Les livres qui ont changé ma vie – 3

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Voici le troisième livre à avoir changé ma vie : c’était le 18 janvier 2011.

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer

J’en ai déjà parlé dans un autre billet : c’est le Barbu qui m’a offert ce livre.
Ce que je n’ai en revanche pas dit jusqu’à maintenant, c’est que si à cette époque j’étais omnivore, j’avais connu une période, entre 1999 et 2001, de « pesco-végétarisme », comme on dit quand on veut énerver un vrai végétarien. Comme dans cette scène garantie 100% fiction :

« Non merci, pas de viande : je suis végétarienne.
— Ah ? »  Regard qui s’illumine : « Moi aussi. C’est chouette de rencontrer une végé par ici.
— Par contre, je mange du poisson. »
Regard amical qui vire à l’orage : « Alors t’es pas végé.
— Ben quand même, je mange pas de viande. Même pas de steak.
— Le poisson, c’est pas un animal ?
— … Si…
— Alors t’es pas végé.
— Je suis pesco-végétarienne.
— Ta gueule. »

Bref. Je mangeais du poisson, des fruits de mer, mais pas de viande.
Je parle rarement de cette période, pour la bonne raison que j’étais à l’époque en dépression – non, ce n’était pas provoqué par l’arrêt de la viande ^^ – et que j’ai très peu de souvenirs de ces années-là. Et notamment, impossible de me rappeler pourquoi je n’ai pas mangé de viande pendant 2 ans. Ce qui limite un peu la conversation.

« Et pourquoi tu ne mangeais pas de viande, d’abord ?
— … Euh… Aucune idée…
— Ta gueule. »

Ce dont je me souviens, en revanche, ce sont les remarques que j’essuyais, au boulot par exemple lorsque je mangeais le midi avec mes collègues masculins (je ne veux pas tomber dans le sexisme facile, mais mon unique collègue féminine ne m’a jamais fait chier sur le sujet, alors que tous les mecs avec qui je bossais, si). Le lion qui bouffe la gazelle, le cri de la carotte, je crois que j’aurais pu remplir un bingo à chaque repas.
J’ai eu ma revanche le jour où j’ai fait castrer mon cheval. C’était un matin, j’étais là, assise sur la tête dudit cheval – endormi quand même, hein, mais au cas où… – et j’ai suivi l’opération d’un bout à l’autre sans états d’âme, sans ciller – m’être pris ses 2 pieds avant sur la tête quelques jours avant n’y était sans doute pas pour rien. En tout cas, de retour au boulot, je mourais de faim et j’ai dévoré mon repas végétarien tout en racontant par le menu le découpage de coucougnettes à mes collègues, qui ne m’en demandaient pas tant : curieusement, ce jour-là, ils n’ont pas fait honneur à leur viande ni à grand-chose d’autre dans leur assiette. Solidarité masculine, je suppose. ^^

Ce dont je me souviens aussi, c’est l’authentique explosion de joie dans ma famille le jour où j’ai annoncé la fin de mon végétarisme. C’était très curieux. Mon frère, la mine réjouie, m’a lancé quelque chose du genre : « Ah, ben maintenant ça va être moins chiant de t’inviter. »

Ça fait toujours plaisir.
Pourquoi, j’étais chiante avant ? Juste parce que je ne mangeais pas de viande mais tout ce qu’il y avait autour ? o_O

Non, sérieusement, j’étais pas chiante. J’étais invitable à donf.
Un repas omnivore « classique » ? Je mangeais les chips et les crudités de l’apéro, les sauces qui allaient avec, la salade, les légumes, le fromage, le dessert.
Une choucroute ? Eh, la choucroute nature, j’adore. Et comme j’étais pesco-végé, hein, j’étais heureuse comme tout avec une choucroute de la mer.
Une raclette ? À moi les pommes de terre et le fromage, et figurez-vous que la vraie raclette, ce n’est que ça, bande de dénatureurs de raclette.
Une fondue bourguignonne ? Mettez-moi un p’tit bol d’huile. Et indiquez-moi les toilettes.
Vous voyez, j’étais vraiment pas chiante.

Le plus amusant, dans l’histoire, c’est que pendant ces 2 années sans viande, mon frangin m’avait invitée à venir manger chez lui exactement le même nombre de fois que les 5 années prédédentes, et les 10 qui ont suivi : zéro fois.
Y avait vraiment de quoi se féliciter que je sois moins chiante, non ? 😛

Le pourquoi de la reprise de la viande, ce fut ma rencontre avec le Barbu, carnivore de son état. Comme à l’époque j’étais toujours tentée par la vue ou l’odeur de la viande – ce qui n’est plus du tout le cas maintenant -, au bout de quelques mois à le regarder me manger du saucisson, du jambon ou des steaks sous le nez, j’ai commencé à lui en piquer des bouts à droite à gauche, et un jour j’ai mis fin à l’hypocrisie de me dire végétarienne alors que je mangeais du poisson de la viande, fût-ce dans l’assiette d’un autre.

9 ans ont filé comme l’éclair, et le 18 janvier 2011, donc, j’étais omnivore, et le Barbu toujours carnivore. Je l’ai déjà dit, je ne suis pas bien sûre d’avoir compris pourquoi il m’avait offert ce bouquin en se doutant de l’effet qu’il aurait sur moi – mais peut-être ne prévoyait-il pas le retour du boomerang.
En tout cas, le 18 janvier 2011 au soir, j’étais végétarienne.

« Y compris pour le poisson ?
— Oui.
— Les fruits de mer ?
— Oui. »
Vérifiant : « Le jambon, tu sais que c’est de la viande, hein ? Le poulet aussi ?
— Ta gueule. »

Donc une vraie végétarienne.

« Vraiment ? »

Bon, presque. Quand je relis ce que j’ai écrit à Naë ce soir-là, je ne peux m’empêcher de rigoler – jaune.
Parce que, d’accord, le livre de Foer m’avait convaincue que je ne voulais pas cautionner ce système. Mais si je pouvais ne pas le cautionner ET continuer à manger de la viande, j’étais partante, apparemment :

C’est un livre américain, mais je pense que pas mal de choses sont pareilles en France, et justement j’ai l’intention de me renseigner un peu plus.
Parce que jusqu’à maintenant, je ne bouffais pratiquement plus que de la viande bio ou dont je connaissais les conditions d’élevage, et je sais qu’en France les contraintes concernant la vie des animaux labellisés Bio sont plus respectueuses que celles des USA, mais pour la mise à mort, je ne sais pas. Et jusqu’à plus ample informée, je redeviens illico végétarienne.

« Jusqu’à plus ample informée. »
Dès fois que la mort bio soit rigolote, finalement. ^^

Et pendant quelques jours, j’ai cherché à concilier l’inconciliable. J’ai trouvé le livre Bidoche qui était français – je ne l’ai lu que très récemment, finalement. J’ai renchéri dans un autre message à Naë. J’y écrivais 2 fois, obstinée : « sauf si je connais l’exploitation et que je considère les conditions d’élevage et de fin de vie comme étant satisfaisantes » – satisfaisantes pour qui ?

Le 8 février, en revanche, après beaucoup de lectures sur le web et de réflexions, j’avais quasiment rendu les armes – y compris bio – et j’écrivais :

Mais maintenant, même si j’y vais doucement, j’ai plutôt dans l’idée de virer aussi à terme tout ce qui est lait et produits laitiers. Devenir végétaLienne, donc plus aucun produit provenant de l’exploitation animale, sauf pour les oeufs si on a des poules plus tard (qui seront en liberté, soignées, aimées, et mourront de leur belle mort) et le miel.
Ça va être très dur, pour le fromage, même s’il existe des substituts à base de laits végétaux (dans le commerce, ou à faire soi-même). Mais mon fromage de chèvre, bouh 😦
Et pour le lait, car pour le moment je n’ai pas vraiment trouvé de lait végétal qui me plaise plus que ça. Alors qu’un grand verre de lait entier cru, miam.
Bref, c’est mon but, mais à long terme, je vais d’abord consolider le côté végétarien, tout en cherchant et testant des recettes végétaliennes pour faciliter la transition plus tard.

Vous noterez que j’essayais quand même de m’accrocher aux œufs et au miel. Pour le lait, j’avais bien conscience qu’on pouvait difficilement transformer notre futur jardin en refuge pour vaches laitières, mais c’était possible pour les poules. Quant au miel, il est un peu à part : les végétaliens ne sont d’ailleurs pas tous d’accord sur le sujet, donc j’espérais pouvoir le « garder ».
Je mets des guillemets, car le plus comique, c’est que je n’ai jamais aimé le miel. ^^

En tout cas, bien qu’une partie de moi-même fasse de la résistance, je n’ai plus cessé de réfléchir et d’approfondir le sujet ; le 4 août 2011, je suis devenue végétalienne et le Barbu a accepté d’être végétarien à la maison – le fameux effet boomerang.

Quelques ricochets : le visionnage de Meet your meat, Earthlings, et quelques mois plus tard cette conférence de Gary Yourofsky (qui a été le déclic pour le passage au végétalisme). Au rayon livres : Bidoche ; Lait, mensonges et propagande

… et le quatrième et dernier (en date !) livre qui a changé ma vie, et qui fera l’objet du dernier volet de cette série.

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À propos de Mely

Mely, c'est une fille, maman d'un Fiston aux cheveux longs de 7 ans non scolarisé et marraine d'un Loulou de 5 ans, lui-même fils de Naë et Druss, végétarienne depuis janvier 2011 et passée végétalienne quelques mois plus tard.

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