Archives Mensuelles: juin 2012

Documentaire Arte : Vers un crash alimentaire

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La récente flambée des prix agricoles a été un coup de semonce : jamais le monde n’avait affronté une crise alimentaire d’une telle ampleur. Mais comme le montre l’enquête d’Yves Billy et Richard Prost, les difficultés ne font que commencer. Les stocks mondiaux de céréales baissent depuis huit années consécutives et n’assurent plus à la population mondiale qu’une avance de vingt jours d’alimentation, bien en deçà du niveau officiel de sécurité fixé à soixante-dix jours. Aujourd’hui, rappellent-ils, 925 millions de personnes souffrent de la faim sur la planète et leur nombre croît de plus en plus vite. À la hausse du prix des matières premières, à la raréfaction de l’eau et des surfaces arables et aux ravages causés par les dérèglements climatiques se sont ajoutés deux phénomènes ré-cents : au moment même où la demande chinoise en céréales s’accélérait brutalement, les biocarburants ont commencé à redessiner la carte de l’agriculture mondiale. Par exemple, la production américaine d’éthanol à base de maïs, qui engloutit le tiers des récoltes du pays, devrait passer de 80 millions de tonnes en 2007 à 120 millions cette année. Quant au productivisme agricole, qui en un demi-siècle a épuisé les sols et pollué l’environnement, il a atteint ses limites. Tout comme le dogme néolibéral, qui a poussé les pays du Sud à tout miser sur des cultures d’exportation, mettant la survie des populations locales à la merci des cours mondiaux.

Documentaire disponible pour quelques jours ici.

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Pekee-nuee-nuee

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Tout ce que j’avais écrit ce soir dans ce billet ayant sombré dans les limbes du monde merveilleux de l’informatique, je vais faire succinct :

Pekee-nuee-nuee est un spectacle de théâtre d’ombres, créé et porté par la compagnie « Les ombres portées », à voir absolument en famille (ou pas. C’est tout public, en tout cas) s’il se joue dans votre coin.

Extrait de leur dossier de création :

Dans l’obscurité, une boîte mystérieuse s’illumine, une machinerie s’anime.
Un explorateur, un pêcheur et un musicien partent à travers les océans, mûs par une quête incertaine. Leurs destins se croisent dans le mystère des profondeurs.
Ces aventures de papiers se jouent dans un théâtre d’ombres, ventre lumineux où s’enchainent jeux de métamorphoses, de reflets et de transparences.
Pekee-nuee-nuee est un spectacle onirique et musical inclassable, dont chaque scène dévoile un frêle tableau vivant, véritable monde en noir et blanc dont ondevine les milles couleurs.
[…]
La musique, portée par deux musiciens polyinstrumentistes (trompette, accordéon, clarinette, clarinette basse, tuba, percussions), mélange compositions, improvisation et bruitages, a été pensée en interaction avec les images, les deux registres se soutenant l’un l’autre.

Fiston est resté scotché pendant tout le spectacle (40 minutes environ), ses yeux allant des musiciens à l’écran. À la fin, il m’a dit : « Je voudrais bien le revoir un jour. » 🙂

Bigarreau sur le gâteau, à la fin du spectacle, le public est invité à découvrir les coulisses du spectacle : instruments, éclairage, marionnettes, tout est montré et expliqué. Les enfants ont posé beaucoup de questions, notamment sur les marionnettes et les effets d’ombres en fonction des différentes lampes, filtres de couleurs, de leur mouvement, etc. Et Fiston a adoré le moment où, ayant donné la branchette feuillue qu’il avait trouvée plus tôt et gardée dans sa main tout le long du spectacle à l’un des marionnettistes, ce dernier en a projeté l’ombre sur l’écran en la faisant bouger dans la lumière.
Waw !

Retrouvez les dates et lieux des prochaines représentations sur le site de la compagnie « Les ombres portées ».

Frustration

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On est en plein dedans en ce moment, car il pleut toujours. Pas forcément tous les jours, mais quand ça tombe, ça tombe tellement que le terrain est de plus en plus gorgé d’eau.
Admirez ci-dessous les magnifiques couloirs de nage à l’emplacement de notre futur salon. ^^ Il s’agit des ornières laissées par la pelleteuse la semaine dernière, lors d’un essai. Depuis, la pelleteuse est partie voguer vers d’autres chantiers plus cléments, et à l’heure actuelle les ornières sont remplies d’eau à ras-bord.

Mais ceci n’était qu’une introduction (en plus de donner quelques « nouvelles ») pour parler de la frustration chez l’enfant.

Lorsqu’on est parent, si on a le malheur, en public, de répondre positivement à une demande de son enfant, souvent les jugements (exprimés ou non) ne tardent pas. Le spectre de l’enfant-roi (comme si la vie d’un jeune prince était enviable, d’ailleurs) est agité tel un épouvantail devant les malheureux parents, et les bons conseils se mettent à pleuvoir : il faut bien qu’il/elle apprenne la frustration. Comprendre : il faut que vous, parents, lui appreniez la frustration. De force.
Et la raison en est simple : parce que dans la vie, on ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut.
Certes. Mais peu de gens se rendent compte de la contradiction inhérente à leurs propos.

Reprenons : dans la vie, on ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut. L’enfant, sauf erreur de ma part, est un être vivant. La vie, il est en plein dedans – et pas qu’un peu. Donc le simple fait de vivre devrait suffire à lui apprendre qu’il ne peut pas toujours avoir ce qu’il veut. Point besoin d’adulte en rajoutant une couche exprès pour lui apprendre cela.
Ce qui ne veut pas dire que l’on doit faire passer les demandes de son enfant avant tout le reste, on est bien d’accord. Il ne s’agit pas de s’oublier soi-même. Mais simplement de traiter l’enfant comme un être humain, à part entière, au même titre que n’importe qui d’autre. Si le Barbu me demande un service et que je suis d’accord pour le lui rendre, je ne vais pas lui répondre non pour qu’il se rappelle que hé, oh, il est sur Terre pour en chier, s’il croit qu’il pourra toujours avoir ce qu’il veut il se fourre l’appendice supérieur dans l’organe de vision jusqu’à l’articulation du milieu. Ne confondons pas « on ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut » et « on ne peut jamais avoir ce qu’on veut, hahaha ».
C’est pareil pour Fiston.

En fait, cela fait déjà un bon bout de temps que je trouve que Fiston gère la frustration beaucoup mieux que moi. J’oserais même dire que bien des jeunes enfants gèrent leur frustration infiniment mieux que bien des adultes.
Les colères des bambins sont souvent spectaculaires, quand quelque chose ne leur plaît pas. C’est vrai. Mais que dire des nôtres ? Elles sont plus intériorisées, peut-être. Parfois elles sortent sous forme d’injures, d’abus de pouvoir, de punitions, d’humiliations, de cris, de coups. Parfois, elles restent en nous. Mais qui ne s’est jamais senti rempli d’une rage folle, disproportionnée, devant un bébé de 2 ans qui vous regarde en disant « non » fermement, qui ne cède pas à vos caprices (^^), qui vous fout en l’air le planning de l’après-midi parce que non, non, non, il ne veut pas s’habiller, ne veut pas qu’on le change, ne veut pas aller jouer avec les autres enfants, ne veut pas vous tenir la main pour traverser, ne veut pas dormir, ne veut pas manger ?
(Liste non exhaustive, hein.)
Un mioche 2 fois moins haut que nous, qui ne fait même pas 1/5e de notre poids, peut nous faire sortir de nos gonds en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Nous, adultes, censés être en pleine possession de nos moyens, censés savoir nous exprimer, communiquer, gérer nos émotions.
Et on voudrait leur apprendre, à eux, quelque chose que nous-mêmes ne maîtrisons pas ? Ah ! Ah ! Ah ! Rions trois fois, d’un rire franc et gaulois.

Bien sûr, comme tous les enfants, Fiston a traversé des phases durant lesquelles il ne supportait effectivement pas la moindre frustration – et comme à ces époques il ne parlait pas encore, ou très peu, c’était particulièrement difficile de comprendre ce qu’il voulait. Dans la mesure de nos possibilités, nous essayions d’accéder à ses demandes. Quand nous disions non, ce n’était pas dans un but éducatif, pour lui apprendre la frustration alors qu’il était déjà en plein dedans. C’était soit que ce qu’il voulait était impossible, soit qu’on ne comprenait pas, soit qu’on n’avait plus le temps, la disponibilité, la patience… Mais il n’est pas devenu pour autant un enfant-roi qui se roule par terre, la bave aux lèvres, dès qu’on le contrarie.

L’anecdote qui va bien pour illustrer mon propos :

Fiston a fêté ses 4 ans la semaine dernière – sous la pluie, mais passons.
La veille, nous avions célébré l’évènement avec Naë, Druss et Loulou, et Fiston avait reçu une trottinette rouge, qu’il avait beaucoup aimé – toujours sous la pluie.
Le jour J, nous envoyons Fiston dans le garage sous un prétexte fallacieux, et là il tombe nez à guidon avec un vélo. Il le savait, cela faisait 3 mois qu’il l’attendait, ce vélo. 2 mois que j’étais allée le chercher et que Fiston se demandait où j’avais bien pu le planquer. Bref, c’était un cadeau très, très attendu.
Cris de joie. On met le vélo dans la cuisine, Fiston tourne autour, ravi. Il aide le Barbu à regonfler les pneus, et vite, vite, va dehors pour l’essayer. Sauf que ce *censuré* de vélo était trop grand pour lui. Il fallait régler la selle au mini pour qu’il puisse s’asseoir, mais alors il avait les genoux dans le menton s’il pédalait. Comme c’était son premier vélo à pédales (jusque-là il s’éclatait avec une draisienne), c’était complètement impraticable pour lui.
Grosse déception de nous 3.
Mais Fiston a surmonté sa frustration en moins d’1 minute. Après quelques larmes, il a dit « Tant pis, je vais me promener avec ma trottinette. D’accord, maman ? »
Alors que moi, même si j’ai fait des efforts pour ne pas trop le montrer, j’ai eu ce fiasco en travers de la gorge pendant plusieurs heures. Même en voyant Fiston heureux comme tout avec l’autre cadeau qu’on avait heureusement prévu (des perles à repasser, le stock d’avant étant épuisé depuis 2 mois), même en sachant qu’on irait le week-end d’après lui trouver un autre vélo à sa taille, j’ai eu une grosse boule dans le ventre toute la matinée et j’ai bien peur d’avoir quand même un peu beaucoup fait la gueule malgré moi.

Alors, question gestion de la frustration, Fiston : 1 ; Maman : 0 !

La pluie et le beau temps

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Chantier : il pleut tous les jours, et ce matin c’était le déluge. Le chantier n’est pas près de reprendre, et du coup nous changeons de projet : nous sommes maintenant les heureux propriétaires d’une piscine naturelle en cours de remplissage.
On va juste construire une cabane pour ranger les maillots de bain. ^^

Remarquez que ça n’entame pas le moral de tout le monde. Est-ce à force de voir passer les trains que Fiston nous joue les sémaphores en riant aux éclats ?

Ou alors peut-être est-ce la joie de voir que nos petits plants de fraisiers des bois, transplantés de chez nous au jardin de la petite maison, commencent à porter leurs fruits.

En attendant une éclaircie durable, j’avais envie de parler de mensonges.

J’ai déjà parlé des plaisanteries et secrets de Fiston. À noter que depuis la discussion dont je parlais dans ce billet, Fiston continue à faire attention à ne pas en abuser, sans qu’on ait eu besoin de lui rappeler.

(D’ailleurs, en règle générale, je trouve qu’on vit une super chouette période avec Fiston depuis quelques mois : il est un petit compagnon extrêmement agréable, joyeux, inventif, attentionné, plein d’énergie, qui nous épuise toujours autant de questions (quand on lui dit que là, on n’en peut plus et qu’on fait grève, il répond « alors je vais garder mes questions pour demain ! »), mais c’est vraiment l’éclate 99,9% du temps. Et je trouve qu’il grandit à toute allure en ce moment.)

L’autre jour, pourtant, il m’a clairement menti, tout aussi clairement parce que mon attitude envers lui ne lui avait pas plu (à raison).
Contexte : j’étais énervée. Je ne vais pas expliquer pourquoi car ce n’est pas le sujet, mais toujours est-il qu’après toute une journée à être sous pression à cause d’un truc sans aucun rapport avec Fiston, la soupape avait lâché un peu plus fort que prévu et c’était Fiston qui se l’était prise dans la tronche. Oh, pas non plus très fort : bien des gens ne comprendraient même pas qu’un enfant puisse ressentir un sentiment d’injustice pour ça. Mais je lui avais parlé sèchement, en sortant de la pièce avant même d’avoir fini (parce que je me rendais compte que je passais mes nerfs sur lui), et sans le regarder. Le sujet de la conversation était son tracteur, qu’il avait laissé dans un tas de sable sur le chantier, et je lui disais d’aller le récupérer. Il avait répondu en rigolant : « C’est pas moi qui vais le faire », et vlan, il s’était pris ma mauvaise humeur en pleine poire, et que je t’explique bien que ton tracteur va être pété quand les ouvriers reviendront travailler et qu’on n’en rachètera pas d’autre, etc. En temps normal je lui aurais juste dit gentiment que le tracteur risquait de s’abîmer ou d’être perdu s’il n’allait pas le chercher avant qu’on reparte, point. Fiston n’ayant jamais demandé à ce qu’on rachète un jouet cassé ou perdu, mon couplet sur le non-remplacement du tracteur était particulièrement gratuit.
Fiston n’a rien dit. Je l’ai vu mettre ses chaussures, sortir de la maison pour aller chercher son tracteur, et revenir. J’étais quant à moi partie m’isoler un peu au fond du terrain, je l’ai entendu m’appeler mais je n’ai pas répondu, et 5 minutes plus tard, le Barbu et lui me retrouvaient.
Regard noir de Fiston. Toujours énervée mais voulant faire un effort, je lui demande s’il a trouvé son tracteur. Nouveau regard noir : « Non. » Je lui demande : « C’est une plaisanterie ? », il me redit « Non. » Et là le Barbu s’étonne, car Fiston l’a bel et bien rapporté, ce tracteur. Fiston se tait, moi aussi, et je m’éloigne à nouveau en ruminant mon énervement. J’entends Fiston demander au Barbu « La colère de maman, elle va bientôt passer ? ». Je n’écoute pas la réponse, et rentre écouter de la musique pour me calmer.
Fiston me rejoint 10 minutes plus tard, et même si en apparence nous allons mieux tous les 2, je sens bien qu’il est tendu. Il ne tient pas en place, son rire n’est pas joyeux. Comme dirait Coluche, « c’est les nerfs ! ». Je lui demande ce qu’il a, il me dit « Je sais pas. Je veux pas te dire. » Sans aborder le sujet du tracteur, je le prends dans mes bras, toujours tendu comme un élastique prêt à se rompre : « Eh bien moi j’ai quelque chose à te dire : je suis désolée d’avoir été désagréable tout à l’heure. J’étais énervée, mais tu n’y étais pour rien, et je t’ai parlé sèchement. Je suis désolée. »
Je sens son corps se relâcher d’un seul coup. Il demande des précisions, bien entendu, période des « pourquoi ? » oblige, mais ça y est, c’est passé, pardonné, oublié, l’orage s’éloigne, place au soleil.

Cette histoire de tracteur, c’était une broutille, on est bien d’accord. Mais j’ai trouvé cela intéressant. Quand Fiston me répondait « Non », cela voulait dire en fait : « Non, je n’ai pas envie de te dire que je l’ai retrouvé. Pas à toi, pas maintenant. »
Apparemment, pour Fiston, la vérité, ça se mérite. ^^

Mini-habitat groupé – au jour le jour : J2

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Les travaux continuent. 🙂

Même le week-end, il y a un petit ouvrier qui travaille sans relâche.

Il faut dire que pour Fiston, cet endroit est un vrai paradis. D’ailleurs il veut y habiter tout le temps, et depuis que les travaux ont commencé, il a des fous-rires tous les soirs au moment de se coucher.
C’est quand même vachement plus intéressant que d’aller à l’école, non ? ^^

La suite, c’est là.