Toilettes sèches & récupération de l’eau de pluie : pourquoi ?

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Il y a maintenant un bout de temps, quand on pensait déjà faire construire une maison bioclimatique mais avant que l’on songe à notre projet d’habitat groupé avec Naë et Druss, j’avais mentionné comme une évidence, lors d’une discussion entre amis, que nous récupérerions l’eau de pluie.

Regard interloqué d’un de mes interlocuteurs : « Mais pourquoi ? »
Regard interloqué de moi-même en retour. « Vraiment, pourquoi ? T’es sérieux, là ? »
(Et en mon for intérieur : hébé, le jour où je vais lui parler toilettes sèches…)

Mais, après tout, on peut se poser la question : pourquoi diable récupérer de l’eau de pluie, alors qu’il suffit d’ouvrir le robinet pour que l’eau coule à flot ?

Il y a plusieurs éléments de réponses, que ce soit économiques ou écologiques, qui tous vont dans le même sens, celui de la récupération. À vrai dire, quand on y réfléchit un peu, question utilisation / traitement de l’eau, en France, on marche sur la tête.

Que dit la loi française à l’heure actuelle ? On peut utiliser l’eau de pluie pour :

  • arroser (utilisation la plus courante) ;
  • laver les sols ;
  • la chasse d’eau ;
  • et souvent pour laver le linge – ça dépend où est situé l’engin.

Précisons qu’en filtrant et en traitant l’eau de pluie, on peut tout à fait l’utiliser pour tous les autres postes de consommation : douche, vaisselle, et même la boire en la rendant potable.

Sans aller dans les statistiques et encore moins prétendre à l’exhaustivité des différents cas de figure, je vous propose de suivre le trajet d’une petite goutte d’eau de pluie, tombée sur un toit. Dans le premier cas, elle sera récupérée et utilisée de façon « classique » ; dans le deuxième, elle filera au tout-à-l’égout.

Préambule : l’eau de pluie est douce (non calcaire) et gratuite. Jusque-là, on est d’accord. Elle est globalement propre quand elle arrive sur le toit : même s’il peut arriver qu’une pluie soit acide, une cuve contient en général de l’eau issue de plusieurs épisodes pluvieux, et l’acidité exceptionnelle sera diluée.

Il était une fois, une petite goutte d’eau tombée sur un toit…

Zzzzziiiiiip ! dans la gouttière.

Cas n°1

Plop ! La petite goutte d’eau tombe dans une cuve de récupération d’eau de pluie, et attend patiemment qu’on ait besoin d’elle.

  • Arrosage ? L’eau de pluie est la meilleure qui soit pour les plantes.
  • Lavage du sol ? du linge ? de la vaisselle ? de la peau ? Là encore, l’eau de pluie est parfaite pour cet usage. Non calcaire, elle n’encrasse pas les canalisations ou les machines comme le fait l’eau de ville, calcaire dans l’immense majorité des cas. Pour la même raison, elle rend le linge souple, la vaisselle impeccable et la peau toute douce. Et enfin, pour un résultat bien supérieur, elle nécessite moins de détergent (lessive, produit vaisselle, savon, shampooing…) qu’une eau calcaire (expérience facile à faire : mettez une goutte de liquide vaisselle dans 2 pots, l’un contenant de l’eau de pluie et l’autre de l’eau de ville, rebouchez, agitez et comparez).
  • Chasse d’eau ? Encore une fois, pas de pb de dépôt calcaire dans vos toilettes.

Conclusion

  • Économies (gratuité de l’eau, canalisations / machines non abîmées, moins de détergent).
  • Efficacité supérieure.

Ajoutons que lors de gros orages, le fait de récupérer de l’eau permet de réduire ou d’éviter l’engorgement des égouts, voire les inondations.

Cas n°2

Plop ! La petite goutte tombe de la gouttière et s’engage dans le circuit du tout-à-l’égout. Après un long voyage où elle se sera chargée en immondices diverses et variées (excréments, cadavres et autres trucs sympa), elle arrive dans une station d’épuration. Un lourd traitement et un nouveau voyage plus tard, la petite goutte, qui je le rappelle était au départ gratuite, douce et propre, revient chez vous épurée et potable, certes, mais aussi payante, calcaire et pleine de saloperies style chlore, nitrates et j’en passe.

La petite goutte attend maintenant qu’on tourne le robinet pour continuer son périple.

  • Arrosage ? Les plantes détestent l’eau calcaire et chlorée.
  • Lavage du sol ? du linge ? de la vaisselle ? de la peau ? Le calcaire encrasse les canalisations et les machines, rend le linge rêche sauf à utiliser un adoucissant, la vaisselle a des traces peu ragoûtantes, et votre peau rougit et tiraille après la douche, malgré les crèmes que vous lui appliquez.
  • Chasse d’eau ? Vos toilettes sont pleines de calcaire, et comme dans votre douche ou votre baignoire, vous y pulvérisez de l’anti-calcaire à tout va.

Si vous en avez marre du calcaire, vous aurez peut-être installé à vos frais un adoucisseur d’eau. Qui, je le souligne sans pitié, vous servira à adoucir de l’eau qu’on vous a fait payer pour rendre calcaire.

Conclusion : est-ce la peine de remuer le couteau dans la plaie ?

J’ajouterais quand même une chose : est-ce vraiment utile d’avoir de l’eau rendue potable à grand renfort de traitements coûteux (en fric et en énergie, et je ne parle pas de la pollution qui va avec) pour arroser, laver le sol, le linge, la vaisselle, prendre sa douche ? Et par-dessus tout, a-t-on vraiment besoin d’eau potable pour pisser et chier dedans ?

J’avais dit « pas de statistiques », mais j’en donne quand même une : un Français consomme en moyenne 150 litres d’eau par jour. Il en boit 1 ou 2 litres au maximum (et bien souvent, qui proviennent de bouteilles).
Nous n’avons pas besoin de 150 litres d’eau potable par jour !

Et la petite goutte d’eau continua son voyage…

C’est bien beau, me direz-vous, mais ensuite, eau de pluie ou eau de ville, quand la petite goutte sort de la douche ou du lave-linge, elle va où ?

Dans les 2 cas, le plus souvent elle file au tout-à-l’égout. On est d’accord. De ce point de vue, on aura seulement économisé un cycle dans le cas de la récupération. Ce qui n’est déjà pas négligeable.

Pour ceux à qui ça ne suffit pas, 3 pistes complémentaires :

  • Réduire la consommation d’eau (et donc la quantité d’eau partant à l’égout).
  • Réduire la pollution des eaux partant à l’égout.
  • Recycler les eaux usées sur place.

Pour ce qui est de cette dernière optique, elle concerne essentiellement la phyto-épuration (épuration des eaux usées par un système de bassins plantés). Je ne compte pas les fosses septiques ou toutes eaux comme un recyclage sur place, car il est nécessaire de les vidanger régulièrement : on ne fait que reculer pour mieux sauter.
Juste pour mentionner la possibilité, il existe depuis peu des systèmes de recyclage des eaux de douche / baignoire, fonctionnant à l’électricité et avec des rayons UV, qui permettent de réutiliser ces eaux pour le même usage que celui de l’eau de pluie tel qu’autorisé par la loi (arrosage, lavage, chasse d’eau, lave-linge). L’eau est donc utilisée deux fois, mais en l’absence d’un dispositif de phyto-épuration, elle repart ensuite dans le circuit classique. Cela dit, pour un appartement ou une maison avec un terrain trop petit, c’est déjà intéressant.

Les toilettes sèches quant à elles s’inscrivent dans les deux premières optiques, celles de réduire la consommation et la pollution de l’eau.

Avertissement : dans ce qui suit, on va parler excrément. Si ça vous dégoûte, considérez que ce billet se termine ici.

Et la petite goutte d’eau ne fut plus invitée aux toilettes…

Les toilettes sèches, déjà, qu’est-ce que c’est ?

Comme leur nom l’indique, ce sont des toilettes qui sont sèches. Parfaitement.
De rien, c’est un plaisir.
Il en existe plusieurs types, la plus simple étant pompeusement dénommée Toilettes à Litière Biomaîtrisée, aka TLB, ce qui en jette quand même pas mal, convenez-en. On peut aussi parler plus simplement de toilettes à litière, mais ça fait tout de suite plus caisse pour chat.
C’est cependant tout à fait approprié.
Le principe est très simple : au lieu de faire nos besoins dans l’eau, on les fait sur de la litière. On recouvre ensuite son modeste cadeau, selon le joli terme de Musset, d’une couche de litière – un peu comme le chat qui recouvre ses besoins de terre et / ou de feuilles – et quand le seau est plein, on le vide sur un tas de compost. Le tout se décomposera tranquillement et donnera un bon engrais au bout d’un temps variable selon votre composteur, votre alimentation, et l’usage auquel vous destinez ledit engrais (en général , par précaution, on conseille d’attendre 1 ou 2 ans de plus s’il va sur le potager par rapport à un usage sur des plantes d’ornement, soit 2 à 3 ans pour l’un contre 1 an pour l’autre).
La litière, c’est de la sciure, des feuilles broyées, de la litière pour cochon d’inde, ou encore d’autres choses, selon l’inspiration et les possibilités de chacun (si vous habitez près d’une scierie, par ex, il n’y a pas trop à hésiter, choisissez la sciure, mais attention, de bois non traités !).

Évacuons quelques idées fausses (ou pas) :

  • Ça doit puer et faire bzz bzz ! –> Non, pas du tout. Ou alors c’est que la litière utilisée n’est pas la bonne, à vous de faire des essais. La dégradation des excréments se fait en aérobie, ça ne sent pas plus que des wc classiques bien entretenus. Bien moins que des wc classiques pas ou mal entretenus. Et y a pas de mouches.
    Dans notre chez-nous actuel, nous avons un prototype brinquebalant de toilettes sèches.  Au premier étage, ce qui rend la chose peu pratique et assez dissuasive. On va dire que c’était pour expérimenter, mais le seau est au 1/3 plein depuis plus d’un an, et ça ne sent rien du tout, il n’y a toujours pas de mouches. On utilise de la litière de chez Carrefour, avec qq feuilles mortes et un peu de sciure, on n’a jamais eu le moindre souci.
  • Ça doit être moche ! –> Au contraire. Dans le pire des cas, c’est moche comme un wc classique. En général, c’est bien plus beau. Quelques exemples ici (ma préférée étant sans hésiter la n°5).
  • Moi, je ne pourrais jamais ! –> Mais si, mais si ! Si vous n’aviez comme autre choix que de vous geler les miches derrière un arbre en plein hiver, je suis sûre que vous pourriez.
    En plus pour les pudiques, c’est bien plus confortable que les toilettes à eau, et ce pour deux raisons essentielles (number one et number two, of course) : pas de « plouf ! » sonore, ni de bruit de cascade signalant à vos invités l’occupation à laquelle vous vous livrez ; pas de bruit de chasse d’eau, puisque chasse d’eau il n’y a point (et la nuit, dans certains, cas, c’est bien pratique).
  • Ça doit quand même être pénible, pour rester poli, de vider et de nettoyer le seau, non ? –> C’est pas le moment le plus sympathique, effectivement. En plus, ça peut revenir souvent, selon la taille du seau, le nombre de toilettes et le nombre de personnes les utilisant.
    Mais.

    • Ce n’est pas aussi pénible qu’on l’imagine du point de vue vision ou odeur. On ne voit rien quand on renverse le seau, à part de la litière et éventuellement un peu de PQ. On sent bien une odeur d’urine (et seulement d’urine, curieusement), oui, pendant 2-3 secondes on fronce le nez. On refronce quelques secondes quand on nettoie le seau (il faut de l’eau, pour cette phase, au fait, hein). Et puis voilà.
    • Si comme nous vous avez la chance (de ce point de vue là) de construire ou faire construire votre maison, à vous d’optimiser l’organisation ! Chez nous, une trappe permettra de sortir directement les seaux à l’extérieur. Forcément, quand on doit descendre un étage et traverser le salon et la cuisine avec un seau plein, c’est moins glamour. De plus, nous avons prévu un système permettant d’augmenter notre autonomie. 3 seaux sur un plateau tournant + une réserve de seaux tout prêts dehors. Donc 3 seaux sans avoir à sortir de la maison, et un nombre indéterminé sans avoir à aller les vider. Je pense qu’un ou deux « voyages » par mois au tas de compost sera le maximum en temps normal (hors grosse fiesta avec plein de monde). Quand on y sera et qu’on aura pu tester la viabilité du truc, je mettrai les plans en ligne.
    • Cela semblera bizarre à certains, mais l’idée que par ce système, nous réintégrons le cycle naturel des éléments, ça compense l’inconfort ponctuel. Peut-être moins par temps de neige avec -20°C ou avec un lumbago, je vous l’accorde. Mais vraiment, entre récurer des chiottes avec un canard chimique, à genoux et en pestant après le calcaire, en sachant que nous contribuons à la pollution de la flotte et à l’appauvrissement des sols, ou vider des seaux, même sous la pluie, en ayant conscience qu’ainsi on redonne à la terre une partie de ce qu’on lui a pris, que non seulement ça ne polluera pas mais qu’en plus ça va devenir un engrais sain, je préfère la seconde option. De loin.
  • C’est dégoûtant d’utiliser vos excréments pour faire pousser vos légumes ! –> Bah, on ne vous dit pas de pisser ou de chier directement sur les plants de tomate, hein. On passe par une phase de décomposition. Comme pour le fumier de cheval si recherché.
  • C’est quand même pas très hygiénique, les microbes, tout ça. –> Oui, dans les excréments, il y a des microbes, dont certains dangereux pour la santé humaine. D’où l’attente plus longue lorsque l’engrais est destiné au potager. Lorsque le compost est bien mené, la température monte suffisamment pour détruire les micro-organismes pathogènes.
    Attention cependant : j’ai lu, je ne sais plus où, une mise en garde concernant les gens consommant du porc. Il semblerait que cette viande contienne parfois un micro-organisme, je ne sais plus lequel, qui se retrouve dans les excréments et est difficile à détruire, même après compostage. Je n’ai pas cherché à vérifier l’info : étant donné notre régime végé, le problème ne se pose pas chez nous*. Si vous mangez du porc occasionnellement et prévoyez un usage sur potager, renseignez-vous.

*Naë m’ayant fort pertinemment fait remarquer que comme nous ne fréquentons pas que des végétariens et des musulmans pratiquants, il est probable que parfois atterrissent dans nos toilettes sèches le modeste cadeau de gens ayant mangé du porc dans les 48h précédentes. On dirait qu’il va quand même falloir que je me renseigne, finalement. Ou alors on soumet nos copains à un interrogatoire serré suivi éventuellement d’un régime constipant ou d’un enfermement dans les toilettes à eau de pluie (puisqu’on en aura 1 WC à eau de pluie dans les parties communes), mais je pense qu’on risquerait d’en perdre quelques-uns au passage, de copains… Alors déjà que nos enfants ne sont pas socialisés puisque pas scolarisés, si en plus on n’a pas d’amis à leur montrer de temps en temps… ^^
Donc je vais me renseigner.

Pour aller plus loin si le sujet des toilettes sèches vous intéresse, je ne peux que vous conseiller l’excellent Un petit coin pour soulager la nature, de Christophe Élain.
Pour ce qui est de la débilité de notre façon actuelle de traiter l’eau, vous pouvez regarder une conférence gesticulée de la SCOP Le Pavé, coopérative d’éducation populaire dont j’ai déjà parlé ailleurs sur ce blog : contrairement aux autres conférences gesticulées dont j’ai parlé jusque-là, celle-ci est assez brouillonne dans sa présentation, ce qui peut gêner. Toujours est-il que les informations y sont.

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  1. bonjour je m appel fred je suis chanvrier (donc ecobatisseur)je suis plus ou moin d accord dans le principe avec tout ce qui est écrit plus haut mais cette réalité ne s applique qu a une poignée de gens pour etre poli je dirais les (campagnards).car les autres ,ceux de la ville, je les vois mal dans leur hlm ou residences avoir des cuves sur les balcons pour recuperer la flotte qui tombe du ciel (deja qu un hlm c est moche alor avec de cuves en plastoc partout j imagine meme pas )et la vous devez vous dire ….et les toilettes seches dans un immeuble de 2 ou 300 personnes et les vider ou??? et si tout les habitans de la planete recuperaient l eau de pluie n y aurait il pas une incidence pour cette derniere?
    au meme titre que de se debarrasser de ses excrements de maniere individuelle?
    je pense qu avant tout il faudrait sortir le » buisness de l eau » de sont lobby mafieux et recommunaliser ce dernier
    ce qui aurait deja pour effet de créer de l emploi au sein de la commune abaisser les couts et ameliorer la qualité du produit .
    a une epoque on echangeait les choses pour vivre maintenant on a l argent vivement le futur qu on se paye en bisous peace

  2. Bonjour Fred et merci pour votre commentaire. Effectivement, lorsqu’il s’agit uniquement d’initiatives individuelles, cela concerne essentiellement les gens en maison. Pas forcément que les campagnards, il y a des maisons de ville aussi, et les toilettes à compost ne requièrent que très peu d’espace dans le jardin. Pour les autres, j’espère qu’un jour en France on aura une politique qui se rapproche de celle de la Suède en terme d’habitat : là-bas, dans certaines villes, il est obligatoire d’équiper les nouveaux immeubles de toilettes sèches. Attention, les TLB ne sont qu’une sorte de toilettes sèches. Il en existe plein d’autres, notamment à séparation (urine et excréments séparés) associées parfois à une ventilation permettant de réduire de beaucoup les volumes, toilettes pour lesquelles la maintenance est fortement allégée (parfois moins d’un vidage / nettoyage par an) et dont certaines sont adaptées à l’installation dans les immeubles grâce à un système d’évacuation un peu semblable aux anciens vide-ordures.
    Je ne vois pas où serait le pb si tout le monde récupérait l’eau de pluie. Une fois qu’elle a servie, elle est relarguée, que ce soit dans les systèmes d’épuration actuels ou lors des arrosages. On ne l’enlève pas du circuit, on l’utilise seulement plus tôt et mieux.
    Je ne vois pas non plus où serait le pb de se débarrasser de ses excréments de manière individuelle (même si c’est peu réaliste pour les gens en immeuble) ??

    Et vive les bisous et le chanvre 🙂

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