Archives Mensuelles: octobre 2011

Mesurer ne fait pas grandir

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J’en suis bien convaincue, farouche opposante que je suis aux systèmes de notes, évaluations et cie.

Je connais une jeune fille qui vient de changer d’école. Elle avait de très mauvaises notes dans la précédente et, d’après ce que j’ai compris, dans le nouveau collège le niveau global est beaucoup plus bas, ce qui fait que ses notes à elle ont remonté en flèche et qu’elle fait même figure d’intello. Elle est ravie, et ses parents aussi.

Bien. C’est super que tout le monde soit ravi. Mais si on réfléchissait 2 secondes ? Elle n’a pas progressé, son « niveau » est resté identique, peut-être même a-t-il baissé, allez savoir. Elle ne sait pas plus de choses qu’avant. Ce sont juste les notes qui ont monté, et sa position par rapport aux autres (qui ne sont pas les mêmes que les autres d’avant). Mais elle, la jeune fille, est toujours exactement la même que celle de l’an dernier. Quelque chose d’aussi subjectif qu’une note (vous connaissez la constante macabre ?) l’a fait devenir une autre dans son esprit et dans celui de ses parents.

Voilà ce que je me suis dit en apprenant la nouvelle, vers la fin du mois de septembre. Cela ne faisait que me conforter dans mon opinion sur les notes et les classements, sur les mesures en général, et je me croyais vraiment à l’abri de tout cela avec Fiston (par exemple, quand on me demande combien il mesure, je réponds que je n’en sais rien, ce qui est vrai).

Sauf que.

Il y a 1 ou 2 semaines, nous avons fait notre première balade à 3 en 2 roues. Fiston sur sa draisienne, le Barbu et moi sur nos vélos. C’était absolument génial, j’en reparlerai, et surtout Fiston nous a épatés par sa vitesse et son endurance : à vue de nez, nous avions fait un tour de 5-6 km. C’était déjà une mesure, et j’en ai fièrement fait part à mes parents, la voisine. Mais ça ne m’a pas suffi. Il a fallu que je regarde sur Google Maps. Et lorsque j’ai constaté qu’en fait c’était plutôt dans les 7,5 km, il a fallu que je rectifie auprès de mes parents et de la voisine. Auprès du Barbu. Et moi-même, je me suis sentie plus impressionnée de savoir qu’on avait fait 7,5 km en 1h30 avec une bonne pause pour le goûter que 5 ou 6 km pendant le même laps de temps.
Pourtant ça n’a pas changé notre balade. Ça ne l’a pas rallongée. Ça ne l’a pas rendue meilleure. Elle était déjà faite, et j’en avais savouré chaque instant. Qu’est-ce que ça peut bien me faire que la distance qu’on a parcourue à 6 roues soit de 5 ou de 7 km ?

Expérience personnelle d’un côté, chiffrage d’un logiciel de cartographie de l’autre : force m’est de constater que je ne suis pas aussi guérie des mesures que je le croyais.
Finalement, je comprends la jeune fille et ses parents. Et je suis en colère d’être encore sous l’emprise de ce culte du chiffre.

Mesurer ne fait pas grandir, bordel !

Réconfort automnal : cheezy saucisses, pommes de terre au lait végétal

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Du temps où le Barbu et moi étions omnivores, il y avait un plat très simple que nous aimions manger lorsque le temps se refroidissait : le rôti de porc au lait accompagné de ses pommes de terre, cuites dans le lait également.

L’automne avançant à grands pas, j’ai eu envie ce soir d’une version végétalienne de cette recette, mais comme je n’avais pas le temps de me lancer dans des essais de seitan, j’ai préféré me concentrer sur la partie PdT de la chose et les accompagner des fameuses cheezy saucisses de Plaisir Vegan.

J’adore ces saucisses, avec leurs fils non fromagers super bluffants. À tel point que j’ai toujours en stock un mélange des aliments secs, auquel je n’ai qu’à ajouter des protéines de soja texturées, l’huile, le bouillon et les épices. Ça fait gagner beaucoup de temps.

Ingrédients pour 2 :

Cheezy saucisses

– 50g de protéines de soja texturé
– 165ml de bouillon de légumes
– 20g de gluten
– 10g de fécule de pomme de terre
– 1 càs d’huile de tournesol
– 10g de farine de riz
– 6g de son de blé
– 3g de levure de bière
– sel, estragon et basilic

Pommes de terre au lait (il en est resté)

– 4 ou 5 grosses pommes de terre
– 1 gros oignon
– 1/2 L de lait de soja
– 1/2 L de lait d’amandes
– 4 clous de girofle
– 2 càs de margarine
– 1 càs de sauce soja
– sel, poivre

Préparation :

– Éplucher et couper grossièrement l’oignon. Le mettre à dorer dans une casserole avec la margarine.
– Couper les pommes de terre en morceaux (cubes si vous êtes pressés, quartiers si vous avez le temps). Personnellement, je ne les épluche pas. Les ajouter dans la casserole, saler, poivrer et laisser dorer 1 ou 2 minutes.
– Ajouter les 2 laits, la sauce soja et les clous de girofle.
– Porter à ébullition (en surveillant : le lait végétal se sauve aussi !) et laisser mijoter au moins 20 minutes (après, c’est fonction de la variété de PdT et de la taille des morceaux) en remuant de temps en temps.
– Pendant ce temps, préparer les cheezy saucisses selon les indications de Plaisir Vegan.
– Déposer les saucisses dans une assiette creuse, les entourer d’une louche de PdT au lait, et bon appétit !

Bon à savoir : les PdT comme les saucisses sont tout aussi bonnes voire meilleures réchauffées.

Toilettes sèches & récupération de l’eau de pluie : pourquoi ?

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Il y a maintenant un bout de temps, quand on pensait déjà faire construire une maison bioclimatique mais avant que l’on songe à notre projet d’habitat groupé avec Naë et Druss, j’avais mentionné comme une évidence, lors d’une discussion entre amis, que nous récupérerions l’eau de pluie.

Regard interloqué d’un de mes interlocuteurs : « Mais pourquoi ? »
Regard interloqué de moi-même en retour. « Vraiment, pourquoi ? T’es sérieux, là ? »
(Et en mon for intérieur : hébé, le jour où je vais lui parler toilettes sèches…)

Mais, après tout, on peut se poser la question : pourquoi diable récupérer de l’eau de pluie, alors qu’il suffit d’ouvrir le robinet pour que l’eau coule à flot ?

Il y a plusieurs éléments de réponses, que ce soit économiques ou écologiques, qui tous vont dans le même sens, celui de la récupération. À vrai dire, quand on y réfléchit un peu, question utilisation / traitement de l’eau, en France, on marche sur la tête.

Que dit la loi française à l’heure actuelle ? On peut utiliser l’eau de pluie pour :

  • arroser (utilisation la plus courante) ;
  • laver les sols ;
  • la chasse d’eau ;
  • et souvent pour laver le linge – ça dépend où est situé l’engin.

Précisons qu’en filtrant et en traitant l’eau de pluie, on peut tout à fait l’utiliser pour tous les autres postes de consommation : douche, vaisselle, et même la boire en la rendant potable.

Sans aller dans les statistiques et encore moins prétendre à l’exhaustivité des différents cas de figure, je vous propose de suivre le trajet d’une petite goutte d’eau de pluie, tombée sur un toit. Dans le premier cas, elle sera récupérée et utilisée de façon « classique » ; dans le deuxième, elle filera au tout-à-l’égout.

Préambule : l’eau de pluie est douce (non calcaire) et gratuite. Jusque-là, on est d’accord. Elle est globalement propre quand elle arrive sur le toit : même s’il peut arriver qu’une pluie soit acide, une cuve contient en général de l’eau issue de plusieurs épisodes pluvieux, et l’acidité exceptionnelle sera diluée.

Il était une fois, une petite goutte d’eau tombée sur un toit…

Zzzzziiiiiip ! dans la gouttière.

Cas n°1

Plop ! La petite goutte d’eau tombe dans une cuve de récupération d’eau de pluie, et attend patiemment qu’on ait besoin d’elle.

  • Arrosage ? L’eau de pluie est la meilleure qui soit pour les plantes.
  • Lavage du sol ? du linge ? de la vaisselle ? de la peau ? Là encore, l’eau de pluie est parfaite pour cet usage. Non calcaire, elle n’encrasse pas les canalisations ou les machines comme le fait l’eau de ville, calcaire dans l’immense majorité des cas. Pour la même raison, elle rend le linge souple, la vaisselle impeccable et la peau toute douce. Et enfin, pour un résultat bien supérieur, elle nécessite moins de détergent (lessive, produit vaisselle, savon, shampooing…) qu’une eau calcaire (expérience facile à faire : mettez une goutte de liquide vaisselle dans 2 pots, l’un contenant de l’eau de pluie et l’autre de l’eau de ville, rebouchez, agitez et comparez).
  • Chasse d’eau ? Encore une fois, pas de pb de dépôt calcaire dans vos toilettes.

Conclusion

  • Économies (gratuité de l’eau, canalisations / machines non abîmées, moins de détergent).
  • Efficacité supérieure.

Ajoutons que lors de gros orages, le fait de récupérer de l’eau permet de réduire ou d’éviter l’engorgement des égouts, voire les inondations.

Cas n°2

Plop ! La petite goutte tombe de la gouttière et s’engage dans le circuit du tout-à-l’égout. Après un long voyage où elle se sera chargée en immondices diverses et variées (excréments, cadavres et autres trucs sympa), elle arrive dans une station d’épuration. Un lourd traitement et un nouveau voyage plus tard, la petite goutte, qui je le rappelle était au départ gratuite, douce et propre, revient chez vous épurée et potable, certes, mais aussi payante, calcaire et pleine de saloperies style chlore, nitrates et j’en passe.

La petite goutte attend maintenant qu’on tourne le robinet pour continuer son périple.

  • Arrosage ? Les plantes détestent l’eau calcaire et chlorée.
  • Lavage du sol ? du linge ? de la vaisselle ? de la peau ? Le calcaire encrasse les canalisations et les machines, rend le linge rêche sauf à utiliser un adoucissant, la vaisselle a des traces peu ragoûtantes, et votre peau rougit et tiraille après la douche, malgré les crèmes que vous lui appliquez.
  • Chasse d’eau ? Vos toilettes sont pleines de calcaire, et comme dans votre douche ou votre baignoire, vous y pulvérisez de l’anti-calcaire à tout va.

Si vous en avez marre du calcaire, vous aurez peut-être installé à vos frais un adoucisseur d’eau. Qui, je le souligne sans pitié, vous servira à adoucir de l’eau qu’on vous a fait payer pour rendre calcaire.

Conclusion : est-ce la peine de remuer le couteau dans la plaie ?

J’ajouterais quand même une chose : est-ce vraiment utile d’avoir de l’eau rendue potable à grand renfort de traitements coûteux (en fric et en énergie, et je ne parle pas de la pollution qui va avec) pour arroser, laver le sol, le linge, la vaisselle, prendre sa douche ? Et par-dessus tout, a-t-on vraiment besoin d’eau potable pour pisser et chier dedans ?

J’avais dit « pas de statistiques », mais j’en donne quand même une : un Français consomme en moyenne 150 litres d’eau par jour. Il en boit 1 ou 2 litres au maximum (et bien souvent, qui proviennent de bouteilles).
Nous n’avons pas besoin de 150 litres d’eau potable par jour !

Et la petite goutte d’eau continua son voyage…

C’est bien beau, me direz-vous, mais ensuite, eau de pluie ou eau de ville, quand la petite goutte sort de la douche ou du lave-linge, elle va où ?

Dans les 2 cas, le plus souvent elle file au tout-à-l’égout. On est d’accord. De ce point de vue, on aura seulement économisé un cycle dans le cas de la récupération. Ce qui n’est déjà pas négligeable.

Pour ceux à qui ça ne suffit pas, 3 pistes complémentaires :

  • Réduire la consommation d’eau (et donc la quantité d’eau partant à l’égout).
  • Réduire la pollution des eaux partant à l’égout.
  • Recycler les eaux usées sur place.

Pour ce qui est de cette dernière optique, elle concerne essentiellement la phyto-épuration (épuration des eaux usées par un système de bassins plantés). Je ne compte pas les fosses septiques ou toutes eaux comme un recyclage sur place, car il est nécessaire de les vidanger régulièrement : on ne fait que reculer pour mieux sauter.
Juste pour mentionner la possibilité, il existe depuis peu des systèmes de recyclage des eaux de douche / baignoire, fonctionnant à l’électricité et avec des rayons UV, qui permettent de réutiliser ces eaux pour le même usage que celui de l’eau de pluie tel qu’autorisé par la loi (arrosage, lavage, chasse d’eau, lave-linge). L’eau est donc utilisée deux fois, mais en l’absence d’un dispositif de phyto-épuration, elle repart ensuite dans le circuit classique. Cela dit, pour un appartement ou une maison avec un terrain trop petit, c’est déjà intéressant.

Les toilettes sèches quant à elles s’inscrivent dans les deux premières optiques, celles de réduire la consommation et la pollution de l’eau.

Avertissement : dans ce qui suit, on va parler excrément. Si ça vous dégoûte, considérez que ce billet se termine ici.

Et la petite goutte d’eau ne fut plus invitée aux toilettes…

Les toilettes sèches, déjà, qu’est-ce que c’est ?

Comme leur nom l’indique, ce sont des toilettes qui sont sèches. Parfaitement.
De rien, c’est un plaisir.
Il en existe plusieurs types, la plus simple étant pompeusement dénommée Toilettes à Litière Biomaîtrisée, aka TLB, ce qui en jette quand même pas mal, convenez-en. On peut aussi parler plus simplement de toilettes à litière, mais ça fait tout de suite plus caisse pour chat.
C’est cependant tout à fait approprié.
Le principe est très simple : au lieu de faire nos besoins dans l’eau, on les fait sur de la litière. On recouvre ensuite son modeste cadeau, selon le joli terme de Musset, d’une couche de litière – un peu comme le chat qui recouvre ses besoins de terre et / ou de feuilles – et quand le seau est plein, on le vide sur un tas de compost. Le tout se décomposera tranquillement et donnera un bon engrais au bout d’un temps variable selon votre composteur, votre alimentation, et l’usage auquel vous destinez ledit engrais (en général , par précaution, on conseille d’attendre 1 ou 2 ans de plus s’il va sur le potager par rapport à un usage sur des plantes d’ornement, soit 2 à 3 ans pour l’un contre 1 an pour l’autre).
La litière, c’est de la sciure, des feuilles broyées, de la litière pour cochon d’inde, ou encore d’autres choses, selon l’inspiration et les possibilités de chacun (si vous habitez près d’une scierie, par ex, il n’y a pas trop à hésiter, choisissez la sciure, mais attention, de bois non traités !).

Évacuons quelques idées fausses (ou pas) :

  • Ça doit puer et faire bzz bzz ! –> Non, pas du tout. Ou alors c’est que la litière utilisée n’est pas la bonne, à vous de faire des essais. La dégradation des excréments se fait en aérobie, ça ne sent pas plus que des wc classiques bien entretenus. Bien moins que des wc classiques pas ou mal entretenus. Et y a pas de mouches.
    Dans notre chez-nous actuel, nous avons un prototype brinquebalant de toilettes sèches.  Au premier étage, ce qui rend la chose peu pratique et assez dissuasive. On va dire que c’était pour expérimenter, mais le seau est au 1/3 plein depuis plus d’un an, et ça ne sent rien du tout, il n’y a toujours pas de mouches. On utilise de la litière de chez Carrefour, avec qq feuilles mortes et un peu de sciure, on n’a jamais eu le moindre souci.
  • Ça doit être moche ! –> Au contraire. Dans le pire des cas, c’est moche comme un wc classique. En général, c’est bien plus beau. Quelques exemples ici (ma préférée étant sans hésiter la n°5).
  • Moi, je ne pourrais jamais ! –> Mais si, mais si ! Si vous n’aviez comme autre choix que de vous geler les miches derrière un arbre en plein hiver, je suis sûre que vous pourriez.
    En plus pour les pudiques, c’est bien plus confortable que les toilettes à eau, et ce pour deux raisons essentielles (number one et number two, of course) : pas de « plouf ! » sonore, ni de bruit de cascade signalant à vos invités l’occupation à laquelle vous vous livrez ; pas de bruit de chasse d’eau, puisque chasse d’eau il n’y a point (et la nuit, dans certains, cas, c’est bien pratique).
  • Ça doit quand même être pénible, pour rester poli, de vider et de nettoyer le seau, non ? –> C’est pas le moment le plus sympathique, effectivement. En plus, ça peut revenir souvent, selon la taille du seau, le nombre de toilettes et le nombre de personnes les utilisant.
    Mais.

    • Ce n’est pas aussi pénible qu’on l’imagine du point de vue vision ou odeur. On ne voit rien quand on renverse le seau, à part de la litière et éventuellement un peu de PQ. On sent bien une odeur d’urine (et seulement d’urine, curieusement), oui, pendant 2-3 secondes on fronce le nez. On refronce quelques secondes quand on nettoie le seau (il faut de l’eau, pour cette phase, au fait, hein). Et puis voilà.
    • Si comme nous vous avez la chance (de ce point de vue là) de construire ou faire construire votre maison, à vous d’optimiser l’organisation ! Chez nous, une trappe permettra de sortir directement les seaux à l’extérieur. Forcément, quand on doit descendre un étage et traverser le salon et la cuisine avec un seau plein, c’est moins glamour. De plus, nous avons prévu un système permettant d’augmenter notre autonomie. 3 seaux sur un plateau tournant + une réserve de seaux tout prêts dehors. Donc 3 seaux sans avoir à sortir de la maison, et un nombre indéterminé sans avoir à aller les vider. Je pense qu’un ou deux « voyages » par mois au tas de compost sera le maximum en temps normal (hors grosse fiesta avec plein de monde). Quand on y sera et qu’on aura pu tester la viabilité du truc, je mettrai les plans en ligne.
    • Cela semblera bizarre à certains, mais l’idée que par ce système, nous réintégrons le cycle naturel des éléments, ça compense l’inconfort ponctuel. Peut-être moins par temps de neige avec -20°C ou avec un lumbago, je vous l’accorde. Mais vraiment, entre récurer des chiottes avec un canard chimique, à genoux et en pestant après le calcaire, en sachant que nous contribuons à la pollution de la flotte et à l’appauvrissement des sols, ou vider des seaux, même sous la pluie, en ayant conscience qu’ainsi on redonne à la terre une partie de ce qu’on lui a pris, que non seulement ça ne polluera pas mais qu’en plus ça va devenir un engrais sain, je préfère la seconde option. De loin.
  • C’est dégoûtant d’utiliser vos excréments pour faire pousser vos légumes ! –> Bah, on ne vous dit pas de pisser ou de chier directement sur les plants de tomate, hein. On passe par une phase de décomposition. Comme pour le fumier de cheval si recherché.
  • C’est quand même pas très hygiénique, les microbes, tout ça. –> Oui, dans les excréments, il y a des microbes, dont certains dangereux pour la santé humaine. D’où l’attente plus longue lorsque l’engrais est destiné au potager. Lorsque le compost est bien mené, la température monte suffisamment pour détruire les micro-organismes pathogènes.
    Attention cependant : j’ai lu, je ne sais plus où, une mise en garde concernant les gens consommant du porc. Il semblerait que cette viande contienne parfois un micro-organisme, je ne sais plus lequel, qui se retrouve dans les excréments et est difficile à détruire, même après compostage. Je n’ai pas cherché à vérifier l’info : étant donné notre régime végé, le problème ne se pose pas chez nous*. Si vous mangez du porc occasionnellement et prévoyez un usage sur potager, renseignez-vous.

*Naë m’ayant fort pertinemment fait remarquer que comme nous ne fréquentons pas que des végétariens et des musulmans pratiquants, il est probable que parfois atterrissent dans nos toilettes sèches le modeste cadeau de gens ayant mangé du porc dans les 48h précédentes. On dirait qu’il va quand même falloir que je me renseigne, finalement. Ou alors on soumet nos copains à un interrogatoire serré suivi éventuellement d’un régime constipant ou d’un enfermement dans les toilettes à eau de pluie (puisqu’on en aura 1 WC à eau de pluie dans les parties communes), mais je pense qu’on risquerait d’en perdre quelques-uns au passage, de copains… Alors déjà que nos enfants ne sont pas socialisés puisque pas scolarisés, si en plus on n’a pas d’amis à leur montrer de temps en temps… ^^
Donc je vais me renseigner.

Pour aller plus loin si le sujet des toilettes sèches vous intéresse, je ne peux que vous conseiller l’excellent Un petit coin pour soulager la nature, de Christophe Élain.
Pour ce qui est de la débilité de notre façon actuelle de traiter l’eau, vous pouvez regarder une conférence gesticulée de la SCOP Le Pavé, coopérative d’éducation populaire dont j’ai déjà parlé ailleurs sur ce blog : contrairement aux autres conférences gesticulées dont j’ai parlé jusque-là, celle-ci est assez brouillonne dans sa présentation, ce qui peut gêner. Toujours est-il que les informations y sont.

Le pourquoi du décret concernant la restauration scolaire

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Suite au relais de la pétition dont je vous parlais récemment, en cherchant des infos pour répondre à certaines personnes, je suis tombée sur le pourquoi de ce décret : soutenir la politique agricole. Ce qui n’est pas très étonnant vu que c’est le ministre de l’agriculture qui s’est lancé dans cette « politique de l’alimentation » et que son job à lui, c’est de soutenir l’agriculture.
Pas grand-chose à voir avec un souci de la santé des enfants, rassurez-vous.

J’en veux pour preuvre le compte-rendu du débat à l’Assemblée nationale, première séance du 1er juillet 2010, consultable dans son intégralité ici, où, en réponse à Yves Cochet qui proposait un amendement à cette politique à des fins d’information sur les conséquences de la présence excessive de produits carnés dans l’alimentation, Bruno Le Maire justifiait ainsi son opposition (et admirez ce que j’ai mis en gras, ce serait à pleurer de rire si on ne pleurait pas déjà pour de vrai) :

[…]Deuxième remarque : nous sommes ici pour défendre les paysans et les pêcheurs français ; or il n’y a rien dont ils souffrent davantage que de la stigmatisation de leur activité et de leurs produits. […] Quand on leur explique que la consommation de viande est mauvaise pour la santé et l’environnement, ou que la consommation de poisson est mauvaise pour l’environnement, ils se sentent à juste titre stigmatisés, surtout quand ils veillent à la qualité de leurs produits.
[…] Troisième remarque : l’article repose sur le principe d’équilibre nutritionnel, lequel est le propre du patrimoine culinaire français. Mme Massat, on le verra, a d’ailleurs déposé un très bon amendement sur le sujet. Stigmatiser des produits tels que la viande et le poisson, c’est stigmatiser ce modèle d’équilibre nutritionnel.

En gros, on s’en fout que ce soit mauvais pour la santé de manger de la viande tous les jours, ou que ça pollue beaucoup plus que de manger des végétaux. Si on dit aux éleveurs que ce qu’ils font polluent, ils vont être tout tristes, alors on va pas leur dire ! Et même, tiens, une idée, on va faire passer des lois pour obliger les gens à manger ce qu’ils produisent, comme ça ils seront heureux.

Je vous conseille également la lecture de 2e séance du même jour, consultable également dans son intégralité ici, où Yves Cochet propose la journée hebdomadaire sans viande. Ses opposants qualifient son discours d’anti-constitutionnel et anti-liberté, dicté par des considérations sectaires (!), l’accusent de diaboliser la viande… et le plus risible à mes yeux, c’est un de ses opposants qui lui reproche de « faire du mal à son pays ».

Examinons à nouveau la réponse du ministre de l’agriculture :

Mme la présidente. Quel est l’avis du Gouvernement ?

M. Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture. Défavorable. Je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce que vient de dire M. le rapporteur [Note de moi-même : M. le rapporteur étant l’opposant accusant Y. Cochet de faire du mal à son pays] et me contenterai de tenter de rappeler M. Cochet à la raison, en soulignant les amalgames qu’il fait avec son amendement.
D’abord, le végétarisme est un choix et non une obligation légale : vous ne pouvez imposer une pratique nutritionnelle à l’ensemble des jeunes Français. (« Très bien ! » sur les bancs du groupe UMP.)

Une journée sans viande par semaine, c’est imposer une pratique nutritionnelle à l’ensemble des jeunes Français, et ça, non, on peut pas, c’est pas légal, liberticide, anticonstitutionnel même.
Mais imposer tous les jours à ces mêmes jeunes Français des produits laitiers + de la viande, du poisson, des œufs ou du fromage, ça, on peut, puisque ça rend les éleveurs et les pêcheurs heureux…

LOL, comme disent les jeunes, Français ou pas.

Et maintenant, un petit appel : quelqu’un m’a parlé d’une vidéo des années 50 où le ministre (de l’agriculture, je suppose) de l’époque, voulant relancer le secteur laitier, annonce qu’il faut que les enfants soutiennent l’économie de leur pays en prenant l’habitude de consommer beaucoup de laitages, habitude qui leur restera à l’âge adulte.
Ça a pas trop mal marché, je dirais, non ?
J’aimerais beaucoup mettre la main sur cette vidéo ^^, alors si vous avez une info pouvant m’aider à la retrouver, je vous saurais gré de m’en faire part.
Merci d’avance 🙂

Pétition contre la présence obligatoire de produits animaux en restauration scolaire…

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pour commencer, mais toutes les formes de restauration sont concernées à cours terme.

Pétition en ligne ici.
Extrait :

Un décret gouvernemental publié le 2 octobre 2011 a rendu illégal le végétarisme dans toutes les écoles françaises, qu’elles soient publiques ou privées […]. Tous les menus servis dans les cantines scolaires doivent maintenant contenir des produits animaux en général, en particulier de la viande et du poisson de façon fréquente.

Pour beaucoup d’enfants, manger chez eux n’est pas possible et apporter leur propre nourriture à l’école est interdit.
Cela signifie que six millions d’élèves sont maintenant forcés de manger de la viande, qu’ils aiment cela ou non.

Faisant suite à une loi votée l’an dernier au Parlement[…], des décrets similaires seront publiés prochainement concernant toutes les formes de restauration : des jardins d’enfants aux hôpitaux, des prisons aux maisons de retraite.
Le végétarisme sera désormais impossible pour une large part de la population.

Le décret en question est .

Mini-habitat groupé – au jour le jour, épisode 1

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Miracle ! Une nouvelle, et bonne en prime !

Le juge a validé l’acte de succession. Normalement, si la tutelle peut envoyer quelqu’un ce jour-là, si d’autres tuiles ne se manifestent pas d’ici là, nous devrions être propriétaires de ce fichu terrain d’ici un peu moins de 3 semaines.

Croisons les doigts…

La suite, c’est là.

Tips d’automne

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Connaissez-vous Fisher Tip ? Moi oui, depuis très peu de temps.

L’automne arrivant, même si on sort tous les jours, que ce soit dans le jardin ou pour voir si les travaux de la maison en train de se construire à 1km de chez nous avancent (non, pas notre maison, rien de neuf de ce côté-là :(), on commence à ressortir un peu plus souvent des placards la pâte à modeler, la peinture, etc. Et j’ai trouvé les Tips sur le site de Brindilles : ce sont des petits boudins en fécule de pomme de terre, colorés, qu’il suffit d’humidifier très légèrement pour les coller entre eux. On peut les couper, les déformer, les malaxer… Ça tient vraiment remarquablement bien, ça a un petit côté magique même pour les adultes (en tout cas pour moi) : on tapote un boudin sur une éponge humide, et hop, ça colle ; même pas besoin de presser comme avec de la pâte à modeler, il suffit de poser le boudin à coller sur un autre, et en une fraction de seconde, le tour est joué.
On peut même peindre avec, paraît-il (je n’ai pas encore compris comment).

J’en ai commandé une petite boîte, pour voir si Fiston allait aimer.

Premier essai, qui a grandi ensuite

Ce genre de boudins (en version non colorée) est parfois utilisé dans les cartons pour protéger les objets fragiles, en remplacement du papier à bulles ou des papiers bouffants. Ça tombait bien, j’en avais encore en stock. Ça tombait bien, dis-je, car à la question « Fiston a-t-il aimé les Tips ? », la réponse est « oh que oui » : il y passe des heures.

En combinant les tips avec des cure-dents, il me fait des animaux de plusieurs mètres de long (je n’exagère pas). Des branches, des cascades, plein de choses.
La première fois qu’il a utilisé le couteau fourni avec la boîte pour couper des rondelles de boudin, il s’est coupé à un doigt. Depuis il est prudent. « Je coupe, mais je fais attention aux petits doigts ! »

J’ai craqué.
J’ai commandé (et reçu) le graaaaaand coffre de Tips. 6000 boudins en fécule de pomme de terre dans un coffre à roulettes, avec des moules pour faire des briques, avec des couteaux et autres bricoles.

Fiston était heureux-heureux.
On va se faire des Tips Party d’enfer avec les copains. 😀

Non, parce que quand même, avec les Tips, on peut aussi faire ça…

Alors, en attendant de pouvoir faire construire en vrai notre maison, on va la faire en Tips ! ^^

Végé en voyage

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Je me suis récemment rendue à un festival pendant 3 jours – pour le boulot -, hébergée par des amies. 2 nuits, 2 endroits différents.
C’est la 3e année consécutive que je participe à l’évènement en question et que je dors chez ces personnes, mais les fois précédentes je n’étais pas végé. J’ai donc prévenu, en mode « pas la peine de vous casser la tête pour moi », mais histoire que personne ne se fatigue à me préparer avec amour un plat que je ne pourrais pas manger.

La végéphobie, ça existe. Allez sur n’importe quel forum végé, vous en trouverez des exemples à la pelle. Il y a même un site qui s’est ouvert sur le sujet il y a quelque temps.

Moi, pour le moment, j’ai du bol. Ou alors je choisis bien mes amis, je ne sais pas.
Je me suis fait chouchouter. 🙂

Amie n°1 qui, de toute façon ne mange qu’extrêmement rarement de la viande, m’avait acheté des gâteaux végétaliens (trop bons, d’ailleurs elle en a mangé plus que moi :P), un petit paquet de graines apéro végé. Il y avait du lait de soja-vanille et soja-chocolat pour le matin (je n’en ai pas pris, en fait, je n’aime pas trop le lait de soja à boire, j’ai préféré du jus de fruit), et du pain des fleurs au quinoa.
Et son mari a préparé un couscous aux légumes le soir, en faisant attention de remplacer le beurre par de l’huile.

Amie n°2 s’est décarcassée pour me trouver un truc végé le midi à la boulangerie (au final ce fut une pissaladière dont on a viré le bout d’anchois), et elle et son copain m’ont servi du riz et de la ratatouille le soir. Le lendemain matin, j’avais un choix de smoothies, du pain grillé et de la confiture.

C’était adorable et bon. 🙂

Je suis quand même revenue complètement cassée, comme d’habitude. Et aussi, il faut le reconnaître, avec une furieuse envie de quinoa ou légumineuses en tout genre. À part les 2 tranches de pain des fleurs au quinoa un matin et les graines apéro qui contenaient du soja, le reste du temps je n’ai mangé que des céréales : pain (en + des repas décrits plus haut, j’ai fait 2 autres repas avec un sandwich crudités), couscous, riz. J’avais un peu prévu le coup, et je m’étais préparé une salade quinoa-lentilles pour manger dans le train à l’aller, mais 3 jours à tenir un stand, encadrés par 2 x 7h de train + 3h de voiture, sans beaucoup dormir, le tout en mode céréales-légumes-fruits, ça s’est fait sentir.
En arrivant à 2h du matin chez moi, je me suis tapé une saucisse de soja avant d’aller me coucher. Muesli au quinoa, soja sous plein de formes différentes (saucisses, tofu, yaourt) et lentilles le lendemain, jusqu’à ce que je me sente à nouveau bien « protéinée » et toujours crevée, mais « normalement ».

Moralité 1 : j’ai des amies super 😀

Moralité 2 : la prochaine fois, emporter de quoi équilibrer un peu tout ça. Si vous avez des idées, sachant qu’il faut que ça soit transportable facilement, que ça supporte le voyage et la chaleur… Merci !

Bébés acteurs

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L’autre soir j’ai regardé un film, « Life as we know it » (« Bébé mode d’emploi » en VF). C’est une comédie romantique sans prétentions, sans surprise non plus, mais certains passages m’ont bien fait rigoler (la scène de la casquette, c’est très con mais je me suis bidonnée).

Bref. Dans le film, comme dans bien d’autres, il y a un bébé qui joue. Ou plus exactement un personnage de bébé joué par 3 bébés différents (des triplés, pour la petite histoire). Âge, aux alentours de 1 an.

L’histoire en short : le parrain (Messer) et la marraine (Holly) d’une petite fille de quelques mois (Sophie) héritent de la garde de cette dernière quand elle devient orpheline. Outre qu’ils n’étaient pas au courant des dispositions prises par leurs amis, les deux nouveaux parents ne peuvent pas se sentir (vous devinez comment ça se termine, hein ^^).

Il y a encore quelques années, j’aurais regardé ce film sans me poser de questions.
Là, j’ai ri, certes, mais j’ai aussi ressenti de la colère et de l’incompréhension.

Comme dans beaucoup de films où interviennent des bébés, on les voit pleurer. Ici, 3 scènes m’ont marquée :

  • La première où la petite pleure debout dans son lit ou son parc, je ne sais plus, et où Holly arrête Messer qui va pour la prendre dans ses bras en lui expliquant qu’elle vient de lire qu’il faut la laisser pour qu’elle apprenne à se calmer toute seule. Donc ils attendent, essayent de chanter pour la distraire, et puis finalement la prennent en pensant qu’elle a peut-être faim, ce qui m’amènera à la scène suivante dans un instant. Ça dure environ 1 minute. Alors certes, il y a le montage, on voit parfois seulement les adultes, ou le bébé de dos, qui ne pleure sans doute pas dans ces moments-là, mais on le voit aussi pleurer de face, je dirais entre un bon tiers et la moitié de la scène si on met tout bout à bout.
  • Vient donc la scène suivante, où Holly, qui est traiteur, fait à manger à Sophie une purée qu’elle vient de mixer, purée qui ne tente pas du tout le bébé. Encore une fois, une bonne partie de la scène (la préparation du repas) est cadrée sur les visages des adultes, mais il y a quand même quelques dizaines de secondes où l’on voit le bébé (attaché dans une chaise haute) pleurer, se débattre, et pour finir se faire fourrer de force une cuillerée dans la bouche (que le montage qui suit suggère recrachée illico sur Holly).
  • Troisième qui m’a heurtée : Sophie se lève pour la première fois, Messer hurle à Holly de descendre pour voir son premier pas. Holly, qui était dans son bain, lui crie de l’en empêcher le temps qu’elle arrive. Ne sachant pas comment faire autrement, Messer finit par pousser la petite qui tombe sur les fesses et se met à pleurer. Ce n’est pas suggéré par un montage habile : on voit la scène, sans aucune coupure.

Je sais que le travail des mineurs au cinéma, et en particulier des bébés et enfants, est très encadré et j’avoue ma complète ignorance quant aux conditions d’un tournage.
Il n’empêche. Je m’interroge.

La première question que je me pose, c’est : comment des parents peuvent-ils permettre ce genre de choses ?
Comment des parents peuvent-ils permettre que, pour un film, on fasse et laisse pleurer leur bébé, même si ça ne dure que 10 ou 15s à chaque prise ?
Comment des parents peuvent-ils permettre que quelqu’un force de la nourriture dans la bouche de leur enfant pour les besoins d’un tournage ?
Comment peuvent-ils donner leur accord pour que quelqu’un pousse leur bébé et le fasse tomber parce que celui qui a écrit le scénario a pensé que ça ferait rire les spectateurs (ce en quoi il a tout à fait raison, d’ailleurs) ?

La deuxième, c’est : qu’est-ce qu’un bébé d’un an peut bien comprendre et éprouver dans de telles situations ?

« Poulet » sauce cacahuètes

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Recette adaptée aux végétaliens, testée sur des omnis.

Ingrédients

150g de cacahuètes salées
1 càs de cumin en grains
500g de tomates
4 baies roses
3 clous de girofle
un oignon
une gousse d’ail
30g d’huile d’olive
200g d’eau
2 ou 3 bouillons de légume (ou l’équivalent en poudre ou fait maison)
600g à 1kg de seitan (ça dépend si vous voulez nourrir un ou deux régiments.)

Préparation

Torréfiez les cacahuètes pendant entre 8 à 10 minutes

Dans un mixer assez puissant mettez l’ail et l’oignon (coupé en deux), les tomates coupées en quartier, l’eau, l’huile d’olive et mixer environ trente secondes.

Mettez le tout dans une casserole en ajoutant le seitan coupé en fines lamelles pendant 30 minutes.

Mettez le riz à cuire.

Une fois la cuisson du seitan terminée, remixez (ou pas)

Servez avec le riz, et bon appétit.