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Le 10 14

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Mafia kids

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L’emménagement dans notre nouveau lieu de vie est pour bientôt ! 😀

Fiston et Loulou passent déjà beaucoup de temps ensemble.

La plupart du temps, ils jouent, jardinent, discutent…
Parfois, ils se disputent.

Et de temps en temps…

mafia_kids

Ça promet… ^^

Comment l’IEF – 8. D, é : Dé ; c, l, i, c : clic ; Déclic !

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Un billet bref, histoire de ne pas laisser passer avril sans rien écrire sur ce blog, déjà, mais aussi pour signaler le grand évènement de ces derniers jours : Fiston commence à lire (et il en est très fier) ! 🙂

Le Barbu et moi n’avons rien vu venir.
Il faut dire que ces temps-ci, nous sommes très occupés. Le projet de maison se terminant enfin, nous sommes dans les peintures, la pose des sols, le jardinage. Les journées sont longues et chargées, les nuits sont courtes (mais ça fait du bien d’en être enfin là).
Du coup, Fiston passe en moyenne 3 jours par semaine chez mes parents. Le reste du temps, il nous aide, il joue avec Loulou ou d’autres copains/copines, il jardine, il dessine et écrit à côté de nous, il chantonne et sautille, il profite du soleil quand il y en a, et surtout il s’occupe beaucoup beaucoup tout seul – ce qui nous aide bien et nous permet d’avancer vite, mais heureusement qu’il trouve l’attention dont il a besoin chez mes parents en ce moment.

Lors de son avant-dernier séjour chez eux, il y a 15 14 jours, ma mère m’annonce au téléphone que Fiston commence à lire quelques mots. Il savait déjà reconnaître et écrire « papa », « maman », son nom, son prénom et 2 ou 3 autres mots depuis longtemps – peut-être 2 ans – mais il n’avait jusque-là jamais pu établir le lien entre telle association de lettres et tel son.
Du coup, lorsque ma mère m’annonce la grande nouvelle, je suis étonnée mais aussi sceptique, et pour tout dire légèrement ennuyée. De ce que je comprends de la situation (de ce que j’imagine), elle est en train de me dire que Fiston reconnaît des nouveaux mots, mais ne les déchiffre pas. Éternel combat méthode globale vs méthode syllabique. Et pour ma part, je suis une partisane de la lecture syllabique, déchiffrage à la clef.
Bref, embêtée je suis. D’un autre côté, j’ai appris depuis longtemps à faire confiance à Fiston dans ses apprentissages et à remettre en cause certaines certitudes, et aussi qu’une méthode peut ne pas convenir à la majorité des enfants, mais très bien à quelques-uns. Je prends donc la résolution de ne pas intervenir si la démarche vient de lui. Je veux juste vérifier que sa grand-mère n’est pas en train de précipiter les choses. Parce que, comme je le disais plus haut, je suis étonnée : je ne m’y attendais pas si tôt. Il est de notoriété publique (enfin, à l’échelle de la communauté nonsco ^^) que la majorité des enfants, lorsqu’on pratique l’apprentissage informel, apprendra à lire bien plus tard que ce qui est demandé dans l’Éducation Nationale : 2 ou 3 ans plus tard en moyenne. Et comme Fiston jusque-là ne manifestait pas la moindre inclination pour la lecture – écrire, que ce soit sous la dictée ou des suites de lettres plus ou moins aléatoires, suffisait à son bonheur -, je n’étais pas préparée à ce qu’il l’aborde maintenant.

À la fin des 3 jours, le Barbu et moi allons rechercher Fiston. Et là, c’est un vrai festival : Fiston nous raconte et nous montre tout ce qu’il sait faire, mes parents aussi, on ne peut plus en placer une. ^^
La demande vient de lui, et il déchiffre bel et bien. Des mots simples, évidemment, avec de l’aide pour le moment – B et O ça fait ? « BO », B et I ça fait ? « BI, BOBI ! » – qui lui permettent quand même de lire des phrases complètes au final, comme « Fiston va à Paris avec papa, maman et Bobi ».

On revient chez nous tout électrisés et, une fois arrivés, le temps de décharger la voiture, on retrouve Fiston sur le canapé, plongé dans le dictionnaire.
Le  soir, dans son lit, quand je lui lis une histoire, il en déchiffre quelques mots et il adore ça. Moi aussi.

Tous les enfants passent par là un jour ou l’autre. Je ne sais pas si cela fait le même effet à tous les parents mais personnellement, être témoin de cette (soudaine) étape, voir Fiston aborder ce monde merveilleux de la lecture, cela m’a rendue et me rend encore toute chose.
Très, très euphorique. 🙂

faire_gaffe

Vrai-semblant

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ou l’histoire du petit tracteur rouge qui était vivant.

Connaissez-vous Le Petit Tracteur rouge ? Little Red Tractor, en anglais. Il s’agit d’une série de petits films d’animation (10 minutes par épisode) mettant en scène, ô surprise, un petit tracteur rouge et la flopée de personnages qui l’entourent.

little_red_tractor

C’est très bien foutu, drôle, j’adore l’accent des persos dans la VO mais le doublage français est tout à fait correct également, et l’ambiance globale est vraiment sympathique : une petite communauté rurale où les gens s’entraident volontiers, sans manichéisme outrancier ; Mr Jones est une sorte de Gaston Lagaffe en gros tracteur bleu, un peu imbu de lui-même mais avec un bon fond ; et si Stan, l’heureux propriétaire du petit tracteur rouge, a parfois des allures de Tintin, il est quand même bien moins fade que ce dernier.
Bref, c’est une chouette série que Fiston aime beaucoup, aussi bien en VO (chez nous) qu’en VF (chez les amis qui nous l’ont fait découvrir).

Il se trouve que quelques semaines après la découverte de cette série, un évènement encore inexpliqué à ce jour a eu lieu chez nous. Fiston était déjà possesseur d’un petit tracteur vert à cheminée rouge, doté d’un moteur à friction bien fatigué. Et ce jour-là, dans la caisse des jouets qui roulent, Fiston en découvre un deuxième, rigoureusement identique mis à part que son moteur est bien plus en forme.
Cri de joie : « C’est un petit tracteur rouge ! »
(merci la cheminée ^^)

Comme je ne comprends pas plus que lui d’où vient ce petit tracteur vert rouge, Fiston invente une explication dans la foulée : il vient du Japon (on venait d’envoyer une première lettre à la maison d’Asako), il est venu tout seul jusque chez nous parce que la cabane dans laquelle il habitait venait de s’écrouler.
Bien, bien.

Après plusieurs jours d’enquête auprès de nos amis et de la famille, personne ne sachant à qui est ce tracteur, nous l’adoptons officiellement. Fiston lui invente une fausse main qui tourne une manivelle pour le faire avancer tout seul, il affirme que c’est un dinosaure toujours vivant qui l’a fabriqué le jour où la première maman est née, puis, au bout de quelques semaines, le petit tracteur rouge est déclaré vivant.
Et pas que.
C’était bien la peine de ne pas faire avaler à Fiston le bobard du Père Noël, car le Petit Tracteur Rouge est plus fort que l’égérie de Coca-Cola et Dieu le Père réunis.
Il voit tout, il sait tout, il entend tout, il sait voler, il passe son temps à fabriquer des choses pour tout le monde en général et Fiston en particulier, et même que c’est lui qui a créé l’univers, les gens, les maisons, les routes et tout ça.

Après quelques jours où cette imagination débordante m’amuse plus qu’autre chose, comme je vois que Fiston se crée une mythologie de + en + élaborée en ayant réponse à tout, je commence à me poser des questions.
Le Petit Tracteur Rouge va-t-il concurrencer le Spaghetti Volant ?
Est-ce que Fiston y croit vraiment ?
Si oui, est-ce un problème ?
J’ai toujours pensé que les enfants n’étaient pas dupes ; de la pédagogie Montessori j’ai retenu l’idée qu’ils sont avides de réel et que le rôle des adultes n’est certainement pas de leur faire gober des salades mais bien au contraire d’être les garants de la réalité, même si je ne diabolise pas pour autant l’imaginaire comme le fait – à mon sens – cette philosophie. Par contre je précise toujours, quand on lit une histoire ou regarde un film avec des animaux qui parlent ou autre trucs bizarres, qu’il s’agit de personnages imaginaires, inventés, qui n’existent pas. Ce qui ne gâche en rien le plaisir de rêver.

Après tout, moi quand j’étais gamine, j’avais un cheval en peluche que j’adorais et je nous inventais des histoires dignes de Lucky Luke et Jolly Jumper à longueur de journée. Dans mes histoires il était vivant, et même si intellectuellement je savais bien qu’il s’agissait d’un objet inanimé, la frontière à son égard entre vivant-pas vivant a toujours été assez floue. Même à l’heure actuelle, je ne supporte pas de voir ce cheval – toujours là, toujours en bon état même si un peu pelé, 35 ans au compteur quand même – dans une position non « physiologique », par exemple avec une patte – oui, je sais qu’on est censé dire « jambe » mais j’ai toujours trouvé ça débile et je dis ce que je veux – pliée dans le mauvais sens : ça me fait mal, presque comme si je voyais un animal vivant avec une patte cassée.
Suis-je tarée pour autant ? (qui a dit « oui » ?)
Est-ce grave d’éprouver encore, à bientôt 40 ans, des sentiments pour une peluche ?
Est-ce que je viens de perdre tous mes lecteurs à cause de ce paragraphe ? (Mais qui dit « oui » tout le temps, bon sang ? ^^)

Revenons à Fiston et son tracteur. Mon vrai problème, en fait, c’est qu’il essaye de m’entraîner dans ses délires. Autant je veux bien jouer, autant je ne veux pas qu’il puisse penser que je crois vraiment son petit tracteur rouge vivant. Mais préciser toutes les 10 minutes que « tu sais, moi je ne crois pas à cette histoire », ça va vite me soûler.
Comme souvent, je choisis la solution la plus simple : j’en discute avec lui. Je lui dis que que pour de vrai, son idole du moment n’est pas vivante, mais que je veux bien faire semblant avec lui s’il le veut.
Fiston le veut. « Oui, maman, oui ! », avec un grand sourire.
Du moment que tout est clair entre nous… Allons-y.

Je fais donc semblant.
Beaucoup.
Abondamment semblant, car désormais, Fiston commence une bonne partie de ses phrases par « mon petit tracteur rouge ». Aux gens que nous croisons, il raconte « Tu sais, mon petit tracteur rouge, il est vivant et il m’a fabriqué ceci ou cela ». Les gens ne pigent pas tout, en général, surtout quand Fiston leur brandit ledit tracteur rouge devant le nez (je rappelle qu’à part sa minuscule cheminée, ce tracteur est essentiellement vert), mais cela ne le perturbe pas.

Mais ce que je trouve assez remarquable – et rassurant, quelque part – dans cette histoire, c’est que si depuis maintenant plusieurs mois Fiston est de plus en plus à fond là-dedans, en même temps, il me donne régulièrement des preuves qu’il garde bien les pieds sur terre.
Par exemple, lorsqu’il me demande quelque chose à propos de son tracteur, je lui demande parfois s’il veut la vraie réponse ou la réponse pour faire semblant. En général il demande la deuxième, et parfois ensuite la première, histoire de comparer.
Ces dernières semaines, quand il m’informe que dans la nuit son petit tracteur rouge lui a fabriqué tel jouet parce que celui d’avant était cassé et que je rétorque finement « ah bon ? », il enchaîne en général par un « tu fais semblant, là, hein ? », ce à quoi je réponds par l’affirmative. Tout aussi régulièrement, il me demande si je ne fais pas semblant de croire à telle ou telle chose.
Et il ne se trompe jamais, notez bien. ^^
Parfois même, et c’est tout récent, il avoue à demi-mot qu’il fait semblant lui-même. Par exemple, quand il me dit « mais si un jour tu voyais que mon petit tracteur rouge était vraiment vivant, tu serais bien étonnée, hein, et tu ne ferais plus semblant d’y croire ? » et que je confirme, il lui arrive de me confier tout bas : « moi aussi je serais bien étonné ».

Ces jours-ci il est passé à la vitesse supérieure, et ça devient franchement fendard.

vrai_semblant

Je suis contente de ne pas avoir fait semblant de lui faire confiance. ^^

Le sommeil, l’éternelle question – 3

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Pour lire l’épisode 1, c’est ; le 2 est ici.

Fiston a donc maintenant 2 ans : il a un nouveau lit dans lequel il dort toute la nuit sans se réveiller, c’est formidable.

Évidemment, ça ne dure pas. Quelques semaines plus tard, on repart sur les réveils la nuit. Par contre, il accepte de s’endormir à nouveau seul pour la sieste, ce qui me permet de souffler un peu.

Les mois filent. 2 ans et demi.
Fiston se réveille toujours assez régulièrement la nuit. On en a eu marre de passer du temps à le rendormir, puis à tenter une sortie discrète qui le réveillait une fois sur deux : maintenant, celui qui se lève finit la nuit avec lui.
Et puis finalement, comme on en a marre aussi d’être réveillé et de devoir crapahuter dans le froid (c’est l’hiver et la maison n’est pas hyper bien chauffée) pour aller le rejoindre, on se couche directement avec lui. C’est moi qui m’y colle en semaine (le Barbu se levant très tôt), et le w-e ou pendant les vacances, on alterne.
Donc concrètement, on endort Fiston, on sort de sa chambre, puis au moment de se coucher, y en a un qui va dormir avec lui. Il y a beaucoup moins de réveils comme ça, et de toute façon, globalement, tout le monde est moins crevé.

On arrête de se prendre la tête sur l’âge hypothétique auquel il voudra bien redormir seul. Ça n’est pas l’important.
L’important, en tout cas à mon avis, c’est que Fiston s’est contenté de ce que nous pouvions lui donner à sa naissance ; mais au fur et à mesure que nous progressions en tant que parents et étions enfin capables de lui donner plus, il a demandé plus. Son envie de dormir avec nous, c’est pas pour nous casser les pieds, c’est un besoin qu’il s’est résigné à mettre de côté pendant longtemps. Il sait parfaitement dormir seul, je le sais bien – il le fait toujours sans problème chez ses grands-parents, d’ailleurs. Mais chez nous, il rattrape ce qu’il n’a pas eu les 2 premières années de sa vie.
Mieux vaut tard que jamais.

Les mois filent toujours. 3 ans. 3 ans et demi. 4 ans. 4 ans et 3 mois.
On dort toujours avec Fiston. Il a quand même fallu que Naë me dise « Ben vous faites du cododo, en fait, maintenant » pour que je m’en rende compte (je suis vachement fûtée, parfois).
En revanche, il veut bien s’endormir tout seul maintenant. La plupart du temps. Parfois il redemande à ce qu’on l’endorme (surtout quand c’est son père qui le couche), et puis au bout de quelques jours ou quelques semaines, rassuré (?), il s’endort à nouveau seul.

On ne se prend toujours pas la tête, par contre maintenant cette situation me pose un problème.
Le sommeil de Fiston est devenu vraiment bon. Depuis ses 4 ans et peut-être même un peu avant, il ne se réveille plus du tout la nuit. Du moins tant qu’on ne vient pas se coucher avec lui.
Même si on ne se couche pas avant 4h ou 5h du matin, il ne se réveille plus – ou ne nous appelle plus, en tout cas.
Je n’ai guère de doutes sur le fait que si on le laissait dormir tout seul, il dormirait d’une traite jusqu’au matin. Par contre, entre l’escalier qui craque, la porte et le parquet qui grincent, le fait qu’on retrouve parfois Fiston en travers du lit au moment de s’y glisser et je ne parle pas des fois où j’étais à côté de mes pompes du matelas et me suis pris une poutre en pleine tête, eh bien il est fréquent que notre arrivée le réveille, même à moitié.
Je trouve ça franchement dommage, mais lui s’en fiche.

fiston_meme_adulte

Bon, bon. ^^

Arrive le mois d’octobre. Comme tous les ans, je vais me rendre 3 jours à un festival du livre, dans le sud de la France (youpi !). Comme tous les ans, Fiston passera une partie des 3 jours chez mes parents.
Mais une semaine avant, il chope une bonne crève qu’il refile illico à son père. J’ai beau avoir une immunité bien reboostée depuis que je suis végé, je préfère mettre toutes les chances de mon côté. Un salon du livre qui dure 3 jours – sans oublier les 2x7h de train – c’est déjà fatigant ; alors quand on est malade, je ne vous raconte pas.
Je propose donc à Fiston de dormir sur le clic-clac de sa chambre jusqu’à mon départ pour moins risquer d’attraper son rhume tout en étant avec lui.
Il me répond « Non, tu vas en bas. »

o_O <– ça, c’est ma tête.
Je vérifie que j’ai bien compris. Oui, je suis censée dormir en bas.
Bon, sauf qu’en bas y a le Barbu qui est lui aussi malade. Et puis je me connais, sachant Fiston enrhumé, je tendrai l’oreille de peur de ne pas l’entendre s’il se réveille en toussant ou en ayant besoin de qq chose, donc je ne dormirai pas ou mal.
Je propose donc à Fiston de dormir dans la chambre d’amis, à côté de la sienne.
Deal.
J’entends Fiston tousser de temps en temps, mais la nuit se passe bien ; au matin, il est en pleine forme.

Le reste de la semaine, même topo.
Je reviens de salon, je demande (en me traitant intérieurement de gourde) à Fiston où il veut que je dorme cette nuit. Il me dit « en bas ».
Bon. Je ne lui redemanderai plus (j’ai repris goût à dormir dans mon lit toutes les nuits, héhé) tout en gardant à l’esprit que rien n’est définitivement acquis. Mais depuis bientôt 4 mois que ça dure, Fiston dort comme un loir.

On a trouvé un nouveau rythme qui nous convient à tous : Fiston se couche entre 21h30 et 23h en temps normal, dort toute la nuit et se réveille avant nous (le w-e) ou moi (en semaine). Il sait qu’il ne doit pas nous réveiller avant 9h (on est des couche-tard-lève-tard) sauf si besoin particulier ou urgent, donc il va regarder l’heure. S’il est trop tôt, il joue, il lit, il cause avec les chats, il mange s’il a faim : il vit sa vie. S’il est 9h ou plus tard, il vient nous réveiller en marmonnant l’heure pour ne pas l’oublier : « coucou, alors il est 0 9 deux petits points 3 7 ! » – ça c’était surtout au début, lorsqu’il ne savait pas tellement lire une heure digitale -, ou « coucou, il est 10 h 13 ! » – ça c’est maintenant et dans cet exemple on a du bol, 1h13 de rab ^^.
Parfois je réclame un délai supplémentaire, qu’en général il m’accorde volontiers. Parfois, mais c’est de plus en plus rare, il vient avant 9h.
Quand j’ai vraiment du mal à me réveiller, je lui demande s’il veut venir faire un câlin en attendant. Il refuse presque toujours.

fiston_occupe

Les exceptions, car il y en a :

  • Il y a eu en tout 3 ou 4 réveils nocturnes pour cause de peluche perdue : dans ce cas je monte, je trouve la peluche, je la redonne à Fiston qui se rallonge aussitôt, je lui demande si ça va aller, il me dit « oui » et je redescends tranquillement. Le lendemain, il ne se souvient de rien.
  • Nous cododotons encore un peu. De temps en temps Fiston demande à ce que moi ou son père dormions avec lui. Ce n’est pas toujours possible la nuit demandée (lever tôt, pas en forme, pas envie…), dans ce cas on en propose une autre. Je dirais qu’en moyenne on passe 2 à 3 nuits par mois avec lui. Il adore ça. Le matin, il réclame ma main et se rendort en la tenant. Et au lieu de se lever dès son réveil définitif, il reste à me regarder en souriant, en chuchotant parfois « là je vais voir l’heure mais ensuite je reviens me rallonger avec toi, maman, d’accord ? Tu laisses ta main là ? » 😀
    (Ouais, j’adore aussi :D)

Voilà qui conclut (a priori) cette série sur le sommeil de Fiston.
À noter que pour sa future chambre, Fiston a jeté son dévolu sur un lit mezzanine avec toboggan – soit un lit de 90 de large seulement, contre 140 actuellement. Je lui ai fait remarquer que, si on lui prenait ce lit, nous ne pourrions plus dormir avec lui, faute de place.

Il a eu l’air de s’en ficher pas mal.

Toboggan : 1 / Parents : 0. 😉

Comment l’IEF – 7. Leave them kids alone

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jeu_2Aujourd’hui, Fiston a inventé un jeu multifacettes.

Il a ressorti une boîte de cubes que Naë lui avait offerte il y a longtemps, contenant 27 cubes en bois, chacun portant sur ses 6 faces des lettres, des chiffres ou des dessins.

Jusque-là, quand Fiston jouait avec les cubes, c’était pour construire des tours ou des maisons.

Ce matin midi, quand je me suis levée, il avait commencé à colorier certains dessins pour faire plus joli.

jeu_1

Puis il a eu envie qu’on joue ensemble à un nouveau jeu dont il a inventé les règles dans la foulée.

Voici donc comment on joue au « Rigolo du monde » – c’est le nom qu’il lui a donné :

On choisit un cube, rebaptisé « dé » pour l’occasion, et on le lance chacun son tour.
Si on tire une lettre, on doit trouver – ou inventer, ça marche aussi – un mot commençant par cette lettre.
Si on tire le chiffre x, on doit frapper dans ses mains x fois.
Si on tire un dessin d’animal, il faut imiter son cri et/ou sa façon de se déplacer.
Si on tire un objet, eh bien on demande à Fiston ce qu’il faut faire et il nous trouve quelque chose. ^^

Par exemple, si on tombe sur un dessin de cerises, on fait semblant de les manger. Sur une fleur, on fait semblant de l’offrir à l’autre. Sur un hélicoptère, on imite son bruit. Sur une télé, on dit que c’est un ordinateur portable qu’on fait mine d’ouvrir et de refermer. Sur des lunettes, on va chercher les anciennes lunettes du Barbu, « celles pour voir flou », comme les appelle Fiston, et on regarde à travers 1 seconde. Si on tire le bateau, on le fait naviguer en disant « cuicuicui » – cherchez pas, j’ai pas compris le rapport non plus.

Quand on en a marre, on change de dé. Il s’agit donc d’un jeu multijoueurs à 27 dés, dont les règles sont aux cinq sixièmes fixes et, pour le sixième restant, aléatoires.
Provençal le Gaulois apprécierait sûrement. ^^

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On y a joué une bonne heure aujourd’hui.

Le « zéro » a eu beaucoup de succès. Fiston a beau le connaître et le comprendre depuis longtemps, quand l’un de nous tirait le zéro et devait donc frapper « zéro fois » dans ses mains, cela déclenchait chez lui un gros fou rire. À noter que lorsque c’était son tour, il ne pouvait s’empêcher d’amorcer le geste mais s’arrêtait avant que ses mains se touchent en disant : « Ça y est, zéro fois ! »

Et je ne m’y attendais pas du tout, mais plusieurs fois Fiston a trouvé tout seul et du premier coup des mots commençant par la lettre qu’il avait tirée – jusqu’à maintenant ça n’avait pas du tout fait tilt, le fait que tel mot commence par tel son.

Par exemple, après avoir inventé plusieurs mots commençant réellement par le son « i », il a de nouveau tiré un « I » et m’a dit : « iiiii… mmeuble ! »
Pour le « P », après avoir casé « ppp… papa », il m’a sorti : « ppp…pelleteuse ! »

Il s’est trompé parfois, surtout quand il faisait l’andouille ou sur la fin, quand il commençait à avoir l’estomac dans les talons, mais beaucoup moins que d’habitude et j’ai eu l’impression qu’un déclic commençait à se faire dans sa tête.
On verra si ça se confirme prochainement.
Ou dans plusieurs mois, ou dans un an, ou plus tard encore : une notion peut mettre très longtemps à se décanter quand on ne cherche pas à coller à un programme arbitraire.

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais il y a un peu plus d’un an, dans le premier billet de la série « Comment l’IEF », j’avais indiqué que Fiston commençait à aborder de son propre chef la multiplication. Eh bien, en fait, il ne m’en a plus jamais parlé pendant une bonne année. C’est seulement en novembre dernier qu’il a recommencé à s’y intéresser – ou en tout cas à le montrer.

Je me suis fait avoir en beauté la première fois. ^^

2x7

Depuis, Fiston manie régulièrement la multiplication en général et beaucoup la table de 2 en particulier. Pour l’instant, ça a l’air bien (re)parti, mais s’il l’oublie à nouveau pendant 1 an, je ne m’en inquiéterai pas.

Les apprentissages (qu’on soit enfant ou adulte) sont rarement réguliers. Il y a des paliers, il y a des régressions, il y a des bonds en avant et des progrès insensibles. La plupart des parents et des professionnels l’admettent lorsqu’il s’agit des acquisitions des premières années (notamment la marche, la parole et la continence), mais quasiment tout le monde l’oublie dès que l’enfant arrive à l’âge dit scolaire.

Pourtant, qu’on ait 1, 3 ou 30 ans, nous ne sommes pas des machines. Nous sommes des êtres vivants, et la vie par essence est changeante et malicieuse. Elle passe par des phases d’éveil et de sommeil, elle alterne entre effort et réconfort, activité et paresse, faim et satiété, sans compter qu’elle offre parfois des visages bien trompeurs.

C’est lorsqu’il dort profondément que l’enfant grandit le plus ; c’est parfois lorsqu’il se tait qu’il intègre une notion.
En silence, en profondeur.
En privé.

De même que je n’irais pas réveiller Fiston au beau milieu de la nuit pour le mesurer, je n’ai – de mon point de vue – pas à interférer dans ses apprentissages.
Mon boulot : lui faire confiance, être là « au caillou » (merci à Loulou pour l’expression :)) et… le laisser tranquille.

Comment l’IEF – 6. Mais comment vous lui avez appris à écrire ?

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Hier matin je suis allée chez l’ostéopathe, pour moi, accompagnée d’un Fiston qui avait promis de rester tranquille et de ne pas passer l’heure à me chatouiller comme la fois précédente. ^^

Il a tenu parole : il a beaucoup parlé avec l’ostéo (qu’il connaît depuis toujours), a monté et descendu la table quand elle le lui demandait, il a colorié, dessiné, fait des grimaces à la Charlot (son idole du moment) et regardé par la fenêtre les gendarmes qui passaient à cheval.
Quant à moi, je me suis super bien détendue, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est qu’après avoir fini un coloriage, Fiston l’a donné à l’ostéo, puis lui a repris aussitôt en disant qu’il avait l’habitude de mettre son prénom et son nom de famille sur les dessins, mais aussi le prénom des gens à qui il les offrait.

Il lui a donc demandé d’épeler son prénom, l’a écrit au-dessus du coloriage, puis a « signé » comme d’habitude. Et l’ostéo de s’extasier sur son écriture, tant sur la forme des lettres que la vitesse à laquelle il avait écrit.
Elle sait qu’il n’est pas scolarisé : c’est d’ailleurs une des rares personnes avec qui je peux en parler tranquillement, car si elle a mis son propre enfant (âgé de bientôt 6 ans à présent) à la Maternelle, c’était seulement parce qu’il en avait envie. Elle n’aurait eu aucun problème à ne pas le scolariser aussi tôt, elle-même n’étant entrée à l’école qu’à 5 ans. Bref, c’est donc un sujet de non-débat entre nous, le fait que les enfants apprennent très bien sans école ; toujours est-il qu’elle était étonnée par l’écriture de Fiston vu son âge (4,5 ans).

Elle m’a demandé : « Mais comment vous lui avez appris à écrire ? »
La question m’a surprise. J’ai répondu machinalement : « Il a appris tout seul. »

Puis j’ai dû farfouiller dans ma mémoire, car les choses se sont faites tellement progressivement que je ne me rappelais plus vraiment comment il avait appris à écrire. Je ne me suis pas dit un jour : Tiens, il écrit.

Et donc, comment Fiston a-t-il appris de lui-même à écrire ?
Il est depuis toujours passionné par les lettres. Tout bébé encore, bien avant de savoir parler, il montrait les lettres (dans les livres, sur un panneau quand on en croisait un – toutes les occasions étaient bonnes à prendre) et m’adressait un « hmmm ? » interrogateur jusqu’à ce que je lui dise le nom de la lettre.
Vers 18-20 mois, il les connaissait toutes (alors qu’il n’a parlé que vers 3 ans).

Avant ses 2 ans, il était capable de les repérer sans se tromper : je m’en suis aperçue alors qu’il faisait un puzzle en forme de girafe et composé de 26 pièces portant une lettre d’un côté et un chiffre de l’autre. Il avait choisi le côté « lettres » et quand il ne trouvait pas la bonne pièce à encastrer, il m’adressait son fameux « hmmm ? » : il suffisait que je lui dise la lettre pour qu’il trouve immédiatement le morceau qu’il cherchait.

Entre 2 et 3 ans, je n’ai pas souvenir de progression particulière, mis à part qu’il arrivait à prononcer le son de quelques voyelles et consonnes et que je l’entendais parfois « s’entraîner » juste avant de s’endormir : « A ! O ! I ! T ! K ! »
Oui, il avait de drôles de berceuses. ^^

Un peu après ses 3 ans, j’en avais parlé aux débuts de ce blog, il s’était mis à tenir ses stylos correctement, entre 3 doigts, et avait passé des heures et des heures à « écrire » en inventant des lettres et les sons pour aller avec. Puis il avait découvert le stylo-plume, et cela n’avait fait qu’accentuer sa boulimie de graphisme. De temps en temps, par le plus grand des hasards, une lettre de l’alphabet français surgissait au milieu de ses tracés tarabiscotés. Il la repérait aussitôt et, tout joyeux, nous en faisait part : « Regarde, là, j’ai écrit un N ! » « Et là c’est un V ! »
Petit à petit, de sa propre initiative, il s’est mis à les dessiner exprès, ces lettres. Parfois approximatives, parfois en miroir (très courant chez la plupart des enfants et absolument normal), parfois impeccables.
Parfois avec des enjolivures de son cru, qui me faisaient bien rire.
Souvent, il nous demandait comment on dessinait d’autres lettres, alors on lui montrait. Je lui ai donné des pochoirs avec les lettres et les chiffres pour qu’il puisse écrire tout ce qu’il voulait sans être obligé d’attendre qu’on soit disponible – il s’en est assez peu servi, à vrai dire : de temps en temps il en prenait un et nous écrivait l’alphabet dans son intégralité, mais c’était rare.
Puis il a commencé à nous demander comment tel ou tel mot s’écrivait. Parfois c’était à nous de l’écrire, parfois c’était lui qui voulait le faire. Parfois il s’énervait car il n’arrivait plus à écrire une lettre – qui ne lui posait pourtant pas de problème quelques jours plus tôt – au point de ne « plus jamais » vouloir écrire. 2 heures ou 2 jours après, il y revenait et cette fois-ci c’était dans le sac.

Il y a eu aussi les perles à repasser : j’avais trouvé des plaques alphabet et chiffres, et il a fabriqué des tonnes de chiffres et de lettres en perles, pour les assembler ensuite et me demander de lire ce qu’il avait écrit – en général un infâme charabia qui le faisait rire aux larmes, et moi m’étrangler à essayer de le prononcer.
Il en a fabriqué en pâte à modeler. En tips.
Avec des haricots.
On en a sculpté dans des pommes de terre pour faire des tampons.
Il a regardé je ne sais combien de fois le « C’est pas sorcier » sur l’écriture.

Et surtout il a écrit, écrit, quasiment tous les jours, et toujours à sa demande. À la main, beaucoup. Sur l’ordinateur, pour envoyer des mails. Sur les machines à écrire de son père.
Nous étions là, bien sûr, pour répondre à ses questions. Mais nul besoin de le pousser ou de le récompenser, ni même de le féliciter : il le faisait très bien tout seul. 😉

Voilà comment Fiston a appris à écrire les lettres (majuscules : il connaît les minuscules mais ne semble pas pressé de s’y mettre).
C’est notre expérience, ceci n’est valable que pour nous. D’autres apprendront plus tôt, ou plus tard, et de toute façon différemment. Mais ils apprendront. 🙂

À noter que pour le moment, Fiston n’est pas du tout intéressé par la lecture : il fait semblant de lire parfois, en racontant n’importe quoi, du style « là il y a marqué gribaolititutulou tiripou kador, ça veut dire radiateur en anglais. » Inutile de répondre autre chose que « si tu le dis, mon chéri », le jeune linguiste n’en démordra pas. ^^
Il nous demande souvent de lire pour lui, aussi. Mais l’assemblage des lettres pour former des sons lui passe manifestement à 10 bornes au-dessus de la tête : il s’en fiche.

Il dit qu’il lira quand il sera maçon.
J’en reparlerai quand même probablement ici avant. 😉

bonne_annee_2013

Voilà, ça c’est fait.
Bonne année, les gens 🙂

IEF & préjugés – 3

Par défaut

Un article sur Le Plus du Nouvel Obs sur l’école à la maison, écrit par une psychologue clinicienne, fait couler pas mal d’encre virtuelle depuis 2 jours dans le monde des familles nonscos.
Pourquoi donc ? Tout simplement parce que c’est l’article le plus impressionnant, en terme de conneries débitées à la ligne, sans doute jamais écrit sur l’IEF. Si si. Promis.
Lisez plutôt.

Déjà, le titre :

Votre enfant s’ennuie à l’école ? L’enseignement à domicile n’est pas une bonne idée

Notez le « s’ennuie à l’école ». C’est important pour la suite.

Contrairement aux idées reçues, en France, ce n’est pas la scolarisation qui est obligatoire mais l’instruction qui est strictement réglementée jusqu’à l’âge de 16 ans. La loi de 1936 autorise les parents à éduquer eux-mêmes leur progéniture à la maison. En échange, l’Éducation nationale exige que l’enfant ait acquis un panel de connaissances et de compétences communs à tous.

Un grand mystère que cette loi de 1936, vu que les parents ont toujours été autorisés à éduquer eux-mêmes leur progéniture, et ce depuis l’obligation d’instruction instaurée en 1882 par Jules Ferry (cf le texte intégral de la loi de 1882, article 4). Pour connaître l’historique de l’IEF, mieux vaut se renseigner sur le site de LAIA, par exemple, que sur celui du Nouvel Obs.

Pourquoi les parents retirent-ils les enfants des écoles ? Quelles sont les conséquences d’une déscolarisation et d’une confrontation à un parent devenu… professeur ?

Alors, bon, l’IEF ne concerne pas que les enfants « retirés » des écoles, hein. Et puis dans le titre, ça avait l’air indiqué : parce que leur enfant s’ennuie à l’école. Non ?
Notez les points de suspension dramatiques avant le mot « professeur ». J’espère que vous sentez une mortelle inquiétude vous étreindre, devant ce parent devenu… professeur.

Qu’est-ce que le homeschooling ? Littéralement, c’est un terme utilisé pour signifier « école à domicile ». Ce mouvement vient des États Unis où il représente plus de 2 millions des enfants en âge scolaire. Un des parents se transforme en professeur. C’est un rôle pris souvent à coeur, allant jusqu’à en faire un « métier ».

L’école à la maison vient des États-Unis. Ah bon. La loi française prévoit l’instruction en famille depuis le tout début, mais ça nous vient des USA. Depuis 1936, sans doute ?
Une nouvelle fois, nous sommes pris de frissons devant la transformation du parent en professeur, là, juste devant nos yeux. En plus il prend son rôle à cœur, l’animal, rendez-vous compte.

En France, l’école à la maison est basée sur le même principe : le professeur est un parent. Les leçons sont apprises au gré des envies de l’enfant. C’est lui qui construit le planning de sa journée et qui peut « décider » s’il a envie d’étudier ou non.

Allez, on s’accroche. Après un démarrage un peu mou, mon-amie-la-psy passe à la vitesse supérieure. À partir de maintenant, ça va dépoter.
Elle commence très fort, en confondant d’emblée « homeschooling » et « unschooling », et il en sera de même jusqu’à la fin.
Il y a autant de façons de faire l’école à la maison qu’il y a de parents, le « unschooling », qu’on traduit généralement par « apprentissage informel » en français, ne représentant qu’une possibilité adoptée par une minorité de familles. Même au sein de ce mouvement, on trouvera difficilement 2 familles procédant exactement de la même façon. Ou même, au sein d’une famille adepte de l’apprentissage informel, 2 enfants instruits de la même façon.
C’est ce que je pratique avec Fiston pour le moment, à ma façon, et sans que cela signifie que nous ne changerons jamais de cap.
Dans l’IEF, on trouve de tout, y compris des parents qui imposent une discipline quasiment militaire à leurs enfants, avec un programme mis en œuvre dès leur naissance.
Qu’importe. Trop de subtilités noieraient le lecteur, il faut simplifier et encore simplifier : homeschooling = unschooling, et tout le monde procède exactement de la même manière.
C’était bien la peine d’enlever les enfants de l’école, tiens.
Au passage, petit conseil à ceux qui voudraient causer un peu intelligemment de l’unschooling ou apprentissage informel : si on veut être pris au sérieux et avoir l’air de connaître un chouia son sujet, il vaut mieux laisser tomber les termes scolaires tels que « professeur », « leçon », « planning », « étudier »…

Constatation inquiétante : l’enfant décide ! Cette notion est en inadéquation totale avec le développement même de l’enfant. Il est au contraire dans une recherche de limites, de cadre stabilisant. Il est dans cette quête auprès de ses parents la plupart du temps.

Ah, quelle horreur : un enfant qui décide de ce qui le concerne. Sachez-le : laisser un enfant décider, c’est MAL.

Dans le cas du homeschooling, c’est le parent qui lui demande de se débrouiller seul. C’est à s’interroger sur la « pseudo liberté » qu’offre le parent à son enfant : un cadeau empoisonné ! Les limites ne sont donc pas posées et l’enfant risque de se perdre.

Quel bel étalage de préjugés. L’apprentissage informel, ou unschooling (et non homeschooling, je rappelle), ne signifie en aucun cas que l’enfant « se débrouille seul ».
De toute façon, je croyais que le parent s’était transformé en professeur et qu’il prenait son rôle à cœur (ce qui avait l’air d’être mal, d’ailleurs), jusqu’à en faire un métier. Faudrait savoir. On commence à se sentir un peu embrouillé, mais hélas, ça ne va pas aller en s’arrangeant.

Ce n’est pas parce que votre enfant dit s’ennuyer à l’école ou qu’il n’a « pas envie », que le homeschooling est une solution. Un très grand nombre d’enfants traine des pieds sur le chemin de l’école.

J’adore les gens qui trouvent tout à fait normal qu’un très grand nombre d’enfants ne veuillent pas aller à l’école. Mais gardez cette phrase en tête, parce que mon-amie-la-psy, elle, a eu l’air de l’oublier quelques paragraphes plus bas.
Notez également la tournure « dit s’ennuyer » et les guillemets autour du « pas envie ». On sent bien que ce n’est pas une raison valable, au moins chez un enfant, de ne pas avoir envie, et que c’est pas parce qu’il dit s’ennuyer qu’il s’ennuie vraiment. Si ça tombe, il est super heureux mais il ne s’en rend pas compte. Quel âne.
Du coup on comprend mieux qu’il soit ultra-dangereux qu’un enfant puisse décider de quoi que ce soit.

Le risque, en retour, c’est que l’enfant n’ait pas de limites et qu’il se retrouve dans une situation de toute puissance. Il endosse alors le rôle de l’enfant roi avec, surtout, ses inconvénients : intransigeant, intolérant à la frustration, agressif et souffrant.

On tourne un peu en rond, là, non ? Et puis je croyais que c’était sûr et certain, que les limites n’étaient pas posées (cf 2 citations au-dessus), finalement c’est juste un risque ?
Et blam, le poncif de l’enfant-roi est agité comme un épouvantail.
Au passage, je serais curieuse de connaître les avantages du « rôle » de l’enfant-roi…

Aux États Unis, le homeschooloing est très répandu à tel point qu’il existe des communautés très organisées. En France, cette particularité reste encore rare. Les parents, et surtout les enfants, sont souvent stigmatisés par l’Éducation nationale, même si officiellement le homeschooling est légal.
Par ailleurs, les résultats scolaires de l’enfant ne sont pas vraiment contrôlés. Est-ce faute de moyens ou un désintérêt général pour ceux qui choisissent l’école à la maison ? En effet, l’enfant a seulement l’obligation d’avoir les mêmes connaissances que les autres adolescents de son âge à la fin de la scolarité. Mais aucun test n’est passé, aucune évaluation.
Le seul contrôle se matérialise par la visite d’une assistante sociale, tous les deux ans, afin de contrôler les conditions générales d’apprentissage. Je reste personnellement sceptique.

Et moi, je suis restée personnellement sur le cul, la première fois que j’ai lu ça. Et puis après je me suis bidonnée pendant quelques heures.
Pondre, en tant que professionnelle, un article sur l’école à la maison sans même s’être renseignée sur les lois et les pratiques qui l’encadrent, c’est fort.
« Aucun test n’est passé, aucune évaluation ». Y a des parents qui l’ont eu sévère en travers de la gorge, là.
Mon-amie-la-psy apprendra que l’instruction délivrée par les parents est bel et bien contrôlée tous les ans par des inspecteurs de l’Éducation Nationale. Et bien souvent par des tests et évaluations, même s’il est illégal de les imposer aux parents. Il arrive, effectivement, que certaines familles ne soient pas contrôlées tous les ans, peut-être faute de moyen ou d’intérêt (j’en connais une dans ce cas), mais c’est extrêmement rare.
Quant à la visite d’une assistante sociale, c’est pour le moins simplifié – mais pas complètement faux, pour une fois, saluons l’effort.

L’enfant qui fait l’école à la maison est confronté à un dilemme : comment appeler le parent qui fait la leçon ? Maman ou maîtresse ? C’est quasiment schizophrénique : le matin je suis ta mère, et l’après-midi ta maîtresse. Et interdiction de mélanger !

C’est du lourd, hein ? ^^
Déjà, c’est forcément la mère qui s’occupe de l’instruction. Bravo. Ensuite, je croyais que l’enfant n’avait pas de limites et que c’était grave. Maintenant, il semblerait qu’on lui en pose une et que c’est grave aussi.
Faut qu’elle se sorte un peu les neurones du moule scolaire, mon-amie-la-psy. Je ne connais aucun parent IEF qui ordonne à ses enfants de l’appeler « maîtresse » ou « maître ». Je ne dis pas que ça n’existe pas (puisqu’on trouve de tout dans l’IEF), mais lier cela à l’apprentissage informel, c’est particulièrement ridicule.
Et quand bien même : les enfants scolarisés qui se retrouvent dans la classe de leurs parents, ils deviennent schyzo ? Perso, quand j’étais au collège, tous les ans j’avais au moins un prof dont le gamin ou la gamine était dans ma classe. Personne n’avait l’air spécialement perturbé.
Mais remarquez, j’ai eu vent d’un de ces gamins devenu végé, alors si ça tombe, ça vient de là. ^^

Ce choix de la part des parents n’est pas anodin. Nous pouvons nous interroger sur les liens parent-enfant. Le parent peut-il se détacher de son enfant ? Pourquoi ce besoin de contrôler sa scolarité ?

Ça devient lassant. Le « unschooling », puisque c’est de cela qu’elle parle sans le savoir, ce n’est pas un besoin de contrôler la scolarité de l’enfant, c’est autre chose que la scolarité. C’est une non-scolarité. Un-schooling. Les autres choix d’IEF ne sont pas non plus, en général, un moyen de contrôler la scolarité de l’enfant. Il y a autant de raisons de pratiquer l’IEF que de familles nonscos.
Et puis tout à l’heure l’enfant n’avait pas de limites, maintenant on le contrôle trop. Huhu.

Jusqu’ici, un parent classique pouvait observer la vie de son enfant à la maison mais lorsqu’il se rend à l’école, tout lui échappe ! Désormais, avec ce choix, la porte de tous les possibles est ouverte.
Ce qui est pathologique et mortifère au sens psychanalytique, pour l’enfant. Il est privé de la vie extérieure, de confrontation à ses pairs et de sociabilisation.
En effet, ce dernier ne peut pas accéder à une autonomisation, phase cruciale de développement de l’enfant pour son bien être psychique et son estime de soi. En allant à l’école, il se compare aux autres et peut être fier de lui ou bien mécontent. Il peut également prendre conscience de l’existence d’autres univers que celui de sa famille et à acquérir ainsi des repères qui construisent sa personnalité.

Aaaaah 🙂 Bienvenue dans le bingo du nonsco avec une belle liste de clichés, et le mot-joker « socialisation » est enfin lâché. On se demande comment diable l’être humain a pu se construire psychiquement avant la démocratisation de l’école.
J’adore particulièrement : « la porte de tous les possibles est ouverte ». Effectivement. Moi j’aime ça, que la porte des possibles soit ouverte. Y en a qui la préfèrent fermée, manifestement. Et apparemment, c’est en gardant la porte ouverte qu’on prive l’enfant de vie extérieure. Rien que ça.
École à la maison = unschooling = placard. ^^

Les puristes du homeschooling affirment pourtant que leur enfant n’est pas coupé du monde et qu’il a beaucoup de copains. Peut être. Mais l’amitié est forcément plus superficielle lorsqu’on rencontre quelqu’un au parc une fois de temps en temps. La vie en communauté à l’école tisse des attaches plus approfondies. La connaissance d’autrui est plus précise. Des souvenirs se construisent et ils sont importants. Priver l’enfant de relations sociales, c’est l’isoler dangereusement de la réalité.

Question : c’est quoi, un « puriste » du homeschooling ? Et un non-puriste ?
De ce que je comprends, les puristes sortent de temps en temps l’enfant du placard pour l’emmener au parc. Pour l’hygiène, sans doute. La vitamine D les jours de soleil. Mais sans que l’enfant soit autorisé à construire des souvenirs, quand même, faut pas charrier. Sinon ils arriveraient peut-être à rivaliser avec les 2×15 minutes de récré par jour des enfants scolarisés.
J’adore aussi le « peut-être ». L’enfant qui dit s’ennuyer peut se tromper, le parent qui dit que son enfant a des copains aussi. Ça doit être génétique, la connerie.
Ou alors… un doute affreux m’étreint. Mais non, ce n’est pas possible, mon-amie-la-psy n’insinuerait quand même pas que les enfants et leurs parents puristes mentent ? Ah, les fourbes !

Autre point important : la pédagogie. Les enfants sont très sensibles à la personne ayant une autorité de savoir. Il se crée des affinités avec les professeurs qu’ils rencontrent tout au long de leur scolarité. Ensuite, les parents ne suivent aucune formation préalable.

Ah, le 2e joker : la pédagogie. Rappelez-vous, les parents ne sont pas aptes à apprendre quoi que ce soit à leurs enfants, ni les enfants à apprendre quoi que ce soit tout seul.
Tu veux apprendre à parler ? Va voir le prof, il va te montrer comment positionner ta langue. Tu veux apprendre à marcher ? Va voir le prof, il va t’expliquer comment mettre un pied devant l’autre. Tu veux apprendre à faire pipi dans le pot ? Va voir le prof licencié ès-enlevage-de-couches, moi je ne suis que ton parent, je ne peux rien pour toi.
Non, mais sérieusement…
Et puis mon-amie-la-psy ne doit pas savoir qu’une bonne proportion des parents choisissant d’instruire eux-mêmes leurs enfants sont instits, ou profs. Ni que les instits ne sont plus tellement formés.
Elle n’a pas dû non plus réaliser qu’il pouvait y avoir une légère différence entre s’occuper de l’instruction de son ou ses enfant(s), et de celle d’une trentaine d’enfants.

Chacun doit rester à sa place de parent et de professeur. Un parent n’a pas à rentrer dans la pédagogie comme un professeur ne s’occupe pas du privé. Pour cela, remémorez vous les longues soirées où vous tentiez de faire apprendre à votre enfant une poésie. Vous étiez à bout de nerfs parce qu’il n’écoutait pas. Les professeurs enseignent comment leur apprendre et comment les faire aimer apprendre. Pourquoi les priver de cela?

Chacun sa place. Cf plus haut. Et du coup, je me demande pourquoi diable les parents devraient passer des longues soirées à tenter de faire apprendre à leur enfant une poésie – mais je ne vais pas non plus relever toutes les contradictions de l’article, sinon on n’est pas couchés.
On va plutôt méditer une minute sur la sublime phrase : « les professeurs enseignent comment leur apprendre et comment les faire aimer apprendre. »
C’est beau. C’est pas français, mais c’est beau.
Et comme c’est pas français, je m’interroge sur la phrase suivante : « pourquoi les priver de cela ? »
« les » désigne les enfants ou les profs ? Faut pas priver les profs « d’enseigner comment leur apprendre » ? ^^
C’est aussi le moment de se rappeler du titre : « votre enfant s’ennuie à l’école », et de l’affirmation comme quoi un grand nombre d’enfants n’aimaient pas l’école. Qu’est-ce qu’on ferait sans la pédagogie et la formation, dites donc.

Le homeschooling implique un isolement social. L’enfant est seul, chez lui ou au mieux avec sa famille. Il se construira l’image d’un monde unilatéral, uniculturel, sans surprise car la famille est prévisible, contrairement aux copains.
Ceci crée un vide et un handicap par rapport au savoir se comporter avec les autres, à tisser des liens.

Retour à la case socialisation. Retour à l’enfant seul, qui ne rencontre personne – sauf parfois au parc pour les enfants de puristes, mais en mode amnésique donc ça ne compte pas.

Si un jour, l’enfant décide de retourner dans un système dit classique, le choc risque d’être très difficile. Il sera forcément étiqueté, plus fragilisé par l’absence de confrontation aux autres et plus démuni face aux réactions courantes à avoir dans la société.

Et voilà le spectre attendu du : « il va en baver plus tard ».

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Apparemment, mieux vaut un enfant qui s’ennuie à l’école pendant des années (c’est terrible, pour un enfant, d’avoir le sentiment de perdre son temps plusieurs heures par jour, plusieurs jours par semaine, pendant des années, non ?) plutôt qu’un enfant épanoui qui risque de subir un choc plus tard. Alors même que c’est lui qui aura décidé de retourner dans le système classique, ce qui indiquerait une certaine motivation. Mais c’est vrai que décider, c’est mal, alors il y a une justice en ce bas monde : qu’il en bave.
Notons aussi que d’après elle l’enfant sera « forcément étiqueté ». Si elle le dit. Et étiqueté par qui, sinon par les autres, ceux qui sont dans le système scolaire depuis le début ? Et c’est l’enfant non-sco qui aurait « un handicap par rapport au savoir se comporter avec les autres, à tisser des liens » ?

Jusqu’à présent, j’ai parlé de l’enfant sans pathologie. Il en est tout autre concernant la phobie scolaire qui est un trouble envahissant empêchant tout mode de pensée logique. L’origine est variable. L’enfant est dans l’incapacité absolue de retourner à l’école.

Attention, phobie scolaire en vue. Au fait, refuser de retourner dans un endroit où l’on souffre, c’est pas un mode de pensée logique ?

Ce cas exceptionnel nécessite de prendre des cours par correspondance au CNED et d’entamer un suivi psychologique approfondi. L’encadrement dans une phobie scolaire est très strict, il fonctionne en parallèle avec un service hospitalier ou un praticien privé.

Ouh la. Que d’informations d’un seul coup. On apprend brusquement qu’il y aurait une autre option pour le « homeschooling » : les cours par correspondance au CNED. Mais ils sembleraient qu’ils soient réservés aux enfants souffrant de phobie scolaire, c’est vraiment trop injuste.
Heureusement pour ces enfants-là, ils seront très strictement encadrés – bien obligé, de toute façon, ils ne peuvent plus penser logiquement. Ils ne décideront de rien (peut-être, du coup, ne seront-ils pas obligés d’appeler leurs parents « maîtresse »), auront des limites, ne perdront pas leurs repères, et ne deviendront donc pas des enfants rois. Ouf. Sauvés.
C’est carré-carré, chez mon-amie-la-psy, hein.

L’autre différence clé, c’est que le phobique a connu l’école, les échanges sociaux et l’autorité représentée par les professeurs. Situation que ne connaissent pas ceux qui sont pris en charge par leurs parents dès le plus jeune âge via le homeschooling.

Vrai, le phobique ne connaît pas sa chance.
Mais revenons une nouvelle fois au titre de l’article : « votre enfant s’ennuie à l’école ». S’il s’ennuie à l’école, c’est qu’il y est. Non ? Enfin, c’est ce que j’avais compris. Mais en fait, mon amie-la-psy parlait depuis le début des enfants jamais scolarisés, apparemment. Zut, il va falloir que je relise l’article à la lumière de cette nouvelle information.
Que je relise…
Euh, non, en fait. Tant pis.

En conclusion, il me semble plus sain de faire connaître le monde parfois rude de l’école à l’enfant, de le confronter à autrui pour qu’il puisse se défendre dans la vie professionnelle qui n’est qu’une copie adulte du monde enfantin.
Par ailleurs, il est déjà difficile pour un parent d’assumer son rôle éducatif et de tenter de faire le moins d’erreur possible, alors pourquoi vouloir, en plus, vouloir jouer les apprentis professeurs ?

La bonne nouvelle, c’est le mot « conclusion ». Le calvaire est bientôt terminé.
La mauvaise, c’est tout le reste. « La vie professionnelle qui n’est qu’une copie adulte du monde enfantin », c’est particulièrement gratiné. o_O
Quant à sa solicitude pour les parents et leurs difficultés présumées à assumer leur rôle éducatif, elle est gentille, mais on ne lui a rien demandé. Qu’elle fasse ses crises de nerf en faisant réciter ses poésies à sa fille et qu’elle nous fiche la paix.

Ma conclusion à moi :

1. J’ai parcouru d’autres articles de mon-amie-la-psy, toujours publiés par le Nouvel Obs : c’est une habituée des raccourcis trompeurs et de la désinformation. 2 exemples parmi d’autres :

  • L’article sur l' »oubli » par David Cameron de sa fille dans un pub : il y aurait déjà beaucoup à dire sur le discours, mais en prime et surtout, quand on lit l’article que la psy donne elle-même en lien, on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas du tout d’un oubli. Il pensait que sa fille était avec sa femme, et vice-versa.
  • L’article sur l’éducation des filles et des garçons : quand on se donne la peine de lire les 2 références qu’elle donne (clic et clac), on se rend compte qu’elle mélange tout. Elle affirme à propos de la crèche que les enfants n’ont pas le droit de dire « il » ou « elle » pour se désigner entre eux, alors que ce sont les enseignants qui s’interdisent ces mots-là. Et surtout elle a je ne sais comment généralisé l’histoire de Storm (le bébé canadien, dont les parents refusent de dévoiler le sexe) à l’ensemble de la crèche suédoise (!) en affirmant que les parents n’ont pas le droit (!) de révéler l’appartenance sexuelle de leurs enfants (faudrait d’ailleurs m’expliquer comment il serait possible de ne pas connaître l’appartenance sexuelle d’un enfant en bas âge dont on s’occupe toute la journée, rapport au change, tout ça…).

Bref, l’hypothèse la plus gentille est que mon-amie-la-psy ne sait pas lire.
Ni réfléchir.
Ni se documenter.
Une bien bonne publicité pour le système scolaire dont elle est issue.

2. Coment le Nouvel Obs peut-il publier des inepties pareilles ? Un bandeau proclame fièrement en haut de l’article de mon-amie-la-psy « Félicitations, vous voilà sur le Plus ! Ici, le nouvel Observateur met en avant le meilleur des idées, analyses, opinions et découvertes grâce à la participation active de ses membres. »
Quand on voit le meilleur, on frémit en pensant au pire.

3. Pour finir, mon conseil à mon amie-la-psy, c’est gratuit :

–edit du 2/12/2012 : d’autres réactions (outre les 166 commentaires sur « Le Moins Plus ! ») sur le blog d’une autre mère castratrice et sur celui d’une pauvre schyzophrène asociale victime de l’IEF.

Le sommeil, l’éternelle question – 2

Par défaut

Pour lire l’épisode 1, c’est .

Fiston, 10 mois, ne s’endort donc plus tout seul.
Les premiers jours, le Barbu et moi nous y collons ensemble. Puis l’épuisement aidant (parfois nous mettons 2 heures à endormir Fiston), nous commençons à nous relayer, toujours sans trop comprendre ce qui se passe.
Arrive l’été, chaud. La chambre de Fiston est à l’étage, mansardée. On arrive à la garder à peu près fraîche jusqu’au soir en aérant le matin, mais passer 2 heures à endormir un bébé qui s’agite, rigole ou hurle fait monter la température en flèche. On endort donc Fiston dans notre chambre (au RDC et orientée vers le nord, il y fait toujours froid) puis, une fois endormi, on le monte pour le poser dans son lit. Bien souvent il se réveille dans l’opération et il faut tout reprendre à zéro.

Puis il commence à se réveiller la nuit, parfois. On le rendort et on le recouche, mais c’est comme en soirée, ça peut prendre du temps. Il peut se réveiller dès qu’on le met dans son lit. Ou dès qu’on sort de la chambre. Ou quand on descend l’escalier (qui grince horriblement).
Et même les nuits où il ne se réveille pas, comme je tends l’oreille de peur de ne pas l’entendre appeler (ce qui est débile, on l’entend parfaitement dans toute la maison), de toute façon je ne dors pas bien.

Commence un truc un peu surréaliste, où l’on va tenter de comprendre ce qui fait que Fiston va se réveiller telle nuit et non telle autre. J’essaye d’établir des corrélations entre son sommeil et ce qu’il fait dans la journée, ce qu’il mange, l’heure à laquelle on le couche, la façon dont on le couche, la présence ou non de lumière dans sa chambre et son intensité, la présence ou non d’un tour de lit…
J’en viens même à tenir un fichier pour noter toutes ces âneries.

En plus, Fiston se montre taquin. Quand on change un paramètre (la lumière, par exemple), souvent il va dormir d’une traite pendant quelques nuits. La première, moi je ne dors pas, forcément : je guette. La deuxième, je dors, mais d’un œil. La troisième, alors que je commence à y croire et que je cède à Morphée, il se réveille en pleurant.
Et c’est reparti pour un tour.

À noter que pour la sieste, c’est à peu près le même cirque.

À l’approche de ses 2 ans, le mode opératoire est devenu un rituel. On ne l’endort plus dans nos bras mais sur le clic-clac de sa chambre, allongé à côté de lui. Une fois qu’il dort, il faut donc le prendre dans les bras avant de le poser dans son lit, ce qui rajoute une cause potentielle de réveil. Fatiguée de jouer les Sisyphe de l’endormissement – sans compter que ça pète bien le dos -, un jour, je tente de le laisser dormir sur le clic-clac, en sécurisant l’espace à l’aide de coussins. D’abord pour une sieste. Ça marche. Quelques jours plus tard, à l’occasion d’un réveil nocturne, je tente pour la nuit. Ça marche aussi.
Mais comme la hauteur du clic-clac nous rend quand même un peu nerveux, quelques semaines plus tard, pour les 23 mois de Fiston, on investit dans un grand futon (140×200, histoire de pouvoir s’allonger confortablement à côté de lui pour l’endormir) sur tatamis.

Fiston adooooore son nouveau lit.
D’ailleurs, les premières semaines, même si on l’endort toujours, c’est très rapide, et surtout il ne se réveille plus la nuit. Le matin, il joue une bonne heure dans son lit avant de nous appeler.

Victoire ?

Vous le saurez dans le 3e et dernier – normalement – épisode. 😉