Les livres qui ont changé ma vie – 2

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Le deuxième livre dont je vais parler est en fait une revue, j’ai nommé La Maison écologique, fabuleux magazine 100% indépendant auquel nous sommes abonnés, fidèles et accros (oui, tout ça) depuis 4 ans environ.
C’est le numéro de juin-juillet 2008 – lu 6 mois plus tard – qui a changé ma vie.

La Maison écologique n°45

 

 

Plus précisément, à l’intérieur de ce numéro, l’article Ensemble autrement est à l’origine de notre foireux super projet de construction groupée qui traîne et s’embourbe depuis janvier 2009.
Pour savoir comment et pourquoi cet article a donné naissance à notre projet, je vous renvoie à ce billet qui retraçait le début de cette fabuleuse dure épopée.

On pourrait me faire remarquer – mais ce serait cruel – que ma vie n’a pas encore changée, vu que la maison n’est pas construite – et c’est pas pour demain. C’est vrai. Ou plutôt disons que les changements concrets ne sont pas encore positifs : pour le moment, ce projet m’a apporté (et aux autres aussi) beaucoup plus de stress, d’impatience, d’énervement, de hurlements, de crises de nerfs, de fatigue et d’attentes déçues que de joies, même s’il y en a eu. Mais j’y crois toujours autant.

Comme ce blog comporte déjà un nombre important de billets sur le sujet, je ne vais pas m’étendre davantage. Je voudrais cependant établir une relation entre les 2 premiers livres à avoir changé ma vie. Éducation non violente d’un côté, maison écologique de l’autre : le lien n’est a priori pas évident.
Pourtant il existe, et je ne saurais mieux en parler que le fondateur et ancien directeur de la rédaction de La Maison écologique, justement, Yvan Saint-Jours. Dans l’édito du n° 52 (août-septembre 2009) intitulé Changement de cap, il expliquait ainsi sa décision de quitter la direction du magazine :

« On peut habiter une maison écologique, manger bio, rouler à vélo et exploiter son voisin », lanca Pierre Rabhi lors d’une conférence voici une dizaine d’années. Ces paroles prononcées par ce paysan-philosophe ont guidé, et guident toujours, la ligne éditoriale de ce magazine depuis sa création, prônant une construction écologique et humaniste. Et Olivier Maurel, auteur du renversant Oui la nature humaine est bonne […], enfonce le clou lorsqu’il ajoute : « Peu d’écologistes jusqu’à présent se sont préoccupés d’une des plus radicales atteintes à notre propre nature, qui touche la majorité des enfants venant en ce monde. Je veux parler de la perturbation du cerveau des enfants par la violence éducative ordinaire, celle à laquelle recourent en toute bonne conscience presque tous les parents du monde comme moyen d’éducation. » Car une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne, entend-on bien souvent. Pourtant, peu importe la gravité de l’acte violent que l’on inflige à l’enfant, à chaque fois la douleur intérieure occasionnée, qu’il conservera, adulte, sans le savoir, fera le lit d’une violence dirigée contre des êtres vivants et la Planète. Cette violence éducative ordinaire, à ne pas confondre avec la maltraitance qui n’est que la partie visible de l’iceberg, est un fléau dont nous commençons aujourd’hui à mesurer l’ampleur. Peut-on alors considérer écologique une maison si l’on y pratique cette violence ?
Quelques fessées « bien méritées », de « gentilles » moqueries, et des abus d’autorité ont été les actes de violence éducative ordinaire que j’ai infligés à mes enfants ces dernières années. Depuis plusieurs mois, ils n’ont plus à les subir, et je me trouve alors en présence d’êtres libres, incroyablement vivants et d’une sensibilité que je ne soupçonnais pas. Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’habiter enfin une maison écologique, et je vais prendre plus de temps pour me consacrer à ce « nouveau » foyer.

J’ai encore plus aimé ce magazine après cet édito.
Quel courage, n’est-ce pas ? Changer d’opinion sur l’éducation avant d’avoir un enfant, je suis bien placée pour savoir que ce n’est pas toujours évident. Changer en cours de route, devoir tout réapprendre alors qu’on est déjà en train d’éduquer plusieurs enfants de manière traditionnelle, admettre qu’on a eu tort, le dire à ses enfants, chercher et trouver de nouvelles règles pour vivre ensemble, y consacrer le temps qu’il faut, repartir de zéro… Chapeau bas, monsieur Saint-Jours.

Quelques ricochets : un nombre incalculable de bouquins sur les maisons, les toilettes sèches (dont l’excellent Un petit coin pour soulager la planète), les matériaux (dont le très recommandable Enduits de terre crue), le jardin (dont le merveilleux Aménagements écologiques au jardin, mais aussi le Guide du nouveau jardinage : sans travail du sol, sur couvertures et compost végétaux ; L’Art du potager en carré ; Le Poireau préfère les fraises), et l’incontournable No Impact Man.

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