Archives de Catégorie: Strips

Comment l’IEF – 14. Savoir (ce) que les enfants apprennent – 1

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Comment l’IEF – 12. Apprendre à vivre ensemble

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L’autre jour, Fiston a fait une belle rencontre à la librairie.
C’était quelques jours avant Noël, je cherchais des idées de cadeaux ; et Fiston, comme à son habitude, avait jeté son dévolu sur quelqu’un dont il avait entrepris illico de faire son nouvel ami.
Nouvel Ami – je dirais âgé d’une bonne cinquantaine d’années – manifestement ravi, qui s’était accroupi pour être à sa hauteur, et tous deux discutaient avec animation pendant que je feuilletais des livres tout en écoutant d’une oreille ce qu’ils racontaient.

Et vient la question sur l’école, ce à quoi Fiston répond que non, il ne va pas à l’école, parce que. En ce moment, le « parce que », c’est « parce qu’il veut pouvoir manger quand il veut ». ^^
Nouvel Ami de s’étonner un peu, puis gentiment de répondre : « Mais l’école, c’est un endroit merveilleux, il faut bien aller à l’école pour apprendre ! »
Fiston, étonné à son tour : « Ben moi, pour apprendre, je vais poser des questions aux gens que je rencontre ! »

(Fiston : 1 / Nouvel ami : 0)

Nouvel Ami d’enchaîner : « Oui, mais l’école, en plus, c’est là qu’on apprend à vivre ensemble !« 

Ahum & lol, si je puis me permettre. J’ai failli intervenir, et puis je me suis retenue. Après tout, Fiston a l’habitude d’entendre des sons de cloches très différents sur plein de sujets, et il me parle ensuite de ce qui l’étonne ou le perturbe dans les agissements et convictions des autres. On débriefera s’il le faut.

Quelques minutes plus tard, ayant jeté mon dévolu sur 2 livres, je viens récupérer mon galopin. Nouvel Ami lève les yeux sur moi et me dit avec émerveillement (le mot n’est pas trop fort) : « Elle est vraiment adorable, votre petite fille. »
Fiston rigole : « Non, je suis un garçon, moi ! »
Nouvel Ami est un peu gêné, mais on le rassure : tout le monde se trompe. Avec une tresse qui descend jusqu’aux fesses, on peut difficilement en vouloir aux gens de prendre Fiston pour une fille.
Nouvel Ami me répète : « Il est vraiment adorable. » Je dis « Je sais. » Il insiste : « Non, mais vraiment adorable. » Comme si je ne le croyais pas.
« Oui, je sais. » ^^
Nouvel Ami m’apprend qu’il s’occupe d’enfants en difficultés et qu’il adore les enfants – j’avais cru comprendre – et que des rencontres comme celle-là, pour lui, c’est extraordinaire.
Fiston en remet une couche : « Tu sais, moi je t’aime 25 000 fois le tour de l’univers ! »
J’ai l’impression que si ça continue, Nouvel Ami va se transformer en une petite flaque d’émotion pure.

Et puis comme il recommence à parler école, je lui indique que j’ai entendu ce qu’il racontait à Fiston. Air un chouia embarrassé de Nouvel Ami, qui n’aurait peut-être pas tenu exactement les mêmes propos s’il avait su que j’étais de l’autre côté du rayonnage.
Je dis en souriant que toutes les opinions sont bonnes à entendre. Et comme il repart sur le côté magique de sa rencontre avec Fiston, je glisse sans en avoir l’air, histoire de lui faire prendre conscience du côté ultra-contradictoire de son discours, que c’est une conséquence de l’IEF que j’apprécie beaucoup : comme Fiston n’a jamais eu l’habitude du tri scolaire par date de naissance, il va voir tout le monde sans se préoccuper des âges et engage spontanément la conversation aussi bien avec des enfants que des adultes, jeunes ou vieux, se fait des amis de tout âge. Bref, le « vivre ensemble », il pratique déjà – dans la société, la vraie -, ce que Nouvel Ami n’a pu que constater par lui-même.
Et pourtant, dans le même temps il lui a affirmé qu’il n’y avait qu’à l’école qu’on apprenait à vivre ensemble.

C’est très français, cet état d’esprit, non ? ^^

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Bingo du nonsco – A1 : obligatoire

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Rappel des faits : il y a près d’un an, Naë et moi avions concocté un Bingo du nonsco, reprenant pour ce faire les 24 arguments les plus souvent opposés aux pratiquants de l’IEF.
Mais qu’a-t-on à y répondre, à ces arguments, au fait ?

A1 : L’école est obligatoire.

bingo_obligatoire

Ouais. C’est tout. ^^

Pour aller un peu plus loin sur le sujet, vous pouvez vous rendre sur le site de n’importe quelle association défendant l’instruction en famille, comme par exemple LAIA, Les enfants d’abord ou CISE. J’en parlais aussi brièvement dans le premier billet sur pourquoi l’IEF.

Bingo du nonsco – B2 : une vie sans pression

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Rappel des faits : il y a près d’un an, Naë et moi avions concocté un Bingo du nonsco, reprenant pour ce faire les 24 arguments les plus souvent opposés aux pratiquants de l’IEF.
Mais qu’a-t-on à y répondre, à ces arguments, au fait ?

Aujourd’hui, en hommage à la non-rentrée de Fiston et Loulou, je continue toujours arbitrairement avec le B2 du bingo, à savoir : Une vie sans pression, c’est pas la vraie vie.

bingo_pression

Et puis moi j’aime pas la bière. ^^

Plus sérieusement, il me semble que cela rejoint en partie la vision commune de l’enfant et de la frustration. Il faut bien que les enfants apprennent à gérer la frustration (ce qui est vrai), donc frustrons-les exprès alors qu’il suffirait de les laisser vivre et de les accompagner dans les frustrations inévitables qu’ils rencontreront. J’en parlais déjà un peu ici.

La pression, je crois, est tout aussi inévitable. Tous, à un moment où à un autre, nous y sommes soumis, parfois imposée par nous-mêmes (directement ou indirectement), parfois venue de l’extérieur.

Pour ce qui est de la première, elle naît lorsque nous nous fixons des objectifs élevés. Et ça, les enfants sont très forts pour le faire tout seuls, merci. Je n’ai qu’à regarder Fiston voulant absolument monter tout en haut de la corde à nœuds au premier essai ou me souvenir de lui plus petit apprenant à shooter dans un ballon et voulant tout aussi absolument réussir à tous les coups pour en être convaincue. Cette pression-là va main dans la main avec la frustration lorsque nous ne sommes pas à la hauteur de nos attentes, mais aussi avec la joie lorsque nous y arrivons, et avec l’amélioration de nos capacités. Elle est extrêmement positive… dans le cas où elle reste réaliste.
Fiston a eu beaucoup de mal à admettre que oui, il arriverait tout en haut de la corde à nœuds mais peut-être pas dès le premier jour, qu’il lui faudrait s’entraîner pour ce faire. Mais il a fini par comprendre, et tout en gardant cette pression (monter de plus en plus haut), il a pu revoir à la baisse ses objectifs immédiats et s’est réjoui de réussir à poser les pieds sur le 4e nœud à la fin de la première journée.

L’auto-pression indirecte, elle, vient de certains choix effectués en amont. Par exemple de notre choix de ne pas scolariser Fiston va découler diverses pressions, notamment sociales et administratives, qui ne sont pas les mêmes que si nous avions fait le choix inverse.
Même si nous en sommes à l’origine, cette pression est souvent plus difficile à supporter. Elle va provoquer de nombreuses râleries, du stress, des pétages de plomb, voire des dépressions alors même qu’elle découle de nos propres choix et que nous la maîtrisons en partie.

Que dire alors de la pression 100% subie, celle dont nous ne maîtrisons rien. C’est typiquement dans ce cas que peuvent se trouver les enfants, parfois 24h/24. Pression pour devenir comme ci ou comme ça, pour ne pas décevoir leurs parents, pour ne pas jouer n’importe comment, pour devenir autonome le plus vite possible (ou le contraire, selon les cas) et, puisqu’on est dans le bingo du nonsco, pour aller à l’école 200 jours par an même s’ils s’y ennuient et s’y sentent mal, pour apprendre telle chose à tel âge parce que c’est comme ça, pour ne pas apprendre telle autre chose à tel âge parce que c’est pas autrement… liste non exhaustive, et surtout, ce qui n’est en général pas le cas pour les adultes, sans aucune échappatoire possible la plupart du temps : ni physique, ni mentale, ni légale.

Et c’est bien de cela que parlent ceux qui vont critiquer ainsi la non-sco, juste parce qu’on ne pense pas que mettre son enfant sous pression depuis ses 2-3 ans (on voit des gamins de 3 ans tout à fait « normaux » qui ont déjà des cours de soutien en maternelle) jusqu’à ses 16 ans (au minimum) soit indispensable.
(Au passage, ces gens-là n’ont jamais dû croiser certains non-scos chez qui la pression mise aux enfants est digne des écoles les plus élitistes. ^^)

Ce genre de pression, je ne sais pas vous, mais je n’en voudrais pas pour moi.
Qu’on ne puisse pas forcément l’éviter, ok.
Qu’on puisse s’y adapter, et même en tirer du positif parfois, ok aussi.
Ça aide à rentrer dans le moule, c’est sûr. Et à trouver normal ensuite d’être continuellement sous pression, toute sa vie durant.

Ici, une précision s’impose : je ne dis pas que tous les enfants scolarisés sont sous pression. Il y en a qui vivent ça très bien, pour des tas de raisons (qualité de l’école et/ou des profs, accompagnement de la famille, caractère, etc.), et qui ne voudraient pour rien au monde être déscolarisés.
Ce billet répond seulement à ceux qui considèrent que c’est mal de ne pas mettre exprès son enfant sous pression.

On n’a pas toujours le choix. Peut-être qu’un jour Fiston ne l’aura plus.

Mais pour le moment, il l’a, il en profite ; et qu’on ne vienne pas nous dire que sans cette pression-là, il ne vit pas vraiment.

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Des animaux, des enfants et des hommes – 7 : L comme loups, L comme Lions

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Ou la belle histoire de Richard-cœur-aux-lions vs l’esprit Tintin au Congo

 

Il était une fois, dans un lointain pays, un valeureux Masaï de 13 ans qui voulait protéger le bétail de son père et de sa communauté.

En effet, de temps en temps, des lions attaquaient les troupeaux, et des vaches mouraient.

Alors, les guerriers partaient tuer les lions.

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Mais Richard – c’est son nom – n’était pas comme Tintin : il n’aimait pas que les lions meurent.

Tuer, était-ce vraiment la seule issue possible ? N’était-il pas envisageable de faire autrement ?

Il réfléchit, réfléchit encore ; et ne sachant pas que c’était impossible, il finit par trouver une solution.

À partir d’une batterie de voiture, d’un clignotant de moto et d’une lampe torche cassée, il réussit à bricoler quelque chose qui faisait peur aux lions et les tenait éloignés des troupeaux.

Peu après, fort de l’efficacité de son invention, il l’installa chez ses voisins, puis chez d’autres encore…

Deux ans plus tard, son idée s’était répandue dans tout le pays.

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Quant à Richard-cœur-aux-lions, son invention lui valut une bourse dans la meilleure école du pays, où il fut très heureux et eu beaucoup d’autres idées.

FIN

¨¨°ºo§oº°¨¨

Cette histoire est parfaitement véridique. Elle se passe au Kenya, et Richard a retracé son parcours lors du rassemblement TED2013 en février dernier.

Si l’on récapitule :

Combien de cerveaux pour plancher sur le problème ? 1.
Comment Richard a-t-il appris l’électronique ? En autodidacte.
Combien le système coûte-t-il à fabriquer et à installer ? Que dalle, c’est essentiellement de la récup’.
Combien de vaches tuées par les lions depuis 2 ans dans sa communauté ? 0.
Avec combien de lions tués dans le même laps de temps ? 0 aussi.

Efficacité du système : 100%.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans son intervention, Richard ne fait allusion à aucun obstacle humain. À aucun moment il ne raconte qu’il a été difficile de convaincre les chasseurs de sa communauté que ça marchait, qu’il n’était plus nécessaire de tuer les lions.

On imagine aisément qu’en France la situation serait bien différente et qu’un Richard serait la risée de certains groupes.

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L’un des arguments souvent rebattus en faveur de la chasse est que c’est la seule solution pour protéger les intérêts des chasseurs les cultures, les troupeaux, les gens, rayez la mention véridique inutile.

Petit rappel de l’hypocrisie absolue de l’argument : en France près de 50% du gibier est en réalité élevé puis relâché pour le plaisir des chasseurs – et pas seulement les faisans – ; dans le reste, on trouve aussi des espèces considérées comme nuisibles mais que l’on a pourtant réintroduites nous-mêmes comme des grands cons, ou que l’on nourrit pour favoriser son développement – comme les sangliers.

Mais dans les autres cas, pourrait-on se demander. Est-ce que, dans le cas d’animaux vraiment sauvages et commettant des dégâts, on a vraiment d’autres choix que de les tuer ?

La réponse française officielle est simple : « Pourquoi vouloir changer une méthode qui ne fonctionne pas ? »

Ainsi en est-il de la chasse aux loups qui s’est récemment durcie dans la région Côte d’Azur.

Je ne vais pas rentrer dans des considérations éthiques ou philososphiques ici. Comme dire que les loups ont le droit de vivre, que ceux qui seront tués ne seront pas forcément ceux qui ont tué ; comme demander perfidement aux éleveurs qui, eux aussi, considèrent leurs brebis comme leurs enfants ce que deviennent en général leurs « petits-enfants » mâles, ou aborder carrément l’abolition de l’élevage.
Non, non, j’ai bien conscience que ce serait totalement déplacé.

Je vais donc seulement m’ébahir devant la puissance déployée pour se débarrasser des indésirables loups : 20 pièges-photos, 2 carabines équipées d’une lunette de vision nocturne, et 380 chasseurs armés, je suppose, de 380 fusils.

Rien que ça.

loup_danger

Allez, tentons un récapitulatif, là aussi :

Combien de cerveaux boîtes cranniennes impliquées ? Plusieurs centaines.
Disposant de quelle instruction ? Je suppose que tous ces brillants esprits ont bénéficié des bienfaits de l’Éducation Nationale française pendant au moins 10 ans. De l’argent et du temps bien employés.
Combien ça coûte, ce matos ? Compter au moins 500€ pour 1 piège-photo, soit minimum 10 000€ pour 20 pièges. Plus les lunettes et le pinard les cartouches. On parle aussi d’un retour des capsules de cyanure. Ah, la région niçoise, sa salade, ses chasseurs, son cyanure…
Combien de loups seront tués ? Un bon paquet. Combien d’humains ? Probablement quelques-uns aussi, comme lors de toute saison de chasse.

Et que celui ou celle qui pense qu’il n’y aura plus d’attaques de troupeaux se couvre de ridicule en levant le doigt.
Oui, Tintin ?

tintin_antilopes

Une idée, comme ça : et si, au lieu de sauter sur nos fusils et de dégommer tout ce qui bouge dès que quelque chose nous dérange, on faisait plutôt fonctionner nos méninges ?

Je sais, c’est plus fatigant et moins rigolo. Ça fait mal à la tête.

Mais si on s’inspirait de Richard plutôt que de Tintin au Congo et qu’on partait du principe que non, tuer n’est pas une réponse acceptable ?

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Si on partait de ce principe de non-violence, alors seulement on serait vraiment motivés pour réfléchir et trouver comment faire autrement.

Et nous aussi, qui disposons d’infiniment plus de moyens que Richard n’en avait, nous pourrions enfin mettre au point des solutions préservant à la fois les troupeaux et les loups.

Sans zigouiller personne.

Ça fait bizarre rien que d’y penser, hein ?

À signaler cette pétition sur Change.org pour demander l’annulation de la nouvelle mesure d’abattage massif de loups.

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Des animaux, des enfants et des hommes – 6 : C comme Cirque, C comme C’est cela, oui

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Une bonne nouvelle en provenance de nos voisins belges : les animaux sauvages devraient bientôt être interdits dans les cirques.
Bien entendu, il y en a qui ne sont pas contents. Extrait de l’article en lien ci-dessus :

Le secteur du cirque compte réagir avant l’officialisation de l’interdiction des animaux sauvages lors des spectacles. Il faudrait faire une « distinction entre les cirques qui traitent effectivement mal ces animaux » et ceux qui respectent les règles déjà très strictes en la matière et dont les dompteurs traitent les animaux comme leurs propres enfants. « Ils sont régulièrement en mouvement, s’amusent et se reproduisent même mieux que dans les zoos.« 

cirque