Tous mortels…

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Fiston s’intéresse à la mort depuis un bout de temps.

La mort, chez nous, on en parle assez souvent, naturellement, entre les « cadeaux » de nos chats (je mets des guillemets, car pour la redoutable Poilue, ce ne sont pas des cadeaux du tout, nononon, c’est pour elle… Il n’empêche que c’est dans la maison qu’elle les rapporte, et quand Fiston, en cherchant sa chaussure manquante, tombe sur une souris morte, ça surprend toujours), les coups de fusil le week-end pendant la saison de chasse et les questions que cela entraîne, le chevreuil retrouvé mort dans notre jardin il y a quelques mois, la mort de nos poneys il y a 2 ans, les interrogations fréquentes de Fiston sur les raisons pour lesquelles je ne mange pas de fromage ou d’oeufs (même si je refuse pour le moment de lui dire comment on tue les poussins mâles, les poules trop vieilles et les vaches de réforme, je lui réponds sans fards sur le reste), et l’habitude qu’il a pris, quand on lui parle de quelqu’un qu’il ne connaît pas, de demander si cette personne est morte ou non… sans parler de Petite Puce qui vieillit (« Je ne veux pas que Petite Puce meure, je l’aime ! Je serai triste quand elle va mourir »), de Gros Matou Tigré qui a failli y rester en début d’année et du fait que nous avons dû envisager de l’euthanasier si son état empirait à cause du FIV dont il est atteint.
Heureusement, GMT s’est rétabli, mais Fiston, je crois, a été assez marqué par cette possibilité, cette responsabilité qui est la nôtre, ce pouvoir de faire mourir nos chats, fût-ce pour abréger leurs souffrances.

De ses grands-parents, il a adopté la croyance que quand on est mort, on va au ciel. Cela lui plaît, même si, forcément, cela provoque de nouvelles questions. « Comment on fait pour aller dans le ciel ? » Le Barbu et moi répondons dans ce cas que nous ne savons pas du tout ce qu’on devient quand on est mort – ce qui embête bien Fiston.

Pendant un temps, il s’est dressé contre la mort. « Moi je te protège pour que tu n’ailles pas dans le ciel, maman. » Idem pour son père, idem pour les chats. Ambivalence de ma part : j’étais touchée, bien entendu, mais ce n’était pas son rôle, et surtout, que se passerait-il si l’un de nous mourait et que Fiston s’estimait coupable de ne pas avoir réussi à nous protéger ?
Quant à lui, s’il avait bien compris qu’il était concerné, il refusait tout net de se laisser faire : « Moi je ne mourrai jamais ! » « Moi je vais vivre toujours ! »

Et puis maintenant il réalise un peu plus. Ce n’est plus qu’il ne mourra jamais, c’est qu’il n’a pas envie d’être mort. Il devient triste quand il évoque notre mort, au Barbu et à moi. Quand il nous envoie des bisous, ce sont des bisous collants qui tiennent même quand on prend notre douche, mais aussi parfois qui resteront collés même quand on sera morts. Hier matin, il a demandé à son père s’il aurait encore de la barbe quand il serait mort.

Je pense que tous les parents passent par là un jour ou l’autre : j’ai beau savoir que c’est une phase nécessaire, je ne m’y attendais pas si tôt ; et quand Fiston me demande d’un air grave : « Je vais mourir un jour ? », et qu’il ajoute tristement « Je ne veux pas mourir, moi, jamais »…
Cela me flingue le cœur. 😦

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  1. Après, qu’est-ce qu’il met vraiment derrière ces mots, je ne sais pas trop. Mais moi je sais ce que j’y mets et arg, penser que Fiston mourra un jour… Arg…

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