Bingo du nonsco – B2 : une vie sans pression

Par défaut

Rappel des faits : il y a près d’un an, Naë et moi avions concocté un Bingo du nonsco, reprenant pour ce faire les 24 arguments les plus souvent opposés aux pratiquants de l’IEF.
Mais qu’a-t-on à y répondre, à ces arguments, au fait ?

Aujourd’hui, en hommage à la non-rentrée de Fiston et Loulou, je continue toujours arbitrairement avec le B2 du bingo, à savoir : Une vie sans pression, c’est pas la vraie vie.

bingo_pression

Et puis moi j’aime pas la bière. ^^

Plus sérieusement, il me semble que cela rejoint en partie la vision commune de l’enfant et de la frustration. Il faut bien que les enfants apprennent à gérer la frustration (ce qui est vrai), donc frustrons-les exprès alors qu’il suffirait de les laisser vivre et de les accompagner dans les frustrations inévitables qu’ils rencontreront. J’en parlais déjà un peu ici.

La pression, je crois, est tout aussi inévitable. Tous, à un moment où à un autre, nous y sommes soumis, parfois imposée par nous-mêmes (directement ou indirectement), parfois venue de l’extérieur.

Pour ce qui est de la première, elle naît lorsque nous nous fixons des objectifs élevés. Et ça, les enfants sont très forts pour le faire tout seuls, merci. Je n’ai qu’à regarder Fiston voulant absolument monter tout en haut de la corde à nœuds au premier essai ou me souvenir de lui plus petit apprenant à shooter dans un ballon et voulant tout aussi absolument réussir à tous les coups pour en être convaincue. Cette pression-là va main dans la main avec la frustration lorsque nous ne sommes pas à la hauteur de nos attentes, mais aussi avec la joie lorsque nous y arrivons, et avec l’amélioration de nos capacités. Elle est extrêmement positive… dans le cas où elle reste réaliste.
Fiston a eu beaucoup de mal à admettre que oui, il arriverait tout en haut de la corde à nœuds mais peut-être pas dès le premier jour, qu’il lui faudrait s’entraîner pour ce faire. Mais il a fini par comprendre, et tout en gardant cette pression (monter de plus en plus haut), il a pu revoir à la baisse ses objectifs immédiats et s’est réjoui de réussir à poser les pieds sur le 4e nœud à la fin de la première journée.

L’auto-pression indirecte, elle, vient de certains choix effectués en amont. Par exemple de notre choix de ne pas scolariser Fiston va découler diverses pressions, notamment sociales et administratives, qui ne sont pas les mêmes que si nous avions fait le choix inverse.
Même si nous en sommes à l’origine, cette pression est souvent plus difficile à supporter. Elle va provoquer de nombreuses râleries, du stress, des pétages de plomb, voire des dépressions alors même qu’elle découle de nos propres choix et que nous la maîtrisons en partie.

Que dire alors de la pression 100% subie, celle dont nous ne maîtrisons rien. C’est typiquement dans ce cas que peuvent se trouver les enfants, parfois 24h/24. Pression pour devenir comme ci ou comme ça, pour ne pas décevoir leurs parents, pour ne pas jouer n’importe comment, pour devenir autonome le plus vite possible (ou le contraire, selon les cas) et, puisqu’on est dans le bingo du nonsco, pour aller à l’école 200 jours par an même s’ils s’y ennuient et s’y sentent mal, pour apprendre telle chose à tel âge parce que c’est comme ça, pour ne pas apprendre telle autre chose à tel âge parce que c’est pas autrement… liste non exhaustive, et surtout, ce qui n’est en général pas le cas pour les adultes, sans aucune échappatoire possible la plupart du temps : ni physique, ni mentale, ni légale.

Et c’est bien de cela que parlent ceux qui vont critiquer ainsi la non-sco, juste parce qu’on ne pense pas que mettre son enfant sous pression depuis ses 2-3 ans (on voit des gamins de 3 ans tout à fait « normaux » qui ont déjà des cours de soutien en maternelle) jusqu’à ses 16 ans (au minimum) soit indispensable.
(Au passage, ces gens-là n’ont jamais dû croiser certains non-scos chez qui la pression mise aux enfants est digne des écoles les plus élitistes. ^^)

Ce genre de pression, je ne sais pas vous, mais je n’en voudrais pas pour moi.
Qu’on ne puisse pas forcément l’éviter, ok.
Qu’on puisse s’y adapter, et même en tirer du positif parfois, ok aussi.
Ça aide à rentrer dans le moule, c’est sûr. Et à trouver normal ensuite d’être continuellement sous pression, toute sa vie durant.

Ici, une précision s’impose : je ne dis pas que tous les enfants scolarisés sont sous pression. Il y en a qui vivent ça très bien, pour des tas de raisons (qualité de l’école et/ou des profs, accompagnement de la famille, caractère, etc.), et qui ne voudraient pour rien au monde être déscolarisés.
Ce billet répond seulement à ceux qui considèrent que c’est mal de ne pas mettre exprès son enfant sous pression.

On n’a pas toujours le choix. Peut-être qu’un jour Fiston ne l’aura plus.

Mais pour le moment, il l’a, il en profite ; et qu’on ne vienne pas nous dire que sans cette pression-là, il ne vit pas vraiment.

corde_a_noeuds

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s