Archives Mensuelles: janvier 2014

Précision précaution

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Une strip pas prise de tête, histoire de décompresser avant de reparler des sujets qui fâchent. ^^

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Comment l’IEF – 13. Sénateurs, sénatrices, foutez-nous la paix.

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L’info circule depuis hier : le 18 décembre dernier, une poignée de sénateurs, au lieu de s’occuper de préparer Noël, a cru bon de soumettre une proposition de loi visant à restreindre très fortement le droit à l’IEF.

Admirez l’exposé des motifs, que je recopie in extenso ici :

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

L’un des buts de la scolarisation de l’enfant est sa socialisation. Celle-ci nécessite une éducation qui ait une dimension collective, qui lui permette de découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge et de rendre son développement plus harmonieux.

Dans cet esprit, l’éducation à domicile par la famille ne peut être qu’une situation exceptionnelle, liée à l’état de santé ou à l’incapacité permanente ou temporaire de l’enfant.

Elle ne peut être le prétexte d’une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l’enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux.

La présente proposition de loi, qui respecte l’esprit de la convention internationale relative aux droits de l’enfant, ratifiée par la France en 1990 (et notamment les articles 3, 13, 14 et 29 alinéas 1er a) et d) vise donc à redimensionner cette possibilité en la limitant aux cas d’incapacité et à la soumettre à un contrôle de professionnels agréés par l’Éducation Nationale sans faire pour autant disparaître l’enquête sociale de la commune.

C’est grandiose. Ils ont dû lire Le Plus du Nouvel Obs en boucle.

Inutile de dire que les familles IEF bouillonnent d’indignation, ainsi que les gens non concernés a priori mais qui n’apprécient pas pour autant les amalgames, la désinformation, le grignotage de leurs droits quels qu’en soient les motifs (avoués ou non), et, pour résumer, qu’on les prenne pour des cons.

Je ne vais même pas développer le côté ridicule et diffamatoire de la phrase « [l’éducation à domicile] ne peut être le prétexte d’une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l’enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux. » qui, dans ce contexte, implique que l’intégralité des familles ne scolarisant pas ou déscolarisant leurs enfants pour des motifs autres que médicaux (en gros) le fait à des fins de désocialisation et d’endoctrinement. Carrément. Avec son scepticisme personnel, mon-amie-la-psy-du-plus-du-nouvel-obs fait maintenant très, très petite joueuse.

Plusieurs pétitions ont déjà été lancées, dont celle-ci demandant l’abandon pur et simple de cette proposition de loi.

Attention, un autre lien circule concernant une proposition de loi plus ou moins similaire ayant été rejetée, mais il s’agissait d’une autre proposition datant de 2007, rejetée à l’époque au titre que la liberté du choix de l’instruction est inscrite dans la Constitution.

Je n’ai guère d’inquiétudes sur le sort de la nouvelle proposition de loi qui est tout aussi anti-constitutionnelle.
MAIS alors que depuis une vingtaine d’années les droits des familles pratiquant l’IEF sont petit à petit réduits et les contraintes augmentées, il est fort possible qu’on profite du rejet de cette proposition délirante pour faire passer une nouvelle petite modification en douce, qui compliquerait encore davantage la vie des non-scos.

Donc restons très vigilants.

Comment l’IEF – 12. Apprendre à vivre ensemble

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L’autre jour, Fiston a fait une belle rencontre à la librairie.
C’était quelques jours avant Noël, je cherchais des idées de cadeaux ; et Fiston, comme à son habitude, avait jeté son dévolu sur quelqu’un dont il avait entrepris illico de faire son nouvel ami.
Nouvel Ami – je dirais âgé d’une bonne cinquantaine d’années – manifestement ravi, qui s’était accroupi pour être à sa hauteur, et tous deux discutaient avec animation pendant que je feuilletais des livres tout en écoutant d’une oreille ce qu’ils racontaient.

Et vient la question sur l’école, ce à quoi Fiston répond que non, il ne va pas à l’école, parce que. En ce moment, le « parce que », c’est « parce qu’il veut pouvoir manger quand il veut ». ^^
Nouvel Ami de s’étonner un peu, puis gentiment de répondre : « Mais l’école, c’est un endroit merveilleux, il faut bien aller à l’école pour apprendre ! »
Fiston, étonné à son tour : « Ben moi, pour apprendre, je vais poser des questions aux gens que je rencontre ! »

(Fiston : 1 / Nouvel ami : 0)

Nouvel Ami d’enchaîner : « Oui, mais l’école, en plus, c’est là qu’on apprend à vivre ensemble !« 

Ahum & lol, si je puis me permettre. J’ai failli intervenir, et puis je me suis retenue. Après tout, Fiston a l’habitude d’entendre des sons de cloches très différents sur plein de sujets, et il me parle ensuite de ce qui l’étonne ou le perturbe dans les agissements et convictions des autres. On débriefera s’il le faut.

Quelques minutes plus tard, ayant jeté mon dévolu sur 2 livres, je viens récupérer mon galopin. Nouvel Ami lève les yeux sur moi et me dit avec émerveillement (le mot n’est pas trop fort) : « Elle est vraiment adorable, votre petite fille. »
Fiston rigole : « Non, je suis un garçon, moi ! »
Nouvel Ami est un peu gêné, mais on le rassure : tout le monde se trompe. Avec une tresse qui descend jusqu’aux fesses, on peut difficilement en vouloir aux gens de prendre Fiston pour une fille.
Nouvel Ami me répète : « Il est vraiment adorable. » Je dis « Je sais. » Il insiste : « Non, mais vraiment adorable. » Comme si je ne le croyais pas.
« Oui, je sais. » ^^
Nouvel Ami m’apprend qu’il s’occupe d’enfants en difficultés et qu’il adore les enfants – j’avais cru comprendre – et que des rencontres comme celle-là, pour lui, c’est extraordinaire.
Fiston en remet une couche : « Tu sais, moi je t’aime 25 000 fois le tour de l’univers ! »
J’ai l’impression que si ça continue, Nouvel Ami va se transformer en une petite flaque d’émotion pure.

Et puis comme il recommence à parler école, je lui indique que j’ai entendu ce qu’il racontait à Fiston. Air un chouia embarrassé de Nouvel Ami, qui n’aurait peut-être pas tenu exactement les mêmes propos s’il avait su que j’étais de l’autre côté du rayonnage.
Je dis en souriant que toutes les opinions sont bonnes à entendre. Et comme il repart sur le côté magique de sa rencontre avec Fiston, je glisse sans en avoir l’air, histoire de lui faire prendre conscience du côté ultra-contradictoire de son discours, que c’est une conséquence de l’IEF que j’apprécie beaucoup : comme Fiston n’a jamais eu l’habitude du tri scolaire par date de naissance, il va voir tout le monde sans se préoccuper des âges et engage spontanément la conversation aussi bien avec des enfants que des adultes, jeunes ou vieux, se fait des amis de tout âge. Bref, le « vivre ensemble », il pratique déjà – dans la société, la vraie -, ce que Nouvel Ami n’a pu que constater par lui-même.
Et pourtant, dans le même temps il lui a affirmé qu’il n’y avait qu’à l’école qu’on apprenait à vivre ensemble.

C’est très français, cet état d’esprit, non ? ^^

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