Cadavre exquis

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En ce moment, Fiston aime bien raconter n’importe quoi. Des phrases sans queue ni tête, des mots les uns après les autres, qui n’ont aucun sens. Ça le fait se bidonner.

L’autre jour, en l’écoutant raconter ses salades, ça m’a rappelé un jeu que mes frères et moi aimions beaucoup quand nous étions enfants. Le cadavre exquis. On se met d’accord une structure de phrase, et chaque participant écrit sa partie sur un bout de papier, sans concertation avec les autres. Par exemple, s’il y a 2 joueurs qui décident de partir sur la structure la plus simple possible, sujet-verbe, l’un écrira un sujet, l’autre un verbe, et le résultat sera probablement assez marrant.
Il me semble d’ailleurs me souvenir qu’à cette époque, mettons il y a une trentaine d’années, on trouvait dans certains produits alimentaires (boîtes de céréales, peut-être ?) des petits cartons déjà écrits, à collectionner. Plus on en avait, bien sûr, et plus le jeu était intéressant, les possibilités se multipliant.

Revenons-en à Fiston : je lui ai proposé de découvrir ce jeu, ou du moins une adaptation : il a été partant, bien sûr ! 🙂
2 ou 3 jours plus tard, il y a repensé en se réveillant, et donc allons-y pour le jeu. Au départ, je pensais simplement qu’on trouverait quelques phrases tous les 2, que je les écrirais, les découperais, les mélangerais, qu’on jouerait ensuite, moi lisant son tirage, évidemment, et qu’on se marrerait bien. Point final.

Mais en fait, il a voulu tout écrire lui-même. Il a voulu que je lui trace des lignes pour écrire bien droit, on a trouvé des phrases – on était partis sur le classique sujet-verbe-complément – chacun son tour, et il m’a demandé de lui dicter tous les mots. Comme j’avais prévu de distinguer les 3 catégories par des couleurs, il m’a demandé pourquoi, et ce fut l’occasion d’aborder ces notions grammaticales. Je n’ai pas spécialement poussé les explications sur le complément, mais il a bien compris l’histoire du sujet – qui ? – et du verbe – qu’est-ce qu’il fait ? -, qu’il a retrouvés assez facilement dans toutes nos phrases.
On a joué un peu avec certains phonèmes, aussi. Il me disait que « FAIT », c’était comme « la fée », donc je lui ai fait écouter la différence entre le son « é » et le son « è » (ou si on veut se la péter, entre les phonèmes /e/ et /ɛ/).
Finalement, le fait que ses feutres bavent un peu lorsqu’il les laissait trop longtemps sur le papier lui a remis en mémoire l’histoire de la capillarité, des fibres du papier, et il m’a fait un cours sur la différence entre les feutres et les stylo-billes (merci au C’est pas sorcier sur l’écriture !).

Une fois la page remplie, place au découpage, puis au mélange dans chaque catégorie et enfin au tirage. Fiston a bien rigolé devant certaines combinaisons :

Le bourdon agite un câlin – olé !

Brownie vole jaune (Brownie, c’est le nom d’un de nos compagnons à 4 pattes. Je vous explique pour que vous compreniez mieux le sens de la phrase. Non ? ^^)

L’abeille fleurit en rond – Fiston aime beaucoup les insectes, les fleurs et les ronds, alors il était content avec celle-là ^^

Au passage, vous remarquerez que pour Fiston, écrire sur les lignes, c’est vraiment écrire sur les lignes. ^^

La partie terminée, il a tout rangé soigneusement dans une boîte, en attendant d’écrire d’autres sujets/verbes/compléments/et-plus-si-affinité pour enrichir ce jeu.
Le plus merveilleux jeu du monde, puisque son but est de raconter n’importe quoi. 😉

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