Lait, mensonges et propagande (Thierry Souccar)

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Le chantier n’ayant pas été rouvert pour des raisons fumeuses et n’étant apparemment pas près de reprendre, je préfère aborder un autre sujet histoire de ne pas faire un massacre à la tronçonneuse.

Respirons et ouvrons notre bibliothèque.

Ce livre-là, lisez-le.

Que les omnivores ou lacto-végétariens se rassurent : je ne cherche pas, et ce livre non plus, à vous faire entrer dans la grande secte des végétaliens tout maigres et carencés. D’ailleurs l’auteur, Thierry Souccar, n’est pas végé-quoi-que-ce-soit. Vous pouvez continuer à vous enfiler tranquillement votre verre de lait et votre tartine beurrée le matin, votre part de clacos le midi et votre yaourt le soir. Mais, mais, mais… ce serait mieux si ça n’était pas tous les jours.

S’appuyant sur de nombreuses sources, notamment des méta-analyses, et ayant l’honnêteté de ne pas prendre que celles qui vont dans son sens, l’auteur démonte ici les préconisations officielles françaises – 3 à 4 produits laitiers par jour -, qui ne s’appuient sur strictement rien d’une part (hormis de sacrés conflits d’intérêt, je veux dire), mais d’autre part et surtout présentent probablement de sérieux risques pour la santé. Quand je dis « sérieux », je veux vraiment dire sérieux. On ne parle pas de puer de la gueule après avoir mangé du munster, ou d’être ballonné après un café au maroilles, non. On parle d’intolérance au lactose, bien sûr (très courante), d’eczéma, de diabète, de cancer, de maladies auto-immunes, d’asthme, et autres joyeusetés dont… l’ostéoporose, eh oui.

Et surtout, l’auteur démonte l’argument qu’on nous rentre dans le crâne depuis quelques décennies : non, aucun être humain n’a BESOIN de lait une fois sevré. Et surtout pas celui d’une autre espèce, prévu pour faire prendre plus de 100 kg en un an à un veau. Qu’on en aime le goût et qu’on apprécie les produits laitiers, pourquoi pas, mais nous faire croire qu’ils sont indispensables à l’être humain, c’est de la désinformation pure et dure.

Thierry Souccar aborde un autre point : celui de la qualité. Le lait consommé aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui que consommaient nos arrière-grands-parents. Les vaches qui normalement produisent 3-4 litres de lait par jour, du fait de la sélection à outrance pratiquée depuis des décennies, en sortent maintenant 20, 40, voire 80 pour les plus « performantes ». Leur alimentation a changé (plus riche, pour une productivité accrue). Et aussi, de nos jours, la vache vèle, 3 mois plus tard on l’insémine, on continue à la traire encore 7 mois, et ensuite on lui fout la paix 2 mois, elle vèle, et on repasse par l’insémination 3 mois plus tard. Etc, pendant quelques années (et ensuite abattoir quand elle ne produit plus assez). La majeure partie de la production actuelle de lait s’effectue donc pendant la gestation des vaches : 7 mois sur 10. Et comme chez n’importe quel mammifère, pendant la gestation, y a de l’hormone en folie, là-dedans, qu’on retrouve dans le lait. Bref, ce n’était pas plus indispensable à l’époque qu’aujourd’hui, de consommer des produits laitiers, mais ça faisait peut-être un peu moins de mal si on en abusait.

Allez, place au 4e de couverture :

Dans cette nouvelle édition mise à jour et augmentée de près de 100 pages, Thierry Souccar conforte son enquête sur le lobby laitier et sur les effets réels du lait sur la santé.
Il montre comment l’industrie a réussi à faire d’un aliment marginal et mal considéré un pilier incontournable de l’alimentation moderne. Présentés comme « indispensables à la santé des os », les laitages cachent une réalité moins glorieuse. Vous apprendrez ainsi :

• Comment le lobby laitier noyaute la communauté scientifique et médicale ;
• Comment l’industrie laitière a fait croire que la santé des os dépend du calcium laitier ;
• Pourquoi l’ostéoporose ne diminue pas avec la consommation de lait, et pourquoi au contraire elle progresse ;
• Pourquoi les amateurs de laitages ont plus de cancers de la prostate ;
• Pourquoi les chercheurs soupçonnent le lait de favoriser le diabète de l’enfant ;
• Comment l’industrie fait croire que le calcium laitier prévient l’obésité ;
• Pourquoi les besoins en calcium ont été exagérés et quels sont vos besoins réels ;
• Comment prévenir l’ostéoporose sans se bourrer de lait.

Thierry Souccar a réuni des dizaines de nouvelles preuves. Il répond aussi aux critiques de l’industrie laitière et à vos nombreuses questions.

À lire, à faire lire à vos proches, à votre médecin si nécessaire. À faire lire aussi aux instits de vos enfants, si ces derniers sont scolarisés et qu’on leur farcit l’estomac du verre de lait de 10h et la tête des pubs que le CNIEL (Centre National Interprofessionnel d’Économie Laitière) fournit gentiment et en toute innocence à qui qu’en veut. Et tout à fait officiellement, hein, ils signent des conventions avec les académies, un exemple ici.

Rappelons aussi le décret de l’an dernier qui avait déclenché l’ire des végéta*iens, concernant la restauration en milieu scolaire, car imposant des produits animaux à quasiment tous les repas (j’en parlais ici et ). Si, à la lumière des informations apportées par le livre de Thierry Souccar, on se penche maintenant avec une légère inquiétude sur la question des produits laitiers, on y trouve ceci :

Les fréquences figurant ci-dessous sont définies sur la base de 20 repas successifs.
[…]
Pour garantir les apports en calcium, il convient de servir :
– au moins 8 repas avec, en entrée ou en produit laitier, des fromages contenant au moins 150 mg de calcium par portion ;
– au moins 4 repas avec, en entrée ou en produit laitier, des fromages dont la teneur en calcium est comprise entre 100 mg et 150 mg par portion ;
– au moins 6 repas avec des produits laitiers ou des desserts lactés contenant plus de 100 mg de calcium et moins de 5 g de matières grasses par portion.

soit au moins 18 repas sur 20 contenant au moins un produit laitier.

Gloups, quoi.

À titre personnel, j’en parlais il y a quelques mois, souvenez-vous, et je confirme : mes problèmes de spasmophilie instestinale ont complètement disparu depuis que je suis végétalienne (1 an le mois prochain). Et le renforcement de mon système immunitaire se maintient : je ne chope quasiment plus rien, et l’époque des rhumes dégénérant systématiquement en bronchites a l’air bel et bien révolue.

Par contre, ça me fait mal de l’avouer… mais c’est vrai que…

Une bien belle affiche du CNIEL, à destination des écoles

… j’grandis plus. ^^

D’un autre côté, si c’est pour ressembler à un hybride de bonhomme michelin, de Nao et de tête de mort, le tout surmonté d’un masque de cochon, c’est p’têt pas plus mal.

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  1. Article très intéressant une fois encore, et très déculpabilisant pour les gens comme moi qui HAISSENT le lait au point de vomir s’ils en ingèrent (et je ne suis même pas intolérante au lactose).
    Justement, je parlais de végétalisme et de végétarisme et quand on m’a demandé dans quels aliments les végétaliens trouvaient du calcium, j’ai été bien en peine de répondre… Du coup, on en trouve où, en dehors de nos « amis pour la vie » ..?

  2. Hello Aisling, ravie de te remonter le moral à nouveau 😉
    Alors, déjà, premier point : quand on est végétalien, c-à-d qu’on ne mange ni viande ni produits laitiers, on a besoin de beaucoup moins de calcium. En résumé, les produits animaux (dont la viande et le lait) sont des aliments très acidifiants, et l’organisme, pour neutraliser cette acidité, puise des éléments alcanisants, devine où ? … dans les os : citrate et bicarbonate. Qui se trouvent dans notre squelette associés au calcium (citrate de calcium, bicarbonate de calcium). Résultat, le citrate et le bicarbonate servent à neutraliser l’acidité, et le calcium auquel ils étaient associés, ben il n’est plus dans les os, dommage, il se retrouve dans l’urine ^^, et nos besoins augmentent en flèche pour compenser la fragilisation des os que ce prélèvement a entraîné. Cercle vicieux parfait, en fait, d’où le fait que manger trop de produits laitiers, entre autres, entraîne une flambée de l’ostéoporose, contrairement à ce qu’on nous serine.
    À l’heure actuelle on nous conseille entre 900 et 1200 mg de calcium par jour selon notre âge et notre sexe, disons 1000 mg en moyenne, mais c’est basé sur un régime hyper acidifiant, riche en produits animaux (pas que, faut être honnête, les céréales sont acidifiantes aussi) et en sel, qui fait également fuir le calcium. Dans son bouquin, Thierry Souccar donne les chiffres suivants : quand on mange 1g de viande, on fait fuir 1mg de calcium. 1g de sodium (2,5g de sel) en fait fuir 15mg. Bref, vaut mieux éviter les lasagnes industrielles tous les jours. ^^ Si on est végétalien, qu’on n’abuse pas des céréales et qu’on ne mange pas trop salé, on a besoin de beaucoup moins que 1000mg par jour. L’estimation tourne aux environs de 2 fois moins : dans les 500 mg.

    Ceci posé, le 2e point pour répondre à ta question : on le trouve partout, en fait. Les fruits, les feuilles, les fleurs, les graines en contiennent, et parfois mieux assimilé que celui des produits animaux. Dans les aliments riches en calcium, par exemple on trouve les crucifères (choux, brocolis), les fruits, l’eau minérale (2 verres d’Hépar apportent autant de calcium qu’1 verre de lait), le tofu, les sardines avec leurs arêtes si on n’est pas végé, les amandes, les graines de sésame, de lin… Y a un petit tableau non exhaustif, vers la fin du bouquin, qui présente la teneur en calcium et le % absorbé de quelques aliments végétaux.

    Voilà. Quand on est végétalien, on mange en général une bonne quantité de fruits et légumes, et on arrive donc sans pb et sans se prendre la tête à couvrir ses modestes besoins en calcium. Tu peux rassurer tes interlocuteurs 🙂

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