Végéversaire

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Cela fait aujourd’hui 1 an que je suis devenue végétarienne. À l’origine du déclic, le très recommandable Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer, offert par le Barbu – dont, pour le coup, le travail du subsconscient m’échappe un peu étant donné qu’il était plutôt du genre omnivore-carnivore et qu’il se doutait bien de l’effet que ce livre allait produire sur moi.
À noter que Faut-il manger les animaux ? n’est pas à proprement parler un plaidoyer en faveur du végétarisme, même si l’auteur l’est devenu suite à son enquête et si je ne suis pas la seule à avoir abandonné la viande après sa lecture. C’est un état des lieux sur la production de viande (aux USA mais les choses sont assez semblables en France) : sélection, élevage, mise à mort, transformation, des poules pondeuses aux vaches laitières en passant par les cochons et les dindes, tout y passe : même si on ne soucie pas du sort des animaux, on en sort assez écœuré.

Dans la foulée, j’ai regardé la vidéo Meet your meat, réalisée par PeTA et dont le lien était donné dans le bouquin. Une courte vidéo, moins de 15 minutes, mais qui marque. Et puis, histoire de bien enfoncer le clou, le film Earthlings (Terriens), dont Meet your meat reprend d’ailleurs quelques images, sur la façon dont nous élevons et utilisons les animaux pour la nourriture, l’habillement, les loisirs, la compagnie et la recherche. C’est un film nécessaire mais très dur : il dure 1h35, je l’ai vu il y a 1 an et j’ai toujours des flash de temps à autre – notamment quand je passe devant le rayon boucherie d’un supermarché.

Donc, voilà, 1 an sans manger de viande (et 5 mois sans aucun produit animal). Quel est le bilan ?

  • Bilan financier : mis à part peut-être les premiers mois, où j’ai d’une part testé beaucoup de nouvelles choses et d’autre part commencé à faire des stocks de produits que je n’utilisais pas avant, en partant donc de zéro, je n’ai pas l’impression que notre budget bouffe ait augmenté bien que nous mangions maintenant quasiment 100% bio.
  • Bilan psychologique : que du positif.
    • Je me sens incomparablement mieux dans mes baskets, propre dans ma tête, en paix avec moi-même. Pas à 100% à cause des croquettes de mes chats, j’en reparlerai sans doute un jour, mais disons à 95% et c’est déjà pas mal. ^^
    • Ma sensibilité concernant les animaux, qui était déjà assez forte, s’est exacerbée : à l’heure actuelle, je pense être incapable de revoir Earthlings, par exemple. Il y a un an j’avais fini en larmes mais j’avais tout regardé, à l’exception d’une séquence – parce que je savais ce qui allait se produire et mes mains sont montées toutes seules devant mes yeux. Aujourd’hui, je vomirais sur mon écran au bout de 5 minutes. Et, oui, je considère que cette sensibilité accrue, que certains qualifieraient de sensiblerie, est une bonne chose. De mon point de vue, je ne suis pas devenue hyper-sensible, je le suis re-devenue : j’ai recouvré mon état d’empathie naturel envers les animaux en devenant végé, de la même façon que j’avais recouvré mon état d’empathie naturel envers les enfants en devenant maman et en prenant le chemin de l’éducation non violente.
      Je ne remercierai jamais assez le Barbu de m’avoir offert le livre de Soer, et aussi d’avoir accepté, quelques mois plus tard, de manger exclusivement végétarien à la maison – je ne supportais plus de voir et de sentir des morceaux de cadavres quand j’ouvrais le frigo ou les placards.
      Quant à Naë et Druss, le fait qu’ils soient entre-temps devenus eux aussi végétariens – et même quasi-végétaliens – de leur propre chef nous a encore rapprochés.
    • Je n’ai, pour le moment en tout cas, pas eu à supporter de remarques désagréables de mon entourage, bien au contraire. Inversement, je ne crois pas leur en avoir fait subir non plus.
    • Plaisir de manger : contrairement à ce que je craignais, la viande ne m’a pas manqué du tout.  Même pas les premiers jours – il faut dire que j’étais encore sous le choc de Earthlings.  Grâce à un certain nombre de blogs (répertoriés en bas de celui-ci), j’ai découvert une cuisine savoureuse et infiniment plus variée que ce que je mangeais jusque-là. Même chose en devenant végétalienne : je me suis passé de lait, de fromage et d’œufs avec une facilité déconcertante.
  • Bilan physique
    • Heureusement que je ne suis pas devenue végé pour perdre du poids, car ça n’a pas du tout fonctionné comme ça. Pourtant c’était un bonus que j’espérais, je l’avoue, après avoir vu beaucoup de gens témoigner d’un amincissement durable et parfois considérable. Pour ma part, peut-être parce que j’ai pris tellement de plaisir à tester de nouvelles recettes, j’ai plutôt pris quelques kilos, surtout au début. Mais contrairement à il y a encore quelques mois, maintenant j’assume. Donc imaginons que mon cas soit représentatif : si vous vous trouvez trop gros(se), devenez végé. Vous ne maigrirez pas mais vous vous en ficherez. ^^
    • Au niveau de la santé, par contre, j’ai eu droit à deux très bonnes surprises :
      • Effet imprévu n°1 : il semble que mon système immunitaire se soit pas mal renforcé. Avant j’étais du style à attraper tout ce qui passait, et surtout, à cause de mon asthme, le moindre rhume se transformait en galère. J’avais beau sortir l’artillerie lourde dès le début (traitement pour l’asthme doublé voire triplé, ventoline, lavages fréquents du nez, inhaleur, fluidifiant bronchique et j’en passe), je devais dormir assise pendant une bonne semaine pour pouvoir respirer, avais le nez comme une patate pendant quinze jours et m’arrachais les bronches pendant encore un bon mois ensuite.
        Depuis mon passage au végétarisme et bien que j’aie côtoyé pas mal de gens malades, y compris Fiston qui a enchaîné les crèves pendant 4 mois entre l’été et l’automne, j’ai chopé une seule fois un rhume. Un minuscule rhume en un an. Je n’ai pas ressenti le besoin de prendre le moindre médicament, j’ai dormi couchée sans aucun souci, j’ai eu le nez qui a coulé pendant 2 jours et encore, pas beaucoup. Et si j’ai toussé quand même 1 ou 2 semaines, ça n’était  rien en comparaison des autres fois. Question fatigue, rien à voir non plus.
      • Effet imprévu n°2 : spasmophilie intestinale aux abonnés absents. Jusque-là, de temps en temps j’avais des crises de spasmophilie intestinale qui me clouaient sur place. Incapable de tenir debout, parfois même je m’évanouissais, la crise pouvant durer de quelques dizaines de minutes à plusieurs jours. Ça ne m’arrivait pas tous les jours, heureusement, les crises graves étaient même plutôt rares, mais il était très fréquent (plusieurs fois par mois) que je doive m’allonger 20 minutes pour éviter une crise que je sentais arriver ou que j’aie recours à mon Debridat sans lequel je ne sortais jamais. Même pour faire les courses.
        J’ai dû prendre 2 fois mon médoc entre janvier et août ; et aucune crise à l’horizon, ni petite ni grosse, depuis le passage au végétalisme il y a 5 mois. Ça change la vie.

Bref, go végé !
Je me souhaite un très bon végéversaire, le premier d’une longue série 😛

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  1. Joyeux Végéversaire !!!

    Ce qui me suprends le plus dans le passage au végétarisme c’est, à quel point ça semble compliqué vu de l’extérieur, et finalement combien c’est simple quand on a le déclic. Merci de m’avoir montré le chemin

  2. Aaaah, les croquettes pour chats… Le gros dilemme que je suis incapable de résoudre.
    D’un côté, je me dis, « rhaaaa, ces croquettes sont certainement composées de déchets animaux issus de ce qui doit se faire de pire en matière d’élevage industriel, quelle chierie ».
    Et de l’autre, « oui, mais mon chat EST un animal carnivore, contrairement à moi, je ne me vois pas lui imposer des croquettes végétales dont je ne sais pas si elles sont vraiment bonnes pour lui sous prétexte de calmer ma conscience ».

    Il y a quelques semaines, découvrant un nouveau blog de cuisine végétalienne (http://absofruitly.fr, très recommandé), je lis dans les commentaires une vétérinaire végétalienne qui explique clairement que, autant les produits animaux sont nocifs pour l’homme, autant les chiens et chats ont besoin de manger de la viande, que les croquettes de supermarché, c’est de la merde (beaucoup de leurs problèmes de santé viennent de là), les croquettes végétariennes, une vaste blague pas adaptée à leurs besoins, et que le seul régime apte à leur garantir une bonne santé, c’est le BARF.
    Késako le BARF ? Un régime à base de viande crue, ce qui est effectivement ce qu’ils sont faits pour manger, en fait.

    Aïe. C’est probablement là la voix de la raison, mais acheter et manipuler de la viande, même pour la donner à mon chat, c’est au-dessus de mes forces. Sans compter que pour éviter de claquer tout le budget nourriture là-dedans, les adeptes du BARF se tournent vers des fournisseurs industriels, qui peuvent leur fournir des carcasses à un prix raisonnable, et ça, NO WAY.

    Alors du coup, je continue à filer à mon chat des croquettes vétérinaires qui, pour la modique somme de 25 euros par paquet, évitent de le rendre malade, et en me sentant pas du tout satisfaite par ce compromis.
    La seule solution pour être en accord avec moi-même, ce serait de ne pas avoir de chat, pour résumer 😦

    Bref, pardon pour ce pavé, mais c’est vrai que c’est un problème difficile et c’est quelque chose que tout le monde ne peut pas comprendre non plus…

    Et joyeux végéversaire à toi, contente de voir que ça se passe aussi bien 🙂

  3. Comme je cherchais le fameux commentaire de la vétérinaire végétalienne, pour ma culture personnelle on va dire, peut-être que ça t’intéressera : Catégories >> Véganisme > Introduction (billet du 31 décembre 2011)

  4. Yep, les croquettes des chats sont un vrai dilemme pour moi… J’ai prévu un billet rien que pour ça, d’ailleurs, parce que je trouve que la situation n’est vraiment pas simple, surtout avec des chats âgés ou malades…
    Merci pour vos liens, mesdemoiselles 🙂

    Naë > 🙂

  5. J’ai une question sûrement bête et naïve mais… bon… Est-ce qu’on peut envisager, en étant végan, de manger les oeufs de poules qu’on connait personnellement, par exemple ses propres poules, choyées avec amour, protégées, et qui pondent…?

  6. Aisling > Je me suis posé la question aussi, car c’est un projet que l’on a pour notre future maison : récupérer quelques poules avant qu’elles partent à l’abattoir (en élevage bio ou batterie, peu importe en fait). À l’origine, le but était d’avoir des oeufs de façon éthique car il nous était difficile de nous en passer, et de toute façon les poules auraient été choyées jusqu’à leur mort naturelle, qu’elles pondent encore ou pas en vieillissant. Maintenant, c’est plutôt l’inverse : on compte toujours avoir un poulailler, mais surtout pour sauver qq poules. Les oeufs, car il y en aura au moins tant que les poules seront jeunes, eh bien on les mangera puisqu’ils seront là, et / ou on les donnera, mais ce n’est plus le but premier. Après, est-ce que je serai encore vegan si je remange des oeufs de mes poules de temps en temps ? Je ne serai plus végétalienne, c’est certain, puisque ce terme ne concerne que l’alimentation, hors contexte éthique, politique ou autre. Je ne considère cependant pas que je participerai à nouveau à l’exploitation animale : à mes yeux, on aura retiré qq poules du circuit et on leur offrira une belle vie pour le restant de leurs jours.
    Est-ce que je pourrai encore être qualifiée de vegan ? Je n’en sais rien et à vrai dire je m’en fiche un peu : tout ce qui compte pour moi, c’est d’être en accord avec ma conscience.

  7. Pingback: Les livres qui ont changé ma vie – 3 « Le blog de MelyNaë

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