Archives Mensuelles: janvier 2013

Le sommeil, l’éternelle question – 3

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Pour lire l’épisode 1, c’est ; le 2 est ici.

Fiston a donc maintenant 2 ans : il a un nouveau lit dans lequel il dort toute la nuit sans se réveiller, c’est formidable.

Évidemment, ça ne dure pas. Quelques semaines plus tard, on repart sur les réveils la nuit. Par contre, il accepte de s’endormir à nouveau seul pour la sieste, ce qui me permet de souffler un peu.

Les mois filent. 2 ans et demi.
Fiston se réveille toujours assez régulièrement la nuit. On en a eu marre de passer du temps à le rendormir, puis à tenter une sortie discrète qui le réveillait une fois sur deux : maintenant, celui qui se lève finit la nuit avec lui.
Et puis finalement, comme on en a marre aussi d’être réveillé et de devoir crapahuter dans le froid (c’est l’hiver et la maison n’est pas hyper bien chauffée) pour aller le rejoindre, on se couche directement avec lui. C’est moi qui m’y colle en semaine (le Barbu se levant très tôt), et le w-e ou pendant les vacances, on alterne.
Donc concrètement, on endort Fiston, on sort de sa chambre, puis au moment de se coucher, y en a un qui va dormir avec lui. Il y a beaucoup moins de réveils comme ça, et de toute façon, globalement, tout le monde est moins crevé.

On arrête de se prendre la tête sur l’âge hypothétique auquel il voudra bien redormir seul. Ça n’est pas l’important.
L’important, en tout cas à mon avis, c’est que Fiston s’est contenté de ce que nous pouvions lui donner à sa naissance ; mais au fur et à mesure que nous progressions en tant que parents et étions enfin capables de lui donner plus, il a demandé plus. Son envie de dormir avec nous, c’est pas pour nous casser les pieds, c’est un besoin qu’il s’est résigné à mettre de côté pendant longtemps. Il sait parfaitement dormir seul, je le sais bien – il le fait toujours sans problème chez ses grands-parents, d’ailleurs. Mais chez nous, il rattrape ce qu’il n’a pas eu les 2 premières années de sa vie.
Mieux vaut tard que jamais.

Les mois filent toujours. 3 ans. 3 ans et demi. 4 ans. 4 ans et 3 mois.
On dort toujours avec Fiston. Il a quand même fallu que Naë me dise « Ben vous faites du cododo, en fait, maintenant » pour que je m’en rende compte (je suis vachement fûtée, parfois).
En revanche, il veut bien s’endormir tout seul maintenant. La plupart du temps. Parfois il redemande à ce qu’on l’endorme (surtout quand c’est son père qui le couche), et puis au bout de quelques jours ou quelques semaines, rassuré (?), il s’endort à nouveau seul.

On ne se prend toujours pas la tête, par contre maintenant cette situation me pose un problème.
Le sommeil de Fiston est devenu vraiment bon. Depuis ses 4 ans et peut-être même un peu avant, il ne se réveille plus du tout la nuit. Du moins tant qu’on ne vient pas se coucher avec lui.
Même si on ne se couche pas avant 4h ou 5h du matin, il ne se réveille plus – ou ne nous appelle plus, en tout cas.
Je n’ai guère de doutes sur le fait que si on le laissait dormir tout seul, il dormirait d’une traite jusqu’au matin. Par contre, entre l’escalier qui craque, la porte et le parquet qui grincent, le fait qu’on retrouve parfois Fiston en travers du lit au moment de s’y glisser et je ne parle pas des fois où j’étais à côté de mes pompes du matelas et me suis pris une poutre en pleine tête, eh bien il est fréquent que notre arrivée le réveille, même à moitié.
Je trouve ça franchement dommage, mais lui s’en fiche.

fiston_meme_adulte

Bon, bon. ^^

Arrive le mois d’octobre. Comme tous les ans, je vais me rendre 3 jours à un festival du livre, dans le sud de la France (youpi !). Comme tous les ans, Fiston passera une partie des 3 jours chez mes parents.
Mais une semaine avant, il chope une bonne crève qu’il refile illico à son père. J’ai beau avoir une immunité bien reboostée depuis que je suis végé, je préfère mettre toutes les chances de mon côté. Un salon du livre qui dure 3 jours – sans oublier les 2x7h de train – c’est déjà fatigant ; alors quand on est malade, je ne vous raconte pas.
Je propose donc à Fiston de dormir sur le clic-clac de sa chambre jusqu’à mon départ pour moins risquer d’attraper son rhume tout en étant avec lui.
Il me répond « Non, tu vas en bas. »

o_O <– ça, c’est ma tête.
Je vérifie que j’ai bien compris. Oui, je suis censée dormir en bas.
Bon, sauf qu’en bas y a le Barbu qui est lui aussi malade. Et puis je me connais, sachant Fiston enrhumé, je tendrai l’oreille de peur de ne pas l’entendre s’il se réveille en toussant ou en ayant besoin de qq chose, donc je ne dormirai pas ou mal.
Je propose donc à Fiston de dormir dans la chambre d’amis, à côté de la sienne.
Deal.
J’entends Fiston tousser de temps en temps, mais la nuit se passe bien ; au matin, il est en pleine forme.

Le reste de la semaine, même topo.
Je reviens de salon, je demande (en me traitant intérieurement de gourde) à Fiston où il veut que je dorme cette nuit. Il me dit « en bas ».
Bon. Je ne lui redemanderai plus (j’ai repris goût à dormir dans mon lit toutes les nuits, héhé) tout en gardant à l’esprit que rien n’est définitivement acquis. Mais depuis bientôt 4 mois que ça dure, Fiston dort comme un loir.

On a trouvé un nouveau rythme qui nous convient à tous : Fiston se couche entre 21h30 et 23h en temps normal, dort toute la nuit et se réveille avant nous (le w-e) ou moi (en semaine). Il sait qu’il ne doit pas nous réveiller avant 9h (on est des couche-tard-lève-tard) sauf si besoin particulier ou urgent, donc il va regarder l’heure. S’il est trop tôt, il joue, il lit, il cause avec les chats, il mange s’il a faim : il vit sa vie. S’il est 9h ou plus tard, il vient nous réveiller en marmonnant l’heure pour ne pas l’oublier : « coucou, alors il est 0 9 deux petits points 3 7 ! » – ça c’était surtout au début, lorsqu’il ne savait pas tellement lire une heure digitale -, ou « coucou, il est 10 h 13 ! » – ça c’est maintenant et dans cet exemple on a du bol, 1h13 de rab ^^.
Parfois je réclame un délai supplémentaire, qu’en général il m’accorde volontiers. Parfois, mais c’est de plus en plus rare, il vient avant 9h.
Quand j’ai vraiment du mal à me réveiller, je lui demande s’il veut venir faire un câlin en attendant. Il refuse presque toujours.

fiston_occupe

Les exceptions, car il y en a :

  • Il y a eu en tout 3 ou 4 réveils nocturnes pour cause de peluche perdue : dans ce cas je monte, je trouve la peluche, je la redonne à Fiston qui se rallonge aussitôt, je lui demande si ça va aller, il me dit « oui » et je redescends tranquillement. Le lendemain, il ne se souvient de rien.
  • Nous cododotons encore un peu. De temps en temps Fiston demande à ce que moi ou son père dormions avec lui. Ce n’est pas toujours possible la nuit demandée (lever tôt, pas en forme, pas envie…), dans ce cas on en propose une autre. Je dirais qu’en moyenne on passe 2 à 3 nuits par mois avec lui. Il adore ça. Le matin, il réclame ma main et se rendort en la tenant. Et au lieu de se lever dès son réveil définitif, il reste à me regarder en souriant, en chuchotant parfois « là je vais voir l’heure mais ensuite je reviens me rallonger avec toi, maman, d’accord ? Tu laisses ta main là ? » 😀
    (Ouais, j’adore aussi :D)

Voilà qui conclut (a priori) cette série sur le sommeil de Fiston.
À noter que pour sa future chambre, Fiston a jeté son dévolu sur un lit mezzanine avec toboggan – soit un lit de 90 de large seulement, contre 140 actuellement. Je lui ai fait remarquer que, si on lui prenait ce lit, nous ne pourrions plus dormir avec lui, faute de place.

Il a eu l’air de s’en ficher pas mal.

Toboggan : 1 / Parents : 0. 😉

Comment l’IEF – 7. Leave them kids alone

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jeu_2Aujourd’hui, Fiston a inventé un jeu multifacettes.

Il a ressorti une boîte de cubes que Naë lui avait offerte il y a longtemps, contenant 27 cubes en bois, chacun portant sur ses 6 faces des lettres, des chiffres ou des dessins.

Jusque-là, quand Fiston jouait avec les cubes, c’était pour construire des tours ou des maisons.

Ce matin midi, quand je me suis levée, il avait commencé à colorier certains dessins pour faire plus joli.

jeu_1

Puis il a eu envie qu’on joue ensemble à un nouveau jeu dont il a inventé les règles dans la foulée.

Voici donc comment on joue au « Rigolo du monde » – c’est le nom qu’il lui a donné :

On choisit un cube, rebaptisé « dé » pour l’occasion, et on le lance chacun son tour.
Si on tire une lettre, on doit trouver – ou inventer, ça marche aussi – un mot commençant par cette lettre.
Si on tire le chiffre x, on doit frapper dans ses mains x fois.
Si on tire un dessin d’animal, il faut imiter son cri et/ou sa façon de se déplacer.
Si on tire un objet, eh bien on demande à Fiston ce qu’il faut faire et il nous trouve quelque chose. ^^

Par exemple, si on tombe sur un dessin de cerises, on fait semblant de les manger. Sur une fleur, on fait semblant de l’offrir à l’autre. Sur un hélicoptère, on imite son bruit. Sur une télé, on dit que c’est un ordinateur portable qu’on fait mine d’ouvrir et de refermer. Sur des lunettes, on va chercher les anciennes lunettes du Barbu, « celles pour voir flou », comme les appelle Fiston, et on regarde à travers 1 seconde. Si on tire le bateau, on le fait naviguer en disant « cuicuicui » – cherchez pas, j’ai pas compris le rapport non plus.

Quand on en a marre, on change de dé. Il s’agit donc d’un jeu multijoueurs à 27 dés, dont les règles sont aux cinq sixièmes fixes et, pour le sixième restant, aléatoires.
Provençal le Gaulois apprécierait sûrement. ^^

jeu_3

On y a joué une bonne heure aujourd’hui.

Le « zéro » a eu beaucoup de succès. Fiston a beau le connaître et le comprendre depuis longtemps, quand l’un de nous tirait le zéro et devait donc frapper « zéro fois » dans ses mains, cela déclenchait chez lui un gros fou rire. À noter que lorsque c’était son tour, il ne pouvait s’empêcher d’amorcer le geste mais s’arrêtait avant que ses mains se touchent en disant : « Ça y est, zéro fois ! »

Et je ne m’y attendais pas du tout, mais plusieurs fois Fiston a trouvé tout seul et du premier coup des mots commençant par la lettre qu’il avait tirée – jusqu’à maintenant ça n’avait pas du tout fait tilt, le fait que tel mot commence par tel son.

Par exemple, après avoir inventé plusieurs mots commençant réellement par le son « i », il a de nouveau tiré un « I » et m’a dit : « iiiii… mmeuble ! »
Pour le « P », après avoir casé « ppp… papa », il m’a sorti : « ppp…pelleteuse ! »

Il s’est trompé parfois, surtout quand il faisait l’andouille ou sur la fin, quand il commençait à avoir l’estomac dans les talons, mais beaucoup moins que d’habitude et j’ai eu l’impression qu’un déclic commençait à se faire dans sa tête.
On verra si ça se confirme prochainement.
Ou dans plusieurs mois, ou dans un an, ou plus tard encore : une notion peut mettre très longtemps à se décanter quand on ne cherche pas à coller à un programme arbitraire.

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais il y a un peu plus d’un an, dans le premier billet de la série « Comment l’IEF », j’avais indiqué que Fiston commençait à aborder de son propre chef la multiplication. Eh bien, en fait, il ne m’en a plus jamais parlé pendant une bonne année. C’est seulement en novembre dernier qu’il a recommencé à s’y intéresser – ou en tout cas à le montrer.

Je me suis fait avoir en beauté la première fois. ^^

2x7

Depuis, Fiston manie régulièrement la multiplication en général et beaucoup la table de 2 en particulier. Pour l’instant, ça a l’air bien (re)parti, mais s’il l’oublie à nouveau pendant 1 an, je ne m’en inquiéterai pas.

Les apprentissages (qu’on soit enfant ou adulte) sont rarement réguliers. Il y a des paliers, il y a des régressions, il y a des bonds en avant et des progrès insensibles. La plupart des parents et des professionnels l’admettent lorsqu’il s’agit des acquisitions des premières années (notamment la marche, la parole et la continence), mais quasiment tout le monde l’oublie dès que l’enfant arrive à l’âge dit scolaire.

Pourtant, qu’on ait 1, 3 ou 30 ans, nous ne sommes pas des machines. Nous sommes des êtres vivants, et la vie par essence est changeante et malicieuse. Elle passe par des phases d’éveil et de sommeil, elle alterne entre effort et réconfort, activité et paresse, faim et satiété, sans compter qu’elle offre parfois des visages bien trompeurs.

C’est lorsqu’il dort profondément que l’enfant grandit le plus ; c’est parfois lorsqu’il se tait qu’il intègre une notion.
En silence, en profondeur.
En privé.

De même que je n’irais pas réveiller Fiston au beau milieu de la nuit pour le mesurer, je n’ai – de mon point de vue – pas à interférer dans ses apprentissages.
Mon boulot : lui faire confiance, être là « au caillou » (merci à Loulou pour l’expression :)) et… le laisser tranquille.

Comment l’IEF – 6. Mais comment vous lui avez appris à écrire ?

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Hier matin je suis allée chez l’ostéopathe, pour moi, accompagnée d’un Fiston qui avait promis de rester tranquille et de ne pas passer l’heure à me chatouiller comme la fois précédente. ^^

Il a tenu parole : il a beaucoup parlé avec l’ostéo (qu’il connaît depuis toujours), a monté et descendu la table quand elle le lui demandait, il a colorié, dessiné, fait des grimaces à la Charlot (son idole du moment) et regardé par la fenêtre les gendarmes qui passaient à cheval.
Quant à moi, je me suis super bien détendue, mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est qu’après avoir fini un coloriage, Fiston l’a donné à l’ostéo, puis lui a repris aussitôt en disant qu’il avait l’habitude de mettre son prénom et son nom de famille sur les dessins, mais aussi le prénom des gens à qui il les offrait.

Il lui a donc demandé d’épeler son prénom, l’a écrit au-dessus du coloriage, puis a « signé » comme d’habitude. Et l’ostéo de s’extasier sur son écriture, tant sur la forme des lettres que la vitesse à laquelle il avait écrit.
Elle sait qu’il n’est pas scolarisé : c’est d’ailleurs une des rares personnes avec qui je peux en parler tranquillement, car si elle a mis son propre enfant (âgé de bientôt 6 ans à présent) à la Maternelle, c’était seulement parce qu’il en avait envie. Elle n’aurait eu aucun problème à ne pas le scolariser aussi tôt, elle-même n’étant entrée à l’école qu’à 5 ans. Bref, c’est donc un sujet de non-débat entre nous, le fait que les enfants apprennent très bien sans école ; toujours est-il qu’elle était étonnée par l’écriture de Fiston vu son âge (4,5 ans).

Elle m’a demandé : « Mais comment vous lui avez appris à écrire ? »
La question m’a surprise. J’ai répondu machinalement : « Il a appris tout seul. »

Puis j’ai dû farfouiller dans ma mémoire, car les choses se sont faites tellement progressivement que je ne me rappelais plus vraiment comment il avait appris à écrire. Je ne me suis pas dit un jour : Tiens, il écrit.

Et donc, comment Fiston a-t-il appris de lui-même à écrire ?
Il est depuis toujours passionné par les lettres. Tout bébé encore, bien avant de savoir parler, il montrait les lettres (dans les livres, sur un panneau quand on en croisait un – toutes les occasions étaient bonnes à prendre) et m’adressait un « hmmm ? » interrogateur jusqu’à ce que je lui dise le nom de la lettre.
Vers 18-20 mois, il les connaissait toutes (alors qu’il n’a parlé que vers 3 ans).

Avant ses 2 ans, il était capable de les repérer sans se tromper : je m’en suis aperçue alors qu’il faisait un puzzle en forme de girafe et composé de 26 pièces portant une lettre d’un côté et un chiffre de l’autre. Il avait choisi le côté « lettres » et quand il ne trouvait pas la bonne pièce à encastrer, il m’adressait son fameux « hmmm ? » : il suffisait que je lui dise la lettre pour qu’il trouve immédiatement le morceau qu’il cherchait.

Entre 2 et 3 ans, je n’ai pas souvenir de progression particulière, mis à part qu’il arrivait à prononcer le son de quelques voyelles et consonnes et que je l’entendais parfois « s’entraîner » juste avant de s’endormir : « A ! O ! I ! T ! K ! »
Oui, il avait de drôles de berceuses. ^^

Un peu après ses 3 ans, j’en avais parlé aux débuts de ce blog, il s’était mis à tenir ses stylos correctement, entre 3 doigts, et avait passé des heures et des heures à « écrire » en inventant des lettres et les sons pour aller avec. Puis il avait découvert le stylo-plume, et cela n’avait fait qu’accentuer sa boulimie de graphisme. De temps en temps, par le plus grand des hasards, une lettre de l’alphabet français surgissait au milieu de ses tracés tarabiscotés. Il la repérait aussitôt et, tout joyeux, nous en faisait part : « Regarde, là, j’ai écrit un N ! » « Et là c’est un V ! »
Petit à petit, de sa propre initiative, il s’est mis à les dessiner exprès, ces lettres. Parfois approximatives, parfois en miroir (très courant chez la plupart des enfants et absolument normal), parfois impeccables.
Parfois avec des enjolivures de son cru, qui me faisaient bien rire.
Souvent, il nous demandait comment on dessinait d’autres lettres, alors on lui montrait. Je lui ai donné des pochoirs avec les lettres et les chiffres pour qu’il puisse écrire tout ce qu’il voulait sans être obligé d’attendre qu’on soit disponible – il s’en est assez peu servi, à vrai dire : de temps en temps il en prenait un et nous écrivait l’alphabet dans son intégralité, mais c’était rare.
Puis il a commencé à nous demander comment tel ou tel mot s’écrivait. Parfois c’était à nous de l’écrire, parfois c’était lui qui voulait le faire. Parfois il s’énervait car il n’arrivait plus à écrire une lettre – qui ne lui posait pourtant pas de problème quelques jours plus tôt – au point de ne « plus jamais » vouloir écrire. 2 heures ou 2 jours après, il y revenait et cette fois-ci c’était dans le sac.

Il y a eu aussi les perles à repasser : j’avais trouvé des plaques alphabet et chiffres, et il a fabriqué des tonnes de chiffres et de lettres en perles, pour les assembler ensuite et me demander de lire ce qu’il avait écrit – en général un infâme charabia qui le faisait rire aux larmes, et moi m’étrangler à essayer de le prononcer.
Il en a fabriqué en pâte à modeler. En tips.
Avec des haricots.
On en a sculpté dans des pommes de terre pour faire des tampons.
Il a regardé je ne sais combien de fois le « C’est pas sorcier » sur l’écriture.

Et surtout il a écrit, écrit, quasiment tous les jours, et toujours à sa demande. À la main, beaucoup. Sur l’ordinateur, pour envoyer des mails. Sur les machines à écrire de son père.
Nous étions là, bien sûr, pour répondre à ses questions. Mais nul besoin de le pousser ou de le récompenser, ni même de le féliciter : il le faisait très bien tout seul. 😉

Voilà comment Fiston a appris à écrire les lettres (majuscules : il connaît les minuscules mais ne semble pas pressé de s’y mettre).
C’est notre expérience, ceci n’est valable que pour nous. D’autres apprendront plus tôt, ou plus tard, et de toute façon différemment. Mais ils apprendront. 🙂

À noter que pour le moment, Fiston n’est pas du tout intéressé par la lecture : il fait semblant de lire parfois, en racontant n’importe quoi, du style « là il y a marqué gribaolititutulou tiripou kador, ça veut dire radiateur en anglais. » Inutile de répondre autre chose que « si tu le dis, mon chéri », le jeune linguiste n’en démordra pas. ^^
Il nous demande souvent de lire pour lui, aussi. Mais l’assemblage des lettres pour former des sons lui passe manifestement à 10 bornes au-dessus de la tête : il s’en fiche.

Il dit qu’il lira quand il sera maçon.
J’en reparlerai quand même probablement ici avant. 😉

bonne_annee_2013

Voilà, ça c’est fait.
Bonne année, les gens 🙂