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Le vautré du dimanche – 30

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La petite hirondelle…

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Cette chanson m’a toujours gênée… Enfin, toujours, je ne sais pas, mais l’idée de chanter à mon fils la version originale (ci-dessous) me dérangeait.

Qu’est-ce qu’elle a donc fait
la p’tite hirondelle
Elle nous a volé
trois p’tits sacs de blé
Nous la rattraperons
la p’tite hirondelle
Et nous lui donnerons
Trois p’tits coups d’bâton

Donc, partant du principe que la petite hirondelle ne vole pas pour s’amuser mais parce qu’elle a besoin de manger, je lui ai plutôt chanté ça :

Qu’est-ce qu’elle a donc fait
la p’tite hirondelle
Elle nous a volé
trois p’tits sacs de blé
Nous la rattraperons
la p’tite hirondelle
Et nous lui donnerons
Trois p’tits sacs de son.

Certains vont penser que même si je ne m‘appelle pas Maurice je pousse le bouchon un peu loin. Et pourtant…

Ce week-end, Loulou, Druss et moi-même avons été invités par des gens très sympathiques, et accueillis très chaleureusement. C’était dans le cadre de mon travail, mais j’ai connu des vacances moins reposantes. Bref, ces gens sympathiques, que nous appellerons GS, avaient aussi invité d’autres personnes.

Tout le week-end se passe bien, tout le monde a l’air content de l’accueil. Et au moment de partir, je surprends l’une des autres personnes (que nous appellerons La Pie) en train de mettre un bibelot appartenant aux GS (enfin, à leur structure) dans son sac.

Je suis choquée et assez en colère, mais comme l’idée de dénoncer me révulse, je suis aussi bien embêtée. J’hésite entre aller en parler à l’un des GS, aller demander conseil à Druss, et tenir tête à l’effrontée. Prenant mon maigre courage à deux mains, je me tourne vers La Pie et je lui dis que je suis vraiment gênée parce que j’apprécie ce qui a été fait pour nous, et que je n’aimerais pas que les GS aient des ennuis à cause d’un bibelot manquant. Et que d’ailleurs, si elle leur demandait, peut-être seraient-ils prêts à le lui donner. Ne voulant pas être agressive, car ça ne servirait pas mon but (éviter le vol), et aussi un peu par lâcheté, je ne lui dis pas que je suis choquée par son attitude. Dans l’absolu, voler, ce n’est déjà pas super glorieux, mais voler des gens qui vous ont accueilli avec autant de gentillesse (quand bien même le vol pourrait passer inaperçu), je trouve ça révoltant. Et puis, bon, La Pie n’est pas très fière de s’être fait griller et encore moins de s’être fait réprimander, même gentiment, donc je ne vais pas en rajouter.  Le bibelot est remis discrètement à sa place.

Mais j’ai besoin d’exprimer mon indignation et ma tristesse. Oui, qu’on remercie la gentillesse par ce genre de bassesse, même si dans l’absolu ça peut paraître une broutille, ça m’attriste. Bref, une fois dans la voiture, j’explique à Druss mon ressenti.

Loulou, comme à son habitude, a l’oreille qui traîne.

Loulou : Qu’est-ce que qu’elle a fait, La Pie ?

Moi : Elle a volé un bibelot. Et ça me met en colère parce que… (je répète en gros ce que j’ai dit à son père.)

L : C’était qui ?

M : Juste une pie.

L : Et pourquoi elle fait ça ?

M : Je suppose qu’elle avait très envie d’un bibelot comme ça.

Quelques secondes de silence.

L : Eh bien, avec papa, on en fabriquera un bibelot comme ça, et la prochaine fois tu me montreras qui c’est et je lui donnerai.

Les cadeaux

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Les cadeaux.
Noël est enfin passé. Je ne sais pas comment vous faites pour les cadeaux, mais pour moi c’est chaque année plus difficile. D’en faire mais aussi d’en recevoir.
Pour ce qui est d’en faire, j’ai toujours adoré faire des cadeaux : pour moi, trouver exactement le bon, celui qui surprend, qui fait briller les yeux, voire couler une petite larme, c’était le Graal. Et chaque année je faisais de mon mieux pour parvenir à ce résultat. Mais plusieurs choses ont émoussé mon enthousiasme.
Outre (dans le désordre) le manque de temps, la multiplicité de choix qui tue le choix, les conditions de fabrication, la crise économique, la crise écologique,… il y a aussi :
La baisse de mes propres envies de « choses », qui rend de plus en plus difficile l’identification au plaisir que je procure en achetant un cadeau pour autrui.
La quasi-impossibilité de faire plaisir à certaines personnes, combinée à un désir fort de descendre du grand huit de la consommation pour rejoindre le petit train de la simplicité volontaire. C’est vrai, quoi, dans certains cas, ça revient à acheter un bien dont on sait qu’il ne servira à rien, même pas à faire plaisir. Tout juste à remplir une obligation sociale. Dans le genre gâchis, ça se pose là.
Et j’en passe…
Mais le conditionnement a la vie dure, aussi si je n’offre pas un beau cadeau à Druss, j’aurai peur de lui donner l’impression que je l’aime moins. Même si je sais qu’il sait.
Pour Loulou, je ne me sens pas le droit de le « priver » de Noël alors que je ne suis pas encore en mesure de bien lui expliquer nos choix et nos convictions, vu que je ne suis pas encore complètement au clair avec moi-même.
Ce n’est pas que je n’ai plus envie de fêter Noël, mais j’aimerais le faire différemment. Ne pas acheter du neuf, mais de l’occasion, du beau, du vieux, du solide, du qui a vécu… mais ça ne se fait pas. Nous essayons de dire autour de nous que l’occasion, ça ne nous dérange pas, au contraire, mais ça ne passe pas auprès de tout le monde. À part ma mère qui adore fouiner, chiner et trouver des bonnes affaires, et Mely qui est sur la même longueur d’onde que nous. Même si on n’a pas trop à se plaindre quand même (on a échappé aux énormes jouets plastiques qui font plein de bruit et on ne désespère pas d’éradiquer le Made in China.)

Une des trouvailles de la grand-mère de Loulou

Bref, le plaisir d’offrir tourne au calvaire. Et le plaisir de recevoir se perd.
Mais j’ai quand même eu LE cadeau dont j’avais envie de la part de Druss, et j’ai réussi à 90 % à trouver des choses en accord avec mes convictions et qui ont fait plaisir pour tout le reste de la famille :
Pas si mal, et puis mes recherches m’ont permis de tomber sur ça.

Je sens que je n’ai pas fini d’acheter chez eux, ou au moins de m’inspirer de leurs créations pour Loulou et Fiston.
Reste que le but pour les années à venir est de s’orienter pour les cadeaux vers l’immatériel (vous allez trouver ça cucul, mais le temps partagé vaut tous les cadeaux), l’occasion et le fait-maison.