Archives Mensuelles: novembre 2012

Le sommeil, l’éternelle question – 2

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Pour lire l’épisode 1, c’est .

Fiston, 10 mois, ne s’endort donc plus tout seul.
Les premiers jours, le Barbu et moi nous y collons ensemble. Puis l’épuisement aidant (parfois nous mettons 2 heures à endormir Fiston), nous commençons à nous relayer, toujours sans trop comprendre ce qui se passe.
Arrive l’été, chaud. La chambre de Fiston est à l’étage, mansardée. On arrive à la garder à peu près fraîche jusqu’au soir en aérant le matin, mais passer 2 heures à endormir un bébé qui s’agite, rigole ou hurle fait monter la température en flèche. On endort donc Fiston dans notre chambre (au RDC et orientée vers le nord, il y fait toujours froid) puis, une fois endormi, on le monte pour le poser dans son lit. Bien souvent il se réveille dans l’opération et il faut tout reprendre à zéro.

Puis il commence à se réveiller la nuit, parfois. On le rendort et on le recouche, mais c’est comme en soirée, ça peut prendre du temps. Il peut se réveiller dès qu’on le met dans son lit. Ou dès qu’on sort de la chambre. Ou quand on descend l’escalier (qui grince horriblement).
Et même les nuits où il ne se réveille pas, comme je tends l’oreille de peur de ne pas l’entendre appeler (ce qui est débile, on l’entend parfaitement dans toute la maison), de toute façon je ne dors pas bien.

Commence un truc un peu surréaliste, où l’on va tenter de comprendre ce qui fait que Fiston va se réveiller telle nuit et non telle autre. J’essaye d’établir des corrélations entre son sommeil et ce qu’il fait dans la journée, ce qu’il mange, l’heure à laquelle on le couche, la façon dont on le couche, la présence ou non de lumière dans sa chambre et son intensité, la présence ou non d’un tour de lit…
J’en viens même à tenir un fichier pour noter toutes ces âneries.

En plus, Fiston se montre taquin. Quand on change un paramètre (la lumière, par exemple), souvent il va dormir d’une traite pendant quelques nuits. La première, moi je ne dors pas, forcément : je guette. La deuxième, je dors, mais d’un œil. La troisième, alors que je commence à y croire et que je cède à Morphée, il se réveille en pleurant.
Et c’est reparti pour un tour.

À noter que pour la sieste, c’est à peu près le même cirque.

À l’approche de ses 2 ans, le mode opératoire est devenu un rituel. On ne l’endort plus dans nos bras mais sur le clic-clac de sa chambre, allongé à côté de lui. Une fois qu’il dort, il faut donc le prendre dans les bras avant de le poser dans son lit, ce qui rajoute une cause potentielle de réveil. Fatiguée de jouer les Sisyphe de l’endormissement – sans compter que ça pète bien le dos -, un jour, je tente de le laisser dormir sur le clic-clac, en sécurisant l’espace à l’aide de coussins. D’abord pour une sieste. Ça marche. Quelques jours plus tard, à l’occasion d’un réveil nocturne, je tente pour la nuit. Ça marche aussi.
Mais comme la hauteur du clic-clac nous rend quand même un peu nerveux, quelques semaines plus tard, pour les 23 mois de Fiston, on investit dans un grand futon (140×200, histoire de pouvoir s’allonger confortablement à côté de lui pour l’endormir) sur tatamis.

Fiston adooooore son nouveau lit.
D’ailleurs, les premières semaines, même si on l’endort toujours, c’est très rapide, et surtout il ne se réveille plus la nuit. Le matin, il joue une bonne heure dans son lit avant de nous appeler.

Victoire ?

Vous le saurez dans le 3e et dernier – normalement – épisode. 😉

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Le mélange des âges

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Une anecdote récente, racontée par ma mère, qui m’a fait réaliser à nouveau à quel point le fait de trier les enfants par âge dans l’immense majorité des écoles est débile.

Fiston (4 ans, pour rappel) était parti à sa demande passer « 3 jours et 3 nuits » chez ses grands-parents, dont les premières 24h avec un de ses cousins de 9 ans et demi.
Fiston et Cousin ont passé tout leur temps ensemble à jouer, à dessiner et… à écrire.

Pour poser le contexte, Cousin est un garçon adorable qui déteste lire et écrire (je précise qu’il est scolarisé « normalement »). Écrire ou lire ne serait-ce q’une phrase lui demande de gros efforts. Ma mère arrive en général à lui proposer des exercices plus ludiques que ceux de l’école, mais ce n’est quand même jamais facile.
Fiston, pour sa part, adore écrire sous la dictée.

Et donc pendant toute une matinée, paraît-il, les 2 garçons ont dessiné ensemble. Fiston ensuite décrivait ses dessins à Cousin, qui transcrivait et allait vérifier l’orthographe auprès de ma mère. Une fois les fautes corrigées, il revenait et épelait pour que Fiston puisse écrire à son tour. Et ainsi de suite.
Fiston a ainsi triomphalement rapporté à la maison une chemise contenant plusieurs dessins légendés au dos sous la dictée de Cousin.

Et tout cela sans la moindre incitation de la part d’un adulte.

Parce qu’il était en présence d’un plus petit ne sachant pas lire mais adorant écrire sous la dictée, un garçon de presque 10 ans, d’ordinaire allergique à tout ce qui a trait à l’écrit, a spontanément lu et écrit des phrases entières, et en s’amusant qui plus est.
Il est évidemment bien plus gratifiant et motivant de lire et d’écrire pour quelqu’un qui n’en est pas capable, qui a vraiment besoin de vos compétences, que de se faire contrôler par un adulte maîtrisant tout ça bien mieux que vous… et qui vous attend au tournant à la moindre faute.

Ceci n’est qu’un exemple ponctuel, concernant 2 enfants. Imaginez l’énorme synergie qui pourrait se produire dans toutes les écoles si on arrêtait d’y classer les enfants par date de naissance mais si, au contraire, on mélangeait allègrement tout ce petit monde.
Si on adoptait les classes uniques.
Ces écoles, Bernard Collot les appelle « écoles du 3e type » : elles existent déjà mais elles sont rares…