Kokopelli, ou la biodiversité sacrifiée

Par défaut

Pour ceux qui ne connaissent pas Kokopelli, il s’agit d’une association à but non lucratif fondée en 1999.

Les militants de l’association œuvrent pour la Libération de la Semence et de l’Humus et la Protection de la Biodiversité alimentaire, en rassemblant tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles. Et en rassemblant aussi tous ceux et toutes celles qui souhaitent continuer à chuchoter, à l’oreille de leurs voisins, les recettes des purins de plantes (ortie, prêle…) et d’autres ingrédients naturels et peu onéreux, sans se voir accusés de concurrence déloyale envers les multinationales vendeuses de poisons, celles qui s’auto-qualifient de « sciences de la vie », celles-là même qui détruisent inexorablement et impunément la biosphère, incluant l’humanité, depuis des dizaines d’années, celles-là même qui ont fait de notre belle planète, la Terre, une poubelle génératrice de cancers.

Autrement dit, quand on a envie de biodiversité dans son potager, c’est vers Kokopelli qu’on se tourne.

Mais voilà, ça ne plaît pas à tout le monde (et en particulier à la concurrence), du fait notamment qu’un certain nombre de variétés vendues par Kokopelli ne figurent pas au Catalogue Officiel. Pourquoi ? Réponse, extraite de la page Retour sur un procès perdu, sur le site de Kokopelli, qui résume l’affaire dans son intégralité.

Pourquoi les variétés commercialisées par KOKOPELLI n’étaient-elles donc pas inscrites au Catalogue Officiel ? En vérité, ce catalogue, qui fait la part belle aux variétés « modernes » non reproductibles et protégées par un droit de propriété intellectuelle, pose des conditions à son accès qui le rendent incompatible avec les caractéristiques mêmes des variétés vendues par l’association. Ces conditions sont, pour les espèces potagères, au nombre de trois : Distinction, Homogénéité, Stabilité (DHS). Si les variétés anciennes conservées par Kokopelli sont bien distinctes, elles ne sont, en revanche, ni homogènes ni stables. En effet, leur patrimoine génétique n’est pas strictement identique et, par conséquent, les plants et fruits qui en sont issus ne sont pas exactement les mêmes. De plus, la base génétique de ces variétés, dites également « de population », est très large, car elles sont le fruit de nombreux croisements entre individus. Si ceci leur confère une capacité d’adaptation et d’évolution au fil du temps et selon les terroirs, cela signifie également que ces variétés ne sont pas définitivement « fixées ». Leur stabilité, au sens de la réglementation, n’est donc pas assurée.

Les variétés de Kokopelli ont par ailleurs le désagréable avantage d’être librement reproductibles, même si ce critère n’a rien d’officiel. En outre, il n’est pas inutile de préciser que les tarifs d’inscription au Catalogue sont prohibitifs (500 €en moyenne pour chaque variété, sans compter les droits annuels à payer pour les différents types d’examens obligatoires). […]

Au-delà de toute désobéissance civique, ce sont donc bien les conditions d’inscription au Catalogue Officiel, faites pour des types précis de semences uniquement, qui rendent impossible l’inscription des semences de KOKOPELLI au Catalogue. Sont-elles pour autant inintéressantes sur le plan agricole, commercial, ou nutritionnel ? Pas du tout, car leurs utilisateurs les plébiscitent, pour leur diversité de formes et de couleurs, leurs qualités gustatives, leurs richesses nutritionnelles, leur résistance aux maladies, leur résilience et leur productivité. La protection des consommateurs exige-t-elle alors que cette collection de variétés soit interdite à la vente ? Encore moins, dans un contexte d’érosion généralisée de nos ressources phytogénétiques, et alors que les variétés anciennes présentent de véritables atouts pour faire face aux changements climatiques. De plus, il faut préciser que les conditions d’inscription au Catalogue n’ont rien à voir avec les exigences strictement sanitaires auxquelles les semences doivent satisfaire.

Malgré les conclusions de l’avocat général qui s’était rangé aux arguments de l’association, la Cour Européenne de Justice a tranché en faveur de la productivité au détriment de la biodiversité, et l’association Kokopelli est en péril.

Le communiqué de Kokopelli est .

Si vous pensez comme moi qu’il est important de garder la possibilité d’acheter des semences de plantes potagères qui ne soient pas uniquement de tristes clones, toutes semblables avec la même forme, le même goût et zéro adaptabilité, et si vous vous contrefichez des Catalogues Officiels qui veulent régir ce qu’on fait pousser dans son jardin, vous pouvez signer une pétition de soutien ici (édit du 21/07 : la pétition vient d’être fermée, je ne sais pour quelle raison).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s