Archives Mensuelles: mars 2013

Des animaux, des enfants et des hommes – 5 : C comme civet, C comme Cage

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La dernière enquête en date de L214.
Bon appétit.

Ce mercredi 27 mars, L214 rend public un film d’enquête réalisé dans 8 élevages français de lapins de chair, commercialisant notamment la viande dans les grandes surfaces.

L’enquête réalisée dans la plus grande zone productrice de France montre les conditions d’élevage exécrables des lapins élevés pour leur viande et l’état de santé très dégradé de nombreux animaux. Les poubelles y sont remplies de cadavres et de flacons d’antibiotiques.

Les images ont été filmées entre novembre 2012 et janvier 2013 en Bretagne et Poitou-Charente.

Famille Rodriguez-Martin : le harcèlement se durcit

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Je fais suivre ce courrier de Sylvie Rodriguez-Martin, dont j’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises.
Pour plus d’infos sur leur conflit avec l’Éducation Nationale, rendez-vous sur leur site.

Voilà bientôt 4 ans que l’éducation nationale essaie de nous faire plier et condamner parce que nous défendons avec acharnement notre droit à instruire nos enfants en famille dans le respect de la loi.
Le Tribunal Administratif de Lyon vient de rendre sa décision : la requête que nous avons lancée, afin de faire suspendre l’injonction de l’éducation nationale à scolariser nos enfants, a été rejetée. Pourtant, de l’aveu même des deux Directeurs Académiques successifs de l’Ain, Tom et Lilou sont « heureux, instruits et épanouis ».
Cela n’a pas empêché Philippe Sauret et Lionel Tarlet de nous envoyer devant le Tribunal Correctionnel de Bourg en Bresse en 2012, tribunal qui nous a finalement relaxés. En effet, nous avons pu apporter la preuve que Philippe Sauret avait menti pour nous envoyer en Correctionnelle, dans le but de nous intimider.
Lionel Tarlet nous menace de nous signaler à nouveau au Procureur pour nous envoyer devant le Tribunal encore une fois, si nous ne scolarisons pas nos enfants de force. Refusant de nous soumettre à une injonction de scolarisation totalement abusive, et plus déterminés que jamais à apporter les preuves que nous avons scrupuleusement respecté la loi depuis le début du conflit qui nous oppose à l’éducation nationale, nous engageons un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat pour contester cette décision non motivée par le juge administratif.
L’éducation nationale et la justice française menacent de :
– nous condamner à 6 mois d’emprisonnement et 7 500E d’amende,
– séparer une famille pourtant respectueuse de la loi,
– scolariser nos enfants de force.Les mensonges de Philippe Sauret et de Lionel Tarlet, inspecteurs d’académie qui harcèlent notre famille, n’ont pas, jusqu’à présent, été retenus par la justice. Comment peut-on se défendre si nous ne pouvons évoquer leurs mensonges que nous pourrions prouver ?
Nous avions une très jolie vie, avant qu’ils nous tombent dessus. Cela fait 4 ans qu’ils nous harcèlent. Nous avons la sensation de ne pas avoir vu grandir nos enfants…
Vous pouvez nous aider en diffusant l’information à toutes les personnes susceptibles de se sentir concernées par notre combat, qui pourraient nous apporter leur soutien, ou en nous communiquant leurs coordonnées.
Pour plus de détails, notamment sur le non-respect de la loi et les mensonges des inspecteurs, vous pouvez nous joindre par mail ou par téléphone :
04 50 40 29 94
06 31 88 28 27
Je vous remercie par avance de votre attention,
Sylvie Martin Rodriguez

Des animaux, des enfants et des hommes – 4 : T comme Tintin, T comme Tel (en tant que)

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tintin_congo

L’autre matin, Fiston vient me trouver avec Tintin au Congo en me demandant de le lui lire.
Niet.
« Pourquoi ? » demande Fiston.
« Parce que ce livre est raciste et que je n’ai pas du tout envie de le lire. »
Je lui précise quand même que le jour où on parlera du racisme, du colonialisme et de tous les trucs en « isme », ça fera un très bon support.

Sans insister, Fiston pose le livre et va en chercher un autre.

Mais ce soir-là, alors que je lui demande s’il peut descendre dans 5 minutes pour le brossage de dents, il me répond « Milou, il a cassé la queue du lion. C’est pas bien, hein ? »

C’est comme ça que j’ai compris qu’il s’était plongé dans Tintin au Congo. Et que je me suis rappelé, outre le racisme ambiant – et le ridicule absolu du scénario -, l’omniprésence du spécisme avec notamment les safaris et l’obsession de Tintin tout au long du livre à tirer sur tout ce qui bouge (ou pas), histoire de se la péter avec ses trophées. Lions, antilopes, rhinocéros (à la dynamite, quand même), éléphants… Tout  y passe.

Et puis 5 minutes plus tard, quand Fiston arrive dans la salle de bain, toujours plongé dans sa BD, il me sort une phrase que je ne pige pas bien sur le coup, où il est question d’une machine et de je ne sais qui n’arrivant pas à s’en servir.
Je regarde l’image correspondante, soupire intérieurement en comprenant à retardement, et lui demande de répéter pour être sûre.
« Maman, pourquoi les singes, ils font exploser la machine ? »

C’est bien ce que j’avais entendu.
Sauf que ce ne sont pas des singes.
Ce sont des Noirs. Dessinés, effectivement, grosso modo comme des singes.

À gauche, ces couillons de N oirs. À droite, ce crétin de singe.

2 cases tirées de Tintin au Congo. À gauche, ces couillons de Noirs. À droite, ce crétin de singe.

Et voilà, tout est dit.
Je ne vais pas vous faire un couplet sur le pourquoi du racisme et du colonialisme de cet album, contexte de l’époque et blablabanania, Wikipedia en parle fort bien.

Mais simplement, je voudrais souligner la chose suivante, en laissant à un billet ultérieur le soin de développer :

Toutes les discriminations sont basées sur une conviction ou du moins une affirmation : NOUS > eux.
Et tout au long de l’Histoire, des catégories d’êtres humains ont justifié les discriminations envers d’autres catégories d’êtres humains en les déshumanisant, en les assimilant à des animaux.

Que ce soit les Noirs, les Indiens d’Amérique, les femmes, les enfants, les esclaves, les Juifs, les homosexuels, l’ennemi en temps de guerre, les criminels et j’en passe, on a toujours justifié ainsi leur oppression ou leur extermination.
Ce ne sont pas des êtres humains : ce sont des singes, du bétail, des cochons de Juifs, des cafards (exemple récent issu de la guerre en Irak), de la vermine, des monstres… Et à peu de choses près, leur sort est le même que celui des animaux au rang duquel on les ramène : castrés, aveuglés, enfermés, enchaînés, exploités, mis à mort (mais attention, parfois de manière humaine ^^), exhibés, massacrés, mutilés, marqués au fer, vendus, torturés, gavés (cf le documentaire Arte sur les Suffragettes où l’on voit une femme se faire gaver (documentaire visible ici, la scène de gavage commence à 29:25) comme une oie pour l’empêcher de faire la grève de la faim), victimes d’expérimentations, d’eugénisme (pudiquement appelé « sélection » dans l’univers de l’élevage animal)…
On trouve aussi de la discrimination plus « soft ». Pour en revenir à l’époque du colonialisme si bien dépeint dans Tintin au Congo, les Noirs étaient représentés comme des hybrides de singes pas bien dégourdis et de grands enfants un peu attardés : heureusement que les Blancs étaient là pour les aider – le lien pointe vers la version Tintin au Congo à poil, histoire de rigoler un peu, mais je précise que l’absence d’habits chez Tintin constitue la seule différence avec l’album original. Les femmes en 1946 – mais c’est encore vrai aujourd’hui dans l’esprit de bien des gens – n’étaient pas fichues de garder leur sang-froid. Quant aux enfants, chacun sait bien qu’il ne faut surtout pas les laisser décider de quoi que ce soit les concernant. On peut d’ailleurs toujours les baffer en toute impunité, en France, au XXIe siècle.

Discrimination soft ou hard, présente ou passée, on en revient toujours à la même raison : parce que ce n’étaient, ce ne sont pas tout à fait des êtres humains.
C’étaient, ce sont des sous-êtres humains.
Des animaux, quoi. Un peu évolués pour certains, mais des animaux quand même.
On peut donc les traiter en tant que tels (même pas honte).

Bien sûr, le sort du york nain est en général plus enviable que celui du cochon, mais la discrimination envers les animaux non humains, la conviction que l’homo sapiens est supérieur et que par conséquent nous avons tous les droits sur les autres espèces, constitue la base de toutes les discriminations envers les autres groupes d’individus humains.

Alors, que faudrait-il faire pour éradiquer toute forme de discrimination ?
Hmmmm ?
Une petite idée ? 😉