitude – heureusement, la résine ne lui fait pas mal à la lèvre. Le Barbu m’a quand même trouvée dans un triste état le soir en rentrant.

J’ai très mal dormi cette nuit-là. Certaines choses se sont précisées au fur et à mesure que la nuit s’écoulait et je n’en reviens toujours pas. Ce qu’elles ont dit, ce qu’elles ont fait, ce que j’ai fait, laissé faire ou dire… Et c’est là que j’ai compris que je m’étais retrouvée comme la grenouille dans l’eau qui chauffe tout doucement. Prise dans un engrenage. Ignorant certaines choses dans le feu de l’action, en venant à penser que la fin (ne pas avoir 3kg de résine sur 2 dents, pouvoir les brosser facilement et surtout éviter une anesthésie générale) justifiait les moyens (tenir Fiston, tenter de le raisonner alors qu’il m’appelait à l’aide, ne pas l’écouter lui), et préférant me focaliser, même de façon idiote ou maladroite, sur Fiston qui hurlait en essayant de se réfugier dans mes bras plutôt que de me prendre le bec avec celles qui le traitaient de menteur tout en regardant leur montre.
J’ai réalisé que Fiston n’était en rien fautif, qu’il n’avait fait que réagir sainement en se défendant devant des adultes qui exigeaient bien trop de lui pour rattraper leurs erreurs de jugement. Que c’était la stomato qui avait merdé en évaluant mal la situation et en lui collant autant de résine sur les dents. Quand elle essayait de faire tenir Fiston tranquille, elle lui disait que ce serait fini dans 10 minutes s’il ne bougeait plus. 10 minutes de roulette pour un gamin de 3 ans déjà terrorisé et qui a mal ?  Que moi j’avais merdé en me laissant entraîner. Mais pas lui.
J’ai réalisé aussi que Dieu, lui, aurait arrêté bien avant.
Je me suis dit aussi qu’on aurait pu se servir d’un gel anesthésiant pour les gencives de Fiston, pour qu’il n’ait pas mal. Pourquoi la stomato n’y a-t-elle pas pensé alors qu’elle m’en a prescrit un ensuite pour pouvoir mieux lui brosser les dents ?
Je me suis dit que moi-même j’aurais pu le préparer mieux avant, pas seulement en le prévenant de ce qui allait se passer mais aussi en lui donnant de l’homéopathie, des fleurs de Bach, que sais-je, pour l’aider à ne pas avoir peur le jour J. Que je me suis arrêtée au fait que ça allait forcément faire mal vu qu’on ne pourrait pas utiliser le masque, et que je n’ai pas cherché plus loin.
J’aurais pu aussi commencer par une consultation et non directement une intervention, tant pis si ça agravait un peu l’état de ses dents à cause du délai supplémentaire, et peut-être que j’aurais eu un feeling suffisamment mitigé au cours de la consultation pour ne pas donner suite avec ce médecin.

Bref, ce matin j’ai demandé à pardon à Fiston de ne pas avoir su le protéger, de ne pas l’avoir écouté. Je lui ai promis qu’on ne retournerait jamais voir ce médecin (il a répondu « d’accord », comme c’est bizarre). Je ne sais pas encore si on passera par l’anesthésie générale ou si je vais trouver une autre solution : j’ai 3 mois pour chercher, et j’espère bien être un peu plus à la hauteur la prochaine fois.

Le mot de la fin revient à Fiston. Vendredi soir, quand on reparlait des évènements de la matinée, je lui ai demandé s’il pensait que j’avais bien rempli mon rôle de maman. Réponse, sans rancune mais sans appel non plus : « Non. »
Effectivement.

Content, pas content ?

Par défaut

En ce moment Fiston est dans une phase d’expérimentation. Sur nous en particulier, mais aussi les autres, animaux compris. On dirait qu’il s’est lancé dans un recensement exhaustif de ce qui rend content ou pas content, ce qui rend triste ou heureux, ce qui fait mal ou pas. Et parfois, comment dire… c’est un peu fatigant, surtout la partie pas content / triste / fait mal. Bon, c’est pas 24H/24 non plus, hein ! Mais en général, tous les jours on a droit à notre petite demi-heure de test…

Quelques exemples :

Fiston arrive devant le Barbu ou moi, et au choix :

  1. commence à nous caresser la joue en disant : « Ça fait pas mal ? Ça chatouille ? Tu es content(e), là ? »
  2. nous met les doigts dans les oreilles ou tire sur nos vêtements (2 exemples parmi d’autres) en disant : « Ça fait mal ? C’est pas agréable ? Tu n’es pas content(e) ? »

Même chose avec les chats, il va aller voir Petite Puce et :

  1. la caresser tout doucement ou lui donner à manger en disant : « Elle est contente, là ? Ça fait pas mal ? »
  2. pousser un grand cri jusqu’à ce qu’elle se sauve, et dire : « Elle est pas contente ? Elle a eu peur ? »

Curieusement, même si on comprend bien la démarche, les cas n°2 sont beaucoup plus difficiles à gérer de façon zen que les n°1. ^^

Autres exemples, il revient de la cuisine en me demandant : « Tu n’es pas contente, maman ? », auquel cas je sais qu’il a fait une connerie, style renverser les croquettes des chats. Qu’il ramassera ensuite sans difficultés, d’ailleurs, c’était juste pour savoir.
À côté de ça, si quelqu’un a mal ou est triste, il va lui faire un bisou en demandant ensuite « Ça va mieux ? Tu n’as plus mal ? / Ça t’a consolé ? »

Ce qui nous montre bien qu’il est dans une phase d’expérimentations, c’est qu’il fait tout et son contraire avec le même air intéressé, genre petit savant.
On s’attendrait presque à le voir avec une blouse blanche, un petit calepin et cherchant à nous coller sur la tête un casque hérissé d’électrodes.

Je suis en train de cogiter pour lui fabriquer un jeu permettant de tester ses hypothèses et d’enrichir ses connaissances de façon un peu moins éprouvante pour nos nerfs… ^^

C’est pas grave, maman !

Par défaut

J’ai toute une collection de petits animaux en porcelaine, résine ou étain, collection remontant à quand j’étais gamine, et que mes parents m’avaient plus ou moins forcée à reprendre il y a quelques années. J’en suis maintenant ravie car Fiston les adore, ces petits animaux. Ils font également fureur auprès de ses petits copains et copines. De temps en temps, l’un d’entre eux tombe et se casse. Parfois on arrive à recoller, parfois non, mais les accidents restent rares.

Il y a 2 ou 3 mois, j’ai malencontreusement fait tomber la boîte. Cling !
Arg.
J’ouvre pour constater les dégâts. La plupart des animaux sont sains et saufs, mais il y en a une petite dizaine de cassés, parfois en 5 ou 6 morceaux. Je suis assez énervée après moi-même, à vrai dire, et Fiston n’est pas content non plus.

À genoux à côté de moi, il répète « J’en ai vraiment marre ! », sans crier, mais sur un ton qui montre bien qu’il en a gros sur la patate. « Cette fois, j’en ai vraiment marre ! J’en ai vraiment marre ! C’est pas rigolo ! »
Je suis bien d’accord et ça doit se voir, car Fiston se tourne vers moi : « Et toi, maman, tu n’es pas contente ? »
Non, pas contente du tout.
« Mais tu parles doucement quand même ? » me demande un Fiston toujours énervé mais intrigué. Il est vrai qu’en général, quand je ne suis pas contente, je l’exprime avec véhémence.
Oui, je n’ai pas envie de te faire peur ou de gêner papa en criant, je suis juste en colère après moi et contrariée que plein d’animaux soient cassés. Je suis désolée d’avoir fait tomber la boîte.
« Moi c’est pareil, j’en ai vraiment marre, mais je parle doucement aussi. »
Et il balance sur les animaux le vieux papier essuie-tout qui leur servait d’emballage. « J’en ai marre alors je lance des trucs, mais c’est tout doux alors ça les abîme pas, maman. Tu es d’accord ? »

Quelques minutes plus tard, me voyant armée du tube de colle et de plus en plus contrariée vu que je n’arrive pas à recoller certaines pattes (j’ai beau tenir les 2 morceaux ensemble pendant une éternité, ça ne tient pas), Fiston redemande :
« Tu n’es toujours pas contente, maman ? »
Non, mon chéri. Je n’arrive pas à recoller ce que je veux. Et toi, tu en as toujours marre ?
« Moi ça va, maintenant, je suis content. C’est pas grave, maman. »
Puis il va prendre un petit cheval en étain, intact, et vient me faire un bisou tout doux.
« Ce petit cheval, c’est moi qui l’ai acheté et il est pas cassé, il est très solide. Regarde, maman, je l’ai acheté pour toi, c’est un cadeau pour te consoler ! »