Le sommeil, l’éternelle question – 1

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Fiston vient de franchir (a priori) une nouvelle étape dans le sommeil, qui tombe juste au moment où je réfléchissais à écrire un billet sur le sujet, notre parcours étant assez atypique – à mon avis, mais je me trompe peut-être.

Remontons donc 4 ans et demi en arrière.

Je suis enceinte de Fiston, sans l’avoir voulu : le Barbu et moi ne voulions pas d’enfants, pas du tout. Jamais.

J’ai digéré la nouvelle. Mais je n’ai pour le moment pas cherché plus loin que les modèles familiaux qui m’entourent : le bébé dans son lit à barreaux et dans sa chambre, et il fait ses nuits à 15 jours vu qu’on ne se lève pas s’il pleure.
D’ailleurs, on prépare sa chambre à l’étage, alors que la nôtre est au RDC. Et quand mes parents, inquiets, nous offrent un babyphone, ma réponse est immédiate : « Si on le met à l’étage, c’est pour pas l’entendre pleurer, alors votre truc, ça va pas vraiment servir. »

Oui, c’est bien de moi qu’il s’agit. Oui, j’ai changé.
Sans blague.

Vient l’accouchement et la rencontre avec Fiston.
Entre-temps, j’ai commencé à évoluer, quand même. J’ai découvert l’éducation sans tapes, sans fessées, sans punitions ni récompenses. Je suis tentée par l’IEF. Mais j’en suis restée au stade très intellectuel et pragmatique, je n’ai encore pas abordé l’aspect émotionnel même si j’aime déjà ce petit bonhomme de tout mon cœur, alors Fiston ira dormir dans sa chambre comme prévu au retour de la maternité.
Avec, quand même, le babyphone allumé.

Et là, premier vrai imprévu : il se trouve que quand il pleure, je me retrouve debout en train de courir vers lui avant que mon cerveau ait pu donner son avis. Bon, bon, on ne va donc pas le laisser pleurer, du moins dans la mesure de nos possibilités, parce que parfois on craque et on ne sait plus quoi faire d’autre.
Mais quand même, il faut le dire, Fiston est un bébé facile. Comme s’il savait qu’il a des parents à ménager, parce qu’ils n’ont pas voulu se retrouver dans cette situation et qu’ils sont encore plus débutants que les autres jeunes parents. Alors il patiente, il nous laisse le temps de mûrir.

Donc il dort bien. Il « fait ses nuits », comme on dit, rapidement. Il se réveille tard le matin – et se couche tard le soir -, comme nous. À 3 mois, il dort 12 heures d’affilée. Ça nous fait bien rire et nous remplit d’incompréhension devant les bébés qui se réveillent tout le temps..

Et depuis le début, sauf exception, il s’endort seul dans son lit.

Avance rapide.

Fiston a 10 mois.
Il est toujours facile à vivre, mais un peu moins qu’avant. Ses parents ont beaucoup évolué, il faut dire. Par exemple, moi, j’ai commencé à ne plus trouver très drôle qu’il se « tienne à carreau », comme je disais en rigolant quand on s’extasiait devant ce bébé qui pleurait si rarement. Je lui en ai parlé, quelques mois plus tôt. L’ai remercié d’avoir été si cool, ce qui nous a permis de l’aimer très fort très vite. Mais maintenant, ça n’est plus la peine, il peut être lui-même, manifester ses émotions, même les négatives.
Le message a été entendu. Fiston s’exprime davantage quand il n’est pas content.
Et ce soir, comme d’habitude, nous montons le coucher dans son lit à barreaux. Petit rituel, sans doute, je ne me rappelle plus bien, puis bonne nuit, on éteint la lumière et on sort. Comme d’habitude.
Mais cette fois, Fiston pleure. Il hurle, même.
On revient, éberlués. Il est debout dans son lit, et il hurle. Que se passe-t-il ? A-t-il faim ? Soif ? Est-il mouillé ?
Questions classiques, réponse unique : non. Fiston va très bien : il ne veut juste pas plus être tout seul pour s’endormir.
Bon.
On l’endort dans nos bras, tant bien que mal, on le pose dans son lit. Ça prend du temps, c’est pas facile de se courber pour le poser dans son lit en retenant notre respiration de peur de le réveiller, aïe le dos – il faut dire que Fiston pèse déjà dans les 10 kg.
Soirée amputée, et on ne comprend pas bien ce qui se passe.
Le lendemain, rebelote. On passe au moins 1 heure à endormir Fiston.
Le Barbu, la mine déconfite, murmure en redescendant : « J’espère qu’on ne va pas devoir faire ça encore longtemps. » J’acquiesce.

Je ne peux m’empêcher d’être secouée d’un éclat de rire homérique chaque fois que je repense à cette phrase.
On ne le sait pas encore, mais on vient d’en prendre pour pas loin de 3 ans.

Et encore, là, on ne parle que de l’endormissement. ^^

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  1. La suite, la suite!
    Vu les nuits hachées que l’on a eues pendant des mois avec notre Petit Bonhomme , je me demande quelle tournure a pris le sommeil de Fiston…

  2. Pingback: Le sommeil, l’éternelle question – 2 « Le blog de MelyNaë

  3. J’ai adoré votre article commentaire sur la psy du nouvel Obs, là, je suis plus mitigée.
    D’abord, quand on ne veut vraiment pas d’enfant, ben on n’en fait pas. Sinon, c’est que quelque part, on en voulait un. Faudrait pas laisser penser qu’aujourd’hui, dans le cadre d’un couple, si on est au clair avec un non désir d’enfant, on peut quand même en attraper un.
    Sinon, ben il y a une solution toute bête aux problèmes d’endormissement : tous dormir ensemble. C’est ce que nous faisons depuis des années, et c’est un bonheur. Pas de cauchemars, pas de pleurs, pas de trainage de pieds ni de demandes de verre d’eau à n’en plus finir ou de pipi à répétition. La classe quoi !

  4. Merci d’être venue jusqu’ici pour m’annoncer que j’avais en fait un désir d’enfant sans le savoir, quelque part.
    Je suis sûre que certaines filles du forum maman-blues, forum sur lequel j’ai passé les premiers mois de ma grossesse, seraient tout aussi ravies que moi de l’apprendre et que ça consolerait beaucoup celles qui dépriment en pensant avoir foutu leur vie en l’air en tombant enceintes sans le vouloir. Ou celles qui ont fait un déni de grossesse, tellement elles n’en voulaient pas, et qui s’en sont rendu compte à 7 mois, ou même en accouchant.
    Je ne laisse pas penser « qu’aujourd’hui, dans le cadre d’un couple, si on est au clair avec un non-désir d’enfant, on peut quand même en attraper un ». Je dis que c’est mon cas, et je suis loin d’être la seule – enfin, à part que ça ne « s’attrape » pas, un enfant : c’est pas un rhume.
    Vous savez, à part l’abstinence, aucun moyen de contraception n’est fiable à 100% (bon, y a bien eu un cas reporté il y a environ 2000 ans pour l’abstinence mais y a des sceptiques, dont je fais partie). Et surtout, vous êtes mignonne mais je sais mieux que vous si je voulais ou pas des enfants, si mon mari en voulait ou pas, et la réponse est non dans les 2 cas. Ni quelque part ni ailleurs. Que ça vous plaise ou non.

    Pour ce qui est des pb d’endormissement, je sais pas si vous avez bien suivi l’affaire mais ce que je raconte dans ce billet date d’il y a environ 4 ans. Y a un « 1 » dans le titre, ce qui indique une suite. Le « 2 » est déjà publié, le « 3 » est en préparation. C’est le témoignage d’un cheminement, pas un cours sur l’endormissement ou le sommeil partagé (même si, je vous rassure, c’est ce qui se passe dans l’épisode 3), ni une demande de conseils a posteriori.
    Et ensuite, encore une fois, vous êtes mignonne d’affirmer que le sommeil partagé va régler tous les pb d’endormissement pour tout le monde. C’est le cas pour vous et pour d’autres, ça a été globalement le cas pour nous et c’est tant mieux. J’en connais un paquet qui font du cododo depuis la naissance de leur(s) enfant(s) et pour qui c’est quand même loin d’être rose tous les jours, que ce soit pour l’endormissement ou le sommeil, et même quelques-uns chez qui c’est juste l’enfer.

    Du coup, une chose m’intrigue : vu comment vous avez l’air d’aimer les généralisations hâtives et les affirmations péremptoires, qu’est-ce qui a bien pu vous plaire dans le billet auquel vous faites allusion au début de votre commentaire ? J’aurais plutôt pensé que vous vous trouveriez des affinités avec l’article du Nouvel Obs.

  5. Pingback: Le sommeil, l’éternelle question – 3 « Le blog de MelyNaë

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