Comment l’Instruction En Famille (IEF) ? – 1

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Quand on se pose la question de la non-scolarisation (ou de la déscolarisation) de jeunes enfants, il arrive qu’on s’angoisse à propos des apprentissages. Comment cela va-t-il se passer ? Faut-il faire travailler les enfants dès 3 ans, avec un programme, des exercices – mêmes ludiques -, des horaires, une pédagogie précise, etc ?
Ma réponse est non. On peut, bien sûr. Si on le souhaite. Si on pense que pour cet enfant-là, c’est préférable. Mais dans la majorité des cas,  il n’y a aucune obligation.
Et pour m’appuyer sur autre chose que des théories, je prévois une série de billets sur des exemples concrets.

J’avais évoqué dans un article précédent le fait que Fiston n’avait pas un rythme d’apprentissage très standard, à savoir qu’il était très « en avance » pour certaines choses et très « en retard » pour d’autres.
Les chiffres et les lettres, ça fait partie de l’avance. Fiston a su compter jusqu’à 10 et au-delà bien avant de savoir parler : je me souviens d’une balade, il avait peut-être 16 ou 17 mois, où de temps en temps il me montrait des chiffres avec ses doigts, et je répondais distraitement jusqu’au moment où j’ai réalisé qu’il comptait les ralentisseurs que nous rencontrions. À cette époque il connaissait aussi toutes les couleurs et la plupart des lettres de l’alphabet. Comme je le disais dans le billet déjà cité plus haut, je ne savais pas que c’était inhabituel pour un enfant de cet âge. Quand je m’en suis rendu compte quelques mois plus tard, en ajoutant le fait qu’à 2 ans Fiston ne disait qu’un seul mot (« rouge », sa couleur préférée) et qu’il ne manifestait pas la moindre vélléité d’en apprendre d’autres (le déclic s’est produit vers ses 3 ans) tout en se faisant fort bien comprendre à l’aide de mimiques et de signes, et je passe sur d’autres particularités, cela n’a fait que me conforter dans ma décision de ne pas le scolariser pour respecter son rythme.

Je ne me souviens plus de quand j’ai pris conscience du fait que Fiston faisait des additions et des soustractions. Ça date, c’est tout ce que je peux dire. Le zéro, il maîtrise aussi depuis longtemps. Bien évidemment, je ne parle pas des opérations sur un papier – d’ailleurs on ne  prononce jamais les mots « addition » ou « soustraction », je crois bien. Ni d’exercices, ni de jeux dirigés. Cela se produit naturellement dans la vie de tous les jours.
Quelques exemples :
On cueille 4 fraises, il y en a 1 qui tombe, il en reste 3. Il en mange 2, il en reste 1. J’en recueille 4, ça lui en fait 5. Il en mange 5, il en reste 0.
Il me dit qu’il a 1 vélo, papa en a 2, moi j’en ai 1, ça fait 4, maman !
La chienne des voisins a eu 7 petits, mais 1 est mort à la naissance, il en restait 6. 1 autre est mort dans la nuit, il n’y en avait plus que 5. C’est pas drôle, mais c’est la vie…
Son camion de pompier a 3 roues d’un côté, 3 roues de l’autre, ça fait 6 !
Et tout ça de son propre chef, sans que j’intervienne, à part pour répondre à ses questions. Sans que j’essaye de lui apprendre quoi que ce soit.

La multiplication commence à arriver tout aussi naturellement.

J’avais dit à Fiston qu’il fallait attendre 30 minutes pour je ne sais plus quoi. Fiston m’a demandé : « Ça fait beaucoup, 30 minutes ? », et comme parfois dans ce genre de cas, je lui ai répondu « Ça fait 10 + 10 + 10 », en joignant le geste à la parole (montrer les 10 doigts, fermer les mains et recommencer 2 fois). Fiston m’a alors demandé : « Ça fait combien de fois 10 ? », j’ai répondu « 3 fois », et il a reproduit le geste : il a montré ses 10 doigts, comme il fait d’habitude, mais cette fois-ci, au lieu de dire « 10 », il a dit « 1 » ; il a recommencé en disant « 2 » ; puis encore une fois en disant « 3 . Ça fait 30 ! »
Et puis il est passé à autre chose. Et moi je n’ai réalisé que quelques minutes plus tard ce qu’il venait de faire.

Bien sûr, chaque enfant a son rythme, et c’est bien ce qui fait l’intérêt de l’IEF. Tous les enfants ne vont pas découvrir les opérations aussi tôt, certains auront peut-être besoin d’un petit coup de pouce de la part d’un adulte ou d’un autre enfant, d’autres ne s’y intéresseront pas pendant des années parce qu’ils auront d’autres préoccupations. En revanche, peut-être se transformeront-ils en moulins à paroles ou en cascadeurs à 18 mois, et ça, si ce ne sont pas d’énormes apprentissages… ^^

Tout ce que je veux dire, c’est : faites-leur confiance. Ils apprennent, de toute façon.
Laissez-les vous étonner 🙂

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  1. ô combien tout ça est vrai!
    Leur laisser le temps de nous montrer ce qu’ils ont dans la tête et le coeur! Plus j’observe et je réfléchis, plus j’en suis convaincue, malgré les questions et les stress divers et variés provenant de l’entourage!
    bises
    fanet

  2. Pingback: Comment l’IEF – 5. Des haricots et des lettres « Le blog de MelyNaë

  3. Pingback: IEF & préjugés – 3 « Le blog de MelyNaë

  4. Pingback: Comment l’IEF – 6. Leave them kids alone « Le blog de MelyNaë

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